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mardi 7 avril 2015

[Critique] Cake : Recette amère d'une vie brisée (08/04/15)

 
CAKE

De Daniel Barnz
Avec Jennifer Aniston, Sam Worthington, Chris Messina, Anna Kendrick, Adriana Barraza, Felicity Huffman, William H. Macey…


Claire passe ses journées à se traîner, seule et la plupart du temps allongée, à s'enfiler des pilules contre la douleur. Véritable accro aux antalgiques et un tantinet suicidaire, elle souffre le martyr, physiquement et psychologiquement, à cause d'un accident de voiture qui l'a laissée défigurée, à demi handicapée, et sans son petit garçon. Dépressive et remplie de colère, elle ne met pas beaucoup de volonté à ses séances de rééducation. Seule sa femme de ménage, dernier vaillant petit soldat à ne pas la laisser tomber, la ballade en voiture en position couchée, comme presque déjà morte (comme le "A" du titre). Quand l'une des membres de son groupe de soutien met fin à ses jours, elle rend visite à son mari avec une curiosité tordue (voire malsaine), alors qu'elle la connaissait à peine. Ensemble, ils vont s'entraider, se reconstruire, sans en avoir l'intention avouée

Cake est un film bien étrange. Produit par Jennifer Aniston, ce drame indépendant sur une femme en quête de rédemption donne à l'actrice une occasion de montrer qu'elle n'est pas que la rigolote de service dans des comédies lourdingues (Qui veut tuer son boss ?, Les Miller - une famille en herbe) ou des romances à l'eau de rose déguisées (Polly and I, La rutpure, Marley & Moi). Claire est un rôle de composition lourd, qui ne se contente pas de 3 grimaces de douleur et de deux ou trois "aouch" par-ci, par-là. Cette petite bonne femme acariâtre à l'humour vache et caustique a perdu son humanité avec son accident. Aniston laisse pour l'occasion son brushing parfait et son maquillage impeccable pour un visage sans fard et quelques kilos en trop, et ses vêtements sexy pour des joggings et de longs pulls loin de l'être. On sent l'actrice à la recherche de crédibilité, et qui veut prouver qu'elle en a sous le capot, comme dans The Good Girl de Miguel Arteta.
Au-delà de ce passage en force artistique, un peu en désespoir de cause, elle nous embarque dans un film qui ne ressemble à aucun autre. Elle prouve qu'elle sait jouer malgré une intrigue peu passionnante, sans grand but, ni même perspective, mais perturbant. Sans jouer du pathos et de la larme facile, Cake retrace le délitement de la vie d'une femme qui avait tout construit pour être heureuse, et que la vie n'a pas épargné. Claire devient insupportable et tenter d'entraîner les autres dans sa chute, leur faisant vivre un enfer. On ressent un malaise et l'aspect anxiogène de ses prises de médicaments incessantes, de ces siestes à rallonge à n'importe heure de la journée, de ses caprices suivis de silences interminables, et d'autant plus, de ses crises suicidaires passagères. Même ses "petits coups vite faits" avec l'homme à tout faire ont une odeur nauséabonde et morbide. Malgré tout, on compatit et on a mal pour Claire. Et on comprend pourquoi sa femme de ménage, qu'elle traite comme une moins que rien, ne la laisse pourtant pas tomber. Des tas de promesses déçues
Il manque pourtant quelque chose qui ferait de Cake un bon film, au-delà de la tentative de performance d'acteur. Les personnages sont effleurés, les relations entre eux superficielles, même celle que Claire et Roy (le mari de la défunte) essaie de construire dans leur malheur respectif sonne faux car peu creusée ou trop facile. On se demande bien d'ailleurs ce que vient faire l'Anglo-australien Sam Worthington dans cette histoire… Heureusement, on ne tombe pas dans le happy end final qui aurait ajouté LA fausse note à l'ensemble. L'ensemble oscille finalement entre deux tons et hésite à faire un choix radical entre la comédie dramatique grinçante et critique (car les réflexions de Claire font parfois sourires jaunes) et l'histoire pleine de bons sentiments déguisés (et pas si bien cachés). 

