Les sorties ciné du 30/12/15

Les sorties ciné du 30/12/15

mardi 19 mars 2013

Critique : The Place Beyond the Pines: De l'importance de ses actes et de leurs conséquences (20/03/13)

THE PLACE BEYOND THE PINES

De Derek Cianfrance
Avec Ryan Gosling, Bradley Cooper, Eva Mendes, Ray Liota...


Cascadeur à moto, Luke (Ryan Gosling), est réputé pour son spectaculaire numéro du "globe de la mort". Un jour, il découvre qu'il a un fils que lui a caché son ex (Eva Mendes). Pour subvenir à leurs besoins, il plaque tout et s'improvise braqueur de banque. Mais il va bientôt croiser la route d'Avery, un policier aux dents longues (Bradley Cooper), décidé à grimper rapidement les échelons. Mais celui-ci découvre que sa hiérarchie est gangrenée par la corruption. Mais il est déterminé à réussir, quitte à laisser son propre fils de côté. 15 ans plus tard, le destin réunit les enfants de Luke et Avery dans la même école. 


Pour mieux apprécier le film et ses rebondissements, mieux vaut ne pas trop en dire. Sinon, ce serait du gâchis.




Derek Cianfrance continue d'explorer la famille à travers une fresque linéaire en trois actes, bâtie à partir d'un événement déclencheur et de ses conséquences, étalée sur près de deux décennies.
© StudioCanal
Le réalisateur avait déjà bluffé les cinéphiles avec Blue Valentine. Mais avec The Place Beyond the Pines, son ambition est décuplée. Il veut décoller son étiquette de "ciné-indé bon pour Sundance". Et il y parvient avec nuances, grace et esthétisme (sans parler du premier plan très serré sur les abdos du beau Gosse-ling, qui en fera baver plus d'une...). À coups de plans séquences d'une beauté mélancolique, il nous balade dans son drame avec subtilité, avec son ton inimitable mêlant thriller et mélo. Si les les abordés ne sont pas nouveaux (crime, poids de l'hérédité, destin presque déterminé et fatalité...). Le moindre détail superflu aurait pu tout faire basculer dans le larmoyant interminable. Cianfrance dose habilement son récit pour lui donner un côté intemporel et une belle complexité sans lourdeur.
© StudioCanal
S'il essaie de nous émouvoir sans y parvenir vraiment, sa mécanique narrative forte est infaillible. Elle sert au mieux ses personnages : chaque partie à sa raison d'être, se complétant sans s'opposer. Habitué des ruptures de rythme, tantôt discrètes, tantôt abruptes sans pour autant endommager son œuvre, il distille une mélancolie à fleur de peau sur fond de thriller classieux avec une intrigue à tiroirs parfaitement huilée. On peut tout de même regretter quelques grosses ficelles scénaristiques et une conclusion un tout petit peu faible en intensité par rapport au début. Mais on peut lui pardonner tant l'ensemble reste en tête un moment...


© StudioCanal © StudioCanal
Cianfrance se pose en narrateur omniscient sans jamais porter de jugement sur ses personnages. Il filme un état de fait qu'il ne questionne pas ni ne moralise. Au départ, on ne sait pas quel chemin il va prendre, car on suit l'histoire de Luke avec toute l'attention qu'elle mérite. Si on est habitué aux moues de gros dur attendrissant de Gosling - qui se prend pour un James Dean peroxydé et archi-tatoué, on (re)découvre Bradley Cooper (récemment nominé à l'Oscar pour Happiness Therapy) dans un rôle qu'on lui connaît peu : celui d'un arriviste cynique, qui préfère s'occuper des problèmes des autres plutôt que de resoudre les siens et de s'occuper de ses proches. Et cela lui va bien ! L'autre jolie surprise est la belle Eva Mendes qui, loin de ses habituelles partitions de potiche, livre ici sa plus belle prestation depuis longtemps. Sans fard ni franfreluches, elle apporte avec subtilité le brin de féminité à cette histoire d'hommes avec un personnage tout en contradiction. Les deux plus jeunes, Dane DeHaan (Des hommes sans loi, Chronicle) et Emory Cohen (le fils de Julia dans la série Smash) ne sont pas en reste ! L'un pourrait être le frère de Léo DiCaprio tandis que l'autre un Brando rajeunit. Ados à fleur de peau, ils complètent le casting à merveille, reflétant le mal être instauré par leur géniteur.


