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jeudi 3 mars 2016

[Bande annonce] Ghostbusters 3

GHOSTBUSTERS 3



L'année dernière, le réalisateur Paul Feig avait créé la polémique auprès des fans de la première heure en dévoilant un casting 100% féminin pour le reboot de Ghostbusters, film culte des années 80. Il avait même promis sur Twitter qu'il "essaierait de ne pas ruiner leur enfance". Grosse pression donc pour celui qui a fait les belles heures du box-office américain avec les comédies Mes meilleures amies, Les Flingueuses et dernièrement Spy

La bande annonce vient d'être dévoilée, et pas sûre qu'elle rassure les inconditionnels de la saga. Les chasseurs de fantômes d'origine ont donc été remplacés par Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon and Leslie Jones (nous aurons tout de même droit à une apparition de Dan Akroyd et Bill Murray, semble-t-il). Comme il y a plus de 30 ans, trois scientifiques passionnées par le paranormal vont unir leurs forces (et leurs méninges) pour venir à bout d'une ribambelles de spectres dégobilleurs ayant envahi New York.

On retrouve les fantômes aux allures d'ectoplasmes verts transparents, tout comme dans les films originaux, dont certains sont de vrais clins d'oeil (les plus attentifs reconnaîtront l'ondes habitants de Hôtel Transylvanie). Mais l'humour poilant promis n'est pas vraiment au rendez-vous... A moins que pour une fois la bande-annonce ne révèle pas les meilleurs gags avant l'heure ! "Je veux que notre film fasse plus peur que l'original. Nous voulons faire une comédie horrifiques et nous n'allons pas nous en priver", avait-il confié à Empire Magazine en janvier 2015. Pour le moment, ce n'est pas gagné !

La chasse commencera cet été dans les salles.

Petit jeu : il y a une URL cachée dans cette vidéo qui vous mènera à quelques indiscrétions de tournage. À vous de la trouver ! Un indice ? Soyez attentifs en observant le tableau de calculs...






Réponse au jeu : http://www.paranormalstudieslab.com/#/

lundi 8 février 2016

[Avis] Deadpool : Qu'il est bon d'être méchant ! (10/02/18)

DEADPOOL

De Tim Miller
Avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin (Homeland), Ed Skrein (Le Transporteur 4, Kill Your Friends), Gina Carano (Piégée), Brianna Hildebrand...

Sortie le 10 février 2016

Wade Wilson est un ancien militaire des forces spéciales devenu mercenaire. Après avoir été diagnostiqué d'un cancer, il se tourne vers l'unique solution qui s'offre à lui : un traitement expérimental qui devrait accélérer ses pouvoirs de guérison. Mais le traitement ne se passe pas comme prévu : Wade devient Deadpool, un anti-héros qui va traquer l'homme qui a bien failli lui faire passer l'arme à gauche. 

Les héros masqués, ce n'est pas ce qui manque depuis quelques temps. Et en être un, ce n'est pas une sinécure ! Et Ryan Reynolds en sait quelque chose... L'acteur canadien a déjà revêtu ce costume de personnages hyperprotéinés et prêt à en découdre avec ceux qui le titillent (Blade, X-Men Origins - Wolverine, Green Lantern). Avec Deadpool, Hollywood lui confie une seconde, voire quatrième, chance d'incarner un homme pas comme les autres, avec cette fois pour objectif de lancer une nouvelle franchise dans l'univers Marvel version Disney (ayant déjà rapporté plus de 8,5 milliards de dollars), concurrencé par DC Comics (Warner) (avec bientôt Batman VS Superman). Grosse pression sur les épaules (larges) du blondinet, éternel espoir en devenir. Avec Deadpool, pari gagné !

Cette comédie méta joue sur l'ironie, l'autodérision jusqu'à l'humour pince-sans rire trashouille, du générique (petit conseil : lire les descriptifs donnés en lieu et place des noms des comédiens) à la dernière image après générique très drôle aussi (Marvel oblige...). Deadpool (sous l'égide de la Fox) ne ressemble à aucun autre super hero movie, si ce n'est à un une comédie déjantée avec une pincée d'absurdité à la Monty Python, une volée de violence à la Spartacus (version non censurée, bien sûr) et un franc parler qui apporte une certaine fraîcheur au genre. Et cela fait du bien ! Voilà de quoi dépoussiérer le concept de film de super héros, qui aurait tendance à tourner autour des mêmes ressorts et une originalité lissée (bien attaquée par l'anti-héros lui-même dans le film !)


Si le film de Tim Miller fait figure d'outsider et de poil à gratter du genre, c'est qu'il s'autorise à ne pas se limiter, le tout pour un budget rikiki. Une tendance trash et cynique qui dénote (mais reste contenue) lui donne une saveur toute particulière dans cet univers marvélien conformiste et bien pensant (reste à voir si Suicide Squad chez Warner ira plus loin...). Avec sa campagne de pub matraquant le côté hors-norme du personnage (dont personne était dupe...), le film joue carte sur table en annonçant la couleur dès la scène d'intro (sensibles s'abstenir...). Mais au-delà du trash et de l'irrévérencieux, Deadpool s'avère plus surprenant que prévu mélangeant vannes franchement osées et drôles (difficilement imaginables dans le cadre d'un grand studio) et moments plus émotionnels, sans faire retomber l'atmosphère enragée du long-métrage. Manquent peut-être juste une réalisation en contre-pied et un rythme moins attendu (les répliques drôles tombent souvent de façon attendue). Tout de même interdit aux moins de 17 ans aux USA (faut être gonflé pour le faire...), le film est un pari osé mais judicieux car cette interdiction permet aux scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick (et aux impro de Ryan Reynolds) de retrouver l'essence du comics originel. 

