lundi 31 octobre 2011

ParaNorman : Futur petit bijou à faire (gentiment) peur ?


C'est le jour d'Halloween et les morts-vivants sont de sortie ! Timing parfait pour découvrir les premières images de ParaNorman, un film d'animation en stop-motion effrayant juste ce qu'il faut et merveilleux à la fois. Cette histoire produite par les sociétés Leika et Focus Features, déjà derrière le fabuleux Coraline, racontera les aventures d'un jeune garçon capable de parler avec les morts (décidément un don très à la mode) et qui va devoir combattre des fantômes, des zombies, des sorcières et des adultes débiles et ennuyeux contre une malédiction millénaire. Pas facile quand on a 11 ans et qu'on vient de se faire priver de sortie par ses parents.


Aux commandes de ce qui semble être un film à l’univers très singulier, voire flippant et malsain, comme ces contes que nous aimions et redoutions étant enfant, un spécialiste du genre : Chris Butler, qui a travaillé sur le storyboard de Coraline et des Noces Funèbres (Bbboouuhhhhh !!!) et Sam Fell, réalisateur des gentils Souris City et La Légende des Despereaux. Voilà qui sent bon la creepy story


"You don’t become a hero by being normal"

À voir les premières images, il va falloir prendre son mal en patience pour attendre le 22 août 2012, date à laquelle est prévue la sortie en France. Car les premières images sont tout bonnement fabuleuses ! On retrouve l'imagination qui "met les poils", son esthétique à réveiller les morts, des références ciné à tout-va et des personnages qui n'ont pas leur pareil. Un héros aux grandes oreilles, on en a déjà vu mais celui-là paie ! En résumé, ParaNorman est un petit bijou qu'il va falloir suivre de près.


dimanche 30 octobre 2011

Critique : Contagion : Un virus qui se laisse attraper... sans broncher (9/11/11)

CONTAGION
De Steven Soderbergh
Avec Matt Damon, Kate Winslet, Jude Law, Lawrence Fishburne, Marion Cotillard, Gwyneth Paltrow...

Steven Soderbergh nous plonge dans ce qui pourrait être un nouveau type de conflit : la guerre des nerfs pour son propre salut et celui de ses congénères. Contagion est un thriller bactériologique. Fresque contagieuse s'il en est, elle réunit un casting impressionnant pour un résultat moins haletant qu'attendu par le pitch mais efficace dans son traitement conventionnel et accessible. Loin d'être un film catastrophe classique, qui panique dans la profondeur des chairs, Contagion se déroule de façon didactique, avec une approche presque journalistique, où il n'y a pas de place pour le hasard.

© Warner Bros
Une grippe, particulièrement virulente, se répand rapidement à travers le monde. Inconnue, donc sans remède, elle tue des centaines de milliers de gens les premiers jours. Dont la femme de Mitch Emhoff (Matt Damon) qui revient de voyage en Asie. Au Centre de Prévention et des Contrôles des Maladies (CPCM), les meilleurs scientifiques sont sur le pied de guerre : ils tentent de trouver une solution tout en se battant contre le montre. les goupes pharmaceutiques se livrent alors à une bataille sans pitié.
© Warner BrosLe directeur du CPCM (Lawrence Fishburne) envoie l'une de ses spécialistes (Kate Winslet) sur le terrain pour évaluer la situation. Du côté de l'OMS, le Dr Leonora Orantes (Marion Cotillard) tente de trouver le patient par qui tout cela est arrivé. Les cas mortels s'accumulent tandis qu'Alan Krumwiede, un blogueur militant (Jude Law) qui haït profondément les institutions, énonce "sa" vérité, et met de l'huile sur le feu en écrivant que le gouvernement ne révèle pas tout, au risque d'aggraver les choses...

© Warner Bros
© Warner Bros
"Ne parlez à personne. Ne touchez personne. Tenez-vous à l'écart des gens."

Voilà un film qui nous rendrait un peu parano sur les bords ! Se retrouver seul assis à côté d'un passager grippé ou toucher un objet contaminé a souvent des suites bénignes d'après notre expérience. Mais imaginons que ces contacts, si fréquents dans la vie courante, puissent transmettre des virus mortels aux effets dévastateurs. Voilà qui fait la différence ! Et pourtant, Soderbergh nous converti sans résistance. Le récit dirigé par le réalisateur est concis, nerveux. Il calque son rythme sur la progression effrénée de l'infection et s'accélère à l'image de celle-ci. La trame s'intensifie à mesure que l'on passe d'un personnage à l'autre, en œuvrant à une échelle à la fois épique et intimiste. Et les interrogations s'accumulent : est-ce une guerre bactériologique ? Du terrorisme biologique ? Une mutation génique ? Une erreur médicale incontrôlée ?
 
