mardi 21 février 2012

Quand Scratch se prend pour Jean Dujardin

C'est la vidéo à croquer du moment... Pour la promo de son dernier opus sur la banquise, L'Âge de glace 4, la dérive des continents, la 20th Century Fox a rendu hommage au film à succès du moment, The Artist. Il s'agit d'un best-off des meilleurs moments de Scratch, l'écureuil qui fait tout pour attraper un gland. Ces scènes sont tirées des trois premiers épisodes de la saga, "décolorisés" et rendus muets sur la musique du film de Michel Hazanavicius.

C'est le 27 juin prochain que Sid le paresseux, Manny le mammouth et Diego le tigre à dents de sabre feront leur grand retour dans les salles obscures françaises... et en 3D. Rassurez-vous, point de noir et blanc et de musique sans dialogue pour ce nouveau volet, comme l'expliquent les personnages à la fin du teaser. En revanche, Vincent Cassel, Ellie Semoun et Gérard Lanvin prêteront à nouveau leur voix aux personnages de l'ère glaciaire.



dimanche 19 février 2012

Critique : La Dame de fer : Dans l'intimité d'une grande dame (15/02/12)


LA DAME DE FER


De Phyllida Lloyd
Avec Meryl Streep, Jim Broadbent, Susan Brown, Alice Da Cunha...

Ne vous fiez pas au titre. La Dame de Fer ne fera pas le bilan des onze années passées au pouvoir de l'illustre baronne Margaret Tatcher (entre 1979 et 1990). Le film de Phyllida Lloyd (dont c'est le second long-métrage après Mamma Mia !) s'intéresse au parcours de celle qui fut l'une des figures les plus influentes de la fin du XXe siècle et dont l'oeuvre marque encore les esprits et le quotidien des Britanniques et de nombreux citoyens de ce monde. Si elle fut premier ministre, elle n'en restait pas moins femme. Et c'est de son point de vue qu'est raconté le film, donnant une certaine distance vis-à-vis de la chronologie des événements. Entre poigne et fragilité, la Dame de fer n'a rien d'un colosse avec l'interprétation intime et toute en finesse de Meryl Streep.
Un point de départ... romanesque
Margaret (incarnée par Alexandra Raoch au début) est une jeune fille ambitieuse, loin de se laisser enfermer dans le rôle que voudrait lui imposer sa position sociale et la société dans laquelle elle vit. Diplômée en chimie, elle délaisse le choix d'une entreprise industrielle pour entrer en politique, dans le parti conservateur. Perdue au milieu d'un monde sexiste et patriarcal, elle ne se démonte pas et brave avec détermination les préjugés jusqu'à la plus haute marche du pouvoir. À mesure que la couleur de ses tailleurs fonce, son opiniâtreté ne fera que l'amener vers la consécration.
Le scénario d'Abi Morgan se focalise sur une Margaret Thatcher (Meryl Streep) plus âgée, une quinzaine d'années après qu'elle a été chassée du pouvoir en 1990. À la limite de la sénilité, la vieille femme discute avec le fantôme de son mari, Dennis (Jim Broadbent), mort en 2003. Ces dialogues sont l'occasion de flashbacks qui montrent la résolution de l'épouse à réussir et les encouragements de son mari, que l'on découvre fantasque et rieur. Dans ce rôle, Jim Broadbent est tout simplement irrésistible et touchant. Il déploie des trésors de bonhomie, sans doute destinés à prouver que la femme d'un homme aussi gentil pouvait être aimable. On suppose alors que le véritable Mr Thatcher devait jouer le rôle de soupape de secours lorsque son premier ministre de femme montrait les dents à la maison.
"Pearls are absolutely not negociable. That's the term that we want to strike"
Une chose est sûre : on est loin des films politiques tels que The Queen de Stephen Frears ou de la série comique et satirique The Thick of It d'Armando Ianucci. Dans La Dame de fer, la politique et la mécanique du pouvoir ne sont traitées qu'en toile de fond. Les manœuvres qu'elle opère pour prendre le pouvoir du parti conservateur sont résumées par des leçons de dictions, de mode et de comportement. La coiffure, les perles, l'accent, le tempérament et le registre identifiable entre mille sont là : Meryl Streep EST Margaret Thatcher !