En résumé : Un film sombre et passionnant sur la paternité et la transmission, ou comment les actes des aînés affectent les générations futures, servi par le charismatique Ryan Gosling et le troublant Bradley Cooper. Du grand cinéma !

lundi 18 mars 2013

Critique : Warm Bodies : Et la romcom ado renaît ! (20/03/13)

WARM BODIES Renaissance

De Jonathan Levine
Avec Nicholas Hoult, Teresa Palmer, John Malkovitch...

Voilà quelques mois que nous attendions l'arrivée de Warm Bodies, l'un des prétendants cinématographiques au remplacement de la saga Twilight. Si les vampires - et leurs bons sentiments - sont retournés dans leur crypte pour de bon, une autre espèce de morts-vivants les a remplacés : les zombies. On pouvait craindre le pire...
Suite à une Apocalypse de nature inconnue, ils ont envahi le monde. Mais l'un d'entre eux (Nicholas Hoult), décidément peu à l'aise avec sa condition de mort pas tout à fait vivant. Unique, il réfléchit et se pose des milliers de questions existentielles. Et il n'aime pas faire de mal aux humains. Et pourtant, après avoir dévoré un jeune homme, il va se lier d'amitié avec la petite amie de ce dernier (Teresa Palmer, vue dans Numéro Quatre). Vous avez dit glauque ? Mais 
non ! Cette relation va bousculer les conventions établies entre les hommes et les zombies. Ca ne vous rappelle rien ? Le petit truc en plus réside dans le caractère du personnage principal : malgré son état de zombie, il revit les souvenirs humains de la vie qu'il a engloutie, et garde un lien avec ses sentiments. Ces réminiscences vont le pousser à dépasser ses instincts les plus primaires pour laisser place à sa part d'humanité...



"Why can't I connect with people ? Oh I forgot... this is because I'm dead !"


© Metropolitan FilmExport
© Metropolitan FilmExport
Si la toile de fond pourrait faire penser à la série qui cartonne The Walking Dead (car la moitié de la population a passé l'arme à gauche et déambule dans les rues en grognant), la comparaison s'arrête très vite. Car Warm Bodies est avant tout une comédie romantique. Et là, vous pensez "encore une bluette adolescente sans profondeur" ? Sûrement pas. Jonathan Levine n'y tient pas. Il préfère jouer sur l'humour entre deux scènes (un peu) gore, ajoutant un peu de romantisme par-ci par-là et un côté dramatique à la condition de ce zombie qui n'a qu'une envie : "se connecter aux autres". Un style qui change radicalement de ce qu'a déjà fait le réalisateur (remarqué pour sa dramedy 50/50 sur le cancer), même si ce dernier avait déjà tâter de l'hémoglobine avec All the boys love Mandy Lane (dans lequel une reine du lycée et ses amis se voient attaqués par un invité non convié à la fête).



On peut dire qu'Adam Levine rend quelque peu ses lettres de noblesse au genre teen movie, qui a tendance à prendre régulièrement le chemin de la facilité débilitante. Si l'intrigue est simpliste et cousue de ficelles épaisses (si on accepte l'autre tel qu'il est, l'amour triomphera de tout dans ce monde d'égoïstes... pffiioouu !), et les retournements de situation attendus au tournant, elle nous attrape et ne nous lâche plus car elle est bien amenée. Le réalisateur s'amuse et son engouement est communicatif. Avec une mise en scène simple mais efficace, une direction artistique recherchée mais pas prétentieuse, il nous embarque dans ce monde froid et bizarre sans qu'on rechigne.


© Concorde Filmverleih GmbH
© Concorde Filmverleih GmbH
Levine reprend les codes de la romance adolescente mais ne s'en tient pas aux longs regards langoureux sur une musique sirupeuse et aux baisers chastes interminables. De l'ultra repris Roméo et Juliette, il subtilise avec parcimonie quelques détails : ses héros s'appellent "R" et Julie, il détourne la scène du balcon avec malice, ajoutant un côté stupide (bien dosé) au lover un peu pâlot. Et il joue avec la musique pour donner la parole à celui qui n'en a presque pas, comme font souvent les ado qui n'osent avouer ce qu'ils ressentent. Pour autant, il ne tombe dans la compil' rose bonbon et dégoulinante. Le clin d'œil viendra avec quelques notes de la BO de Pretty Woman... mais je n'en dis pas plus. L'humour plutôt adulte n'est pas en reste. Bien dosé, il fait mouche à coups de comique de situation et d'auto-dérision zombi-esque. Un coup de chapeau à la performance de Nicholas Hoult et à Rob Corddry : leur conversation grognée vaut se pesant de... chair fraîche !





