Les sorties ciné du 30/12/15

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lundi 1 février 2016

[Avis] A bigger splash : Dans la chaleur manipulatrice (06/04/16)

A BIGGER SPLASH


De Luca Guadagnino
Avec Tilda Swinton, Ralph Fiennes, Dakota Johnson, Matthias Schœnaerts...

Sortie le 6 avril 2016



Paul et Marianne passent des vacances tranquilles dans leur villa sur une île italienne (près de Lampedusa ?) lorsque débarquent sans prévenir leur vieil ami Harry et sa fille Penelope. L'intrus, sans gêne et braillard, n'est pas bienvenu. Marianne, une chanteuse de rock célèbre a récemment été opérée des cordes vocales, et elle a besoin de calme pour retrouver sa voix. Or, Harry n'a rien de reposant : c'est un hédoniste bavard et manipulateur, accessoirement ancien manager et amant de Marianne pendant 6 ans, avant d'être à l'origine de la rencontre entre la chanteuse et Paul. Et s'il est là, ce n'est pas pour admirer le paysage !


(Critique à venir)


En résumé : A Bigger Splash 
est un film complexe, ambigu, parfois énervant et trop chargé de références pour son propre bien.


vendredi 8 janvier 2016

[Avis] The Danish Girl : une histoire d'amour inconditionnel (20/01/16)

THE DANISH GIRL

De Tom Hooper
Avec Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Amber Heard, Ben Wishaw, Matthias Schoenaerts... 
Sortie : 20 janvier 2016


Copenhague, dans les années 1920. Einar Wegener est un artiste peintre paysagiste  danois renommé, vivant avec sa femme Gerda, elle-même portraitiste mondaine, mais boudée par les galeristes. Peu importe. Ils s'aiment d'amour véritable, voire fusionnel,  faisant de leur union une symbiose professionnelle et personnelle totale. Jusqu'au jour où, Gerda, pressée de finir un tableau demande à Einar de remplacer son modèle : une ballerine. L'expérience s'avère des plus troublantes pour le jeune homme, qui prend peu à peu conscience qu'il se sent plus femme qu'homme. Il se travestit et devient alors Lili. Tandis qu'il s'approprie son identité petit à petit, Gerda l'accepte tel qu'il/elle est et en fait sa muse. Elle devient la nouvelle artiste à succès. Mais c'est sans compter la désapprobation de la société danoise. Ils partent vivre à Paris où le couple évolue, se transforme, et va partager l'une des épreuves les plus difficiles : l'opération chirurgicale de réattribution sexuelle, pour que Lili soit elle-même, corps et esprit.

Il serait bien maladroit de résumer The Danish Girl simplement par l'exploit médical pionnier  par lequel Lili est "devenue pleinement femme". Il parle d'un sujet rarement traité au cinéma mais avec des thèmes universels : les revers de la vie et la possibilité de les surpasser à deux, mais aussi des blocages qui nous empêchent d'être le meilleur de nous-mêmes et la façon qu'on a de les faire voler en éclat. Le scénario de Lucinda Coxon est empli de bonté, d'espoir, de sensibilité et aussi de dureté dans ce combat sans tomber dans le larmoiement.

Le film s'attarde davantage sur les atermoiements et les réminiscences d'un homme qui finalement n'a jamais été bien dans son corps. Mais il fait surtout la part belle au dévouement et à l'abnégation de sa femme qui accepte tout par amour et accompagne son mari/âme sœur dans toutes ses épreuves. Car s'il est bien un personnage fort et bouleversant, c'est celui de Gerda. Alicia Vikander (Ex Machina, Royal Affair...), femme-enfant, mutine et fatale à la fois, incarne l'artiste avec une sobriété attachante. Tour à tour déboussolée et solide comme un roc, elle n'a d'yeux pour celui dont elle doit faire le deuil. Sa vie bascule, et pourtant, elle fait tout pour sauver la vie de celui qui est plus qu'un partenaire de vie. Son duo avec Eddie Reydmane paraît être une évidence.  L'alchimie fonctionne à merveille. Le reste du casting n'en démérite pas moins : Matthias Schoenaerts, Ben Wishaw et Amber Heard apparaissent peu longtemps à l'écran mais dévoilent des personnages à la fois majestueux et à fleur de peau.

C'est avec une mise en scène classique, voire académique, que Tom Hooper (Les Misérables) adaptée roman de David Elbershoff, traduit en 20 langues. Avec un tel sujet, le réalisateur n'a pas pris le risque de choquer la société bien-pensante avec une forme criarde et impertinente. Les décors, intérieurs comme extérieurs, sont traités comme des tableaux, tels les paysages évanescents. Mais si les décors chics et les costumes d'époque ne froisseront aucun œil, l'interprétation d'Eddie Redmayne, bouleversant au début de sa transformation, risque d'en agacer plus d'un au bout d'une heure (si ce n'est avant...). L'acteur, oscarisé pour son rôle de Stephen Hopkins dans Une merveilleuse histoire du temps l'année dernière, est pétri de mimiques sur-jouées et minaude à tout bout de champ. Pourtant, il nous surprend dès le début par sa délicatesse, sa gestuelle féminine quasi naturelle et sa beauté androgyne parfaite pour ce rôle. Mais trop, c'est trop ! Il tombe dans une mièvrerie ennuyeuse et pleurnicharde. Mal dirigé ? Trop personnellement bousculé par ce trouble identitaire ? Si je ne l'appréciais pas autant, je dirais que c'est du gâchis...