Évidemment, certains crieront au scandale lorsqu'ils verront que la guerre des Malouines, le démantèlement du pouvoir syndical ou les mesures d'austérité ayant mené à la grèves des mineurs -- grands conflits parmi d'autres -- sont ainsi expédiés en quelques images d'archives et de simples répliques. Ses actions n'était pas le propos voulu par la réalisatrice, qui assume totalement son approche romanesque (et parfois fictive lorsqu'il s'agit de Margaret Thatcher âgée). Reste une fois encore la femme derrière les décisions. Sa férocité dans ses exigences, voire son obstination démesurée, appuyée par une voix forte et des mots choisis font d'elle un personnage qui attire les foudres et craint aussi. Jusque dans ses rangs. La scène où Margaret Thatcher dépasse les bornes face à son conseiller le plus proche (joué par Anthony Head, alias Giles dans Buffy contre les vampires, pour les trentenaires) est tout à fait fascinante. Le savon qu'elle lui passe le poussant à la démission fait apparaître une Meryl Streep habitée par son personnage à tel point que, de l'aveu des comédiens, elle était réellement terrifiante et la tension était palpable sur le plateau. 
Et si les épisodes postérieurs à l'éviction de Margaret Thatcher, comme l'accueil chaleureux qu'elle fit à Augusto Pinochet, poursuivi par le juge Garzon, ou sa collaboration rétribuée avec l'industrie du tabac sont, eux, totalement passés sous silence, ça n'est que pour renforcer l'universalité de l'histoire. À savoir, comment gérer la perte de l'être aimé ? Que se passe-t-il lorsqu'une vie trépidante entièrement consacrée au travail arrive à son terme ? Comment affronter l'âge et le handicap ? Aucun d'entre nous n'a eu la vie publique ni le statut de Margaret Thatcher, mais nous sommes tous capables de comprendre ce que peuvent représenter les relations de travail, de famille, de même que les notions de renoncement, d'acceptation et de résignation.
En résumé : De l'humain, rien que de l'humain. Et une grande performance ! Meryl Streep tient ici l'un des plus beaux rôles de sa vie. Son énergie passe dans l'empathie et l'humanité qu'elle donne à son personnage vieillissant. L'actrice, jeune sexagénaire, devient ainsi une femme voûtée, instable, perdue dans les photos de famille et dont les souvenirs la submergent sans possibilité de retour. Impressionnante de réalisme et subjuguante de justesse. Elle n'a pas volé sa nomination aux Oscars !

Critique : Sécurité rapprochée : de l'action... déjà vue (22/02/12)


Courses poursuites dans des rues bondées, bastons saignantes entre gros bras, coups de mitraillettes à tout-va... On ne peut pas dire que Sécurité rapprochée soit un film de tout repos !

Remarqué avec Easy Money, le suédois Daniel Espinosa avait habilement mêlé critique sociale et film noir à Stockholm. Avec son nouveau film, rendez-vous est pris en Afrique du sud avec Denzel Washington et Ryan Reynolds. Entre eux va se dérouler un jeu du chat et de la souris laissant peu de place au répit. Twists et rebondissements s'enchaînent pour optimiser l'action avec des acteurs qui n'hésitent pas à donner de leur personne. Mais ce rythme infernal ne risque-t-il pas de créer l'overdose au bout des 2h de film ? Sécurité rapprochée s'avère être un bon divertissement efficace basé sur un scénario aux multiples rebondissements... d'un grand classicisme.

De quoi ça parle ?


Depuis plus d'un an, Matt Weston (Ryan Reynolds) tourne en rond dans son boulot de "gardien" un peu spécial qu'il occupe à Cape Town. Il est en charge d'un lieu hyper sécurisé servant de planque à des "invités" très spéciaux de la CIA. Mais d'invités, il n'en a pas vu souvent... même jamais. Son rêve ? Devenir un agent de terrain à part entière et montrer ce dont il est capable à sa hiérarchie. C'est alors qu'arrive Tobin Frost (Denzel Washington), son premier protégé. Et pas n'importe lequel. Agent double et l'un des meilleurs ancien officier de renseignements que la CIA ait jamais embauché, Frost est aussi l'un des hommes les plus dangereux qui soit. Hors des radars de l'agence gouvernementale depuis 10 ans, il gagne sa vie en revendant des secrets gouvernementaux aux plus offrants. Mais un jour, il préfère se rendre plutôt que de risquer de prendre une balle dans la tête. Son tort ? Avoir en sa possession une liste de noms de haute valeur, qui lui vaut d'avoir une multitudes de tueurs de différentes nationalités à ses trousses. Avec ces nouveaux secrets, il devient un homme inestimable et intéresse la CIA, surtout la directrice de l'agence Catherine Linklater (Vera Farmiga) et le mentor de Matt, David Barlow (Brendan Gleeson, à l'affiche d'Albert Nobbs).

Après avoir été emmené dans la planque, celle-ci est attaquée par un commando lourdement armé. Une seule solution pour Matt : tout faire pour garder Frost en vie. Pourra-t-il avoir confiance en son nouveau partenaire de circonstance ou faudra-t-il que Matt lutte aussi contre Frost pour ne pas être tous les deux éliminés du jeu ? Rien est moins sûr...

