Les sorties ciné du 30/12/15

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samedi 12 mars 2016

[Avis] Midnight Special : Un drame SF ou la peur d'être parent (16/03/16)

MIDNIGHT SPECIAL


De Jeff Nichols
Avec Michael Shannon, Joel Edgerton, Kirsten Dunst, Jaeden Lieberher, Adam Driver...

Sortie : 16 mars 2016


Amber alert au Texas. La police est sur le coup. Deux hommes accompagnés d'un garçon de 8 ans dans un hôtel fuient "le Ranch". Ils deviennent les cibles d'une chasse à l'homme mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. Mais qui sont-ils ? Quels sont leurs liens ? Qui est cet enfant qu'ils essaient de protéger au péril de leur vie ? Leur mission : le sauver pour qu'il accomplisse son destin, qui pourrait bien changer celui du monde...

Midnight Special est définitivement un film à part, à la fois singulier et suite logique dans la carrière de son réalisateur, Jeff Nichols, après Take Shelter et Mud. Les premières minutes sont inquiétantes. Le film commence comme un polar avec son annonce d'enlèvement d'enfant diffusé à la télé; on découvre alors un homme, puis deux, et l'enfant en question, caché sous un drap, lunettes de plongée sur le nez et torche allumée dans la main, une BD de Superman sur les genoux. Il ne semble pas effrayé et pourtant, tout s'enchaîne : le départ en catimini de la chambre, le chemin parcouru sur la route tous feux éteints pour ne pas être repérés... Nichols nous met dans l'ambiance des les premières minutes et brouille les pistes. Les questions fusent dans la tête du spectateur, qui petit à petit remet les pièces du puzzle à leur place. Le thriller prend alors une nouvelle tournure plus fantastique : le père a enlevé son enfant prisonnier d'une communauté de fanatiques religieux, qui le prend pour son messie car il a des pouvoirs surnaturels.

Pour son premier film de studio, Nichols rend hommage, sans les copier, aux films du genre science-fiction des années 1980, style Spielberg en tête (E.T, Rencontres du Troisième Type) mais aussi John Carpenter (Le Village des Damnés). Il en reprend les techniques en bannissant le numérique et les effets spéciaux en post-production gigantesques à tout-va au profit de la pellicule et d'effets spéciaux mécaniques (notamment pour les lasers sortant des yeux du garçon, d'où le port des lunettes de piscine quasi-permanent). Résultat : une ambiance sombre, vintage et réaliste, et une atmosphère de malaise après la violence des apparitions brutales et rapides des éléments surnaturels, comme s'ils n'étaient qu'une illusion. Mais ces références ne vont pas jusqu'aux détails fétichistes de ses prédécesseurs. La force de la mise en scène, élégante et précise, sincère et émotionnelle, ne regarde pas vers le passé et la nostalgie. Elle embarque le spectateur du début à la fin dans un divertissement faits d'ambiguïtés et de merveilleux, comme Nichols sait si bien le faire. 

Le scénario est plus complexe qu'il n'y paraît. Comme dans Take Shelter, le spectateur passe son temps à se poser des questions, savoir si telle chose est du lard ou du cochon, si le héros n'est pas en plein délire parano. Le cinéaste adore jouer avec nos nerfs et nous laisser démêler le vrai du faux, et décider de ce qui l'est ou non. On ne peut qu'imaginer les liens historiques entres les personnages, le but réel de la secte, les raisons de la séparation des parents du gamin, pourquoi tout à coup, l'un des employés de la NSA les croient et les aident...

"J'aime me faire du souci pour toi. Je me ferai toujours du soucis pour toi. C'est comme ça!"


Malgré les effets d'optique et les clins d'œil cinéphiles, le réalisateur garde sa marque de fabrique. Il filme les corps au plus près et réalise une œuvre très personnelle. Dans Take Shelter, il mettait en scène un père parano ayant peur pour sa famille de l'arrivée la fin du monde. Le réalisateur étant devenu père entre temps, Midnight Spécial la continuité logique de ses peurs domestiques. Il traite l'impuissance d'un homme, dont la cellule familiale est menacée par des forces extérieures incontrôlables et qu'on ne peut pas vraiment fuir, face au destin tracé et inévitable de son enfant. Le réalisateur admet avoir réalisé que de quelque manière qu'il élèvera son enfant, quoiqu'il fasse pour le protéger, son gamin évoluera selon sa volonté propre. Dur dur d'être parent ! 

