Les sorties ciné du 30/12/15

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samedi 4 octobre 2014

[Critique] Horns : Diablement audacieux (01/10/14)

HORNS 


D'Alexandre Aja
Avec Daniel Radcliffe, Juno Temple, Max Minghella, Joe Anderson...

Ig Parish est accusé du meurtre de sa petite amie Merrin. Seul contre tous, mais un atout original dans la poche, où plutôt sur la tête : des cornes. Cadeau du ciel ou poison de l'Enfer, celles-ci obligent tous ceux qui lui parlent à lui dire leurs secrets les plus inavouables. Il va se servir de ce nouveau "pouvoir" pour trouver le véritable assassin de l'amour de sa vie.



"Il faut choisir le péché avec lequel on peut vivre"


Avec Horns, Alexandra Aja et Daniel Radcliffe sortent de leur zone de confort. L'acteur a définitivement remisé au placard le costume du magicien pour devenu un acteur à part entière. Il n'hésite pas à casser son image de jeune premier en devenant un alcoolique patenté, prêt au mal pour faire sortir la vérité. Quant au réalisateur, connu pour ses films horrifiques ou grand-guignolesques, il essaie une nouvelle approche pour son 6e long-métrage. Le résultat ? Un conte fantastique  hybride mélangeant de nombreux registres, qui vont du thriller à la satire, du tragique à la comédie romantique, sans oublier la cruauté avec sa patte trash. Cette drôle de mixture donne à Horns une imagerie audacieuse, une identité marquée et bien à lui, qui démarre dès les premiers plans. Mais si les scènes s'enchaînent sans que le spectateur sache vraiment où il va et ce qui va en ressortir, la réalisation s'assagit peu à peu pour devenir plus classique. Il réussit tout de même à créer un climat entre réalisme et fantastique, avec une imagerie tantôt conte de fée symbolique, tantôt Amérique profonde.
Intéressant et déroutant tout de même car cette variété de registres, si elle est souvent jouissive et drôle, elle a tendance à neutraliser les intentions dramatiques de départ d'une même scène. Ce trip satanique se dilue dans un scénario finalement trop sage et au final un peu longuet. Pourquoi ? Trop d'explications, trop de prévisibilité, l'humour sardonique s'évapore, et le pouvoir d'Ig devient plus terre à terre et les symboles religieux plus lourdingues. Aja n'aurait-il plus fait confiance au lyrisme de son sujet jusqu'au bout ? 

Adapté d'un roman du fils de Stephen King, Horns ne dépeint pas le parcours habituel d'un homme dévoré par la peine, voulant se venger après avoir trouvé le coupable de la mort de sa bien-aimée. Il va bien au-delà. Jouant avec les symboles divins (parfois de façon trop didactique d'ailleurs), Aja ne propose pas à son personnage principal de devenir un justicier héroïque, d'avoir le beau rôle à la fin. On le sait, les méchants ne gagnent jamais. Ig ne pactise pas non plus avec le Diable, mais il prend conscience que s'il ne se dresse pas contre l'injustice qui l'accable, son âme sera perdu à jamais. Et tant pis s'il doit devenir le pire des pêcheurs pour s'en sortir. Le film s'ouvre d'ailleurs sur une citation du Paradis Perdu de Milton, "Réveillez-vous, levez-vous ou soyez pour l'éternité déchus". Un enjeu dramatique exposé dès les premières images, avec pour bande sonore Heroes de David Bowie. Daniel Radcliffe y apparaît plus mâle (Malin ?) et viril (et sexy ?) que jamais, sans oublier de garder son regard mélancolique d'homme sur qui le ciel vient de tomber. 

Radcliffe livre ici une prestation remarquable, entre rage et tendresse. Son duo avec Juno Temple est plus qu'une évidence à l'écran et fait vibrer le spectateur le plus endurci. Et le voir se transformer en monstre furieux et implacable lui rend enfin justice face aux critiques qui ne le disaient pas véritablement acteur. J'avoue, j'étais de ceux-là. Il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis !

En résumé : Bonne surprise. Bon trip. Un peu brouillon mais on se laisse avoir. A regarder avec un esprit ouvert à toutes les possibilités. 


samedi 4 janvier 2014

[Critique] Lovelace : Sur les traces d'une star du porno... malgré elle (08/01/14)

LOVELACE

De Rob Epstein et Jeffrey Friedman
Avec Amanda Seyfried, Peter Sarsgaard, Hank Azaria, Bobby Cannavale, Sharon Stone, Adam Brody, James Franco, Chloë Sevigny, Juno Temple...