Tu veux être celui qui a perdu Tobin Frost ?"

© Universal
Rien de bien nouveau sous le soleil de Hollywood... On retrouve avant tout un duo classique que tout oppose : le vieux briscard expérimenté et le jeune loup fougueux. À ma droite, Tobin Frost, ancien agent de la CIA manipulateur de génie, redouté par ses ex-collègues. À ma gauche, Matt Weston, bleu qui a tout à prouver et qui en veut. Frères-ennemis, ils vont devoir affronter des épreuves pour s'en sortir. Un terrain plus que connu (et déjà conquis) pour Denzel Washington, habitué des rôles de spécialiste ès-manipulation (Training day, American gangster...). Le sourire ravageur fonctionne toujours, mais on regrette que l'acteur ne soit venu que pour cachetonner. Il se repose sur son charisme naturel plutôt que de donner une réelle épaisseur à son personnage. Résultat : une impression générale de minimum syndical, même si celui-ci est très bien exécuté. Après avoir enfilé le juste-au-corps vert lumineux dans Green Lantern, Reynolds n'a pas fait dégonfler ses muscles, mis à rude épreuve lors de corps-à-corps intenses. Il en impose ! Et pourtant, la fragilité n'est pas loin. Ses yeux de chiot effrayé, même quand il occis un méchant, parlent pour lui. Ainsi le duo fonctionne plutôt bien.

"Je suis DÉJÀ dans ta tête..."

© Universal
Si Tobin Frost défait ses ennemis à coups de noeuds au cerveau, Daniel Espinoza ne veut laisser à aucun moment laisser le spectateur sans scènes d'action plus de 5 minutes. Peur de l'ennui ? N'est pas Paul Greengrass (la saga Jason Bourne) qui veut ! De la nervosité dans l'image et dans le montage, mais on se passerait bien de la caméra à l'épaule permanente qui finit par devenir désagréable. Pour autant, l'image filmée d'en haut donne un certain style et permet de renforcer l'intensité de cette course permanente, avec une mention spéciale pour la poursuite dans le township de Langa. Rares sont les films américains qui mettent en avant l'Afrique du Sud. Et pour cela, un grand merci.
© Universal
Aussi crédibles et bien exécutées qu'elles sont, les scènes de poursuites et de bagarres ne sont pas originales. Pas plus que le scénario qui voit s'alterner manigances des chefs, recherche de l'éventuelle taupe et arrivées de méchants prévisibles. Et que dire de la fin plutôt maladroite, loin d'être à la hauteur du reste (tellement téléphonée...), donnant une conclusion victime d'un retour vers la morale bien pensante. 

En résumé : Plutôt qu'un thriller, on gardera en mémoire de Sécurité rapprochée son côté action à 200 à l'heure, qui nous fait passer un bon moment... mais sans plus. 



mercredi 15 février 2012

Critique : Dos au mur : un héros à tomber (15/02/12)

Si vous êtes sujets au vertige, retenez votre souffle avant d'entrer dans la salle. Car Nick Cassidy (Sam Worthington) n'est pas prêt de lâcher la corniche sur laquelle il s'est perché à des dizaines de mètres de hauteur ! Son innocence est en jeu...
Ancien flic condamné à la prison pour un vol dont il se dit innocent, Nick a réussi à s'évader lors d'une permission exceptionnelle. Il s'installe alors dans un célèbre hôtel de New York, prend un repas de luxe et... enjambe la fenêtre sous le regard des badauds, partagés entre peur et excitation.

Et s'il sautait ?

© Studio Canal
Le voilà dehors, sur la corniche, au bord du vide. Nick ne veut parler qu'à une seule personne : Lydia Mercer (Elizabeth Banks), négociatrice de la police. Encore sous le coup de sa dernière "mission", elle est chargée d'essayer de convaincre Nick de ne pas sauter. Plus la jeune femme tente de dénouer cette situation périlleuse, plus elle prend conscience que Cassidy n'est pas clair. Il pourrait bien avoir un autre objectif. Son geste a peut-être un rapport avec le mystérieux projet sur lequel travaille son frère (Jamie Bell) sa belle-sœur. Ils ont élaboré ensemble un scénario très élaboré destiné à prouver son innocence et piégé celui qui l'a envoyé en prison.


Même pas peur !

 
© Studio Canal
Voilà un thriller au scénario plutôt bien ficelé, qui carbure à l'énergie pure et dure d'un divertissement "pop corn", qui assume en toute modestie ses faiblesses (une fièvre urbaine un peu forcée), ses faux-semblants, ses cascades abracadabrantes et ses twists invraisemblables. Si on effleure le côté suspense façon Inside Man, Asger Leth est loin d'avoir le talent de Spike Lee. Malgré tout, on passe un bon moment. Dos au mur nous plonge dans une certaine tension captivante, portée par un rythme efficace composé de va-et-vient bien orchestrés et de nombreux angles de prises de vue, qui évitent les répétitions dans les scènes où Nick est sur la corniche.