Les personnages sont également typiques du cinéma de Jeff Nichols : des  hommes criminels par nécessité mis au ban par une autorité, une mère éthérée qui ne prend toute sa place qu'en présence de son fils aux agissements étranges  un employé de la NSA fraîchement débarqué sur l'affaire reprenant le point de vue du spectateur (un peu perdu), un père sur-protecteur devenu l'extension cinématographique de son cinéaste. Et quel autre choix que de donner le rôle du père à Michael Shannon, acteur fétiche et père angoissé évident dans l'univers de Nichols ?! Son visage atypique et sa présence à l'écran n'ont pas besoin d'artifices pour exister. L'acteur, souvent retenu pour jouer des méchants de par son regard troublant, a ici un faciès inexpressif à dessin, donnant à son rôle une puissance surnaturelle supplémentaire (surtout lors du dernier plan... à ne pas manquer !). Le jeune Jayden Lieberher est tout aussi singulier et étonnant. Son rôle d'enfant "unique" ayant grandi plus vite malgré lui et sa façon de parler très mature lui confère une place d'adulte parmi les adultes. Nichols rendrait-il hommage à Spielberg traumatisé par sa solitude et sa singularité, et désireux d'imposer sa particularité ? Ou en réalisateur prodige (37 ans seulement), parlerait-il de lui comme celui qui pourrait faire avancer le monde, à défaut de le changer ? 

En résumé : Midnight Special est intense et captivant. Il fait régner la poésie et le mystère de son titre, inspiré d'une chanson rock de Creedence Clearwater Revival. Une oeuvre déchirante et ambitieuse se lisant sur plusieurs niveaux dont on ressort avec une foultitude de questions, mais dont nous seuls avons les réponses.

samedi 22 juin 2013

[Critique] Man of steel : Mi-homme, mi effets de synthèse (19/06/13)


MAN OF STEEL

De Zach Snyder
Avec Henry Cavill, Michael Shannon, Amy Adams, Russel Crowe…

Sortie le 19 juin 2013

John, ou quelque soit son nom, vit de petits boulots en petits boulots, changeant d'identité au gré des endroits où il pose son sac. Peu loquace et solitaire, il préfère s'éloigner lors qu'un conflit éclate. Par peur ? Lâcheté ? Non, une façon d'être qu'il a développé pour garder son secret : il n'est pas né sur Terre. Depuis tout petit, il possède des pouvoirs surnaturels et ne veut pas les utiliser à mauvais escient. Plus tard, il s'engage dans un périple afin de comprendre d'où il vient et pourquoi il a été envoyé sur notre planète. Mais il devra affronter la pire menace et devenir un héros incarner l'espoir pour toute l'humanité au lieu de la peur, et ainsi sauver le monde de la destruction totale.


Sept ans après la tentative de sequel de Bryan Singer, Superman Returns, l'homme aux collants bleus et à la cape rouge refait son apparition dans les cieux de Metropolis sous la houlette de Zach Snyder et Christopher Nolan. Un brin de nostalgie ou une envie de recréer une franchise qui pourrait renflouer les caisses de Hollywood en mal de blockbusters qui fonctionnent ?
Si on ne doute pas du talent de Nolan, on pouvait craindre l'arrivée de Snyder sur le projet qui, depuis le succès de 300, n'a pas franchement convaincu (Watchmen, Le Royaume de Ga'Hoole et Sucker Punch). Si l'homme est vu comme un visionnaire à l'esthétique artistique faite pour le grand spectacle, il n'en demeurait pas moins un choix risqué. Surtout avec un budget qui crève le plafond !

Si Marc Webb a réussi à relancer la franchise marvellienne de l'homme-araignée l'année dernière avec The Amazing Spider-Man, on ne peut pas être aussi catégorique avec Man of Steel. Si le nouveau Spider-Man n'avait pas les faveurs des fans (Andrew Garfield n'étant pas "taillé" pour le rôle, selon ses détracteurs), il s'est montré convaincant grâce à son empathie, et son caractère "humain" avant tout, avec ses faiblesses et sa sensibilité. Si Henry Cavill est, lui, physiquement parfait pour endosser le costume du Kryptonien, il lui manque ce supplément d'âme (et un peu de charisme ?) pour incarner le sauveur de la planète. Ce n'est pas à coups de hurlements marquant sa rage et ses efforts, et ses moues de chiens battus dans les moments plus intimes qui font de lui un Superman à la hauteur ! (même si, j'avoue, il est craquant...). Mais ne nous trompons pas de cible...

