Les sorties ciné du 30/12/15

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lundi 13 avril 2015

[Bande-Annonce] Ant-Man : la fourmi creuse son trou chez Marvel

Adapté d’une série de bandes dessinées Marvel parues pour la première fois en 1962, ANT-MAN s’inscrit dans la nouvelle phase de l’évolution de l’Univers Cinématographique Marvel et révèle pour la première fois à l’écran l’un des membres fondateurs des Avengers.   

Petit récap... 
Avant d'être Ant-Man, Scott Lang est un petit escroc, cambrioleur de haut vol. Mais il a un super-pouvoir : il est doté d’une capacité étonnante – celle de rétrécir à volonté tout en démultipliant sa force. Tel un bon Américain (comme dans tous les films de super-héros), il doit embrasser la part de héros qui est en lui. Pourquoi? Aider son mentor, le docteur Hank Pym, à protéger d’une nouvelle génération le secret du spectaculaire costume d’Ant-Man. Contre des obstacles en apparence insurmontables, Pym et Lang doivent mettre au point, et réussir, un audacieux cambriolage qui pourrait sauver le monde d’une issue fatale. Tadaaa...  




On retrouve un casting plutôt étonnant dans ce Ant-Man. Le héros costumé est interprété par Paul Rudd, plutôt connu pour ses rôles de gentil garçon ou de comique potache dans de petites comédies (En cloque, mode d'emploi, 40 ans, mode d'emploi, Les Grands frères, 40 ans toujours puceau...) que pour des rôles "sérieux"... bien qu'il s'y soit mis récemment avec une timide réussite (Le monde de Charlie, Prince of Texas...).

On retrouve aussi la Lost girl, Evangeline Lilly, qui a rangé définitivement ses flèches d'elfe, dans celui de Hope Van Dyne, Corey Stoll (Dark Places, House of Cards) dans celui de Darren Cross alias Yellowjacket (Pourpoint Jaune), Bobby Cannavale dans celui de Paxton, Michael Peña dans celui de Luis et Michael Douglas dans celui de Hank Pym. 

Réalisé par Peyton Reed et produit par Kevin Feige (toujours le même…), avec pour producteurs exécutifs Louis D’Esposito, Alan Fine, Victoria Alonso, Michael Grillo et Stan Lee, Ant-Man est un film d’aventures qui a l'air plutôt intense dont les enjeux n’ont jamais été aussi élevés. Reste à savoir si cet homme-fourmi sera aussi cool et fun que ses copains d'Avengers…

Il sera sur les écrans le 17 juillet aux États-Unis et en France le 22 juillet 2015.

jeudi 17 octobre 2013

[Critique] : Prince of Texas : Une errance poétique et troublante (23/10/13)

PRINCE OF TEXAS


De David Gordon Green
Avec Paul Rudd, Emile Hirsch…

Sortie le 23 octobre 2013

Alvin et son beau-frère Lance effectuent des travaux de voiries au fin fond du Texas, ravagé par un énorme incendie l'année précédente. Leur journée se résume à marcher des kilomètres pour marquer la route à la peinture, dormir sous la tente en mode collé-serré, ramasser leur barda pour s'installer plus loin et croiser parfois un de leur collègue ravi de partager une bouteille. Mais ce rythme ne convient pas au jeune Lance, inconséquent et avide de nouvelles conquêtes et autres activités plus étourdissantes que de vivre en complète harmonie avec la nature. Seul Alvin, responsable et posé, pense que cet isolement est bénéfique dans leur parcours d'hommes. Lui, aime la solitude; il s'est éloigné de sa compagne pour réfléchir à son couple et le renforcer. Ces esprits si différents ne vont pas pourtant pas tarder à s'harmoniser...



Le premier mot qui vient à l'esprit lorsqu'on voit Prince of Texas est déroutant. David Gordon Green emmène le spectateur dans une quête de soi quasi onirique dans un remake d'un film islandais (inédit en France). On suit les personnages, des losers patentés et aussi perdus l'un que l'autre, sans trop savoir où ils nous emmènent, si leurs pérégrinations mentales vont aboutir à une conclusion possible et qui leur est favorable. Et finalement, cette imprévisibilité engendre une certaine beauté dans ce décor presque apocalyptique, noirci par les flammes. Déroutant car il ne se passe pas vraiment grand chose, mais chacun avec leurs préoccupations, Alvin et Lance finissent par se convaincre l'un l'autre, et manipulent habilement le public. La force du réalisateur : rendre très humain un film en ne s'appuyant que sur une atmosphère de fin du monde, des dialogues ciselés, et des caractères opposés croqués et interprétés avec talent. Paul Rudd est méconnaissable. Loin de ses comédies habituelles (un peu ras des pâquerettes), il affirme dans Prince of Texas une réelle aptitude pour le drame sans tomber dans l'excès. On finit par se prendre d'amitié pour ces types cherchant à trouver le vrai sens de la vie, de leur masculinité et de leur avenir.