© Studio Canal
Sam Worthington confirme après Avatar son statut de héros physique (Killing Fields et Le choc des Titans étant à oublier). On peut tout de même regretter son dénouement prévisible et un final ridicule (et un Ed Harris émacié qui l'est tout autant), qui donne l'impression d'avoir été fait un peu fait à l'arrache. Dommage, mais ça ne gâche pas totalement le plaisir.
 

En résumé : Filmé de façon crue et réaliste, Dos au mur n'est peut-être le film du siècle mais il est astucieux (même s'il n'est que peu crédible) et ne se prend pas au sérieux. Après Le Casse de Central Park, Hollywood nous fait un revival de films de braquages, sous couvert de nostalgie pour les grands thrillers des années 70, comme ceux du grand Sydney Lhumet.
 

lundi 13 février 2012

De nouvelles images pour Dark Shadows

Sur le tournage...
Dans la nouvelle version de Dark Shadows, Johnny Depp n'est plus chapelier mais est toujours chapeauté ! Et comme souvent dans les productions/réalisations du maître gothique Tim Burton, chaque tournage se transforme en carnaval... 

Comme toute production très attendue, les images filtrent au compte-goutte. Mais une chose est sûre, on retrouvera au casting Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter (comme toujours), Chloe Moretz, Eva Green, Jackie Earle Haley, Jonny Lee Miller ou encore Bella Heathcote. La première photo officielle avait un air de déjà-vu chez La Famille Adams...


Mais ne soyons pas pessimistes... elle reprenait les codes esthétiques de l'affiche de la série intiale dont le film sera tiré. De nouvelles images nous révèlent ce que Ricky Gervais s'amuse à répéter : il n'y a que Tim Burton qui peut faire se maquiller Johnny Depp comme ça !

Un petit rappel de l'histoire ? Aller... pour le fun...
« En l’an 1752, Joshua et Naomi Collins partent de Liverpool, en Angleterre, et prennent la mer avec leur jeune fils Barnabas, pour commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne va pas suffire à les éloigner de la mystérieuse malédiction qui fait le malheur de leur famille. Vingt années passent et Barnabas (Johnny Depp) a le monde à ses pieds, tout au moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Maître de Collinwood Manor, Barnabas est riche, puissant, et c’est un séducteur invétéré … jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le cœur d’Angelique Bouchard (Eva Green). Sorcière de son état (encore une fois pour l'actrice, après Camelot), dans tous les sens du terme, elle lui jette un sort plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant. » Boooouhhhh... On ne verra le résultat en France que le 9 mai prochain. Patience !
 


Il faut chaud à Mystic Falls !

n° du 2/09/201
Série télévisée pour ados par excellence, Vampire Diaries se lâche (gentiment) en se donnant un petit air de True Blood (une version plus adulte et plus sanglante des histoires de suceurs de sang).

Si Vampire Diaries voit évoluer des loups-garous, des sorcières, des hybrides et parfois des fantômes, ce sont les aventures du trio constitué des vampires Damon (Ian Somerhalder) et Stefan (Paul Wesley) Salvatore et de l'appétissante (et tout à fait humaine) Elena Gilbert (Nina Dobrev) qui intéresse le plus les fans. Et au vu de l'alchimie qui se dégage de la couverture du nouveau numéro du magazine Entertainment Weekly ce n'est pas difficile de deviner pourquoi ! Voilà qui devrait mettre le feu aux poudres entre les deux camps de fans : les pro Damon, mauvais garçon au grand cœur qui craque pour Elena, et les pro-Stefan, l'amoureux transi et âme sœur déchue de la jolie brune.







samedi 11 février 2012

Critique : Albert Nobbs : Il ou elle... vivons cacher pour survivre (15/02/12)


Il est des rôles qui marquent toute une vie. Albert Nobbs fait partie de ceux-là pour Glenn Close. L'actrice américaine l'interpréta au théâtre il y a 30 ans (et remporta un Obie Award) et depuis, il ne l'a jamais vraiment quitté. Dès lors, elle n'a de cesse de vouloir le transposer sur grand écran. À force de patience et de motivation sans faille, elle développe le scénario qu'elle co-produira. "Je dois absolument jouer ce personnage au cinéma avant de mourir" avait-elle déclaré à ses partenaires producteurs en 2005. Et c'est à Rodrigo Garcia qu'elle confie le script, réalisateur à qui l'on doit entre autre Nine Lives, Les Passagers, Ce que je sais d'elle... d'un simple regard et (le très mélo) Mother and Child. Résultat : une performance impeccable pour une réalisation toute en sobriété. Sans pour autant laisser de côté les autres personnages, tout aussi brillants les uns que les autres chacun dans leur style.