Etats-Unis, fin des années 1960. Linda est une adolescente bien sous tout rapport mais en avance sur son temps. Accompagnée d'une copine délurée, elle trouve que ses parents ne lui laissent pas assez de liberté. Entre une mère rigide aux principes religieux immuables et un père qui ne lui dit pas grand chose, elle explose à 20 ans. Malgré sa timidité et sa naïveté, elle tente de vivre sa vie telle qu'elle l'imagine. Elle rencontre Chuck, un homme plus âgé qui lui fait miroiter monts et merveilles, et lui donne cette liberté dont elle rêve. Totalement éprise de cet homme au charisme viril, elle décide de quitter le nid familial pour l'épouser et s'installer avec lui. Manipulateur et appâter par l'argent facile, il incite sa jeune épouse à se laisser filmer lors de leurs ébats amoureux, puis de jouer quelques scènes dans un film pornographique. En 1972, la sortie du film érotique Gorge Profonde fait un tabac et Linda (devenue Lovelace) devient une star unique... mais à quel prix ! La célébrité cache souvent des blessures profondes et des vérités difficiles à entendre.


© Hélios FilmsLe destin de Linda Lovelace aurait dû être un sujet brûlant au vu de la vie de cette starlette "reine de la fellation" sur les plateaux ciné devenue la plus farouche des féministes et tête de proue du mouvement anti-porno au début des années 1980. Mais Rob Epstein et Jeffrey Friedman ont préféré concentrer leur biopic sur la relation toxique et destructrice que Linda entretenait avec son mari, et les sévices qu'il lui faisait subir. Donnant à l'ensemble une version superficielle, à la limite du voyeurisme, d'un parcours pourtant fascinant. Dommage. On aurait préféré voir la reconstruction de l'actrice écorchée et son combat contre les violences conjugales et l'industrie pornographique. 

© STUDIOCANAL Home EntertainmentSi la forme peut s'avérer un temps soit peu originale, il faut surtout retenir l'interprétation des comédiens principaux (et la pléiade d'artistes qui les accompagnent, dont la méconnaissable Sharon Stone). Un temps attribué à Olivia Wilde, le rôle de Linda Lovelace sied parfaitement à Amanda Seyfried. Un rôle d'ingénue qu'elle a déjà pratiqué de nombreuses fois (dans le mauvais Chaperon Rouge et dans le moins mauvais Les Misérables), mais jamais aussi approprié. Icône d'une époque à l'avant-garde des starlettes de télé-réalité en quête d'affection, de reconnaissance et de gloire, Linda gobe tout ce qu'on lui raconte, plus par amour que par réelle idiotie. Les moues de Seyfried en fillette vulnérable, ses yeux de biche effarouchée et ses accès de petite fille à qui l'on pardonne tout, contraste parfaitement face à la brutalité terrifiante de Peter Sarsgaard. 

En résumé : Décevant mais parfaitement interprété.

samedi 16 novembre 2013

[Trailer] Maléfique : une sorcière mystérieuse...


Puissante, énigmatique et glaçante... Angelina Jolie nous fait découvrir le conte de La Belle au Bois Dormant sous un nouveau jour : la même histoire racontée du point de vue de la sorcière Maléfique, la méchante la plus emblématique du Disney sorti en 1959.


Maléfique était une très belle jeune femme au cœur pur, qui menait une existence idyllique dans le paisible royaume de la forêt, jusqu’à ce qu’un jour, une armée d’humains menace l’harmonie de son univers. Maléfique devient alors la protectrice la plus acharnée de son pays, mais une terrible trahison fait d’elle une femme au cœur de pierre. Jurant de se venger, elle affronte au cours d’une grande bataille le roi des hommes, et lance sa malédiction sur sa petite fille, Aurore, qui vient de naître. Mais tandis qu’Aurore grandit, Maléfique réalise que la jeune fille est la clé de la paix dans le royaume – et celle de son propre bonheur…




© Disney Le premier trailer ne dévoile pas un monde féérique habituel chez Disney, Si on aperçoit de petits personnages volants et lumineux et une végétation luxuriante, ils font vite place à un monde brumeux, dans la pénombre, avec sa forêt peu accueillante et une sorcière au regard vengeur et aux pouvoirs sans limite. Angelina Joli ne prononce que quelques mots, et déjà, l'inquiétude pointe. Le film s'attachera à montrer comment cet être au départ innocent a pu devenir si cruelle, cachant ses blessures derrière du noir et des cornes. Un trailer très elliptique mais qui nous montre quelque peu l'esthétique que prendra l'œuvre, à défaut d'en savoir davantage sur son personnage principal.