© Warner BrosAu-delà du spectacle de chaos que la situation implique, la dimension psychologique s'impose, enracinée dans nos peurs et notre instinct de survie le plus primitif. Quelle part de réalité contient cette histoire ? Et si cela arrivait vraiment, quelles seraient les réactions des habitants ? Le film évoque ainsi une multitude de comportements, révélant alors la véritable nature des gens. Certains se sentent investis et font preuve d'un courage sans faille, d'autres font des sacrifices altruistes. Mais il y a aussi ceux dont les actes irraisonnés pris sous le coup de l'émotion font partir le tout en vrille. Ainsi les magasins d'alimentation sont dévalisés, les bagarres éclatent et le chacun pour soi règne... à quelques exceptions près. Au plus haut niveau des instances médicales, on s'interroge aussi. Que dévoiler ? Que dissimuler ? Donner des informations au compte-goutte ne risque t-il pas de faire plus de mal que de bien ? Les scientifiques ont-ils le droit de déroger à la règle du silence pour sauver leurs proches ? Choix du cœur ou de la raison ? Cornélien !

© Warner Bros
© Warner BrosLe récit évoque Traffic du même réalisateur. La mise en scène est claire, précise, découpée au scalpel. Un film visuellement léché (pas de caméras "nerveuses" pour donné un genre reportage), mais un peu statique, avec ses jours qui s'égrainent les uns après les autres. Inexorablement, donnant une impression d'inutilité. Mais l'intérêt reste, alors...  On peut regretter aussi le manque de chaleur et peut être un peu d'humour ou de fantaisie pour donner plus de vie à l'œuvre (malgré la fin est tragique pour nombre de malades). Et ce n'est pourtant pas le casting 4 étoiles qui pourraient faire défaut ! Tous les interprètes sont justes, de Matt Damon en père éploré et protecteur, à Gwyneth Paltrow en victime terrassée par la maladie, en passant par Jude Law qui amène une bonne dose de cynisme en blogueur incontrôlable. Et Laurence Fishburne sobre, tout comme Marion Cotillard et l'incroyable Kate Winslet. Malgré tout ce talent, l'émotion a parfois du mal à passer. Et pourtant pas besoin de vaccin contre l'ennui.


En résumé : Contagion est divertissement cérébral - juste ce qu'il faut - dont l'intérêt ne se démord pas de l'introduction, qui captive rapidement, à la conclusion en forme de boutade. Crédible ou pas, à vous de juger !

vendredi 28 octobre 2011

MIsfits : J-2 avant leur grand retour pour la saison 3

L'ombre de Nathan n'est pas loin... jusqu'à ce que Rudy, le petit nouveau à la langue bien pendue (et fleurie !) ne fasse son apparition.
Voici le dernier trailer de la saison 3 de Misfits en date juste avant de les retrouver dimanche un peu plus longuement...
Enjoy !

The Fades : Méfiez-vous, "Ils" arrivent...

Qu'y a t-il de plus agaçant qu'un esprit vengeur qui se donne un mal de chien pour revenir parmi les vivants tout en laissant des cadavres sur son passage pour y arriver ? C'est le mal qui ronge dans The Fades, la nouvelle série produite par la BBC Three depuis 5 semaines. La petite chaîne britannique explore à nouveau le fantastique-horrifique après les excellents Being Human et Torchwood. Aux commandes Jack Thorne, grand spécialiste télévisuel ès-adolescence, auteur du désormais culte Skins (la version UK, of course) et de This is England '86 (série tirée du film éponyme).



De quoi ça parle ?

Paul est un lycéen mal dans ses baskets, "différent", qui vit dans son monde, en périphérie du reste des autres jeunes de son âge. Il parle peu, sauf à Mac, son ami nerd hyper bavard, une encyclopédie sur pattes qui débite des références ciné, BD et autres pour appuyer toutes sortes de théories fumeuses et abracadabrantes. Paul est aussi hanté par des cauchemars apocalyptiques qu'il est incapable d'interpréter. Du moins, pas sans l'aide de Neil, qui débarque un jour dans sa vie, et lui révèle qu'il peut voir des esprits. Cela vous rappelle quelque chose ?! Ici, Bruce Willis et son Sixième Sens n'y est pour rien. 

Les Fades (les Invisibles, en français) sont des morts, des esprits coincés dans notre monde car ils n'ont pas pu "s'élever". La mort étant aveugle car aléatoire, ils deviennent des esprits errants que la colère envahit peu à peu car ils ne comprennent pas leur condition. Ils pourrissent, ils sont prisonniers sur Terre et la série raconte les efforts des Fades pour franchir les passages laissés entre les deux mondes, et revenir parmi les vivants. L'un d'entre eux a réussi mais on ne sait (pas encore) par quel procédé. Paul et Mac vont avoir fort à faire pour éviter que cet être ne transforment pas les hommes en chair à saucisse et qu'il ne fasse venir tous ces petits copains avec lui...

Que doit-on en penser ?

"The Fades are coming". Ouuuhhhhhh !!!!

Après avoir vu le premier épisode, il est prématuré de dire que cette série est prometteuse. Mais tout de même, elle en a tous les éléments. Côté casting, Iain De Caestecker (Coronation Street) partage l'affiche avec Natalie Dormer (la troublante Ann Boleyn dans les Tudors) et l'excellent Daniel Kaluuya (Skins). 