Au vu des bandes annonces, on supposait que Man of Steel serait plus intimiste, avec un héros faillible et accessible. Que nenni ! Sur près de 2h30 de film, on passe au moins 2h dans de l'action pure et dure. Les Kryptoniens "ennemis" sont de véritables machines de destruction massive, quasi indestructible (Michael Shannon est génialement terrifiant), faisant des scènes de combats de guerres quasi nucléaires, et des duels fracassants, détruisant tout sur leur passage. Ici, pas de problèmes de conscience avec les dommages collatéraux !

Le soucis majeur réside dans la structure du récit, parfois bancale avec ses flash-backs et souvent invraisemblable (même pour de la SF), et dans le scénario résolument guerrier, laissant peu de place à l'évolution émotionnelle des personnages. Les scènes d'action priment sur l'identité complètement morcelée du super-héros qui, finalement, en devient moins attachant. Si les effets de style sont plus que présents, le rythme n'est pas tenu. À force de vouloir en mettre plein la vue, on finit par en avoir la nausée, donnant à l'ensemble un effet brouillon (je sens que je vais me faire taper dessus en disant cela...). Même pendant le peu de scènes tournées caméra au point, tout tremble. Et que dire du traitement de ce pauvre Jonathan Kent ?! Une honte...

Les effets spéciaux sur fond vert foisonnent tellement qu'on ne finit par ne plus rien voir. Dommage, car pour une fois, le spectateur peut découvrir Krypton avant sa destruction (qui a d'ailleurs des allures de planète de heroic fantasy) dans une scène d'exposition plus développée que dans les précédents opus. Et que dire des dialogues ! Même si on ne vient pas voir ce genre de film pour ses répliques, il fait toujours meilleur effet de ne pas tomber dans l'excès. Ici, certaines d'entre elles sont dignes de séries B, prévisibles au plus haut point, voire parfois gnan-gnan. Où sont les punch-lines qui ont fait la renommer d'autres films de super-héros ? N'est pas Iron Man qui veut apparemment...

En résumé : Malgré tous ces défauts, on prend un (tout) petit plaisir non dissimulé à voir du spectaculaire, et un beau gosse sauver le monde. Mais quel dommage que l'ensemble soit dépourvu d'âme et d'une réelle incarnation. Man of Steel ne bénéficie pas de l'effet Nolan comme sur The Dark Knight. Dommage !

dimanche 28 avril 2013

[Critique] The Iceman : un regard plus froid, tu meurs (05/06/13)

THE ICEMAN

De Ariel Vromen
Avec Michael Shannon, James Franco, Chris Evans, Ray Liotta, David Schwimmer, Stephen Dorff…

Sortie le 5 juin 2013

Tiré de faits réels, voici l’histoire de Richard Kuklinski, surnommé "The Iceman", un tueur à gages qui fut condamné pour une centaine de meurtres commandités par différentes organisations criminelles new-yorkaises. Menant une double vie pendant plus de vingt ans, ce pur modèle du rêve américain vivait auprès de sa superbe femme, Deborah Pellicotti, et de leurs enfants, tout en étant secrètement un redoutable tueur professionnel. 
Lorsqu’il fut finalement arrêté par les fédéraux en 1986, ni sa femme, ni ses filles, ni ses proches ne s’étaient douté un seul instant qu’il était un assassin. Pourquoi l’est-il devenu, et comment a-t-il réussi à continuer pendant si longtemps ?


Si le scénario est plutôt basique et didactique -- les difficultés à concilier vie de famille et vie professionnelle, même si le personnage sous ses airs de common man est dans les extrêmes permanents -- j'ai été bluffée par la performance ambigüe de Michael Shannon. D'une froideur polaire et d'un charisme à toute épreuve, il en impose tout de suite de par sa stature imposante et son regard de fou furieux. Le réalisateur dessine une silhouette sans âme, allant jusqu'à évoquer sa peur des sentiments. À part celui de Richard Kuklinski, il n’y a pas d’autres personnages. Ceux-ci n’existent pas, ou peu (comme la femme de Kulinski jouée par Winona Ryder), à peine en qualité d'électrons qui gravitent autour de lui justifiant la fin (sacrément gratinée) et les moyens. Car il faut bien l'avouer, la présence de James Franco (5 min chrono), de Chris Evans (alias Captain America, méconnaissable) ou encore de David Schwimmer (peu crédible en ganster badass) n'est due qu' au besoin d'argent pour financer le projet, Shannon n'étant pas encore assez connu. Malgré tout l'acteur à la mine patibulaire est le seul à disposer d’un espace qu'il occupe avec les immenses qualités qu'on lui connaît, avec une petite tendance à se singer lui-même – mais avec talent. 