En résumé : Warm Bodies est finalement une bonne surprise et fera taire les détracteurs du genre. Car malgré son immaturité scénaristique, il a un charme fou (comme ses acteurs principaux). Loin du cliché de l'amourette cul-cul, il vous fera sourire... souvent.

lundi 4 mars 2013

Et Drop Dead Diva ressuscite... encore !

En janvier dernier, la chaîne américaine Lifetime a annoncé que la série Drop Dead Diva n'aurait pas de saison 5, malgré des audiences plus que correctes. Les fans qui n'avaient rien vu venir, étaient restés sur leur faim après un final de la saison 4 au suspense intenable. 

Apparemment, la chaîne a dû faire ses comptes car finalement Jane, Fred, Stacy et Grayson seront de retour pour une nouvelle saison. Alors pourquoi ce revirement ? La chaîne avait expliqué un changement de ligne éditoriale incompatible avec la poursuite de la série. En réalité, Lifetime n'avait pas trouvé d'accord satisfaisant avec la production de Sony TV. Reste à savoir quand la diffusion sera prévue. En attendant, on est aux anges !

Pour ceux qui ne connaîtraient pas la série...
Deb est un mannequin / actrice de 24 ans fiancée à Greyson, un jeune et brillant avocat. Elle est victime d’un accident de voiture alors qu’elle se rend à une audition pour présenter l’émission Le Juste Prix. Arrivée au paradis, elle passe une toute autre audition... face à un employé de Saint-Pierre. Elle trouve finalement le moyen de se faire renvoyer dans le monde des vivants, mais son âme vient se loger dans le corps de Jane Bingum, une brillante avocate, décédée quelques heures auparavant. Mais à son grand regret, cette dernière affiche une taille 46 mais un QI de 30 points supérieur à la moyenne. Tout d’abord choquée par ce changement, la bimbo va vite découvrir que "la beauté intérieure" existe et que ses nouvelles capacités vont lui ouvrir de nouveaux horizons.

Daniel Radcliffe, un monstre ? il le sera !


Depuis l'arrêt de la saga Harry Potter, Daniel Radcliffe a embrassé une carrière bien loin des uniformes et des lunettes rondes. Il n'a de cesse de casser son image de jeune garçon propret à la cicatrice en éclair. Après avoir fait le buzz sur la Toile aux côtés de John Hamm dans une baignoire dans A young Doctor's Notebook, surpris avec sa chorégraphie lors de la dernière cérémonie des Oscars, il s'est fait remarqué au festival de Sundance avec le film Kill Your Darlings (dont la sortie n'est pas encore prévue en France). Il y incarne Allen Ginsberg, le sulfureux poète bisexuel, fondateur de la "Beat Generation". L'ex-apprenti sorcier a choqué car on le voit dans le plus simple appareil (ce qu'il avait déjà fait sur scène à Broadway dans Equus), être initié à l'alcool et aux drogues (pas si loin de la réalité), et dans une scène de sexe très hot… 

Et comme TvCinephages l'avait annoncé il y a quelques mois, le comédien britannique va poursuivre sa métamorphose vers un personnage plus sombre en incarnant le diabolique Frankenstein. Dans cette nouvelle version du célèbre roman de Mary Shelley imaginée par par Paul McGuigan (Slevin), il incarnera "la Créature". Un personnage complexe, aussi touchant que brutal, et au physique ravagé. Produit par la Fox, le film sera scénarisée par Max Landis (le fils de John), qui avait déjà signé le script du très réussi Chronicle. Avec Frankenstein, Daniel Radcliffe devrait revenir à une ambiance gothique comme il les aime, déjà expérimenté dans l'angoissant La Dame en noir. Voilà qui montre que l'acteur n'a pas froid aux yeux ! 


Critique : The Sessions : privé d'un corps mais pas de sensations (06/03/13)


THE SESSIONS

De Ben Lewin
Avec John Hawkes, Helen Hunt, William H. Macy...

Si le corps de Mark est condamné à l'immobilité par la polio, il n'en est pas moins un homme accompli. Journaliste à part entière et poète à ses heures, il mène une existence quasi normales quelques heures par jours, entre ses visites à l'église ou encore au parc aidée d'une auxiliaire de vie, et son obligation de rester dans son caisson à oxygène. Question de survie. S'il noue facilement contact avec les gens, et en particulier avec la gente féminine, il en va autrement lorsqu'il s'agit d'amour. Agé de 38 ans, un manque le ronge jusqu'à ce que celui-ci devienne une nécessité : il ne veut pas mourir sans avoir connu les plaisirs de la chair. Après de longues discussions avec son directeur de conscience -- qui n'est autre qu'un prêtre très ouvert d'esprit -- il contacte une assistante sexuelle, une professionnelle thérapeute du sexe pour handicapés. En six sessions, Cheryl l'initiera aux joie de l'amour physique. Mais pas que...


