Les sorties ciné du 30/12/15

Les sorties ciné du 30/12/15
Affichage des articles dont le libellé est Tye Sheridan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tye Sheridan. Afficher tous les articles

lundi 6 avril 2015

[Critique] Dark places : labyrinthe psychologique trop facile (08/04/15)

© Mars Distribution
DARK PLACES

De Gilles Paquet Brenner
Avec Charlize Theron, Nicolas Hoult, Chloé Moretz, Corey Stoll, Tye Sheridan, Christina Hendricks…

Sortie 8 avril 2015


En 1985, Libby Day a 8 ans. Un âge auquel aucun ne devrait être confronté à la violence, et encore moins aux meurtres de sa mère et de ses deux sœurs. Pétrifiée par la peur et déboussolée, elle désigne son grand frère comme étant le coupable, une accusation facile au vu des circonstances qui l'accusent. 30 ans plus tard, Libby est contactée par le Kill Club, un groupe d'enquêteurs amateurs qui la convainc de se replonger dans ses souvenirs pour faire émerger de nouvelles hypothèses concernant cette sordide affaire, et la possible innocence de son frère. Sans le sou et paumée, Libby accepte contre de l'argent d'ouvrir la boite de Pandore…


© Mars DistributionGillian Flynn, l'auteure du déstabilisant Gone Girl, est une fois de pus adaptée sur grand écran avec son troisième roman Dark Places. Mais contrairement à David Fincher, la réalisation du Français Paquet-Brenner n'est pas à la hauteur du maître. Si comme Fincher, il reprend la chronologie montée en flash-backs récurrents entre aujourd'hui et la période où les meurtres ont eu lieu, le résultat est un peu classique, sans prétexte de perspective subjective de l'héroïne, puisque pas de journal intime comme dans Gone Girl.  Dark places devient une partition où la mécanique de l'effet est trop visible, une mise en scène arythmique et une intrigue alambiquée trop prévisible, sans que les coupables surprennent. Mais là où le bât blesse vraiment, c'est lorsque le scénario part sur les traces du réalisme social, qui s'enfonce rapidement dans le mièvre, sonnant creux. N'est pas Ken Loach qui veut ! Le réalisateur s'embourbe avec maladresse dans une Amérique redneck loin du rêve américain, détruite par les problèmes d'argent, d'alcool et de violence. Et là, tous les clichés sont présents : les esprits étroits au point de sacrifier des ados sur l'autel du satanisme (accusés à tort ou à raison ?) sous prétexte de rumeurs et du manque d'instruction, la bourgeoisie qui montre du doigt les pauvres comme des pestiférés, les dealeurs en manque qui viennent perturber leur ex-famille histoire de mettre un peu le bazar… Résultat : un scénario pourtant pas si malhabile au départ, se prenant au sérieux, très premier degré sans un gramme de recul nécessaire, et avec un final à la limite de la série B.

© Mars Distribution
© Mars DistributionPour réhausser ce thriller psychologique un peu formel, on compte sur l'étonnante Charlize Theron qui, en général, assure plutôt bien ses transformations (qui lui ont fait gagner un Oscar pour Monster). Si son jeu est captivant, on sent tout de même le manque de naturel et d'authenticité dans ce changement de peau. Passant de la sublime créature égérie pour Dior à la fille désargentée, au t-shirt troué, au jean plus que cradingue, l'ensemble souligné par une tête de 3 pieds de long cachée par une casquette, genre "j'ai vécu l'enfer, foutez-moi la paix"… Pourquoi pas ! On a envie d'y croire, mais… tout ça fait un peu calculé. Et pourtant, c'est finalement celle qui nous prend par la main et ne nous la lâche qu'à la fin (un petit peu avant, pour être franche…). 
Malgré tout cela, on se laisse embarquer, et finalement, les plus vrais et fascinants sont les acteurs jouant le rôle du frère incriminé, Tye Sheridan (Mud, Joe) et Corey Stroll (House of cards, The Strains). Sans tomber dans le spoiler, ces hommes qu'on accable de tous les maux essaient de faire de leur mieux pour plaire à leurs femmes (mère, soeurs…), alors qu'on les rabaisse en permanence. L'auteure de Gone Girl a de la suite dans les idées, car une fois de plus, l'homme n'est pas ce qu'il paraît au départ…