Petite déception côté réalisation. On sent que le réalisateur répond à un cahier des charges précis, sans jamais y déroger. Il s'y est attelé avec autant de docilité que le pire des grosses productions. The Iceman ne dégage pas la moindre singularité malgré l'effort de retrouver l'esthétique et le bagou du cinema des seventies. La plupart des scènes sont tournées de nuit ou dans une semi-obscurité, donnant de jolis plans. Mais l'ensemble est plutôt assommant et tape-à l'oeil. 

The Iceman ne raconte pas autre chose que cette existence binaire d'un homme qui vit son "American Way of life" couplée à son existence de tueur à gage à fond et sans concession, avec un entêtement qui forcerait presque l'admiration. Ce grand écart ne tombe pas pour autant dans un étau qui se referme sur le personnage. Une certaine inventivité l'en empêche. On regrette seulement que ce destin si particulier ne soit pas davantage questionné...

En résumé  : A voir pour la performance de Michael Shannon...

dimanche 29 avril 2012

Interview : Chris Evans "Je ne suis pas le seul à porter un costume ridicule !"

© Marvel
Avant de voir Chris Evans, dans le rôle dark de Robert Pronge, un avocat camé jusqu'au trognon et  mentor du tueur précoce Richard Kuklinski, dans The Iceman (au côté de Michael Shannon dans le rôle de Kuklinski), on peut le dévorer des yeux dans Avengers, affublé de son costume bleu et de son incroyable bouclier. Interview, tout en lunettes, barbe de 5 jours et... sourire ultra-bright, of course. 


Vous aviez déjà incarné l’année dernière Captain America dans un film à la gloire de ce personnage emblématique de l’écurie Marvel. Aujourd’hui, vous vous retrouvez au milieu d’une pléiade de super-héros. Les fameux Avengers. Quelle est la situation que vous préférez : œuvrer en solo ou en groupe ?
(rires). Dans Captain America, la pression était énorme. Me retrouver dans Avengers m’a donc permis de partager toutes les angoisses que l’on peut ressentir quand on est au générique d’un blockbuster. Des centaines de millions de dollars sont en jeu !  Et puis on se dit : "Hé, je ne suis pas le seul à porter un costume ridicule !". Il y a une personne en revanche qui a dû flipper, c’est Joss Whedon, le réalisateur. Il est vrai que Avengers est une production très attendue par des milliers de fans ! 
© Marvel
Dans Avengers, vous et vos petits camarades (à savoir Hulk/Bruce Banner (Mark Ruffalo), Natasha  Romanoff (Scarlett Johansson), Iron Man (Robert Downey Jr), Clint Barton/œil de faucon (Jeremy Renner) ), vous plongez sous l’eau, sautez d’un avion, vous fracassez contre les parois d’un immeuble, etc. Quelle a été la scène la plus difficile à tourner ? 

Toutes les scènes où il est question d’explosions ! Pourquoi ? Parce que lorsque vous avez des énormes déflagrations qui pètent à tout-va, le premier réflexe c’est de s’allonger sur le sol ou de se planquer ! (rires). Ce qui est, bien sûr, impossible quand vous jouer un super héros ! Vous devez rester impassible, ne même pas cligner des yeux ! Faire comme si de rien n’était.
Captain America a été le symbole de l’Amérique durant la Seconde Guerre mondiale. C’est un héros militaire qui représente l’espoir et le courage. C’est aussi lui qui est le leader des Avengers. Ne craignez vous d’être récupérer par l’armée d’aujourd’hui qui comme vous le savez a beaucoup de mal à recruter de nouveaux soldats ?
© Marvel
Cela ne me gênerait pas d’avoir une telle utilité, de servir la propagande. Pour l’heure, je pense qu’on ait plus besoin de Superman. Un super héros qui a été crée après la crise de 1929, histoire de remonter le moral des millions d’Américains qui avaient tout perdu. Les super-héros travaillaient alors à faire oublier le cauchemar économique. Il faut croire que l’Histoire se répète…
Les super héros sont, à l’origine, nés dans les bandes dessinées américaines. Comment expliquez vous leur impact dans votre culture ? 
© Marvel
Vous, en France, vous avez une Histoire riche et une culture foisonnante. Les États Unis sont un pays jeune. Nous n’avons qu’une Histoire très récente. Comme nous faisions une sorte de complexes vis-à-vis de la vieille Europe, mais aussi vis-à-vis de pays comme l’Inde, la Chine ou l’Egypte. Nous avons donc créé nos propres divinités. Nous n’avions pas de héros séculaires pour fédérez ! Ces super héros, ces guerriers sans peur, c’est un peu notre mythologie à nous. Ces derniers n’ont pas vu le jour dans livres ancestraux et parcheminés mais dans ce qu’on appelle les pulps  ou les comics, c’est-à-dire dans les journaux ou des revues populaires. Au fil des années, ils sont devenus des "classiques". D’ailleurs certaines de ces publications se vendent aujourd’hui à prix d’or aux enchères.
© Marvel