© 20th Century FoxComment peut-on avoir une vie sexuelle épanouie lorsqu'on est prisonnier de son corps, allongé en permanence ? Pour y répondre, le réalisateur australo-américain Ben Lewin s'est inspiré de la véritable histoire de Mark O'Brian, un poète et écrivain lourdement handicapé, et de sa propre vision du handicap, ayant lui-même eu la polio étant enfant. 
Si côté technique est plus que banal (un montage pas très funky et une esthétique passe-partout et sans relief), The Sessions est littéralement porté un scénario intelligent finement travaillé et la "performance" toute au naturel de ses acteurs principaux. Là où certains se seraient vautrés en rajoutant du pathos au pathos de la situation de Mark) ou d'une impudeur voyeuriste, Ben Lewin a préféré jouer la carte de l'humour décalé et enlevé, voire sarcastique, instillé avec beaucoup d'auto-dérision et de douceur. 
© 20th Century Fox
Ce qui pourrait être perçu comme un calvaire insurmontable (ce qu'on peut bien imaginer) devient une histoire avant tout humaine plein de sensibilité, d'échanges, de discussions profondes mais pas rébarbatives. Les conversations que Mark a avec le prêtre devenu son confident sont d'une richesse déconcertante et touchante à la fois. Ils abordent des thèmes que la majorité d'entre nous se refuserait d'aborder, même de penser. William H. Macy est remarquable sous la soutane, en totale contradiction avec son rôle de dépravé dans la série Shameless.


© 20th Century FoxLes scènes de sexe, immanquables au vue du sujet, sont filmées avec une distance qui instaure une pudeur mesurée, sans pour autant masquer les corps. L'écriture libre et l'interprétation tout en laisser-aller renvoie au spectateur cette humanité désarmante de deux êtres qui, malgré tout ce qui les sépare, se rapprochent tout en gardant une dignité qui force le respect.
© 20th Century FoxOn ne peut que saluer la performance de John Hawkes (qui vient de recevoir l'Independant Spirit Award pour ce rôle) qui, arrive en ne jouant que de la tête, à transmettre des émotions vraies sans pour autant tomber dans le misérabilisme et la recherche de compassion dégoulinante. Quant à Helen Hunt -- dont l'anatomie n'aura plus de secret pour personne -- elle s'efface complètement pour devenir cette femme devenue un cadeau du ciel pour Mark et une "sainte" aux yeux de son mari, qui approuve son métier. Une "performance" probablement moins forte que son partenaire de jeu, mais qui lui a quand même valu une citation à l'Oscar cette année en tant que Meilleure actrice.
© 20th Century Fox
On peut regretter à ce sujet que les motivations de Cheryl pour cette profession ne soient pas un peu plus développées, voire creusées. Manque peut-être aussi ce grain de folie ou ce petit-truc-en-plus qui a fait d'Intouchables (auquel on pense forcément) un film antidépresseur qui fait du bien. En tout cas, on ne sait pas si The Sessions fera avancer le débat et la cause des handicapés sur ce terrain-là mais il aidera à coup sûr à comprendre que l'assistance sexuelle peut être un choix possible, répondant à un besoin de découverte du corps, de l'intimité, sans parler de prostitution.

En résumé : Si le sujet était plus que sensible, voire casse-gueule, Ben Lewin nous embarque avec simplicité et humanité dans une histoire subtilement écrite, sans voile et fabuleusement interprétée. 
Un vrai coup de cœur !

jeudi 28 février 2013

Tempête de boulettes géantes 2 : de la nourriture encore plus folle !

C'est avec une grand fierté (et un peu de pression, m'a confié l'un des animateurs du film en décembre dernier) que les studios Sony Pictures Animation ont décidé de mettre en chantier le deuxième volet de Tempête de boulettes géantes. En 2009, le film d'animation avait connu un succès retentissant et inattendu. 