Pour cause de "petit budget", Ryan Reynolds passe plus de temps sous le masque qu'à l'air libre (le maquillage d'une peau brûlée "façon pizza aux pepperoni") coûte apparemment cher). Mais ce petit porte-monnaie a du bon... Il se concentre sur moins de personnages, mais beaucoup plus fouillés, les scènes d'action sont peu nombreuses mais très réussies, et la structure en flash back permet de se plonger directement dans l'histoire, sans négliger d'expliquer le pourquoi-du-comment cet homme banal est devenu l'acharné revanchard Deadpool. Les fans de la première heure le trouveront un peu trop cool et pas assez cruel... tout est relatif. Qui de mieux que Ryan Reynolds, l'éternel risée des films de super héros, pour se foutre de la gueule de lui-même ? Il semble avoir pris plaisir à se dézingueur tout seul (sens de l'auto-dérision déjà aperçu dans The Voices de Marjane Satrapi). Une "renaissance" méritée pour l'acteur ? Sans aucun doute.

En résumé : Film étonnant, méchamment drôle et délicieusement irrévérencieux (peut-être moins que prévu...) où les dialogues sont le vrai point fort de cette comédie. Evidemment, à voir en VOST pour éviter l'appauvrissement des vannes dans la traduction...

PS : Une courte scène du générique de fin est gardée au chaud pour la sortie officielle de la comédie super-héroïque, révèlent les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick au site CinemaBlend :
"Il y en a une que le studio ne veut pas montrer avant que le film soit visible dans les cinémas. Vous pouvez donc dire au public qu’il y a deux séquences dans le générique, mais que vous n’en avez vu qu’une".
Soyez donc vigilants !


vendredi 29 janvier 2016

[Bande annonce] Les neuf vies de Mr. Fuzzypants

LES NEUF VIES DE Mr. FUZZYPANTS

De Barry Sonnenfeld
Avec Kevin Spacey, Jennifer Gardner, Malina Weissman, Christopher Walken...

On connaissait Kevin Spacey fantasque dans son rôle d'homme politique véreux prêt à tout dans House of Cards, serial killer dans Seven ou encore un génie du crime dans Usual Suspects. Mais il n'avait jamais franchi la ligne jaune de l'anthropomorphisme animalier. Que s'est-il passé dans la tête du double Oscarisé pour avoir eu envie de participer aux Neuf vie de Mr. Fuzzypants, comédie familiale où il incarne... un chat ? Le marketing l'a bien compris : l'argument "Kevin Spacey comme vous ne l'avez jamais vu" intrigue. 

Le premier teaser vient d'être dévoilé et expose pourquoi Tom, un homme d'affaires à succès (Kevin Spacey), qui consacre sa vie à son travail, se retrouve dans la peau d'un matou. Tellement pris par son job, il en néglige sa famille, sa femme Lara (Jennifer Gardner) et sa fille Rebecca (Malina Weissman). Pour se faire pardonner, il offre à cette dernière un boule de poils lors de son anniversaire, chose qu'il déteste le plus au monde. Mais Tom n'est pas au bout de ses contrariétés ! Suite à un accident, il se retrouve mystérieusement coincé dans la peau du nouveau compagnon poilu de sa fille. Répondant désormais au doux nom de Mr. Fuzzypants, il va tenter de découvrir pourquoi il se retrouve à ronronner et se lécher la fourrure, et va tout faire pour retrouver son apparence normale. Mais il va surtout découvrir sa famille sous un autre angle... à quatre pattes !

Cette comédie signée Barry Sonnenfeld, derrière la saga Men in Black, a comme un petit air familier : celui de Didier, film d'Alain Chabat (1997). On s'attend donc à voir toutes les difficultés que peut rencontrer un chat qui se prend pour un humain, et les ronchonneriez d'un homme devenu un mignon mammifère à 4 pattes, pas vraiment ravi de son sort. 

Le coup de griffe sera donné en août 2016 en France.

vendredi 10 juillet 2015

[Bande annonce] Les nouvelles aventures d'Aladin

LES NOUVELLES AVENTURES D'ALADIN

De Arthur Benzaquen

Avec Kev Adams, Jean-Paul Rouve, Eric Judor, Michel Blanc, Vanessa Guide, Audrey Lamy, William Lebghil et Nader Boussandel

Sortie le : 14 octobre 2015 

Quand on a plus de 2,5 millions de followers sur Twitter, on a tendance à penser qu'une petite requête sera forcément honorée. Chose faite pour Kev Adams qui avait demandé à ses twittos de faire suivre au moins 1000 fois la nouvelle bande annonce des Nouvelles aventures d'Aladin. En une demi heure, les compteurs étaient dépassés. 
Dans ce teaser, pas le temps pour un synopsis de l'histoire. Droit au but avec la "présentation" rapide des personnages : Jean-Paul Rouve en méchant vizir, Eric Judor en génie de la lampe, Vanessa Guide en Jasmine... et un petit trip en tapis volant ! 