En résumé : Pas aussi poisseux qu'on n'aurait pu l'imaginer au vu du synopsis, Dark places est glacé et parfois glaçant mais ne parvient pas à convaincre complètement de son authenticité.

dimanche 28 avril 2013

[Critique] Mud : Plongez-y sans risque (01/05/13)

MUD
De Jeff Nichols
Avec Matthew McConaughey, 
Tye Sheridan, Jacob Lofland, Reese Witherspoon…

Sortie le 1 mai 2013

Deux gamins de 14 ans débrouillards vivent pour les filles et l'aventure. Régulièrement, ils partent à la découverte des rives du Mississipi à bord d'un canot, jusqu'au jour où ils trouvent une petite île boisée parfaite pour leurs vagabondages. Tels Tom Sawyer et Huckleberry Finn, Ellis et "Neckbone" trouvent une merveille : un bateau coincé entre deux arbres à 10 m du sol, vestige de l'ouragan Katrina. A l'intérieur, des vieilleries, des magazines pour adultes et… du pain de mie, des boites de conserve et des traces de bottes. Quelqu'un vit ici ! Ils font connaissance avec leur propriétaire de fortune : il se nomme Mud. La clope au bec, tatoué d'un serpent sur la main, baragouinant son histoire avec un fort accent du Sud, ne portant sur lui qu'une chemise fétiche comme gilet par balles et son ambition de retrouver la femme qu'il aime pour seule ambition. A la ceinture de son Jeans, un Colt 45… Pour se protéger ? De qui ? Il avoue aux gamins avoir tué un sale type qui ne voulait pas fiche la paix à sa copine. Mais sa seule raison de vivre est d'attendre celle-ci avant de partir loin tous les deux. Et pourtant, ils se sont séparés et ont recollé les morceaux des dizaines des fois... Les garçons décident de l'aider, Ellis en tête, touché par son histoire, lui rappelant son propre destin (lui, qui drague une lycéenne plus grande que lui quitte à donner des bourre-pifs aux ado plus âgés). 

Jeff Nichols propose une intrigue plutôt classique contrairement au très singulier Take Shelter. C'est sur son acteur principal que tout repose. Et Matthew McConaughey est tout simplement magnifique -- au-delà de son image de beau gosse de pub Levi's ou Armani. Enigmatique, charismatique, intense presque animal dans ce rôle de vrai-faux méchant, un personnage complexe d'anti-héros séduisant façon lonesome cow boy mais zen. Le voir mûrir et s'épaissir avec le temps lui va bien. Il est bien loin l'acteur de comédie romantique sauce barbapapa !

Avec ce récit initiatique (parfois un peu long), Nichols décrit magnifiquement ces rapports faits d'admiration, de tendresse, de désillusion et de mélancolie que peuvent nouer enfants et adultes. 
Raconté du point de vue des ado -- sans oublier les valeurs américaines toutes en contradiction : une violence sous-jacente dans une nature accueillante et endémique, la liberté si chère confrontée à la dureté de la loi -- il permet au réal de multiplier les intrigues et les personnages (contrairement à Take Shelter). Balade naturaliste, fable idéaliste : il y a de tout cela dans cette oeuvre miraculeuse aux allures de long et beau fleuve tranquille. 

Pour résumer : Un film avec une véritable puissance émotionnelle qui occulte tous les clichés qu'on peut entrapercevoir du Sud, interpréter de façon magistrale par un Matthew McConaughey méconnaissable, sans oublier les jeunes qui l'accompagnent, troublants de justesse . 

Messages les plus consultés