Comme tout bon pilote, le premier épisode met en place l'environnement du personnage principal et introduit sa "mission". Ici Jack Thorne a mis un point d'honneur à ne pas trop en révéler dès le départ, délivrant au compte-goutte les informations. Ce qui peut parfois être un peu perturbant au départ, mais qui donne un sens de l'a propos et du suspens bien dosé. Une ambiance oppressante sans pour autant tomber dans l'excès du gore à tout-va, et un humour so british décalé comme on l'aime. Malgré quelques soucis de rythme, les codes du genre sont plutôt bien exploités pour éviter tout débordement. les trailers laissent apparaître que Paul sera investi de super pouvoirs, mais pour le moment, on n'en sait pas plus. Mais on a hâte d'en voir davantage... Reste à savoir si The Fades sera une teen-série de plus sur les esprits malins ou si elle saura se démarquer. Vivement la suite ! On vous tiendra au courant...


mardi 25 octobre 2011

Critique : Carnage : L'Enfer, c'est les autres. Et le purgatoire est soi-même ? (7/11/12)

CARNAGE
De Roman Polanski
Avec Christoph Waltz, John C. Reilly, Kate Winslet, Jodie Foster



Adapté de la pièce de Yasmina Reza Les Dieux du Carnage, triomphe critique et public sur les scènes de Londres et de Broadway, Carnage devient un sobre huis-clos urbain, simple mais toujours aussi explosif sous la houlette de Roman Polanski. 


Deux couples de parents se rencontrent afin de trouver un arrangement après une bagarre qui a eu lieu entre leurs deux fils de 11 ans. Les dommages ? L'un des deux a perdu des dents et un bout de gencive. Rien de dramatique en soi, mais entre gens intelligents et courtois, un accord à l'amiable est souhaitable. Chose faite en deux temps trois mouvements jusqu'à ce que l'un d'eux dise un mot de trop... qui fait dérailler cet ensemble trop poli pour être vrai. Filmé dans un seul décor d'appartement "bourgeoisement" coquet, ces quatre personnages vont progressivement et inexorablement s'enfoncer dans une logorrhée vénéneuse, prenant au vol le moindre mot mal placé, pour évacuer leur "trop plein" accumulé toutes ces années sans exploser. Leurs névroses conjugales ainsi exposées, ils finissent par devenir aussi immatures et futiles que leurs enfants.

Au départ, Carnage met en scène deux couples qui n'ont pas la même façon d'élever un enfant et qui s'affrontent en voulant chacun imposer leurs idées. Petit à petit, on s’éloigne du sujet "ces chères têtes blondes", pour atterrir au milieu des problèmes de couple. Ce qui les unissait chacun dans leur mariage devient une joute hommes contre femmes, machisme contre matriarcat. La bonne humeur du mari émasculé (John C. Reilly, vu récemment dans We Need to Talk about Kevin) s'efface au profit d'une fronde anti-avocat malhonnête et insupportable (Christoph Waltz, vu récemment dans Les Trois Mousquetaires). Et la bienséance de ces dames (Kate Winslet et Jodie Foster) s'évanouit lorsqu'elles tournent les talons. Une situation explosive sans intrigue particulière mais servie par des dialogues (enrichis de références artistiques et politiques) savoureux et... piquants !

Le film ressemble à son affiche : une multitude d'humeurs, toutes aussi contradictoires les unes que les autres, dans un univers fermé à la limite de la suffocation, où la fuite n'est pas possible. Polanski, habitué des huis-clos (La Jeune Fille et la Mort, Cul-de-sac et Le Locataire) donne la part belle à un jeu d'acteurs impressionnants (avec tout de même un léger bémol pour dame Foster, qui à force de hurlements et de gesticulations peut devenir agaçante). On prend un réel plaisir à les voir s'en mettre plein la figure, écornant l'image BC-BG et bien-pensante, finissant leur pugilat en crise de nerfs éthylo-collective.

Malgré un rythme rapide et une mise en scène loufoque, il n’est pas impossible que le spectateur décroche de temps à autre. Car il faut le dire : Carnage, c'est avant tout du théâtre filmé ! Même si la mise en scène est ingénieuse, il n'en reste pas moins qu'on se sent au théâtre. Mais le film sait varier les genres avec talent. Tandis que chaque personnage révèle inexorablement sa personnalité véritable (et monstrueuse), bien moins reluisante que celle que l'on s'était imaginé au départ, le décor devient le prétexte à une suite de destructions symboliques absurdes et... jouissives. Un bouquet de tulipes à 20 dollars, des livres d'art en édition limitée et un Blackberry qui sonne en permanence deviennent des armes de destruction sociale massive, synonymes d'un monde consumériste et déshumanisant, où les gens sont éduqués à éviter le réel conflit. Alors on rit lorsque Kate Winslet vomit sur les inestimables livres, qui deviennent plus importants que la santé de la jeune malade. Et on sourit lorsque le portable est mis dans le vase, révélant l'agacement général de ses interruptions permanentes. En cela Polanski nous livre une mise en scène subtile pleine d'hypocrisie. On regrette sans doute la fin qui n'a pas la teneur du reste...


