mercredi 29 février 2012

Smash : une série musicale que "certains aimeront chaud(e)"


Face au succès de Glee sur la FOX (en France, W9 diffuse la saison 2 depuis le 22 février), la concurrente NBC a lancé Smash, ambitieuse série musicale produite par Steven Spielberg himself (doit-on y voir un moyen de se racheter après le four qu'il s'est payé avec Terra Nova ?) À l'issue des deux premiers épisodes, Smash risque de plaire aux amateurs de comédies musicales, mais pas seulement ! D'abord parce que cette série est loin de l'ambiance sucrée et bien pensante du très ado Glee. Car Smash n'est pas une succession de titres qui s'enchaînent sans réelle intrigue, qui finalement est écrite pour faire vaguement le lien entre les chansons, n'en déplaise aux amateurs de la série de Ryan Murphy.
Au départ, Smash met en avant Julia et Tom, un duo de metteurs en scène talentueux (Debra Messing (vue dans Will and Grace) et Christian Borle), à la carrière prolifique à Broadway. Ils n'ont qu'une idée en tête : lancer un show musical inspiré de la vie de l'actrice la plus glamour (et la plus sulfureuse) de Hollywood en son temps, à savoir Marilyn Monroe. 


© Megan Hilty
Les castings s'enchaînent et deux jeunes femmes restent en lice pour obtenir le rôle. D'un côté, la belle plante blonde dénommée Ivy, artiste confirmée qui connaît le parcours de la star des années 50 par cœur et qui cultive sa ressemblance avec la chanteuse mythique. De l'autre, Karen, une fille qui débarque de l'Iowa, dont la candeur et la fragilité correspondraient davantage à la vraie Norma Jean Barker. Les rivales s'affrontent sur le parquet des répétitions, laissant apercevoir leur vie privée dans un effet miroir. Réalité et fiction se superposent alors que les deux jeunes femmes se prennent à rêver du succès sur la scène.
© Katharine McPhee


Contrairement à Glee, Smash repose en grande partie sur des chansons originales et se montre bien plus réaliste que sa petite sœur au lycée McKinley, en particulier sur les rouages et les rivalités d'une telle production à Broadway. La série prend son temps pour mettre en place tous les acteurs et dévoile peu à peu ses enjeux dans une intrigue qui ne manque pas de piquant. S'il y a bien un endroit au monde où la jalousie et le machiavélisme d'un monde impitoyable règnent, c'est bien à Broadway ! 

Les personnages, plutôt clichés, présentent une vision très théâtrale et scénique totalement assumée. Et on finit par ne plus y faire attention. Il est dommage tout de même que l'héroïne (Katharine McPhee, finaliste de du télé-crochet American Idol) à laquelle le public est censé s'attacher, d'une vertu exemplaire, soit finalement plus lisse et transparente que sa rivale extravagante (Megan Hilty) normalement détestée dès le départ et dégommée au plus vite. Mais peut-être que c'est ce que veut nous faire croire le scénario de départ, qui a (on espère) plus d'un tour dans son sac pour que cette pièce se monte jusqu'aux planches... et ait un réel intérêt croissant à nos yeux. 

En tout cas, on retrouve avec joie la "terrifiante" Anjelica Houston (souvenez-vous, la mère dans La Famille Adams) dans le rôle de la productrice sans le sou, en instance de divorce, qui a lâché ses investigations entreprises dans Medium pour mettre en place ce spectacle (et clouer le bec à son volage de mari). Et quoi de plus normal de d'embaucher le meilleur chorégraphe (et so British !) du moment, Derek (Jack Davenport, vu dans FlashForward et Swingtown), qui collectionne les succès artistiques autant que les femmes. On leur souhaite bien du plaisir et à vous de choisir votre camp en regardant les premiers épisodes actuellement en VOD sur My TF1.




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