Adaptation de La Vie singulière d'Albert Nobbs, une nouvelle écrite par George Moore, auteur irlandais du XIXe siècle, Albert Nobbs revient sur le parcours d'une femme (Glenn Close) qui se travesti en homme pour exister. 
Dans la société britannique du XIXe siècle, naître du "sexe faible" ne permet pas de travailler pour atteindre un poste important, comme être propriétaire d'un commerce. Bâtarde de naissance, elle commence à travailler à 14 ans. Mais pour ne pas finir à l'hospice ou à la rue dans cette Irlande pauvre, elle devient Albert, majordome discret dans un hôtel réputé. Il/elle économise ses petits pourboires minutieusement jour à après jour pour parvenir à s'acheter un magasin de tabac et changer de vie. Elle se lie d'amitié avec un peintre en bâtiment (Janet McTeer) et l'une des femmes de chambre de l'hôtel (Mia Wasikowska) qui l'encourageront à leur façon à rêver d'une vie meilleure.



Une vie de secrets et de sacrifices


Sans surprise, ce long-métrage doit sa réussite essentiellement grâce à l'interprétation de l'incroyable Glenn Close. Loin de la flamboyante Patty Hewes dans la série Damages ou de la sulfureuse Alex Forrest dans Liaison Fatale, Glenn Close offre un Albert Nobbs tout en retenue. Entre son chapeau melon, son faux col impeccable et sa démarche masculine mais légère, elle se sert de son visage comme d'un masque impassible sur lequel de furtives micro-expressions font toute la différence... et de vraies merveilles. Bluffante ! Certains diront peut-être que cette impassibilité donne une raideur trop marquée et que son personnage finit par manquer de vitalité. Que nenni ! L'actrice sait mêler dimension tragique et pointes d'humour dosées en ajoutant un simple geste, une mimique (souvent empruntée à Charlie Chaplin), un rictus ou un mot bien placé. Une vraie masterclass !



Malgré une réalisation un peu trop académique, voire illustratrice mais délicate, Albert Nobbs nous plonge dans l'univers féminin et sa psychologie, dans une période où tout est question de survie, où la pauvreté menace chacun à tout instant. Un sujet encore d'actualité, de même qu'une autre question qui n'a en rien perdu de sa force aujourd'hui : peut-on vraiment être soi-même ? Vivre dans le secret et devoir plaire aux plus grand nombre pour (sur)vivre, voilà un thème universel qui trouve écho chez tout le monde.


Janet McTeer
Face à Glenn Close, une collection de personnages qui se croisent à l'hôtel, dont Jonathan Rhys Meyers (aka Henry VIII) et Maria Doyle Kennedy (aka Catherine d'Aragon) tous deux sortis de la noblesse des Tudors, et deux survivant de la saga Harry Potter : Mark Williams laissant son rôle de papa Weasley pour être majordome et Brendan Gleeson devenu ici médecin après avoir été le Professeur Fol-Oeil. Dont la magnifique Janet McTeer qui s'efface totalement derrière son personnage (devenu lui aussi masculin par la force des choses) et donne une interprétation brillante, vibrante et pleine d'espoir. Et la jeune Mia toujours aussi lumineuse, même sans fard.


Un regret cependant. Si le climat économique, les rapports de classes sociales et entre les sexes sont bien présents, quelques intrigues secondaires -- dont l'histoire d'amour passionnée entre Helen (Mia Wasikowska) et un jeune homme à tout faire (Aaron Johnson, qui a un furieux air de Jackson Rathbone, vampire de Twilight) -- éclipsent des enjeux bien plus importants pour l'époque. Malgré son rythme lent et parfois verbeux, on se laisse totalement apprivoiser avec le temps par ces personnages et leur vie portée par le courage et la dévotion.


Jackson Rathbone
En résumé : Après Cate Blanchett dans le rôle de Bob Dylan dans I'm not there, Glenn Close confirme avec brio qu'interpréter un homme n'est pas une prouesse réservée aux hommes (souvenez-vous, en leur temps, Robin Williams et Dustin Hoffamn s'étaient essayé avec humour de devenir respectivement Mrs Doubtfire et Tootsi). Rappelons que Glenn Close et Janet McTeer sont en lice pour recevoir une statuette pour ce film, respectivement dans les catégories Meilleure actrice et Meilleure second rôle féminin. Ce serait une juste récompense...


jeudi 9 février 2012

Le Dr House raccroche sa blouse


© Fox
Vous aimez sa moue boudeuse, ses vannes sarcastiques, ses yeux bleu acier et ses diagnostiques farfelus faits entre deux cachetons de Vicodin ? Eh bien les rumeurs étaient fondées. Le Dr Gregory House (Hugh Laurie) va fermer son cabinet le 21 mai, à la fin de la saison 8 (en cours de diffusion sur la Fox). Les producteurs ont décidé de stopper la gangrène installée depuis quelques épisodes faute de patients et des honoraires on ne peut plus élevés en tant de crise.