En résumé :
Carnage n'est pas à la hauteur de The Ghost Writer mais rattrape largement Oliver Twist. Un cinéma divertissant où des acteurs font le maximum pour rendre la situation crédible, avec des dialogues burlesques et croustillants.

vendredi 14 octobre 2011

Critique : Les marches du pouvoir : thriller humain sans pitié pour la démocratie politique (26 octobre)

LES MARCHES DU POUVOIR
De George Clooney
Avec Ryan Gosling, George Clooney, Philip Seymour Hoffman, Paul Giamatti...

Georges Clooney a définitivement retiré la casquette de playboy de télé pour devenir un réel observateur averti du monde politique. Et c'est tant mieux ! Après Good Night and Good Luck, il nous livre un thriller efficace et subtilement écrit, dans lequel les hommes s'avèrent être de vrais loups quand il s'agit d'accéder sur la plus haute marche politique. Les Marches du pouvoir (Ides of March, en VO*) est un petit bijou frontal qui, au lieu se perdre dans le labyrinthe complexe des arcanes de la politique, montre que les politiciens, même les plus droits, succombent aux sirènes de la tentation et de la manipulation pour gagner. Et à quel prix !

© Sony Pictures
Stephen Meyers (Ryan Gosling) est un jeune conseiller de campagne du gouverneur Morris (George Clooney), candidat démocrate aux primaires américaines. Idéaliste, il va faire honnêtement tout ce qu'il peut pour mener à bien la campagne de celui qu'il considère comme le meilleur candidat, un homme bon, quasi providentiel. Mais il va vite comprendre que dans la conquête du pouvoir tous les coups sont permis. Face aux manipulations et aux trahisons, il va perdre sa naïveté, changer sa vision des choses et rendre coup pour coup.

A vous de voter

© Sony Pictures
Adaptation d'une pièce de théâtre s'inspirant de la campagne présidentielle de Howard Dean, candidat démocrate en 2004, Les marches du pouvoir livre une vision sans concession de la vie politique américaine, où violation de lois, manipulation du processus démocratique, accords passés en coulisse et jeux d'influence sont le lot quotidien des candidats et de leurs conseillers. Aussi difficile qu'il soit de le concevoir, avoir les compétences requises et jouer loyalement ne suffit désormais plus pour accéder aux plus hautes fonctions de l'Etat.

© Sony Pictures
La force du film ? Sa construction efficace fondée sur de véritables nœuds dramatiques, basés sur des faiblesses humaines compréhensibles par le plus grand nombre. Et sur le destin de ces hommes ballotés comme des pantins à leur insu (ou presque) par ce monde impitoyable, broyeur de conscience et de foi. Peu importe les idées ou les convictions que les candidats défendent, aussi honorables soient-elles, la conquête du pouvoir et son exercice implique de mettre les mains dans le cambouis et souvent de trahir ses principes. Le jeune Stephen l'apprendra à ses dépens. On ne nous révèle rien à ce sujet, mais le scénario avec ses répliques ciselées, fortes et sans manichéisme, nous le jette à la figure sans illusion ni ménagement.

© Sony Pictures
Cette histoire ne pouvait être portée que par un casting quatre étoiles. A menu : Paul Giamatti (Sideways, L'illusionniste, Il faut sauver le soldat Ryan), Philipp Seymour Hoffman (The Big Lebowski, Truman Capote, Good Morning England), Marisa Tomei (The Wrestler, La Défense Lincoln, Crazy Stupid Love), Jeffrey Wright et Evan Rachel Wood (True Blood, The Wrestler, Whatever Works). Pas moins de 3 Oscars et 13 nominations à la statuette, 6 Golden Globes et 23 nominations cumulées. Et qui de mieux que la star montante Ryan Gosling pour jouer ce garçon intelligent et idéaliste que tout le monde veut avoir à ses côtés pour gagner ? Manipulateur manipulé,  il ne reste pas grand chose de lui car il finit par vendre son âme. Toujours aussi charismatique et tout en finesse et vulnérabilité, il fait face à un Georges Clooney plus brillant que jamais, qui joue l'ambiguïté entre fascination et cynisme. Mais dans ce dernier registre Paul Giamatti et Philpp Seymour Hoffman ont la palme. Giamatti est le directeur de campagne du camp adverse. Un personnage fabuleux car il assume entièrement le fait d'être un salopard perfide et retors. Pas d'hypocrisie venant de sa part, et c'est finalement celui qui reste le plus fidèle à ses convictions.

En résumé : Un pur moment de cinéma dont il est difficile de décrocher. Réalisateur, producteur, co-scénariste et acteur, George Clooney impose un style sobre, solide, avec sa touche classique assumée, telle dans les grands classiques des années '70 (Les Hommes du président, par exemple). À travers une intrigue aussi fine que réaliste (la réalité étant ce qu'elle est au vu des innombrables scandales qui touchent les hommes politiques, quel que soit le pays), Les Marches du pouvoir dénonce sans prendre parti le chemin tortueux qui conduit au bureau ovale, aux commandes du monde… Pas très rassurant !

* Petite note pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur le titre en version originale : il est tiré de la pièce Jules César de Shakespeare. Il fait référence à ce que dit un devin à César juste avant son assassinat : "Méfie-toi des idées de Mars".