Dans Avengers vous êtes amené à combattre des forces extraterrestres démoniaques. Si vous deviez nous décrire un E.T ... ?
À quoi ressemble un extraterrestre d’après moi ? Depuis que j’ai lu dans Newsweek que 48% des Américains croient aux extraterrestres et que 29 % d’entre eux pensent que nous sommes mêmes déjà entrés en contact avec les petits bonshommes verts, je n’ose pas trop vous dresser un portrait robot du E.T. Trop peur de les décevoir ! Je pense néanmoins qu’il serait effrayant s’il nous ressemblait ! Qui sait ? Les aliens sont déjà peut-être parmi nous !

Merci à F. R. pour son interview

lundi 19 septembre 2011

Premium Rush : Un jeu de chat et de souris... à vélo


En voilà un qui a mangé du lion en écrivant le scénario ! Survitaminée, la nouvelle bande-annonce de Premium Rush vient d'arriver, et ça déménage ! Avant de rejoindre les rues de Gotham City et d'enfiler son uniforme de gentil flic dans The Dark Knight Rises, Joseph Gordon-Levitt (Inception) enfourche son VTT pour une course folle à travers les rues de New-York.

De quoi ça parle ?

De Willee, un jeune coursier qui trace sa route à cent à l'heure parmi les voitures, sans peur si remord dans Manhattan, jusqu'au jour où on lui remet une enveloppe, bien plus importante qu'une simple lettre d'amour et ou un télégramme.
 
Ce premier trailer ne nous montre pas ce qu'il y a réellement dans l'enveloppe qu'il doit délivrer mais apparemment, c'est ultra-urgent ! Face à lui, Michael Shannon (qui nous a ébloui dans Take Shelter à Deauville). Après avoir été le gentil poulet de Boardwalk Empire et futur méchant Zod dans Man of Steel, il joue ici un flic corrompu qui n'a qu'un but : arracher des mains cette mystérieuse enveloppe des mains de cet impétueux, agile et agressif biker sans frein. Et là commence un jeu d'attrape-moi si tu peux... où le perdant risque d'y laisser sa vie. Quand même !

Réalisé par David Koepp (qui a écrit Jurassic Park et Spiderman et réalisé Hypnose, La ville Fantôme et Fenêtre Secrète), Premium Rush s'annonce comme un bon film pop-corn, avec des mouvements de caméra ultra-dynamiques et des tours de roues plutôt balaises. On aura au moins la chance de retrouver le magnétique Michael Shannon avec sa gueule de vrai méchant, qui une fois encore va nous mettre le trouillomètre à zéro. Et on félicitera sans doute Joseph Gordon-Levitt d'avoir donné de sa personne durant le tournage, qui lui a coûté 31 points de suture lors d'une scène d'action en août 2010. A croire que Koepp n'aime définitivement pas les cyclistes !

Premium Rush sera sur la ligne d'arrivée en France le 5 septembre 2012.


dimanche 11 septembre 2011

[Avis] Take Shelter : Entre angoisses et folie, Michael Shannon nous glace les sangs (7/12/11)


TAKE SHELTER
(Grand Prix de Deauville)
De Jeff Nichols
Avec Michael Shannon, Jessica Chastain, Tova Steawart, Shea Whigham...

Take Shelter est un thriller à l'ambiance particulière, qui l'air de rien, a l'art de vous prendre peu à peu aux tripes et ne vous lâche plus jusqu'à la fin. Angoissant et fascinant, on se sent tel une souris piégée par un tourbillon de pensées. Mais... cet homme est-il fou ou a-t-il des hallucinations prémonitoires ?