En résumé : Un film qui promet beaucoup de choses mais qui au final nous laisse un peu tomber, malgré une jolie performance de Jennifer Aniston

jeudi 26 mars 2015

[Avis] The Voices : sang pour sang (ou presque) délirant (18/03/15)

THE VOICES

De Marjane Satrapi
Avec Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Jacki Weaver…

Sortie le 18 mars 2015


Jerry est  employé depuis peu dans une PME qui fabrique des baignoires, paumée dans un recoin du Michigan. Dévoué et plutôt apprécié par ses collègues, il s'est intégré malgré son comportement parfois étrange. On lui propose de faire partie de l'organisation d'un pique-nique pour l'entreprise et en profite pour se rapprocher de Fiona, une bimbo britannique du service comptabilité. Tentant quand on vit seul avec son chien et son chat, au premier étage d’un bowling désaffecté. Pour seule activité en rentrant chez lui est d'avoir de longues conversations avec ses animaux. Normal… pour un schizophrène. Après une virée nocturne dramatique, Jerry se débat entre les tentations macabres de son colocataire félin et ses propres désirs de normalité.


Après l'animé Persepolis, le joli Poulet aux prunes et l'affreux Bande de Jotas, la réalisatrice franco-iranienne Marjane Satrapi s'est attaqué à un nouveau genre cinématographique... tout en gardant ce qui fait d'elle une réalisatrice à part. Avec The Voices, elle mélange sa poésie, ses idées farfelues et macabres, ses envies loufoques, pour faire une Hydre cinématographique aux tons et aux registres multiples. 


Tantôt gore, comique, dramatique ou potache, ce nouveau long-métrage est un exercice périlleux, que la cinéaste relève avec force et courage... et pas mal d'inventivité ! Mais quitte à partir dans l'incongru et assumer le mélange des genres, "t'aurais pu pousser le bouchon un peu plus loin", Marjane ! Non pas comme dans l'imbuvable Bande de Jotas… Et quitte à travailler sur les méandres de l'âme humaine et un esprit dérangé, la folie qu'elle dépeint semble contenue dans un cadre plutôt consensuel. Résultat : l'ensemble a du mal à trouvé un équilibre. 
Chaque rupture de ton est traitée avec la même constance, qui finit par contredire le principe même de cet effet ciné... finalement casse-gueule. Des premières conversations entre Jerry et ses animaux de compagnie (dont la finalité arrive un peu tard), à la comédie musicale finale (sic), en passant par le premier meurtre, tout est finalement balisé et annoncé par le scénario Michael R. Perry qui prépare le terrain pour le spectateur. On retrouve tous les poncifs liés aux films de tueur en série très codés (les femmes écervelées, le monde de travail aseptisé, des travailleurs quasi neurasthéniques...).
Et pourtant, tous ses choix sont revendiqués et assumés, et finissent par nous embarquer. L'humour (plus ou moins singé) est présent pour désamorcer le côté glauque, et carrément violentes de certaines situations. La mise en scène, qui suit le point de vue enfantin et fantasmagorique de Jerry, permet de montrer une réalité subjective bien plus réjouissante quand la folie parle et n'est pas contrainte par des médicaments, que quand elle est vraiment vécue, devenant cruelle, menaçante et malsaine.  La réalisatrice nous invite dans la tête de Jerry, et s'attarde sur l'expérience émotionnelle qu'il traverse, lui faisant faire les montagnes russes entre culpabilité et innocence, le Bien et le Mal, la justice et la morale. Après avoir été spectateur de sa vie, Jerry veut en être l'acteur, mais s'y prend évidemment mal, entre empathie et accès de violence. Le tout est appuyé par une direction artistique faisant des merveilles, oscillant entre couleurs flashy et lieux cradingues, sans en faire des caisses. L'artisanal a parfois du bon... même s'il est rose bonbon, comme la tenue de travail de Jerry !

Et ce Jerry est une bonne surprise. Si le casting n'était pas d'une évidence folle, Ryan Reynolds est presque étonnant. Après avoir accumulé des rôles de joli-cœur (La proposition), de beau gosse musclé dans des actionners (Sécurité rapprochée), de voix de film d'animation (Turbo), de bêta dans des comédies faciles, et mêmes un super-héros (Green Lantern) ou anti héros (Deadpool), le Canadien revient avec un film atypique qui met enfin une certain talent (aperçu dans Buried) en valeur. Sa bouille juvénile et son air de gamin paumé et naïf donne à Jerry une étrange sympathie, alors qu'il s'agit d'un meurtrier. Et il faut signaler que l'acteur interprète l'ensemble des voix de la ménagerie et a choisi leurs accents : Bosco le chien s’exprime comme un vieux sage bienveillant du Sud américain, Mr Whiskers le chat roux persifle en écossais et en permanence des insanités. Good choice !