L'histoire racontait les aventures de Flint Lockwood, un inventeur un peu zinzin qui cherchait à vaincre la faim dans le monde. Pour cela, il avait inventé une machine qui transformait l'eau en punk food (hamburgers, glaces, spaghettis...), faisant pleuvoir la nourriture à volonté. Mais lorsque la machine s'est emballée, et que les boulettes de viandes étaient devenues aussi grosses que des astéroïdes, la joie a laissé place à la panique... Les boulettes ont déclenché des catastrophes à l'échelle mondiale. 






Cette fois-ci, la réalisation change de mains : elle ne sera pas assurée par Phil Lord et Chris Miller mais par Cody Cameron (Les Rebelles de la forêt) et Kris Pearn. Dans ce second opus, l'engin va se mettre à produire des aliments vivants. 
Dans ce deuxième volet, l'ambiance s'annonce tout aussi dingue que celle du premier. Flint et ses copains vont explorer une île mystérieuse où tous les animaux sont des monstres en forme de bouffe - et c'est là où le film s'annonce délirant, avec le "mosquitoast", le Taco géant, des crapauds-beurre, un bébé-fraise... 
à croquer !
Tempête de boulettes géantes 2 sortira en septembre prochain aux Etats-Unis et le 12 février 2014 en France.

Critique : Au bout du conte : Et si l'amour c'était... d'abord d'y croire ? (06/03/13)

AU BOUT DU CONTE
De Agnès Jaoui
Avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Agathe Bonitzer, Arthur Dupont, Benjamin Biolay...

Il était une fois une jeune fille de bonne famille (Agathe Bonitzer), toute de rouge vêtue, qui croyait avoir trouvé le grand amour au bal des jeunes huppés. Son amoureux est un jeune musicien (Arthur Dupont), un peu rêveur et très charmant. Mais un peu étourdi, il n'a pas vu l'heure passer... Il s'évanouit à minuit en oubliant son soulier. Il était une fois un homme (Jean-Pierre ­Bacri), bougon et pragmatique, qui ne croyait en rien sauf à la date de sa mort, annoncée par une voyante. Il était une fois une bonne fée, un peu naïve et crédule, qui désespérait d’apprendre à conduire sa vie (à défaut d'une voiture), et d'un loup charmeur (Benjamin Biolay) qui ­rôdait, en quête de chair fraîche… 


© Thierry Valletoux
"Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants". Les contes pour enfants se terminent toujours ainsi. Et pourtant dans la "vraie" vie, avant d'avoir toute une marmaille, il faut sortir les rames et éviter les embûches. Au bout du conte pose la question tant redoutée : une fois le prince charmant trouvé et le livre refermé, que se passe-t-il ? Tout est à construire. Et la voie pour y parvenir n'est pas sans virages, et réserve souvent des surprises : l'ogre peut être gentil, le loup est parfois attirant cachant ses crocs affûtées, le prince peut bégayer, la princesse peut souhaiter rester dans sa tour enfermée et ne pas écouter les conseils de sa Marraine bienveillante... 

© Thierry Valletoux
Le duo Jaoui / Bacri nous embarque avec humour, poésie et doux-dinguerie dans une histoire où l'amour est plus ou moins malmené... Tout n'est qu'un question de foi, vous diront-ils ! Ils livrent une version moderne et fantaisiste, mais réaliste, des contes pour enfants. Avec dextérité, ils manient toutes les formes de croyances, de la rumeur aux superstitions, en passant par ce qui reste des contes de fée dans notre inconscient une fois adulte... Ils s'amusent de la nécessité de l'absurdité et de la croyance. 

© Jean Garcin
Et quoi de mieux que le thème de l'amour pour parler de crédulité ! Cette croyance est la mieux partagée, car c'est le conte de fées que chacun (ou presque) peut vivre au quotidien. Car les personnages des histoires enfantines ont plus que leur place dans le monde réel : le roi possessif et égoïste qui ne veut pas laisser sa fille vivre sa vie peut être un PDG d'une grosse entreprise dont le poste est menacée par la crise ou un scandale financier; la sorcière peut être une femme qui refuse la moindre ride sur sa peau... 


© Les Films A4


A bout du conte nous fait réfléchir et nous questionne sur les illusions que nous nous faisons sur le grand amour, le prince charmant et la vie rêvée qui va avec. Notre société est remplie de faux-semblants et nous fait miroiter des rêves quasi inaccessibles : le loto, où des millions peuvent être gagnés à un chiffre près; les émissions de télé-réalité où notre appartement est refait à coups de baguette magique ou encore notre look est changé en un clin d'œil pour nous faire devenir le/ la séducteur/trice de l'année. En même temps, en écoutant les infos, on entend catastrophe sur catastrophe, mauvaise nouvelle après mauvaise nouvelle... Du coup, on croit à tout et n'importe quoi. Alors il faut bien se raccrocher à quelque chose pour ne pas sombrer. Et quoi de plus beau que l'amour, à des degrés divers.