Et de 5 pour l'agent McLane !


C’est désormais officiel : John McLane, le flic dur à cuire qui se trouve toujours au mauvais endroit au mauvais moment sera de retour en février 2013 (aux USA) pour le 5e opus de Die Hard. Et la traduction du titre à la sonorité très James Bondienne (Live and let die, Die another day, Tomorow never dies) risque de faire cogiter un bon moment le distributeur français : A good day to die hard.
Le tournage est prévu pour le début de l'année prochaine, sous la direction de John Moore (Max Payne, 666 La Malédiction), avec un scénario développé par Skip Woods (X-Men Origins : Wolverine). Inquiétant ? Je vous laisse seuls juges... Entre temps, Bruce Willis aura botté les fesses d'autres méchants dans Expendables 2, actuellement en production.

De quoi sera-t-il question ?
John McClane va se rendre à Moscou pour tenter de faire sortir son fils Jack de prison, arrêté pour un petit délit lors d'une audacieuse tentative de libération d'un leader russe. Une fois sur place, il va se rendre compte que derrière cette arrestation se cache une menace bien plus importante sur la scène internationale, sur fond de terrorisme. Une fois de plus, McLane va devoir sauver sa peau pour protéger le monde et la démocratie.

Nous ne savions rien encore sur le rejeton du flic le plus maudit de la Terre puisque le casting n'a pas encore débuté. En revanche, la fille du héros (Mary Elizabeth Winstead, à l'affiche de The Thing), qui fait une apparition dans le quatrième film, ne devrait pas revenir à l’écran. L’actrice n'ayant pas été contactée pour cette suite...
Avec un Bruce Willis vieillissant (56 ans tout de même...), il va falloir au réal une bonne dose d'ingéniosité et d'audacieux enjeux de mise en scène pour rendre ce dernier volet toute l'âme du premier et pour ne pas tomber dans la facilité de la machine à produire des suites sans corps, comme le fait Hollywood depuis quelques temps.


mercredi 12 octobre 2011

The Avengers : les premières vraies images...



Il est arrivé ! Tout beau, tout chaud, tout en muscles avec une touche de féminité... Le premier véritable trailer de The Avengers réunit les super héros des franchises développées par Marvel Entertainment. Protecteurs et justiciers, ensemble pour sauver le monde du chaos... 

Tout y est : des costumes flambants neufs, des cascades, des super pouvoirs et une bonne dose de bravoure et de charme. Joss Whedon, aux commandes de ce mastodonte très attendu, a déclaré qu'il ne serait pas en salle avant le 4 may 2012 (aux USA).
Dans ces images, on retrouve le frère de Thor,  Locki, qui veut diriger le monde. Thor (Chris Hemsworth), The Incredible Hulk (Mark Ruffalo), Black Widow (Scarlett Johansson), Captain America (Chris Evans), Iron Man (Downey) and Nick Fury (Jackson)vont devoir unir leurs forces et leurs pouvoirs pour protéger la Terre. Mais n'espérez pas les voir utiliser la diplomatie ! Ce n'est pas dans leur vocabulaire. Et les images le prouvent. Mais on peut toujours compter sur l'humour sarcastique de Stark/Iron Man pour désamorcé une situation.


mardi 11 octobre 2011

Critique : Johnny English, le retour : Des gaffes et des baffes (19 octobre)


Le plus mauvais agent de la couronne britannique est de retour dans Johnny English, Reborn... plus gaffeur que jamais. Un personnage qui n'a pas pour déplaire à nos zygomatiques, même si l'effet de "surprise" tombe parfois à plat (surtout au bout de deux heures) où attendu depuis des plombes. Mais on sourit, voire on rit, comme de grands enfants quand même.




 De quoi ça parle ?

Après avoir complètement foiré sa dernière mission, Johnny English s'exile en Asie chez les moines Shaolin, où il s'entraîne aux arts martiaux depuis 5 ans. Mais le MI7 ne peut décidément pas se passer de lui puisque les services secrets le rappellent pour une nouvelle mission : protéger le premier ministre chinois d'un complot. Le célèbre agent réintègre ses fonctions pour le meilleur... et surtout pour le pire.

Un rôle sur mesure pour Rowan Atkinson, qu'il est difficile de voir autrement qu'en personnage maladroit et intellectuellement limité. Avec son interprétation du célèbre Mr Bean, il s'est spécialisé dans l'enchaînement de gags visuels qui régalent nos yeux, et l'humour décalé peu bavard et typiquement anglais. Ainsi dans la lignée de Leslie Nielsen et de son lieutenant Drebin dans les années 1990, Sir English se ridiculise devant son boss en caressant un chat imaginaire après avoir fait tomber le vrai du haut d'une fenêtre, se bat avec sa propre main après avoir ingéré un sérum, fait fi du protocole en tabassant la Reine herself en la prenant pour une tueuse à gage chinoise... Un festival de mauvaises décisions et d'actions qui repoussent encore plus loin les limites de la bêtise... pour notre plaisir non coupable de grands enfants. Tel James Bond, il a la panoplie de super gadgets, qu'ils se fait évidemment un plaisir de confondre ou d'utiliser à mauvais escient. Des mimiques qui n'appartiennent qu'à lui, et des gags déjà éculés mais qui fonctionnent pas si mal quand on aime le genre (et qu'on apprécie pour son 15e degré). Dans tout ce bazar, on aura plaisir de revoir la jolie Gillian Anderson (X-Files) dans le rôle de la directrice pince-sans-rire du MI7.