"En avril prochain, nous aurons tourné au total 177 épisodes, soit environ 175 de plus que ce qu'on imaginait à son lancement en 2004", ont déclaré les producteurs. "On a toujours imaginé House comme une créature énigmatique. Il ne devrait jamais être le dernier à quitter une fête. Quoi de mieux que de disparaître avant que la musique ne s'arrête, quand il y a encore des promesses et un peu de mystère dans l'air ?"

© Fox
Si le départ du Dr Cuddy n'a pas affecté la carrière de Lisa Eldestein (qui a rebondi dans des séries comme American Dad ! et The Good Wife), l'arrêt de Dr House pourrait malheureusement signifier la fin de la carrière d'acteur de Hugh Laurie, âgé de 52 ans. Le comédien avait annoncé à la presse en novembre dernier qu'il raccrocherait le stéthoscope après la fin de Dr House, pour se consacrer à la réalisation et à la production. Et nous ne sommes pas inquiets pour lui car en 8 années au Princeton Plainsboro, il a su montrer qu'il avait des talents multiples, dont celui de la musique. Mais nous sommes im-patients de le revoir à l'écran d'une façon ou d'une autre. De nouvelles aventures qu'on lui souhaite toutes aussi prolifiques que celles de l'autre beau gosse du milieu hospitalier qui avait décidé de partir de la série Urgences, le bien nommé Georges Clooney. C'est tout ce qu'on lui souhaite !



lundi 6 février 2012

John Carter : Mars n'est plus si loin...

Le nouveau blockbuster de chez Disney est sur le point d'arriver sur nos écrans (7 mars). Et au vu des premières images, il promet d'en mettre plein la vue, et en 3 D (pour faire comme les autres...). Au menu : bagarres et gros biscotos, yeux de biche et love story, et un tas de bestioles bizarres plus ou moins sympa qui déambulent sur la planète Mars (ou Barsoom pour les puristes littéraires)... un monde totalement étranger au héros. John Carter est annoncé comme une machine de guerre marketing (et une supposée planche à billets ?). C'est l'adaptation de la saga Under the Moons of Mars (Le Cycle de Mars, en VF), dont le premier roman La Princesse de Mars est écrit en 1912 par Norman Bean, Edgar Rice Burroughs de son vrai nom... autrement dit, le futur papa de Tarzan. Rien que ça !

Nombreuses ont été les tentatives de production sur grand écran depuis 80 ans. Nombreux sont les réalisateurs qui ont été un temps associés au projet : de l'animateur des années 30 Bob Clampett au désormais célèbre pour son Iron Man, Jon Favreau. Même Tom Cruise avait été pressenti dans les années 80 pour jouer le rôle principal sous la direction de John McTiernan (Piège de Cristal). Malgré de nombreuses références au sujet dans des films comme Avatar (dont certains noms de bestiole ont été repris), la série Urgences (souvenez vous, le Dr Carter alias Noah Wyle...) ou encore Star Wars (Tatooine/Barsoom, même combat), les projets se sont étiolés les uns après les autres, jusqu'à disparaître dans les cartons des studios. Mais c'était sans compter la renaissance orchestrée par Disney (et ses 250 millions de dollars de budget, soit l'équivalent de la sage de Pirate des Caraïbes) et le réalisateur Andrew Stanton (papa du Monde de Nemo et Wall-E), dont c'est la première réalisation avec des acteurs en chair et en os (ou presque) !


De quoi ça parle ?

John Carter (Taylor Kitsch), gentleman originaire du sud des États-Unis et ancien capitaine des Confédérés lors de la guerre de Sécession, est déclaré comme mort auprès des siens. Mais il est en réalité envoyé mystérieusement sur la planète Barsoom, où il se voit embarquer malgré lui dans un conflit qui oppose les habitants de la planète. C'est au côté du tout vert Tars Tarkas (Willem Defoe) et de l'envoûtante princesse Dejah Thoris (Lynn Collins) qu'il va se battre. Dans un monde qui se délite, John Carter se rend compte que la survie de cette planète ne dépend que de lui. Tadaaaa !