© Les Films A4© Les Films A4
Les personnages d'Au bout du conte ont leurs croyances mais finissent par évoluer dans le sens opposé, réalisant que tout n'est pas blanc ou noir. Même s'il n'y a pas de véritable enjeu dans le scénario, ce dernier évolue avec finesse et drôlerie, passant de situations cocasses et récréatives à des moments plus intimistes et émotionnels. On aurait aimé que les plans farfelus d'un monde à la Big Fish soit plus présent et pousser davantage dans la folie douce et poétique (comme le poisson qui flotte dans un couloir, une biche qui apparaît entre deux troncs au premier plan...).

© Les Films A4
Jean-Pierre Bacri en habituel ronchon irascible qui ne croit en rien (et qui n'aime pas les enfants...), et Agnès Jaoui en quadra naïve au cœur tendre, qui préfère croire en tout pour ne pas être déçue quoiqu'il arrive. Et les jeunes Agathe Bonitzer et Arthur Dupont sont lumineux en amoureux transis et d'une fraîcheur désarmante. Quant à Benjamin Biolay, sous son air de séducteur débonnaire, se cache un redoutable briseur de cœur convaincant.
© Jean Garcin
On prend plaisir à les voir se débattre dans leurs relations aux autres (amoureuses ou non), embourbées dans les schémas véhiculés par les contes de fées. Si on pouvait en tirer une leçon ? Ne pas attendre son prince charmant (ou sa princesse) tel qu'on nous le présente depuis notre enfance, car il y a d'autres modèles, d'autres façons d'être heureux. Tout ce qu'on nous inculque (le divorce ou l'infidélité comme un échec) est faux. Il n'y a pas qu'une seule façon d'aimer, et pour le savoir il faut essayer.


En résumé : L'histoire est jolie, pleine de fantaisies, légère mais pas dénuée de sens, enjouée mais pas farfelue. 




mercredi 27 février 2013

Jennifer Lawrence : appelez-la "Miss"...

@Willy Van Der Perre La jolie Jennifer Lawrence est décidément sur tous les fronts ! Un Oscar en poche depuis peu pour son rôle dans Hapiness Therapy, le tournage du second volet de Hunger Games en cours et celui de X-Men : Days of Future Past à venir... La jeune actrice de 22 ans, a enfilé avec classe la casquette de mannequin le temps d'une séance photo pour Dior. La demoiselle est devenue la "miss", nouvelle égérie d'une ligne de sacs à main de la marque de luxe.

@Willy Van Der PerreJennifer Lawrence rejoint ainsi la liste des actrices oscarisées devenues représentante de la marque : Marion Cotillard, Charlize Theron, ou récemment Natalie Portman (dont la nouvelle pub pour le parfum Miss Dior réalisée par Sofia Coppola vient d'être lancée). C'est derrière l'objectif de Willy Van Der Perre que la belle chic et glamour, les lèvres rouges et le teint porcelaine, présente plusieurs sacs de cette nouvelle collection printemps/été... La féminité dans toute sa splendeur !
 
@Willy Van Der Perre@Willy Van Der Perre@Willy Van Der Perre



Le making-of...

dimanche 24 février 2013

Critique : Spring Breakers : dans les vapeurs d'alcool se trouve le Paradis ? (06/03/13)

© Mars Distribution
SPRING BREAKERS

De Harmony Korine 
Avec Vanessa Hudgens, Selena Gomez, Ashley Benson, Rachel Korine, James Franco

Quatre jeunes filles sans le sou perdues dans une petite ville n'ont qu'un désir : fêter Spring Break en Floride, comme il se doit. Mais pas d'argent, pas de fiesta. Pour financer leur voyage, elles décident de braquer un restaurant et ses clients, comme si elles avaient fait cela toute leur vie. Les billets verts en poche, elles atterrissent dans un motel où la fête bat son plein : les bikinis sont de sortis, la musique vibre dans les tympans, l'alcool coule à flot, la drogue s'enfile par tous les moyens... Mais l'expérience tourne court à l'arrivée de la police, qui embarque les quatre copines. Emprisonnée et présentée devant un juge, elles croient leur destin scellé aux barreaux lorsqu'un caïd du nom d'Alien paie leur caution et les prend sous son aile...