En résumé : Un moment sympathique qui ne casse pas des briques.

lundi 10 octobre 2011

Critique : Killer Elite : Le bon, les brutes et les très méchants (26/10/11)

KILLER ELITE
De Gary McKendry
Avec Clive Owen, Robert de Niro, Jason Statham...

Cette année, on le voit partout... Jason Statham est sur tous les fronts. Après Le Flingueur et Blitz, il revient botter des fesses dans Killer Elite aux côtés de Clive Owen et Robert De Niro. Rien à voir avec le film éponyme de 1975 dans lequel James Caan fait face à Robert Duvall.
Basé sur le livre The Feather Men, l'histoire réelle (mais contestée) de l'écrivain Ranulph Fiennes, Killer Elite est un film bâti sur un complot (trop ?) complexe, prétexte évident pour aboutir à un actioner burné, dans lequel la testostérone est le principal moteur pour que les protagonistes se mettent sur la tronche sans retenue.



Un mercenaire (Jason Statham), qui avait décidé de se retirer du business, est contraint de reprendre du service pour sauver son mentor (Robert De Niro) retenu par un Cheikh exilé dans un désert d'Oman. Sa mission ? Tuer trois agents du SAS responsables de la mort des fils du Cheikh pendant les années troublées par la guerre, en faisant passer leur mort pour un accident. Evidemment, rien ne se passera comme prévu car un agent spécial (Clive Owen) va le traquer et tenter de l'éliminer.



Première réalisation de Gary McKendry (qui est aussi au scénario), Killer Elite se veut être le plus réaliste possible mais beaucoup de choses se passent en périphérie pour être totalement dedans. Ou du moins De nombreux thèmes ont été sacrifiés au profit de l'action. Les scènes explosives, nombreuses et omniprésentes, finissent par lasser un peu au bout de la première heure. Malgré une mise en scène impeccable et des scènes de lutte plutôt convaincantes, le cinéaste a senti le besoin d'enrober ce trop plein de muscles par une improbable histoire d'amour qui, il faut le dire, ne sert strictement à rien et qui plombe le rythme.



Au milieu de tout cela, Jason Statham égal à lui même. Un regard froid, un crochet du droit calibré poids lourd, à fond dans sa mission que rien ne trouble... et avec une âme de héros, incapable de laisser tomber un de ses camarades tomber à terre. Inébranlable, ok. Bagarreur, ok. Mais lui donner des états d'âme pour tenter le coup de l'émotion, mission impossible. L'attachement à son personnage est parfois réduit à peu de chose. En revanche, la badass attitude de Clive Owen est bien plus captivante et confère à l'acteur britannique un charisme bien plus prenant. Et Dominic Purcell, échappé de Prison Break, est une grosse brute qu'on retrouve avec plaisir. Entre les trois, un Robert De Niro qui fait ce qu'il peut pour ne pas retomber dans ses mimiques habituelles, maintes fois vues dans les films du même genre.


En résumé : Killer Elite ravira les amateurs du genre Expendables ou comment en mettre plein la vue avec peu. De succins moments de tensions prennent momentanément aux tripes, mais ils sont rapidement court-circuités par des gesticulations qui plombent l'intrigue. Dommage que ce film se prenne autant au sérieux.

Mission : Noël. Ou comment expliquer le mystère des cadeaux aux enfants

 La grande machine des grosses productions de fin d'années commence doucement à se mettre en marche. Et Noël sera célébré plus tôt que prévu cette année grâce à Mission : Noël. Les aventures de la famille Noël dont la sortie française est prévue le 26 novembre. Un long titre pour ce film d'animation en 3 D (pour changer...) qui tentera de répondre aux petits curieux qui se demandent comment un seul homme, âgé de surcroît, peut distribuer des milliards de cadeaux sur toute la planète et en une nuit.
Quelques indices ? Une immense entreprise au pôle Nord, dont la mécanique bien huilée fonctionne à grand renfort de machines ultra perfectionnées, de millions d'elfes (corvéables à merci) toujours souriants, et un traîneau rutilant qui va plus vite que le son. Malgré toute cette technologie, l'impensable catastrophe se produit : un cadeau a été oublié en route, privant de joie un enfant. La boulette ! C'est alors qu'Arthur entre en scène. Fils du Père Noël, il va essayer de réparer cette erreur en retrouvant le plus vite possible le-dit cadeau pour ne pas que le malheureux enfant pense qu'il a été oublié.