À la veille de Noël, Sam et son meilleur pote Khalid se déguisent en Père-Noël afin de dérober tout ce qu’ils peuvent aux Galeries Lafayette. Mais Sam est rapidement coincé par des enfants et doit leur raconter une histoire : celle d’Aladin. Enfin... SA version. 
Dans la peau d’Aladin, Sam commence alors un voyage au coeur de Bagdad, ville aux mille et une richesses... Hélas derrière le folklore, le peuple subit la tyrannie du terrible Vizir connu pour sa férocité et son haleine douteuse. Aladin le jeune voleur, aidé de son Génie, pourra-t-il déjouer les plans diaboliques du Vizir, sauver Khalid et conquérir le coeur de la Princesse Shallia ? En fait oui, mais on ne va pas vous mentir, ça ne va pas être facile !




mardi 2 juin 2015

[Bande Annonce] Un incroyable talent

UN INCROYABLE TALENT

de David Frankel 
avec James Corden, Alexandra Roach, Mackenzie Crook, Colm Meaney, Julie Walters  

Sortie le 3 juillet en e-cinema


Inspiré d’une histoire vraie, cette comédie raconte le parcours de Paul, un timide vendeur de téléphones portables, qui n'a qu'un rêve: vivre de sa passion pour le chant lyrique. Il va finir par sauter le pas… et la Manche ! Il quitte son Angleterre natale pour une célèbre école de chant à Venise. Ce voyage initiatique l’amènera à rencontrer l’amour, à affronter le regard des autres et surtout à avoir confiance en lui. Suffisamment pour s’inscrire à la nouvelle émission de télévision qui fait sensation, Britain’s got talent…

Le réalisateur de la comédie à succès Le Diable s’habille en Prada, mais aussi de Tous les espoirs sont permis et Marley & Moi, revient tout en partitions et en notes classiques avec Un incroyable talent. Le joufflu James Corden, qui a déjà poussé la chansonnette récemment dans Into the Woods, incarne cette fois un jeune homme qui respire, mange, dort musique d'opéra. Une petite comédie britannique aux accents britanniques qui sent le feel-good movie.


 

jeudi 26 mars 2015

[Avis] The Voices : sang pour sang (ou presque) délirant (18/03/15)

THE VOICES

De Marjane Satrapi
Avec Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Jacki Weaver…

Sortie le 18 mars 2015


Jerry est  employé depuis peu dans une PME qui fabrique des baignoires, paumée dans un recoin du Michigan. Dévoué et plutôt apprécié par ses collègues, il s'est intégré malgré son comportement parfois étrange. On lui propose de faire partie de l'organisation d'un pique-nique pour l'entreprise et en profite pour se rapprocher de Fiona, une bimbo britannique du service comptabilité. Tentant quand on vit seul avec son chien et son chat, au premier étage d’un bowling désaffecté. Pour seule activité en rentrant chez lui est d'avoir de longues conversations avec ses animaux. Normal… pour un schizophrène. Après une virée nocturne dramatique, Jerry se débat entre les tentations macabres de son colocataire félin et ses propres désirs de normalité.


Après l'animé Persepolis, le joli Poulet aux prunes et l'affreux Bande de Jotas, la réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi s'est attaqué à un nouveau genre cinématographique... tout en gardant ce qui fait d'elle une réalisatrice à part. Avec The Voices, elle mélange sa poésie, ses idées farfelues et macabres, ses envies loufoques, pour faire une Hydre cinématographique aux tons et aux registres multiples. 


Tantôt gore, comique, dramatique ou potache, ce nouveau long-métrage est un exercice périlleux, que la cinéaste relève avec force et courage... et pas mal d'inventivité ! Mais quitte à partir dans l'incongru et assumer le mélange des genres, "t'aurais pu pousser le bouchon un peu plus loin", Marjane ! Non pas comme dans l'imbuvable Bande de Jotas… Et quitte à travailler sur les méandres de l'âme humaine et un esprit dérangé, la folie qu'elle dépeint semble contenue dans un cadre plutôt consensuel. Résultat : l'ensemble a du mal à trouvé un équilibre. 
Chaque rupture de ton est traitée avec la même constance, qui finit par contredire le principe même de cet effet ciné... finalement casse-gueule. Des premières conversations entre Jerry et ses animaux de compagnie (dont la finalité arrive un peu tard), à la comédie musicale finale (sic), en passant par le premier meurtre, tout est finalement balisé et annoncé par le scénario Michael R. Perry qui prépare le terrain pour le spectateur. On retrouve tous les poncifs liés aux films de tueur en série très codés (les femmes écervelées, le monde de travail aseptisé, des travailleurs quasi neurasthéniques...).
Et pourtant, tous ses choix sont revendiqués et assumés, et finissent par nous embarquer. L'humour (plus ou moins singé) est présent pour désamorcer le côté glauque, et carrément violentes de certaines situations. La mise en scène, qui suit le point de vue enfantin et fantasmagorique de Jerry, permet de montrer une réalité subjective bien plus réjouissante quand la folie parle et n'est pas contrainte par des médicaments, que quand elle est vraiment vécue, devenant cruelle, menaçante et malsaine.  La réalisatrice nous invite dans la tête de Jerry, et s'attarde sur l'expérience émotionnelle qu'il traverse, lui faisant faire les montagnes russes entre culpabilité et innocence, le Bien et le Mal, la justice et la morale. Après avoir été spectateur de sa vie, Jerry veut en être l'acteur, mais s'y prend évidemment mal, entre empathie et accès de violence. Le tout est appuyé par une direction artistique faisant des merveilles, oscillant entre couleurs flashy et lieux cradingues, sans en faire des caisses. L'artisanal a parfois du bon... même s'il est rose bonbon, comme la tenue de travail de Jerry !