"Fate has brought you here, John Carter"

On ne sait pas si ce sera le destin de Taylor Kitsch que de pulvériser le box-office comme il combat les grosses bébêtes mais, le jeune acteur d'origine canadienne n'en est pas à sa première grosse production. Avec sa bouille entre Ashton Kutcher et Emile Hirsch, il débute sa carrière sur le grand écran en 2006 avec John (encore!) Tucker doit mourir, puis enchaîne avec les très oubliables Des Serpents dans l'avion, Le Pacte du sang et Gospel Hill.
Plus récemment, il a tourné The Bag Bang Club, puis il a été Gambit dans Wolverine, au côté de... Lynn Collins. Mais c'est dans son rôle de Tim Riggins dans la série Friday Night Lights que le grand public le connaît le plus. On le retrouvera dans Battleship et Savages (le nouveau Oliver Stone), dans lequel il aura pour partenaires de jeu de John Travolta, Salma Hayek et Uma Thurman. Voilà qui devrait le changer des gros monstres poilus !




 Et la dernière en date, la version longue montrée pendant la soirée du Super-Bowl :
 

mardi 31 janvier 2012

Des super-héros dans le ciel de New-York... pour de vrais ?!

Quelle ne fût pas la surprise des promeneurs new-yorkais lorsqu'ils se sont aperçus, le nez en l'air, que trois formes humaines volaient dans le ciel de "La ville qui ne dort jamais".

Il ne s'agissait évidemment pas de véritables "hommes volants", mais d'appareils télécommandés humanoïdes, conçus dans le cadre d'une promo orchestrée notamment par la Fox. Le but ?  Faire de la pub (virale) au film Chronicle, qui suit trois ados capables de voler.

Le coup marketing est déjà un succès puisqu'en à peine  24h de présence sur YouTube, la vidéo a déjà été vue à plus de 400 000 fois. Bien joué !

dimanche 29 janvier 2012

Critique : Chronicle : Des super héros pas comme les autres (22/02/12)

Chronicle... À première vue, un titre "générationnel" pour un film qui s'annonçait comme le témoignage d'une banale tranche de vie d'adolescents caricaturaux (les populaires et le looser), mus par leurs hormones, vivotant entre beuveries et recherche de dépucelage, et sur qui des pouvoirs tombent mystérieusement. Que nenni ! Chronicle est bien plus que cela ! Le premier long-métrage de Josh Trank (avec Max Landis à l'écriture) est une réelle bonne surprise. Un "documenteur" en caméra subjective, qui s'inspire du succès de REC et de Cloverfield, mais qui se défend d'être un found footage conventionnel. Malgré de multiples références, il est en perpétuel évolution. Il réussit à créer sa propre identité grâce à une technique rigoureuse au service d'idées originales et ingénieuses. Inclassable, Chronicle est un bel essai transformé, qui pourrait bien s'imposer au-delà du monde des geeks et des fans de super pouvoirs.

De quoi ça parle ?

© Fox
Andrew (Dane DeHaan) est un lycéen timide, solitaire, souffre-douleur au bahut et à la maison. Battu par son père alcoolique et quasi orphelin de mère (très malade), il se protège du monde extérieur en se "cachant" derrière sa caméra, en toute circonstance. Il filme tout, tout le temps. Malgré tout, il se rapproche de son cousin Matt (Alex Russell) et de Steve (Michael B. Jordan), un élève populaire du lycée. Lors d'une virée, ils s'aventurent dans un trou où une mystérieuse substance leur donne des pouvoirs. Affublés de ces nouvelles capacités, ils vont d'abord les utiliser comme de nouveaux jouets, faisant de mauvaises blagues. Mais rapidement, ils vont s'apercevoir qu'entre les mains de personnes émotionnellement instables, ces pouvoirs peuvent devenir dangereux...

"Dis-toi que tu es plus fort que tout cela"

© Fox
Encore une histoire de pouvoirs tombés sur le coin du nez des personnages sans qu'ils l'aient demandé ? Chronicle ne se veut pas la version ciné des séries Heroes ou Misfits. Ce n'est pas un film de super héros en costume ridicule... Il a des atouts bien plus convaincants qui s'amusent des codes des films dont il s'inspire. Un teen movie ? Ancré dans une réalité esthétisée, il retrace la vie ordinaire d'ados à la vie loin d'être parfaite. On retrouve évidemment les figures de lycéens habituels, du laisser-pour-compte au mec ultra-cool. Malgré des personnalités opposés, tous recherchent un semblant de reconnaissance (Qui n'a pas traversé une adolescence perturbée en quête de sa véritable identité ?). Steve souhaite être élu président des élèves de dernière année, Matt se définit par des lectures philosophiques et y fait références en donnant des citations, tandis qu'Andrew, le plus torturé des trois, veut tout simplement trouver le moyen d'exister pour lui-même. Et pourtant, Josh Trank se permet de détourner les codes habituels.