En résumé : sous ses airs de film grandguignolesque et horrifique, The Voices cache une deuxième lecture plus poignante et moins reluisante, faisant le portrait d'un homme qui refuse la réalité telle qu'elle est.

dimanche 25 janvier 2015

[Critique] Into the woods : promenons-nous dans les bois (28/01/15)

INTO THE WOODS

De Rob Marshall
Avec Anna Kendrick, Lilla Crawford, Daniel Huttlestone, MacKenzie Mauzy, James Corden, Emily Blunt, Meryl Streep...
Sortie 28/01/15


À travers un regard résolument moderne et décalé, Into the woods, Promenons-nous dans les bois re-visite quelques-uns des plus célèbres contes de fées. Les intrigues de plusieurs histoires bien connues se croisent afin d’explorer les désirs, les rêves et les quêtes de tous les personnages. 

Cette comédie musicale aussi enjouée qu’émouvante suit Cendrillon, le Petit Chaperon rouge, Jack et le haricot magique et Raiponce, tous réunis dans un récit original où interviennent également un boulanger et sa femme qui espèrent fonder une famille, mais à qui une sorcière a jeté un mauvais sort…   

Rob Marshall, à qui l’on doit la comédie musicale primée aux Oscars Chicago et le film Pirates des Caraïbes : La fontaine de jouvence, signe la réalisation. Le film est basé sur la comédie musicale originale lauréate de plusieurs Tony Awards dont le livret est signé James Lapine (également auteur du scénario) et la musique et les paroles du légendaire compositeur Stephen Sondheim.

Pour qui ne connaîtrait pas le spectacle sur scène, cet Into the woods version ciné est plutôt... ce qu'on en attend. C'est à dire un numéro musical bien ficelé (malgré quelques incohérences) avec des ritournelles drôles et modernes (bien qu'un peu répétitives... et qui vous restent dans le crâne toute la journée !), des décors féériques et fantastiques, des costumes originaux qui le sont tout autant. De quoi se dire au départ que ce film est un bon Disney plein de jolis sentiments, avec des princes et des princesses, comme la maison de la souris en fait depuis des décennies. Les multiples effets spéciaux en plus.

Seulement, le film de Rob Marshall nous prend par surprise à ne nombreuses reprises. Le film est bien plus adulte qu'il ne le laisse paraître au départ. Les princes ne sont pas si charmants et  les princesses pas si irréprochables. Ce qui amènent des situations cocasses et des comportements à la limite du ridicule, mais du ridicule pour faire soulever nos zygomatiques. Chris Pine et Billy Magnussen sauront vous le faire à merveille. Mais l'inverse est également vrai, car le film réserve une seconde partie bien plus sombre donnant à certains contes une fin bien moins reluisante et joyeuse que celle que l'on connaît. Et voilà qui change ! Est-ce l'intérêt du public pour des séries telles que Once Upon a Time, Grimm ou Wonderland qui en est à l'origine ? Peut être... Mais voir un adultère ou des orteils coupés dans un Disney, voilà qui révolutionne les habitudes !

L'ensemble a un léger problème de rythme. Le film ne prend pas le temps de prendre son temps, et d'installer de véritables émotions. Si l'on rit souvent, on trouve parfois le temps long avant de se replonger dedans grâce à des nombreux rebondissements. La faute aux dialogues trop souvent chantés et pas assez parlés ? Autre petit soucis (minime), les règles apprises dans les contes originales sont bouleversées (cf. les cheveux de Raiponce une fois coupés ne brunissent pas, par exemple...). Et le vrai méchant n'apparaît qu'à la fin... Moyen !

Il est indéniable que les talents vocaux sont bien là... Et je suis ravie de retrouver le petit Gavroche des Misérables en Jack et Anna Kendrick, sortie des mash-up trafiqués inaudibles de The Hit Girls. Et Emiliy Blunt, après avoir écraser du monstre dans Edge of Tomorrow est une jolie surprise. Quant à Meryl Streep... elle défie toutes les lois, en en faisant toujours des caisses, mais ça ne lui va pas si mal.

En résumé : on passe un bon moment, plus pour les décors et les costumes que pour la musique.

   
                                




mardi 7 mai 2013

Sorties 08/05/13 : qu'y a-t-il ce mercredi au cinéma ?