Et ce Jerry est une bonne surprise. Si le casting n'était pas d'une évidence folle, Ryan Reynolds est presque étonnant. Après avoir accumulé des rôles de joli-cœur (La proposition), de beau gosse musclé dans des actionners (Sécurité rapprochée), de voix de film d'animation (Turbo), de bêta dans des comédies faciles, et mêmes un super-héros (Green Lantern) ou anti héros (Deadpool), le Canadien revient avec un film atypique qui met enfin une certain talent (aperçu dans Buried) en valeur. Sa bouille juvénile et son air de gamin paumé et naïf donne à Jerry une étrange sympathie, alors qu'il s'agit d'un meurtrier. Et il faut signaler que l'acteur interprète l'ensemble des voix de la ménagerie et a choisi leurs accents : Bosco le chien s’exprime comme un vieux sage bienveillant du Sud américain, Mr Whiskers le chat roux persifle en écossais et en permanence des insanités. Good choice !

En résumé : sous ses airs de film grandguignolesque et horrifique, The Voices cache une deuxième lecture plus poignante et moins reluisante, faisant le portrait d'un homme qui refuse la réalité telle qu'elle est.

lundi 23 mars 2015

[Critique] Diversion : de l'art de brouiller les pistes (25/03/15)

DIVERSION

De Glenn Ficarra et John Requa
Avec Will Smith Margot Robbie, Adrian Martinez....

Sortie le 25 mars 2015

Le big boss d'un réseau très lucratif de criminels surentraînés  va apprendre les ficelles du métier à une jeune (et très sexy) petite voleuse à la semaine. Naturellement née pour être une arnaqueuse professionnelle, elle va faire tourner les têtes, celle de son patron avec ! Un jeu dangereux que de mêler amour et business...

Le tandem Glenn Ficarra et John Requa (I Love You Philipp Morris, Crazy Stupid Love) jouent avec nos nerfs en brouillant les pistes dès le départ. On s'attend à un petit film de pickpockets de grande envergure façon Ocean's Eleven ou Insaisissables, et on passe finalement par la comédie romantique avant de finir sur un pseudo thriller. Une fusion de genre qui a de quoi dérouter ! À ceci près qu'il développe une histoire d'amour compliquée qu'elle en a l'air, avec deux tourtereaux aux émotions électriques, et à la psychologie plus torturée qu'il n'y paraît. De rebondissements et retournements de situation, le duo d'acteurs (charmeur et charmant) séduit, pour nous distraire autant que leur cible. Et les réalisateurs accomplissent un tour de passe-passe cinématographique divertissant à l'aide d'une mise en scène fluide et faisant penser aux comédies des années 50/60, des dialogues bien écrits et modernes (des déclarations d'amour plutôt jolies...) et parfois musclés (les blagues sexistes sur les seins ont toujours la côte...). 

La première partie est plutôt convaincante et ludique, avec des scènes de vols à la tire dans la rue ingénieux et bluffants (là, on se dit "va falloir que je me méfie davantage !"). Les personnages de Will Smith et Margot Robbie sont plutôt bien écrits, et leur rapport à l'argent et au luxe intéressant. On pourrait pensé à un duo bling-bling, sans réelle chimie. Il est vrai qu'il est un peu improbable et fait couple de magazine sur papier glacé. En tout cas, ils ont un sex-appeal, et malgré tout, une classe à toute épreuve. L'habituel gouailleur Smith fait place à un rôle tout en retenue, sobre et classieux, ce qui lui va bien (et change un peu... Vieillir lui va bien). Elle, plutôt habituée aux rôles uniques de faire-valoir, semble prendre un peu d'épaisseur... mais pas trop quand même... Sa plastique est largement mise en avant. Dommage que la seconde partie perde son rythme et s'enfonce dans l'idylle langoureuse mâtinée d'un côté semi-policier inutile et un peu brouillon.

