vendredi 9 mars 2012

Critique : John Carter : Attention Martiens, un humain débarque (14/03/12)

Si Avatar, La Planète des singes ou Star Wars n'avaient pas existé, il est certain que John Carter aurait amené une réelle nouveauté dans le genre fantastique, avec son jeune héros venu d'une autre planète, tombant amoureux d'une indigène et se faisant accepter par ce peuple du fond de notre galaxie. Finalement, le film d'Andrew Stanton et son budget faramineux de 250 millions de dollars s'avère être un film pop-corn (et un peu kitsch ?) plutôt agréable à regarder mais sans réel intérêt scénaristique. Mais sans nul doute, il va s'imposer comme un carton du box-office...


© Disney
Adaptation spectaculaire de La Princesse de Mars, le premier volume d'une série de 11 romans écrits par Edgar Rice Burroughs, papa de Tarzan, John Carter est un film qui mêle habilement le vieux et le neuf. La modernité avec la perfection des effets spéciaux numériques créant un monde imaginaire et des créateurs plus extravagantes les unes que les autres. On y retrouve des créature fascinantes première qualité des ouvrages de Burroughs, comme ces "hommes" verts de 3 mètres de haut dotés de 4 bras agiles et de défenses de mammouths, ce chien-lézard incroyablement rapide et affectueux, ces singes albinos géants et carnassiers et ces mammifères ovipares, ruminants aux longs bras avec une bouche au creux de chaque main. Le radiateur montre une imagination débridée tout en restituant avec fidélité l'univers presque centenaire de Burroughs. 
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Stanton garde pourtant une touche old school, avec toutes ces références évidentes et ses formes de récit qui ont très souvent nourri le cinéma populaire. Un soldat confédéré (Talyor Kitsch, alias John Carter) propulsé dans un monde qui lui est inconnu, où deux civilisations (Helium et Zodanga) se font la guerre. Sab Than (Dominic West), chef de Zodanga, possède une arme redoutable et veut soumettre le peuple d'Hélium en épousant Dejah Toris (Lynn Collins), la fille du roi (Ciaran Hinds). Bien évidemment, le preux chevalier John Carter, grâce à sa force physique et à sa ruse, va contrarier à plusieurs reprises les velléités du méchant Sab Than et défaire son armée. On retrouve avec un plaisir évident un type de récit qui renvoie au cinéma d'aventure hollywoodien, touchant aux péplums et aux films mythologiques talents de la fin des années 50 (toute proportion gardée...).

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L'intrigue, simpliste et compliquée à la fois, est plutôt mal développée. On ne compte plus les fois où John Carter, cet Indiana Jones martien et gladiateur à ses heures, est capturé puis s'enfuit sans arrêt, inlassablement. Plus construit comme une suite d'incidents qu'une véritable histoire avec des arcs rythmés et des scènes élégamment enchaînées, le film se concentre sur le dilemme de la princesse Dejah, scientifique émérite qui n'a aucune envie d'obéir et de se marier pour des raisons politiques. A vouloir conserver leur identité (planétaire) propre et leur donner une certaine profondeur, les scénaristes ont fait de Dejah et John des personnages principaux basiques, de véritables archétypes : un bienfaiteur et une demoiselle en détresse. Leur romance amène de nombreux clichés à la limite du nain-nian, des minauderies irrépressibles et des regards (bleu lagon) sous le clair des lunes (oui, il y en a plusieurs sur Barsoom). Le scénario d'une platitude sans nom, et les dialogues dépourvu de reliefs, trop peu relevés par un humour basique, auront peine à faire lever les zygomatiques. On notera tout de même que le running gag du "Virginia" a fait son œuvre (je vous laisse la découvrir ci-dessous). Mais pour le reste, voilà une erreur étonnante quant on connaît le pouvoir hilarant de Pixar. On
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Le réalisateur a confié qu'une fois les personnages "décryptés", tout reposerait sur le casting. Et là, on se demande bien comment les auditions ont été faites ! Taylor Kitsch, exilé de la série Friday Night Lights, manque encore d'expérience. Et s'il n'est pas mauvais dans la peau de John Carter, il n'arrive pas à transcender son personnage. Résultat, on a du mal à s'y attacher et à se soucier de son destin. Un peu dommage pour un rôle principal ! Quant à Lynn Collins, seule personnage féminin du film (en chair et en os... et en perruque !), est à la limite de provoquer de l'agacement. Si son verbiage l'ennuie, la gente masculine se contentera de regarder la superbe plastique de la belle dans son costume minimaliste. Seuls Mark Strong (Matai Shang, l'un des méchants) et James Purefoy (Kantos Khan, capitaine ami de John Carter) redonne un peu de couleurs à ce tableau délavé.


En résumé : Si ce blockbuster est un peu plat et gentillet, il n'en reste pas moins une chronique de science-fiction à grand spectacle, visuellement riche et étonnante. Les plus jeunes seront sûrement de meilleurs spectateurs que les adultes.

En bonus : 10 minutes du film, quelques extraits, et la nouvelle bande-annonce pour vous en faire une idée, et des interviews...
   
                         










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