Harmony Korine n'est pas du genre à faire dans la dentelle. Issu du ciné indé américain, il est un cinéaste non-conformiste, connu des seuls initiés. Découvert avec Gummo en 1997, il préfère rester dans l'ombre, inaccessible, avec des productions loin du grand public. C'est donc avec un certain sens de la provocation assumé qu'il réunit un casting intrigant de filles plus habituées au monde des Bisounours, qu'il s'amuse à mettre dans des situations trash et racoleuse. Les fans habituels de ces midinettes version Disney risquent d'avoir une sérieuse surprise (ou déconvenue).

Shake your booty... mais pas que !


Passées les nombreuses scènes de débauche (grossières ?) façon clip digne de MTV pouvant irriter certains, Spring Breakers dégage une certaine nostalgie, voire une mélancolie. Le réalisateur nous invite à aller au-delà des apparences d'un monde dirigé par le sexe misogyne, les beuveries, la violence, l'argent et la glorification d'un monde où il n'y a rien de mieux qu'être célèbre.

Ces quatre étudiantes, reflet d'une génération paumée, ne rêvent que d'une vie meilleure, d'un monde où leurs soucis n'existeraient pas. Et quoi de mieux qu'une plage ensoleillée, où tout est beau et coloré, un paradis artificiel où la jeunesse est éternelle et insouciante pour s'abandonner corps et âme et fuir la réalité ?

La caméra de Korine va et vient au rythme de sons électro et hip-hop entre le monde terne et silencieux du quotidien morne et sans avenir des filles, et le monde surréaliste de la station balnéaire, qui jamais ne ralentit. Une illusion entretenue par les médias, qui mettent un point d'orgue à montrer cette période (nécessaire ?) où les étudiants se permettent tout avant de rentrer dans les rangs de la vie active. Un rêve sociétal vécu comme une crise d'adolescence en accéléré poussée à l'excès, et où tout est permis. Le montage style hip-hop des scènes de fête s'inscrit dans le parcours des protagonistes tel un refrain d'une chanson. Quoiqu'elles fassent, quelques bons moments qu'elles vivent, leur vie les rappelle à l'ordre. L'idéal tant recherché s'avère être beaucoup plus dangereux que prévu...
Une des forces du film : son visuel incomparable, laissant apparaître la signature toute particulière de Korine. Les couleurs en mettent plein la vue dans les scènes de fête, quelques effets disséminés ici et là en forme d'expérimentation complètent une bande son intense. Dommage que le scénario ne suive pas dans la seconde moitié du film. On sort de la salle en se demandant ce qu'il faut vraiment tirer de cette expérience. Le sujet de départ se suffit-il à lui-même ? Pas sûr...

Ce qui l'est davantage, c'est la performance bluffante de James Franco dans la peau du malfrat aux dents métallisées, plein aux as grâce au trafic en tout genre, fou d'armes à feu et de belles voitures. Dans l'excès, bien barré mais juste ce qu'il faut. Quant aux filles, elles assurent pas si mal en "bad ass" version bikini, avec un léger bémol pour Vanessa Hudgens qui, à force de vouloir s'éloigner de son image High School Musical en fait des caisses, pas toujours à propos.


En résumé : Entre comédie et violence, sexe et alcool, Spring Breakers est un film inclassable, particulier pour son ambiance suggestive et poétique à la fois. Mais à ne surtout pas mettre devant tous les yeux (même si messieurs s'y rinceront l'œil...) !


Critique : Week-end royal... en promo (27/02/13)


WEEK END ROYAL
De Roger Michell
Avec Bill Murray, Laura Linney, Samuel West, Olivia Colman, Elizabeth Marvel...

1939. La guerre est sur le point de faire basculer l'Europe dans les combats contre l'Allemagne agressive. La Grande-Bretagne se prépare à prendre part au conflit et espère obtenir l'aide des Etats-Unis. Le roi George VI et son épouse traversent alors l'Atlantique pour se rendre sur le sol américain (pour la première fois), où les attend le président Franklin D. Roosevelt. Mais ces quelques jours qui s'annonçaient forts en stratégie politique et militaire se transforme en séjour à la campagne, où les us et coutumes américaines perturbent et étonnent les souverains britanniques. Ils se trouveront face à un Roosevelt plus intéressé par sa relation "amoureuse" avec sa cousine au 6e degré - officiellement présente pour le "soulager du poids du monde" - que par les relations internationales.