En résumé : un film élégant, divertissant, parfois aérien, qui change des gros blockbusters à suite ou préquel... Ce n'est tout de même pas un chef d'œuvre !

mercredi 18 février 2015

[Bande Annonce] Broadway Therapy : joyeux bazar au pays de la scène

BROADWAY THERAPY


De Peter Bogdanovich
Avec Imogen Poots, Owen Wilson, Illeana Douglas, Kathryn Hahn, Rhys Ifans, Will Forte, Jennifer Aniston…

Sortie 22 avril 2015

Lorsqu’Isabella (Imogen Poots) rencontre Arnold (Owen Wilson), un charmant metteur en scène de Broadway, sa vie bascule.
À travers les souvenirs – plus ou moins farfelus – qu’elle confie à une journaliste (Illeana Douglas), l’ancienne escort girl de Brooklyn venue tenter sa chance à Hollywood, raconte comment ce « rendez-vous » lui a tout à coup apporté une fortune, et une chance qui ne se refuse pas...
Tous ceux qui se trouvent mêlés de près ou de loin à cette délirante histoire vont voir leur vie changer à jamais dans un enchaînement de péripéties aussi réjouissantes qu’imprévisibles. Personne n’en sortira indemne, ni l’épouse d’Arnold, Delta (Kathryn Hahn), ni le comédien Seth Gilbert (Rhys Ifans), ni le dramaturge Joshua Fleet (Will Forte), pas même Jane (Jennifer Aniston), la psy d’Isabella...

Broadway Therapy est un film chorale, une comédie romantique traditionnelle teintée de « screwball comedy », d’humour burlesque, un peu potache faut le dire mais… au sens noble du terme. Des personnages, une intrigue et des décors très modernes pour un film hommage aux classiques du genre des années 30 et 40, l’âge d’or d’Hollywood. Le scénario se fonde sur son humour pétillant, son charme et sa sophistication au sein d’une histoire et de situations complètement loufoques, et des personnages bien barges ! Un genre que Jennifer Aniston semble particulièrement affectionner après La Famille Miller- une famille en herbe et Comment tuer son boss ?




mardi 6 janvier 2015

[Critique] Queen and Country : Farce sous les drapeaux (07/01/15)

QUEEN AND COUNTRY

De John Boorman
Avec Callum Turner, Caleb Landry Jones, Pat Shortt, David Thewlis, Richard E. Grant
Sortie 7 janvier 2015


1952. Bill Rohan a 18 ans et l’avenir devant lui. Pourquoi pas avec cette jolie fille qu’il aperçoit sur son vélo depuis la rivière où il nage chaque matin ? Cette idylle naissante est bientôt contrariée lorsqu’il est appelé pour effectuer deux années de service militaire en tant qu’instructeur dans un camp d’entraînement pour jeunes soldats anglais en partance pour la Corée. Bill se lie d’amitié à Percy, un farceur dépourvu de principes avec lequel il complote pour tenter de faire tomber de son piédestal leur bourreau : le psychorigide Sergent Major Bradley. Tous deux parviennent néanmoins à oublier un peu l’enfermement et la discipline à l’occasion de rares sorties. Mais leur est-il encore possible d’y rencontrer l’âme soeur ?


Le réalisateur de 81 ans est encore vert et plus en forme que jamais ! Il écrit à nouveau ses Mémoires après Hope & Glory (1987), et se penche cette fois-ci sur ses années de service militaire avec légèreté, humour et tendresse, sans oublier d'être profond et de nous donner à réfléchir. Il (re)découvre les joies de l'armée, de sa hiérarchie abusive, de la bureaucratie pesante et de la morosité qui pointe à chaque coin de baraquement. Mais il s'en éloigne grâce au ton comique, incarné par Caleb Landry Jones (un peu en roue libre parfois) et aux fantaisies potaches de caserne. A travers Bill et Percy, il revient sur son anticonformisme et son attitude rebelle et irrévérencieuse face au conflit en Corée qu'il désapprouve, sans donner de leçons de moral. Entre blagues et gags, le cinéaste réalise une autobiographie très ressemblante, réaliste s'il en est.

Cette comédie dramatique a la bonne idée de ne pas être qu'une comédie enchaînant vannes sur vannes. Avec un charme suranné mais authentique, Boorman raconte une histoire d'amour presque adolescente, où sa naïveté est des plus charmantes. Il n'en oublie pas la passion et les détours que prend ce sentiment, parfois joueur et trompeur. 

Boorman se souvient et nous fait partager ses souvenirs, tels qu'ils sont dans sa mémoire. Légèrement polis ou enjolivés, on ne saurait le dire. Mais ces clins d'oeil temporels nous embarquent dans un monde réel, où la jeunesse est joviale, avide de liberté, de parcourir le monde et d'égalité sociale. Rien de mieux alors que de le faire à travers le cinéma ! Les personnages principaux se lancent des répliques de longs-métrages dès de début : "Ca ne peut être que le début d'une putain de belle amitié", dit Percy. Il avait raison… Celle du jeune bidasse dont la passion pour le cinéma est saisie dans le dernier plan (une caméra se met à tourner). Une vie entière résumée dans ce plan, définitif et plutôt bouleversant.

En résumé : Un film surprenant, quasi scindé en 2 parties équilibrées, drôle sans être exubérant. Le tout dans des couleurs vieillies mais qui ne sentent jamais le sapin.



mercredi 10 décembre 2014

Babysitting, le retour...