Derrière cette comédie au doux parfum de sapin et de biscuits à la cannelle, les producteurs de Chicken Run et Wallace & Gromit. Les studios Sony Pictures Animation et la compagnie Aardman viennent de dévoiler deux nouvelles nouvelles bandes-annonces (l'une américaine, l'autre britannique). Aux commandes du traîneau : Sarah Smith et Barry Cook, d'après un scénario de Peter Baynham (Borat). Des images inédites qui nous laissent entendre les voix du casting 3 étoiles : James McAvoy (Arthur), Bill Nighy (Grand-Père Noël), Jim Broadbent (le Père Noël), Imelda Staunton (la Mère Noël), Hugh Laurie (Steve) et Ashley Jensen (Bryony).
Voilà de quoi suivre Rodolphe et les autres rennes en attendant...

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dimanche 9 octobre 2011

Touch : le retour de Kiefer Sutherland sur le petit écran

Toujours sur le pied de guerre Kiefer Sutherland revient nous surprendre avec un style différent, mais toujours aussi intense et sous tension. Au vu des premières images de Touch, la nouvelle série dont il est la star dévoilée au Mipcom, il va devoir encore courir, fuir et protéger ceux qu'il aime, en l'occurrence son fils. Mais cette fois, il incarne un père veuf qui a du mal à communiquer avec son fis autiste de 11 ans. Tout va changer le jour où il va comprendre que son enfant est en réalité un petit génie, capable de voir des connexions entre des évènements qui se déroulent dans divers endroits de la planète.


La série a été créée par Tim Kring, papa de feu-Heroes. Au casting, l'inimitable vétéran Danny Glover (L'Arme fatale), qui joue un professeur et expert sur les enfants qui possèdent un don spécial, la starlette Gugu Mbatha-Raw (Undercovers) et un petit nouveau, David Mazouz (vu dans un épisode de Private Practice), qui joue le rôle du jeune autiste.

La diffusion exacte de la série n'a pas encore été officiellement annoncée par la Fox, même s'il se murmure qu'elle devrait être à l'antenne en mars 2012. La chaîne a été convaincue par le pilote tourné cet été et a commandé 13 épisodes.


mercredi 5 octobre 2011

"P... !", "F... !" Et si ça s'arrêtait ? Des stars se mobilisent contre la famine

Le cinéma, d'où qu'il vienne, nous fait voyager, nous évader et raconte souvent de belles histoires. Mais celle qui se raconte en ce moment dans la Corne de l'Afrique n'en est pas une.

Des stars, françaises et internationales, des milieux sportifs, de la musique et du grand écran, se sont mobilisées pour The One Campaign. L'idée ? Faire un clip pour attirer l'attention et mobiliser l'opinion publique et politique afin d'endiguer la famine qui tue des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants depuis des mois, voire des années. Mais ça n'a pas l'air d'intéresser grand monde...

Inutile de faire de longs discours. The "F-word" comme disent pudiquement les américains, ou "Putain" comme on le dit grossièrement chez nous, résume l'idée. Une minute "volontairement novatrice, provocatrice et radicale" pour ne plus faire l'autruche.

George Clooney, Idris Elba, Jessica Alba, Colin Farrell, Clive Owen ou encore Evan Rachel Wood (entre autres) pour la version "biiiipée" américaine, et Vincent Cassel, Billy Nighy, Sophie Marceau et même les Guignols pour la version française ont répondu à l'appel de l'association caritative. Voici le spot, mise en ligne juste un mois avant la réunion du G20 à Cannes.

Si vous voulez signer la pétition, c'est ICI.

Michael C. Hall aurait-il pris la grosse tête ?

Rien ne va plus entre la chaîne américaine Showtime et le plus "attachant" des serial killers... Avec le démarrage historique dimanche pour la saison 6 avec 2,2 millions de téléspectateurs, l'interprète du zigouilleur de criminels est devenu beaucoup plus gourmand. Mais pas de sang... Actuellement en pleine négociations pour le renouvellement de son contrat, il pourrait mettre en péril la suite de la série débordante d'hémoglobine en demandant plus que ce que la chaîne peut lui offrir. Encore une histoire de gros sous ! 

Selon le site Deadline, l'acteur demande 24 millions de dollars pour les deux prochaines saisons. Mais Showtime (chaîne câblée, pour information...) n'est prête à mettre "que" 20 millions. Mécontent, M. C. Hall serait parti en claquant la porte. Tout cela pour une bagatelle de 4 millions...

La chaîne espère tout de même le faire signer pour une seule (et donc dernière) saison, à défaut. Un accord qui satisferait les deux parties mais qui va laisser plus d'un téléspectateur orphelin d'ici 2013...

 

 

samedi 1 octobre 2011

Critique : Les trois mousquetaires : Tous pour un et un... pour un navet (12 octobre)

Il est difficile d'imaginer que le réalisateur des Resident Evil et de Mortal Kombat ait "toujours voulu adapter" le roman d'Alexandre Dumas. Non, ce n'était pas une blague... Voilà un pari risqué au vu du nombre d'adaptations déjà effectuées (plus d'une vingtaine). Le Masque de fer, très librement inspiré de l'oeuvre de Dumas, n'avait pas attiré que des compliments malgré la présence d'un casting 4 étoiles.
N'ayez crainte, ici point de zombies ou de courses de voitures effrénées dans le Paris du XVIIe siècle. Mais la patte de W. S Anderson est bien présente. Damoiseaux, damoiselles, Les trois mousquetaires version 2011 est une version un tantinet grand-guignolesque, voire un film de série B, mais à l'évidence tout à fait assumé. Passer un bon moment vous pourrez, si vous le prenez au 3e degré...