Curtis La Forche, un américain ouvrier dans les carrières, mène une vie plutôt paisible avec sa femme et sa fille devenue sourde. Une nuit, une terrifiante vision de tornade balayant tout sur son passage l'assaille dans un cauchemar. Ceux-ci se répète au fil des jours, le laissant dans un état d'angoisse insupportable au vu de leur réalisme terrifiant. Certains vont même lui donner des douleurs qui perdurent en lui de manière concrète. Chacun de ses cauchemars commencent par une violente tempête et Curtis devient ainsi obsédé par la menace d'une tornade. Des visions apocalyptiques envahissent peu à peu son esprit. Il devient irascible, secret, et étrange aux yeux de sa femme (Jessica Chastain) et son entourage, qui ne comprend pas son obsession de construire un abri-souterrain, quoiqu'il en coûte. Son comportement fragilise son couple, son travail, sa vie... Et rien ne peut l'en détourner.


Michael Shannon, habitué à des rôles d'homme perturbé et torturé depuis Bug (2006), tient là un personnage dont la vie intérieure est incroyablement riche à créer pour un acteur. Et le travail de Shannon est remarquable, tant il est crédible et sa souffrance extrêmement bien dosée. Le spectateur est à la fois terrorisé par certaines scènes et profondément troublé par la détresse de cet homme, qui préfère ne pas se livrer plutôt que de devoir quitter les siens à cause d'une éventuelle maladie mentale. Lui-même, ne peut dire si ses angoisses sont fondées sur un danger réel, ou si la schizophrénie paranoïaque (dont souffre aussi sa mère (Kathy Baker)), est en train de l’envahir. Il veut comprendre : il va voir sa mère, consulte un psy tout en s'enfonçant dans ses délires (égoïstes ?) qui le mènent jusqu'à l'endettement. Résultat : comme Curtis, on ne sait plus quoi penser, on hésite, on cherche des éléments pour se baser sur quelque chose de concret pour déterminer si cette folie est réelle ou feinte.


Le  réalisateur, comme l'acteur, ont un lien personnel particulier  avec cette histoire. Le premier a écrit le scénario lors d’une phase heureuse de sa vie - vie professionnelle épanouissante et mariage tout neuf. Puis  il a commencé à éprouver des angoisses vis-à-vis du monde en général, qu'il voyait comme menaçant. Analysant lui-même ce sentiment très désagréable, par la réalité d’une situation économique inquiétante, mais aussi par le fait que pour la première fois de sa vie, il avait quelque chose à perdre, il devait lutter contre ses démons intérieurs.
Le second venait d'être père au moment du tournage et a expliqué à TvCinephages qu'il "voulait incarner quelqu'un et un état d'esprit que chacun pouvait comprendre ou déjà vécu. Je ne voulais pas explorer la maladie mentale en elle-même. Mais explorer l'anxiété qu'un père de famille peut ressentir à l'idée d'avoir la responsabilité d'une famille et de la protéger". Michael Shannon a parfaitement su adapter et transfigurer cette expérience personnelle en un personnage cohérent et abouti.

Le film fascine et terrifie. Les scènes de cauchemars, dont la photo et la réalisation sont très réussies, ont un réel pouvoir sur le spectateur. Michael Shannon en donne sa version : "Quand on a tourné les scènes de rêves, il n'y avait aucun effet spécial. Je jouais face à... quasi rien. Dans mon imagination, ils me semblaient plutôt gentillets et pas trop stressants. Mais quand on voit le résultat après le montage et les effets spéciaux, les rêves sont très provocateurs et effrayants. Ce qui pouvait amener à pense que Curtis est vraiment fou."

L’angle plus dramatique du film tourne autour de l’aspect psychologique, la menace de maladie mentale. Curtis craint tout autant la possibilité d’une faille psychologique que les terribles visions qui l’assaillent. Et c'est pour cela qu'il préfère cacher ce qu'il vit pour ne pas être pris pour un dingue et devoir s'éloigner en institution spécialisée comme sa mère. Sa détresse est notamment liée à la manière dont les autres, la communauté, pourraient percevoir la malade mentale. L'incompréhension de son entourage, donne lieu à une scène de repas de quartier extrêmement puissante, dirigée vers un dont le point culminant est émotionnellement poignant.

Curtis est-il fou ou clairvoyant ? Jeff Nichols donne sa vision des choses à la fin du film... mais libre à vous de ne pas le croire ou d'imaginer une autre explication.

En résumé : voilà un superbe acteur qu'on aura hâte de retrouver entre autre dans le nouveau Superman en méchant Zod, aux côtés d'Henry Cavill.


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