La comédie française Babysitting a été un succès surprise du début 2014, avec quelque 2,3 millions d'entrées vendues. Bonne (ou mauvaise) nouvelle : elle aura une suite. Le tournage va démarrer en janvier, a indiqué le distributeur Universal Pictures France. 
Réalisé comme le premier volet par Nicolas Benamou et Philippe Lacheau, Babysitting 2 réunira le même groupe de copains, une partie de la Bande à Fifi, qui s'est fait connaître avec Le Grand Journal. Franck, Sonia, Sam, Ernest, Alex et Estelle, en voyage au Brésil, chez le père de Sonia qui tient là-bas un petit hôtel. Sur place, ils font la connaissance de Yolande, grand-mère revêche de Sonia, et partent en randonnée dans la jungle, accompagnés d'un guide. Le lendemain matin, la caméra GoPro avec laquelle ils étaient partis est retrouvée. 
Comme dans Babysitting premier du nom, on retrouvera la forme du "found footage" (images vidéo soi-disant tournées par l'un des protagonistes). Cela rappelle le mélange Very Bad Trip / Le Projet Blair Witch, non ?

lundi 17 novembre 2014

[Bande Annonce] Charlie Mortdecai : de la comédie sauce Johnny Depp

CHARLIE MORTDECAI - Le raffinement a un nom
De David Koepp
Avec Johnny Depp, Gwyneth Paltrow, Ewan McGregor, Olivia Munn, Paul Bettany, Jeff Goldblum...

Charlie Mortdecai est un collectionneur d'art en plus d'être un aristocrate brouillon et maladroit. Il est embauché pour mettre la main sur un tableau volé de Goya, qui contiendrait un code correspondant à un compte bancaire nazi rempli d'or. Il va traverser la planète, promenant son indélicatesse déguisée sous de bonnes manières, son charme (tout relatif) accompagné de son dévoué valet/garde du corps. 


De quoi laisser courir l'imagination et les mimiques de l'acteur habitué au cabotinage depuis la saga Pirate des Caraïbes. En espérant que ces dernières soient mesurées, et pas trop caricaturales...

Les moustaches de Charlie débarqueront en France le 21 janvier 2015


dimanche 24 novembre 2013

[Critique] Cet été-là : un été pour passer à l'âge adulte (27/11/13)

CET ÉTÉ-LÀ

De Nat Faxon et Jim Rash
Avec Steve Carrell, Toni Collette, Liam James, Sam Rockwell...

Sortie le 27 novembre 2013

Comme pour beaucoup d'ados, passer tout un été avec sa famille tient parfois de la corvée, voire de l'exploit. D'autant plus lorsque celle-ci est recomposée et dysfonctionnelle comme celle de Duncan. Entre son futur beau-père castrateur et qu'il déteste, sa mère soumise et dépassée, et sa demi-sœur écervelée et superficielle, Duncan se sent comme un poisson hors de l'eau. Introverti, trop éveillé pour son âge, mal sapé, une dégaine mal assurée, il a toutes les peines du monde à être sociable, même avec la jolie petite voisine un poil plus âgée que lui. C'est en faisant la connaissance d'Owen, gérant d'un parc aquatique, qu'il va retrouver le sourire et une confiance en lui, jusque-là inconnue.


L'adolescence est un sujet maintes fois porté à l'écran et finalement, très casse-gueule si on ne trouve pas les bons ingrédients. Coup de bol, le duo Faxon/Rash (déjà aux commandes de The Descendants) a  su concocter la bonne recette. Si les éléments de départ semblent basiques (une mise en scène formelle pour activer la carte réalisme, accompagné d'une mélancolie rêveuse et de personnages anti-conformistes et désinvoltes, le tout arrosé par une bande-son consensuelle), l'ensemble fonctionne parfaitement sans tomber dans la facilité ni dans l'extrême fragilité de l'âge dit "ingrat". 

Tricoté comme un récit initiatique du point de vue de Duncan, Cet été-là doit beaucoup au contexte particulièrement bancal, quasi inconfortable mais prenant, de cette famille et de son entourage, où les adultes se comportent comme de vrais gamins -- lorsqu'ils ne se dupent pas les uns les autres. Mais aussi à la performance de ses acteurs notamment celle du jeune Liam James, attachant paumé à la moue boudeuse, mais dont l'étincelle de vie ne demande qu'à être ravivée. Une véritable révélation (après une apparition dans 2012 de Roland Emerich).

Les adultes ne sont pas en reste : le premier rôle de salaud de Steve Carrell lui va comme un gant, Allison Janney est fabuleuse en alcoolique désinhibée (voilà qui la change de celui de l'épouse trompée dans Masters of Sex), Toni Collette en mère pleurant en silence. Et la cerise sur le gâteau reste le trop rare mais excellent Sam Rockwell, en ado attardé mais qui s'assume et le revendique. Avec son bagout au débit incroyable, sa présence scénique imposante et son humanité transpirante, il incarne un mentor décomplexé et touchant, faisant régner un bordel organisé dans le parc aquatique. Dès qu'il entre dans le cadre, les scènes prennent une autre dimension. Entre désenchantement et affirmation de soi, Cet été-là s'inscrit dans la plus pure pure tradition du genre, sans la révolutionner.