Certains resteront peut-être sur le bas-côté à force de digressions dans le récit, et de prise de position dans le genre, jouant tour à tour sur plusieurs tons : comique (grinçant), la romance brisée, la "romance" entre frères, le fantasmagorique, l'étrange et le contemplatif. Mais ce face-à-face finit par prendre de l'épaisseur et faire sens quand on fait état de l'ensemble de l'histoire. Celle-ci est parsemée de belles incursions poétiques, touchent au plus profond de l'humain. Comme cette rencontre incroyable d'une femme revenue sur les ruines de sa maison partie en fumée, recherchant la preuve qu'elle a été pilote d'avion. Un moment fort emprunt d'émotions et de gravité poignante. Ou Alvin rejouant une scène de vie quotidienne dans cette maison même maison qui n'est plus que souvenir. Un moment de grâce qui aurait pu sans doute en amener d'autres... David Gordon Green prend le temps de filmer la nature, dans toute sa beauté mais aussi sa cruauté, empruntant la formule à Terence Malick.


En résumé : Prince of Texas est une expérience de cinéma un peu "extrême" qui laissera les moins sensibles hermétiques à la magie qu'il dégage. Mélancolique mais pas triste, il évoque la renaissance de deux hommes qui reprennent les rennes de leur vie, comme la nature reprend ses droits après les incendies. 


dimanche 30 décembre 2012

Critique : Le Monde de Charlie : à fleur de peau

LE MONDE DE CHARLIE
De Stephen Chbosky
Avec Logan Lerman, Emma Watson, Ezra Miller

Charlie n'est pas un ado comme les autres. En total décalage avec les jeunes de son âge, il vit son entrée au lycée comme un véritable calvaire. Solitaire, brisé par le deuil et rongé par un sentiment de culpabilité qu'il n'arrive pas à expliquer, il se réfugie dans l'écriture (sous forme de lettres à un ami décédé l'année précédente) et la littérature pour laquelle il semble avoir du talent. Il rêve de devenir écrivain et est encouragé par son prof de lettres. Vu comme un freak, il va être "pris en main" par Sam et Patrick, deux élèves plus âgés que lui, dont la paria attitude fait leur force et leur unicité. Il découvre alors la musique, l'alcool, la drogue, la fête, l'amour...

Entre blessures superficielles et souffrances profondes

© Summit Entertainment
Le Monde de Charlie pourrait être un énième récit initiatique dans lequel un ado en souffrance découvre un nouveau monde coloré par l'énergie bouillonnante de cet âge perturbé. Dès le début, on y retrouve les premiers emballements du cœur et ses premiers râteaux, les premiers verres d'alcool et autres substances hallucinogènes, la folie douce de certains esprits exaltés par la liberté d'être ce qu'ils sont... Si au départ à tous les travers du film se voulant indé à tout prix (de par sa musique, par exemple) et porte-drapeau des différences revendiquées (une scène du Rocky Horror Picture Show en étendard), il émane de ce long-métrage une douceur intimiste et une profondeur sensible.
© Summit Entertainment

L'action de ce film (très autobiographique puisque tiré du succès de librairie Pas raccord écrit par Stephen Chbosky, le réalisateur) ne se résume pas à ce que l'on voit mais à ce qui nous est caché jusqu'à la fin. Car tout du long, il ne faut pas se fier aux apparences : Charlie se réfugie derrière un lourd secret enfoui depuis des années et qui lui a valu un séjour en hôpital psychiatrique. Et le réalisateur distille des indices avec parcimonie et délicatesse pour éviter de tomber dans les clichés généralement rebattus dans ce genre d'histoire.

© Summit Entertainment
L'ensemble se pare d'émotions fortes, de moments de grâce et de magie entre blagues potaches adolescentes et humour désenchanté, malaise identitaire (et sexuel) et relation humaine pure et bouleversante. Il faut dire que le trio d'acteurs dégage une complicité chaleureuse et attachante, et amène ce petit plus qui fait la différence. On découvre un Logan Lerman parfait en ado amoureux sensible et fragile, offrant une puissance de jeu toute en retenue. Et que dire de ce regard azur un tantinet mélancolique qui vous embarque en un rien de temps et ne vous quitte plus... Il est bien loin le Logan Lerman de Percy Jackson et des Trois Mousquetaires !

© Summit Entertainment
Quant à Emma "Hermione" Watson a (enfin) définitivement quitté la robe d'apprentie-sorcière pour devenir une actrice lumineuse, qui se lâche (enfin) à l'écran. Son personnage de Sam est une fille toute en contradictions, dont la superficialité cache un peu grand traumatisme. Au-delà du charme ravageur qu'elle déploie (en emballant le cœur de Charlie... et le nôtre), voilà qui augure de belles promesses pour son avenir cinématographiques.

© Summit Entertainment
Et on ne présente plus l'immense Ezra Miller qui, depuis ses débuts, ne fait que confirmer son incroyable talent avec des personnages souvent exubérants et vindicatifs face à la société et aux siens (We need to talk about Kevin, Another Happy Day). Comme d'habitude, il captive par son jeu tout en finesse, même si Patrick en fait parfois des tonnes. Tragique et flamboyant, coincé entre l'envie d'extérioriser son homosexualité et les non-dits que sa relation avec le capitaine de l'équipe de football du lycée lui imposent. De grand art !

En résumé : Un trio d'acteurs brillants au service d'un film déchirant et émouvant, mais pas larmoyant.

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