© Disney

Maléfique est produit par Joe Roth et réalisé par Robert Stromberg, doublement oscarisé pour Avatar et Alice au pays des merveilles. Côté scénario, on retrouve Linda Woolverton, qui a signé Le Roi Lion et La Belle et la Bête. Au casting au côté de la star américaine, Sharlto Copley, Elle Fanning, Sam Riley, Imelda Staunton, Miranda Richardson, Juno Temple et Lesley Manville.
© Disney
Côté équipe technique, un autre Oscarisé en la personne de Dean Semler, directeur de la photographie (Danse avec les Loups et Au Pays du Sang et du Miel). Mais aussi le chef décorateur Gary Freeman (Il faut sauver le soldat Ryan, La Mort dans la Peau), la costumière Anna B. Sheppard couronnée deux fois aux Oscars (La Liste de Schindler, Le Pianiste) ainsi que le maquilleur Rick Baker qui a reçu 7 Oscars pour La Planète des Singes et Men in Black. 


Maléfique sera sur les écrans américains le 30 mai 2014, et le 28 mai dans les salles françaises.

lundi 3 septembre 2012

Critique : Killer Joe : Descente aux enfers chez les déglingués (05/09/12)


KILLER JOE


De William Friedkin

Avec Matthew McConaughey, Emile Hirsch, Juno Temple, Gina Gershon, Thomas Haden Church... 

Chris est un petit dealer de seconde zone. Mais sa môman l'a mis dans un sacré pétrin en lui volant sa poudre pour la revendre. S'il ne veut pas se faire trouer la peau, il doit trouver un moyen de payer ses dettes à son fournisseur, vraiment pas commode. Son père lâche et sans un rond, sa belle-mère une pourriture de première n'ont pas l'intention de lever le petit doigt. Un éclair de génie lui traverse l'esprit : et s'il faisait disparaître sa mère pour toucher son assurance-vie ? Et qui va se charger du sale boulot ? Joe Cooper, alias Killer Joe, un détective qui arrondit ses fins de mois en jouant de la gâchette pour une somme rondelette. Incapable de lui verser une avance, cette famille déglinguée va lui laisser en "caution" la jeune Dottie, la jeune sœur de Chris sur qui Joe a complètement flashé. Evidemment, rien ne se passe comme prévu...

Avec Killer Joe, le sale gosse du cinéma William Friedkin nous embarque chez les ploucs du sud des Etats-Unis sans aucune éducation ni aucun sens moral, et prend un malin plaisir à les dézinguer un par un. Dans une ambiance glauque et crasseuse d'un mobile home poisseux gardé par un molosse gueulard, les personnages étale leur misère sociale à coup de répliques accablantes et de prises de décisions incroyablement idiotes. 

"Vos yeux font mal"

On prend ainsi un malin plaisir à les voir s'enfoncer dans leurs problèmes qu'ils se créent eux-mêmes avec un cynisme et une exultation malsaine. Cette famille maudite cherche la rédemption quelqu'en soit le moyen, mais leur chemin va inévitablement passer par la violence et un bain de sang (on est chez Friedkin tout de même !), parfois du plus mauvais goût (vous ne mangerez plus du poulet frit de la même façon...). Elle n'a de choix que de donner en offrande la vierge de la famille au dieu censé les sortir de la malédiction qui les poursuit. Et quel dieu ! 

Si Emile Hirsch (Into the Wild) et Thomas Haden Church (Hellboy) ont tendance à en faire des caisses façon films gores des années 70, Matthew McConaughey incarne un vrai vilain comme on les aime. Affublé d'un éternel chapeau de cow-boy (loin de celui qu'il avait dans Magic Mike), de santiags en croco, de lunettes de soleil, déversant son discours de tueur bien rôdé son accent texan à couper au couteau, il trimbale son arrogance avec classe. En tueur à gages, il fait des merveilles, jouant subtilement entre perversité et envie d'une vie "normale" (ses yeux s'émerveillent lorsque le mot "bébé" est prononcé). Ce qui ne l'empêche pas de jouer des poings avec une férocité sans nom.

Au final, Killer Joe est un véritable bazar qui peine à trouver du sens, et dont le scénario, plutôt basique, nous fait se gratter la tête pour pas grand chose... 


En résumé : A voir pour la prestation de Matthew McConaughey... rien d'autre.


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