En résumé : on passe un bon moment devant cette comédie sans prétention mais d'une sincérité indéniable. Mais il y a quelques mois, j'aurais parié pour plus de fantaisies...


lundi 16 septembre 2013

[Critique] Les Miller, une famille en herbe : une famille finalement dysfonctionnelle comme les autres ! (18/09/13)

LES MILLER, UNE FAMILLE EN HERBE

De Rawson Marshall Thurber
Avec Jason Sudeikis, Jennifer Aniston, Emma Roberts, Will Poulter…

Sortie le 18 septembre 2013

David a poursuivi son destin forgé à l'université : il est un petit dealer de quartier n'ayant pas de famille, ni réels copains. Il vit comme un étudiant dans un studio crade et mal rangé, se suffisant de l'argent qu'il gagne de son trafic. Il a une jolie voisine pas commode, qu'il croise souvent tard le soir lorsqu'elle rentre du club où elle est strip-teaseuse. Et il se fait souvent renvoyer danss es foyers. Un soir qu'ils s'envoyaient des pics, une jeune SDF se fait agresser par une bande de petites frappes. David va lui porter secours. Mais les voyous le détrousse, de tout. L'argent de son business, ses économies, son stock de marijuana... tout y passe ! Pour payer sa dette à son fournisseur, il accepte un deal : aller chercher "un chouïa" de beuh au Mexique. Le volume s'avère être celui d'un semi-remorque... Mais comment passer la frontière sans éveiller les soupçons ? Il se trouve alors une famille de composition. Mais n'est pas au bout de ses peines !

Le thème de la famille est évidement au centre de ce road-movie, qui fatalement nous rappelle Little Miss Sunshine. La transgression ne se fait pas dans le fait d'amener une petite fille à danser comme dans un cabaret pour un concours de miss, mais à transporter de la drogue par centaines de kilos. Et le réalisateur a choisi de prendre le ton de l'insolence,  de l'humour trash et décalé dans la veine de Very Bad Trip et Mary à tout prixTrash mais pas vulgaire cradingue, sans essayer d'avaler les blagues au kilomètre au risque de s'essouffler. Rien de tel dans Les Miller... 

Cette famille peu ordinaire finalement s'appuie sur des codes de la famille traditionnelle pour essayer de lui ressembler au plus près. Mais finalement, avec toute la volonté du monde, elle se compose de loosers/outsiders qui n'ont que pour point commun leur solitude : une SDF fugueuse au sale caractère, un dealer égocentrique non repenti, un ado mièvre (et puceau) quasi orphelin et une strip-teaseuse quittée et fauchée. Voilà un point de départ qui les rend attachant mais pas pathétiques.

Ce road-movie s'ancre dans la réalité, avec des héros qui vivent des situations extra-ordinaires et extravagantes. Le scénario, souvent improbable, saute de dérapages incontrôlés en dos-d'ânes, sans jamais aller dans le fossé. Irrévérencieux, il rit de tout mais n'offense personne. Et pourtant, le langage est grassement fleuri, souvent cru et en-dessous de la ceinture. Surtout au vu de certaines scènes peu banales (une tarentule qui pique là où elle ne le devrait pas, rencontre d'un couple qui rêve d'échangisme, un policier véreux qui passerait sous silence une infraction contre une petite gâterie...). Mais finalement, les dialogues sont la cerise sur le space cake face aux relations qui se nouent entre les personnages. Bien évidemment, les faux-parents finissent par agir comme des vrais tout en gardant leur caractère brute de pomme. Ici, point de mièvrerie facile. 

Le casting est idéal. Des ados juste ce qu'il faut entre l'agacement d'une fille rebelle et la bleuserie d'un puceau en mal d'expérience (excellent jeune Will Poulter), des camping-caristes farfelus juste à point. Et on retrouve avec plaisir Jennifer Aniston, sexy en diable, loin des bluettes romantiques. C'est sa deuxième collaboration avec Jason Sudeikis (volubile à souhait mais pas saoûlant) après Qui veut tuer mon boss ?. Dans cette autre comédie rocambolesque, l'ex-Friends avait déjà usé de ses atouts féminins et de son sex-appeal en jouant les nymphomanes. Dans Les Miller..., elle pousse le contre-emploi encore plus à fond. Sa scène d'effeuillage dans un garage auto finissant sous le ruissellement d'une douche en laissera plus d'un songeur ! 

En résumé : une comédie généreuse et sans prétention, qui ne laisse pas souvent les zygomatiques au repos. Une jolie surprise !

samedi 14 septembre 2013

[Trailer] Malavita : les mafieux s'invitent en Normandie (25/10/13)

À quelques jours de la sortie américaine de Malavita, la nouvelle réalisation de Luc Besson (produite par Martin Scorsese), une nouvelle bande annonce a fait son apparition. Pleine d'images inédites (avec quelques scènes susceptibles de heurter un jeune public, d'où le bandeau rouge au départ), elle montre un Robert De Niro qui semble s'amuser comme un petit fou entouré de sa famille un peu "spéciale".

Adaptation du roman éponyme de Tonino Benacquista, Malavita réunit au côté du plus américain des Italiens, Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones, ainsi que et de nombreuses gueules marquées de méchants habituées aux rôles dans la pègre. Du côté des enfants, on retrouve Diana Agron, libérée de la série Glee, et John D'Leo, aperçu dans The Wrestler et Peace, Love et plus si affinités.

Robert De Niro est Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI. Afin d'assurer pleinement la sécurité du mafieux et de sa famille, il est décidé de les installer, en France, dans un petit village de Normandie. Malgré d'incontestables efforts d'intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s'agira de régler les petits soucis du quotidien...