© Tobis FilmSi la rencontre des deux chefs d'Etat comme point de départ avait de quoi voir venir un film historique, basé sur une histoire d'hommes politiques, le résultat est davantage tourné vers une histoire d'hommes avant tout. Explorer l'histoire via l'intimité et les failles de ses dirigeants pour en comprendre leur complexité, leur vision et les enjeux diplomatiques n'était pas une mauvaise idée en soi.
© Diaphana DistributionCar quelque soit sa position, un homme reste un être humain avant tout. D'autant plus lorsque ces hommes participent à une "réunion informelle" à Hyde Park, considéré comme une date charnière de l'Histoire, ayant eu la conclusion que nous connaissons : l'engagement des USA aux côtés des Alliés et la victoire de l'Europe. Tout était pour le moins décisif; chaque geste anodin peut avoir de probables répercussions sur de nombreux pays.

© Diaphana Distribution
La forme, plutôt élégante et un raffinement So British, laisse place à un fond plutôt creux. Le scénario de Richard Nelson (Coup de foudre à Notting Hill) prend le parti d'appuyer sur le côté fantasque et dragueur invétéré de Roosevelt (pourtant d'un certain âge et physiquement diminué à cause de la polio) face à un jeu roi bègue collet monté, incapable de s'imposer. Il mélange ainsi vie publique et vie privée, mais d'une façon folklorique souvent pleine de clichés. En faire trop pour faire mieux rire, me direz-vous ? Cela n'en donne pas l'impression. Ici, le vaudeville n'est pas loin, mais souvent alourdi par des remarques et moqueries un peu faciles sur les habitudes des hôtes comme des invités.

© Tobis Film
A force de mélanger les genres, Week-end Royal finir par devenir un pot-pourri d'histoires, comme si Nelson n'avait pas su quel camp choisir. Ainsi la farce, parfois folklorique, côtoie le romantisme souvent spectaculaire (le président montre à celle qu'il veut séduire ses timbres, puis se fait masturber dans sa voiture au milieu de la campagne bucolique...). Et l'ennui n'est pas loin.
© Diaphana DistributionSi les protagonistes semblent être les spectateurs de leur propres scènes, on peut tout de même tirer notre chapeau à Bill Murray : l'acteur a un plaisir communicatif à incarner ce joyeux luron tout puissant, fantaisiste et amoureux des femmes. Sans oublier la délicieuse Laura Linney, (trop souvent oubliée au cinéma), en femme fragile, espiègle et adorable.


En résumé : Pas sûr qu'on embarque pour ce week-end comique un peu daté, au scénario pantouflard et à la caricature plutôt maladroite. Le charme désuet a parfois ses limites. Mais on peut compte sur la performance du président Murray et de sa First Lady cinématographique.

jeudi 21 février 2013

DVD : Frankenweenie is back



Frankenweenie de Tim Burton sort en Blu-Ray 3D, Blu-Ray et DVD le 1er mars, l’occasion de revivre l’aventure de Victor et Sparky, cette fois ci dans votre salon...




Avec Frankenweenie, on retrouve alors la fraîcheur, la poésie et la générosité mais aussi la tristesse, le sarcasme et le gothique qui ont construit la légende Burton. Sans oublier l'excellence de l'esthétique, dans laquelle la 3D s'intègre bien, suscitant l'émerveillement, la surprise et ajoute évidemment une dimension effrayante. Drôle et touchant, tendre et moqueur, le scénario n'oublie pas de flinguer les adultes qui, une fois de plus, ne comprennent rien et deviennent moins humains que les monstres eux-mêmes. Et martèle son message de tolérance envers les gens différents, qui ont tout autant leur place dans ce monde que les autres. Si L'Étrange pouvoir de Paranorman m'avait déjà scotchée rendant hommage avec beaucoup de style le travail de Burton, Frankenweenie place la barre encore plus haut, rappelant qui est réellement le maître du genre.

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En résumé : Frankenweenie est un véritable bijou filmé comme un classique des années 30. Il vous fera sourire, soulever les poils et ouvrira votre cœur en deux. Si ça n'est pas gage d'une statuette dorée en février prochain, je n'y comprends plus rien !
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BONUS BLU-RAY
• Court métrage inédit : “Capitaine Sparky contre les soucoupes volantes” 
• Court métrage vintage : “Frankenweenie”, première version de 1984

• Making of : “Des maquettes en mouvement”
• Reportage : “Frankenweenie, l’exposition”
• Clip vidéo : “Pet Semetary” interprétée par les Plain White T’s

 

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