Cette co-production franco-germano-britannique est plutôt fidèle quant à l'histoire imaginée par Dumas, tout du moins en ce qui concerne la première partie. Un jeune venu de la campagne gasconne nommé D'Artagnan (Logan Lerman) voyage jusqu'à Paris pour devenir un Mousquetaire (comme son père) c'est-à-dire l'élite de la garde royale ayant juré de protéger le trône de France. Ce dernier est occupé par le roi Louis, un adolescent (Freddy Fox) pourri gâté, peu sûr de lui et manipulable à merci par le Cardinal de Richelieu (Christoph Waltz). A peine arrivé dans la capitale, D'Artagnan se fait trois ennemis, et non des moindres puisqu'il s'agit d'Athos (Matthew McFadyen), de Porthos (Ray Stevenson) et d'Aramis (Luke Evans), les trois Mousquetaires les plus fidèles (et les plus ivrognes aussi) de la garde rapprochée du roi. Mais en combattant à leurs côtés face aux troupes de l'effroyable Cardinal, D'Artagnan devient l'un d'eux. Unis "tous pour un et un pour tous", ils déjouent un complot visant à faire tomber le roi, orchestré par le duc de Buckingham (Orlando Bloom), aidé de l'agent double Milady De Winter (Milla Jovovich).

Une esthétique très BD avec quelques pointes de gothique anachronique, des costumes très rock'n roll (mais somptueux), des décors fastes et pompeux (versant parfois dans le carton pâte, que la 3D ne pardonne pas...), un casting surprenant de diversité... Tout ce joyeux bazar organisé fonctionne plutôt bien. De nombreuses libertés prises par rapport au récit initial donne au film un vent de modernité (les armes, le langage...), devenant une œuvre d'aventure et d'action, certes un poil enfantin mais assez plaisant.

Ce n'est en rien le film du siècle mais il a une identité visuelle bien à lui. On ne pourra s'empêcher de lui trouver quelques ressemblances avec Pirate des Caraïbes. Ainsi, les Britanniques ont aussi une supériorité de taille : une machine de guerre impitoyable (inspirée des plans de De Vinci), à savoir un bateau-volant, armé de la poupe à la proue. Ce qui évidemment conduit à une bataille sans pitié déjà vue chez Gore Verbinski. Ou clin d'oeil trentenaire du Time Bandits de Terry Gilliam ? Sans oublier l'image finale d'un Orlando Bloom, figure conquérante sur un navire, annonciateur d'un second opus. Déjà ? Voilà un optimisme non dissimulé...

W. S. Anderson n'a pas oublié d'intégrer ce qui a fait de lui un réal de science-fiction futuriste à succès avec la saga Resident Evil : Mila Jovovich et ses cascades d'espionne de charme au ralenti et... en jupons ! Les autres ne sont pas en reste entre les combats à l'épée (où les ralentis façon Matrix sont trop récurrents) et les explosions spectaculaires dans les scènes de bateaux. Parfois too much mais on finit par se faire une raison... Et si seulement la 3D était inventive et créative ! Pas pour un sou m'sieur, dame...

D'Artagnan ici retrouve son âge véritable, à savoir celui de l'arrogance et la spontanéité de la jeunesse. Celui d'un adolescent qui croit être invincible et capable de gouverner le monde. Logan Lerman est pétillant et fougueux, mais fait davantage figure d'un ado du XXIe siècle à la langue bien pendu qu'un épéiste du vieux continent du XVIIe siècle. Voilà qui manque au charme suranné d'un grand héros national et nous fait décrocher de son objectif premier : nous faire croire à la légende d'un grand défenseur de la France. Mais nous ne sommes plus à un anachronisme près ! On peut tout même rendre hommage au travail des trois autres mousquetaires, plutôt crédibles dans leur rôle de mystérieux (Aramis), d'homme droit et solide (Porthos) et de mélancolique, meurtri par l'amour (Athos). Malheureusement, il n'en va pas de même pour Orlando Bloom qui, ici, mérite la guillotine (voilà qui ferait l'affaire de son brushing épouvantable) ! Peu crédible dans le rôle de méchant, il en fait des caisses, et desservant totalement la "badass-attitude" subtile requise pour jouer le duc de Buckingham. Il fait de lui une véritable caricature.

En résumé : Explosions, kung-fu (eh oui, ils savaient se battre au XVIIe siècle !), combats de sabres, de canons, de fusils, de la poudre partout, rien ne manque... Si vous avez moins de 15 ans, vous allez sûrement adorer. Quant aux autres, voyez-le comme un film pop-corn qui ne fera aucun mal à vos neurones et qui soulèvera vos zygomatiques involontairement. Pauvre Alexandre Dumas, qui doit se retourner dans sa tombe !


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