En salle le 25 octobre



Petit rappel de la première bande-annonce :

[Critique] 2 Guns : un duo explosif dans la vanne (25/09/13)

2 GUNS

De Baltasar Kormakur
Avec Denzel Washington, Mark Wahlberg, Paula Patton, Bill Paxton, Fred Ward, James Marsden, Edward James Olmos…

Sortie le 25 septembre 2013

Bobby et Stig sont inséparables. Ils trempent dans des affaires plutôt louches et côtoient des hommes qu'ils feraient mieux d'éviter. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils travaillent tous les deux pour deux agences gouvernementales rivales qui leur ont demandé d'infiltrer un réseau de trafiquants de drogue. Lors de leur mission, ils opèrent à un casse pour remonter à la source du commerce illicite. Évidemment, l'opération tourne mal : les voilà avec 43 millions de dollars (au lieu de 3 supposés) sur les bras, qui n'appartiennent pas à la personne prévue. Ils découvrent leur véritable identité respective et en viennent à se retourner l'un contre l'autre. Mais ils s'apprécient trop pour que l'un ou l'autre tue son partenaire. Ils s'allient alors pour faire tomber ceux qui veulent les voir disparaître de la circulation...

2 guns... Voilà un titre bien ironique ! Si on devait les compter, on en trouverait bien plus que cela. Il y en a tellement qu'on pourrait armer un petit pays ! Les balles fusent toutes les secondes et on ne compte plus les morts. On le savait : les hommes aiment s'amuser avec leurs gros joujous qui font du bruit. On pourrait penser que Michael Bay est aux commandes de ce nouveau film burné.
© Patti Perret / Columbia Pictures IndustriesEt pourtant 2 Guns n'est pas un film de gros bras qui se débarrassent de tout ce qui bougent à tout-va. Adaptation d'une série de romans graphiques de Steve Grant et Mateus Santouloco. Le film, ici scénarisé par Blake Masters (plume de la série dramatique Brotherhood), ressemble à une comédie de situation façon western, où chaque personnage pense savoir ce qui se passe alors qu'en fait, il ignore tout.
Le scénario est un peu alambiqué sans réelle raison apparente. Pas très original ni intelligence particulière, il nous embarque dans un complot aux circonvolutions inutiles. Peut-être voulait-il se donner un peu d'épaisseur au regard des nombreuses scènes de déchargement de cartouches et d'explosions. Mais les personnages et l'humour, parfaitement liés avec ses répliques ciselées, font oublier le reste. Car la comédie naît de la vision de chacun des protagonistes et la manière dont elles s'opposent. Ils vivent tous les deux selon leurs propres règles, et n'en reviennent pas que les autres ne fassent pas de même.
Tel le train lancé à grande vitesse qui fait l'ouverture du film, le voyage proposé par Masters est plutôt prévisible, mais ne déraille jamais. On se laisse transporter et à l'arrivée, le sourire reste aux lèvres.

“Never rob a bank across from a diner with the best doughnuts in three counties"


© Patti Perret / Columbia Pictures IndustriesOn retrouve le buddy movie classique, qui allie deux personnages totalement opposés, mais qui sont obligés de collaborer pour atteindre leur but commun. Rien de bien nouveau avec 2 Guns me direz-vous. Mais c'était sans compter le très efficace duo Washington/Wahlberg. Celui-ci fait figure de cowboys modernes combattant les méchants dealers et les autorités corrompues. Et on ne pourra s'empêcher de penser à la saga L'arme Fatale dans l'esprit. L'un est réfléchi, tacticien, stylé et... amoureux, tandis que l'autre est instinctif, sanguin, dragueur et... extrêmement bavard. Et ce qui saute aux yeux est d'abord l'alchimie entre les deux acteurs principaux. Ils s'amusent et ça se voit ! Même si le double Oscarisé Washington est à nouveau en mode "autoguidage" (Il faut dire qu'il s'est enchaîné deux rôles plutôt lourds, dont Flight encensé par la critique, avant de s'engager auprès de Baltasar Kormakur). Leur charisme et leur présence respectifs est un vrai bonheur, et leur répartie fuse comme des balles doom-doom. Ils s'invectivent, se titillent et finissent par se trouver, ce qui ne se fait pas sans dommages physiques... 

© Patti Perret / Columbia Pictures IndustriesDes dommages, les institutions représentant l'autorité si chère à l'Amérique patriotique en prennent (enfin !) un coup sur le képi ! Tous pourris ? Presque. Bobby et Stig ont à cœur de rester la valeur de l'honneur, sapé par la CIA et la Navy, qui les lâchent et préfèrent enterrer ce qui pourraient nuit à leur précieux prestige. Tous ces hommes soit-disant honorables qui sont loyaux envers ces organismes prétendument respectables sont renvoyés à leur faute morale. Finalement, malgré leurs nombreux défauts, les seuls véritables hommes d'honneur sont Bobby et Stig car ils ont du respect l'un pour l'autre... malgré toutes les crasses qu'ils se font ! 

En résumé : Baltasar Kormakur a réussi à gagner ses galons dans le cinéma hollywoodien depuis Contrebande (déjà avec Mark Wahlberg). Il offre avec 2 Guns une comédie pop-corn fun au plaisir immédiat, mais qui ne laissera pas une trace indélébile sur notre cerveau.

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