© Fox
Possédant désormais des pouvoirs de télékinésie, les trois amis n'ont de cesse de vouloir s'améliorer grâce à des entraînements plutôt fun (qui donnent lieu à des scènes amusantes et légères, comme un entraînement de football dans les airs ou effrayer une petite fille avec une peluche qui vole). Seul Andrew y voit un moyen de prouver qu'il peut être quelqu'un. Quelqu'un de fort, d'intouchable, d'inflexible et de déterminé, quitte à se penser comme supérieur aux autres jusqu'au narcissisme absolu. Et pourtant, comme ses deux acolytes, il n'a pas l'envie d'utiliser ses capacités pour faire le Bien, ni pour aider les autres. Une réflexion vient alors : quelle portée et quelles limites donner à l'utilisation de telles aptitudes ? Comment ne pas tomber dans "le côté obscur de la Force" ? Car celle-ci n'a pas les mêmes aboutissants entre les mains d'un ado complexé et revanchard, que celles de gamins qui connaissent leurs limites et les conséquences de leurs actes.

© Fox
Le rythme du film est en constante progression, et s'accélère à mesure que se bousculent les émotions des personnages et s'obscurcissent les idées d'Andrew, jusqu'à la noirceur et l'apocalypse. Une réflexion bien menée passant par un résultat esthétique et graphique qui a plutôt de la gueule. Chronicle évoque l'obsession actuelle qui est de se filmer et de filmer tout ce qui se passe autour de nous. Et les jeunes sont les premières "victimes" de cette auto-documentation. Il n'y a qu'à voir lors d'un concert la forêt de téléphones portables ou d'appareils photo levés à bout de bras pour immortaliser le moment (quitte à ne plus rien écouter du tout !). Et une nouvelle esthétique est en train de naître de cette génération.

© Fox
En ne filmant qu'à travers la caméra subjective d'Andrew, Josh Trank prend le parti d'avoir des plans saccadés au départ car filmés avec une vieille caméra au poing. La façon dont Andrew filme nous en apprend davantage sur lui. Puis tout à coup, il glisse vers une image haute déf' plus fluide tournée avec une caméra contrôlée par la télékinésie, donnant des angles et des plans de ciné plus subtils. Malin ! Le film va même jusqu'au bout de son concept puisqu'il ajoute des images tournées par des caméras de surveillance lorsqu'Andrew ne porte pas ou ne dirige pas sa caméra lors de scènes majeures. Certains y verront peut-être la limite du concept. Et d'autres une grande maîtrise du réalisateur. On pardonnera alors les quelques ratés d'incrustations sur fond vert et des effets numériques plutôt visibles, pour ne garder en mémoire qu'un final explosif et sans retenue.

© Fox
Au-delà des effets visuels, les jeunes acteurs, plus ou moins débutants (à leur actif, des rôles réguliers dans des séries comme En Analyse, Sur Écoute et Friday Night Lights, tout te même), forment un trio exaltant et crédible. Une mention spéciale à Dane DeHaen, plutôt flippant voire inquiétant, à la manière d'Ezra Miller dans We need to talk about Kevin.

En résumé : Un trip adolescent qui ne révolutionne pas le genre mais qui est une véritable réussite, mettant au rencart l'idée des grands studios qui préfèrent dépenser des centaines de millions de dollars pour faire un film de super héros, parfois raté (on ne citera pas les Green Lantern ou autre Immortels), plutôt que de se concentrer sur l'essentiel : le talent des idées simples et efficaces. Pourvu que la 20th Century Fox ne parasite pas ce fournisseur d'idées (à confirmer) car le studio a demandé à Josh Trank de réaliser le reboot des Quatre Fantastiques.

vendredi 20 janvier 2012

Les Césars, ou les artistes se mettent à nu...

Une fois n'est pas coutume, TvCinéphages rend hommage au cinéma français. La cérémonie des Césars approche (elle aura lieu le 24 février) et des noms circulent déjà dans les différentes catégories artistiques. En attendant, l'ensemble des acteurs en lice pour le trophée du Meilleur espoir se sont prêtés au jeu inventé par Jean-Baptiste Mondino.

Dans un petit film tout en classe et en sobriété, les stars en devenir du cinéma français récitent un texte sublime écrit par Laurent Bartillat, déjà auteur du non moins sublime L'Homme qui voulait vivre sa vie. Au casting, François Civil (Bus Palladium), Christa Théret (LOL), Naidra Ayadi (Polisse), Anne Azoulay (L'Exercice de l'État) ou encore Nicolas Bridet (Tu seras mon fils) et 26 autres étoiles pour qui la statuette pourrait être synonyme de nouvelles aventures. C'est tout ce qu'on leur souhaite !


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