En résumé : une histoire d'amour unique et extra-ordinaire, dans laquelle on s'attache à tous les personnages. Une mention spéciale à Alicia Vikander qui, assurément, devient une actrice incontournable. Et bientôt Oscarisée ? On lui souhaite.

samedi 14 septembre 2013

[Trailer] : Blood Ties : un film de gangster, remake des Liens du sang

Le succès public des Petits Mouchoirs, et critique de Ne le dis à personne, ont permis à Guillaume Canet de se lancer dans son quatrième long métrage en tant que réalisateur avec Blood Ties, son premier film américain. Blood Ties est le remake d'un film français, Les Liens du sang de Jacques Maillot (sorti en 2008), lui-même adapté du roman des frères Papet, Deux frères, flic et truand. Canet y jouait au côté de François Cluzet. Dans la nouvelle version américaine, ce sont Clive Owen (Shadow Dancer, Intruders, Killer Elite) et Billy Crudup (Voisin du 3e type, Mange prie aime, Public Enemies…) qui en sont les interprètes principaux.

Blood Ties est un thriller qui se déroule à New York dans les années 70 et raconte l'histoire de deux frères, un repris de justice et un policier. Présenté au dernier Festival de Toronto la semaine dernière, le public a fraîchement accueilli le film, malgré un casting très alléchant. Jugé comme un « petit film » français qui se prend pour une fresque à la Scorsese, dont l'ensemble est lent et lourd, comme figé dans l'artifice. Selon les critiques les plus dures, la mise en scène se résume à des champs / contre champs prudents, les dialogues sentent la naphtaline et les acteurs semblent ne pas avoir été dirigés, même si les images les figent dans une image glamour et amoureuse.  Billy Crudup reprenant le rôle Canet semble coincé. Seul Clive Owen a apparemment quelques faveurs, mais sans plus… Quel tableau ! Le voilà habillé pour l'hiver. On attendra le 30 octobre pour juger nous-même !

jeudi 23 mai 2013

[Rattrapage] De rouille et d'os : quand la brute ramène la belle à la vie

DE ROUILLE ET D'OS 

De Jacques Audiard
Avec Marion Cotillard, Matthias Schœnaerts, Céline Sallette, Armand Verdure, Céline Sallette, Corinne Masiero, Bouli Lanners et Jean-Michel Correia...
Sorti le 17 mai 2012


Tout commence dans le Nord. Soudainement, Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. Sam... Ce fils qu'il connaît à peine. Paumé, sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa soeur à Antibes, qu'il n'a pas vu depuis une éternité. Même si les retrouvailles sont peu chaleureuses, au moins là-bas, il y a une perspective de mieux. Hébergés dans le garage de son pavillon, Ali et son petit ont un semblant de vie normale, le tout sous le Soleil...
À la suite d'une bagarre dans une boîte de nuit dans laquelle Ali est videur, le destin lui fait rencontrer Stéphanie. Il la ramène chez elle, où son mec l'attend, mais lui laisse quand même son téléphone... au cas où. Il est pauvre et brute de décoffrage, elle est belle et pleine d'assurance. Tout les oppose. Jusqu'au jour où... un coup de téléphone après un accident les réunit à nouveau. La princesse a perdu de sa superbe : elle a perdu ses jambes (lors d'un de ses spectacles de dressage d'orques au Marineland)... et pas mal d'illusions. Sans compassion ni pitié, mais à sa façon, Ali va l'aider et lui redonner l'envie de revivre.


© Roger Arpajou / Why Not Productions
© Roger Arpajou / Why Not ProductionsSi De rouille et d'os a été de multiples fois primé, c'est pour une bonne raison. Et je regrette de ne pas l'avoir vu plus tôt. Jacques Audiard signe ici une œuvre poignante sur une relation pour le moins particulière. Ali est d'une insensibilité et d'un égoïsme à faire froid dans le dos. Un diamant brut incapable d'empathie mais qu'il faut savoir polir avec le temps. Et quel meilleur acteur que l'insondable Matthias Schœnaerts pour l'incarner ! L'acteur belge, découvert par le grand public dans "l'anabolisé" Bullhead, a reçu le César de Meilleur Espoir masculin pour le rôle d'Ali. Et c'est plus que mérité. Il dégage une animalité rageuse, qui ne demande qu'à être radoucie. Un temps déroutée par sa brutalité, Stéphanie va l'amadouer à force de patience et de "travail" comme elle le ferait avec ses orques. Tous deux perdus, exclus, se cherchent, essaient de se reconstruire comme ils peuvent en s'appuyant sur l'autre. Le tout, dans la retenue. Sans pour autant être éclipsée par son partenaire, Marion Cotillard livre ici une performance toute en nuances, passant de la femme autoritaire et hautaine à celle qui a besoin de l'autre, sans pour autant verser dans la déclaration d'amour permanente.

© Roger Arpajou / Why Not Productions
© Roger Arpajou / Why Not Productions
Audiard maîtrise le récit de façon époustouflante où les ellipses suggèrent chaque étape de cette reconstruction pour plus de légèreté dans ce chaos sentimental sans larmes ni pathos dégoulinant. Ou s'il y a quelques larmes, elles sont furtives. Les dialogues peu nombreux sont renforcés par le rythme soutenu du montage et la caméra qui suit au plus près la réalité,  parfois crue mais souvent pudique. Car le cinéaste ne fuit pas les problèmes engendrés par le handicap. Le reste de jambes de Stéphanie ne sont pas cachés, que celle-ci soit en train de nager, d'être portée par son ami ou de froisser les draps de son amant. Un naturel désarmant qui distille de puissantes émotions. On retrouve l'âpreté des personnages qui a fait le succès d'Un Prophète, succès incontestable d'Audiard, et la puissance du moteur de survie de chacun, en ajoutant tout de même une belle lueur d'espoir dont les deux accidentés de la vie ont besoin.


En résumé : 

Un film qui ne peut pas vous laisses insensible, et qui trotte un moment dans la tête.


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