Trance de Danny Boyle (Grande-Bretagne, 1H35) avec James McAvoy, Vincent Cassel, Rosario Dawson, Tuppence Middleton (CRITIQUE ICI)
Après avoir royalement signé la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Londres, le réalisateur britannique Danny Boyle revient au cinéma avec Trance, thriller qui mêle étroitement polar et hypnose pour une histoire labyrinthique. La violence, le sexe, les jurons sont réunis pour cette histoire centrée sur trois personnages prêts à tout pour arriver à leurs fins : Simon est commissaire-priseur. Un jour, il se fait complice d'un gang pour voler un tableau de Goya estimé à plusieurs millions de dollars. Au cours du vol, il reçoit un violent coup sur la tête et ne se souvient plus de l'endroit où il a planqué le tableau.

The Hit Girls de Jason Moore (USA, 1H53) avec Anna Kendrick, Skylar Astin, Anna Camp (CRITIQUE ICI)
Beca est le genre de fille qui préfère écouter son lecteur MP3 que la personne assise en face d'elle. Fraîchement arrivée à la fac, elle intègre, plus ou moins contre son gré, une clique de filles, mélange de pestes, de bonnes pâtes et d'originales dont le seul point commun est la perfection avec laquelle elles chantent a capella.

L'hypnotiseur de Laas Hallström (Suède, 2H02) avec Tobias Zilliacus, Mikael Persbrandt, Lena Olin (Bande annonce ICI)
Dans la veine de Millenium, L'Hypnotiseur, best-seller signé Lars Kepler et adapté à l'écran, explore les méandres du subconscient, au fil d'une intrigue aux rebondissements terrifiants, qui met en scène le massacre de toute une famille. Reposant sur la psychologie complexe des personnages, incarnés à l'écran avec justesse et émotion, L'Hypnotiseur est un récit noir et particulièrement violent qui tient en haleine.
Rock the casbah de Yariv Horowitz (France/Israël) avec Yon Tomarkin, Yon Tumarkin, Roy Nik (Bande annonce ICI)
Premier long métrage du réalisateur israélien Yariv Horowitz, Rock the casbah montre à travers quatre jeunes soldats israéliens "assignés" à surveillance sur le toit d'une maison palestinienne dans la bande de Gaza, l'absurdité d'un conflit où personne ne comprend contre quoi il se bat. Les soldats se retrouvent confrontés à la réalité d'une famille.
Hôtel Normandy de Charles Nemes (France, 1H37) avec Eric Elmosnino, Héléna Noguerra, Ary Abittan (Bande annonce ICI)
Alice a quarante ans, elle est dynamique, belle et folle d'art contemporain. Elle travaille dans une banque parisienne avec ses deux meilleures amies, Pénélope et Isabelle. Alice aurait tout pour elle si son mari n'avait pas disparu stupidement dans un accident de moto il y a quelques années, la laissant aussi seule que désemparée. Pénélope et Isabelle sont convaincues qu'il est grand temps pour Alice de tourner la page et lui offrent un week-end dans un grand hôtel de la côte normande.
Infiltré de Ric Roman Waugh (USA/Emirats) avec Dwayne Johnson, Susan Sarandon, Barry Pepper (Bande annonce ICI)
John Matthews, un homme d'affaires, est dévasté lorsque son fils Jason, 18 ans, est condamné à dix ans de prison : il a été arrêté en possession d'un paquet de drogue envoyé par un de ses amis, mais il ignorait tout de son contenu. John propose alors un marché au procureur : il va infiltrer le plus redoutable des cartels de la drogue afin d'en faire tomber les têtes en échange d'une réduction de peine.

Sous surveillance de Robert Redford (USA, 2H01) avec Robert Redford, Shia LeBeouf, Richard Jenkins (Bande annonce ICI)
En 1969, un groupe de militants radicaux appelés Weather Underground revendique une vague d'attentats aux Etats-Unis pour protester contre la guerre du Vietnam. La plupart de ses membres furent emprisonnés, mais quelques-uns disparurent sans laisser de trace.

Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas (France / Mexique /Allemagne/Pays-Bas) avec Rut Reygadas, Eleazar Reygadas (Bande annonce ICI)
Prix de la mise en scène à Cannes en 2012, ce film controversé est une parabole parfois déroutante sur la violence qui étreint le Mexique. Tourné dans les forêts de l'Etat de Morelos, Post Tenebras Lux (la lumière après les ténèbres, en référence à un verset de la Bible) suit une famille de citadins qui ont quitté la capitale pour s'installer à la campagne avec leurs habitudes et moeurs venues d'ailleurs. Long-métrage le plus sifflé de la sélection cannoise l'an dernier, il avait également divisé le jury, selon les confidences de son président Nanni Moretti.

Cheba Louisa de Françoise Charpiat (France, 1H35) avec Rachida Brakni, Isabelle Carré, Biyouna (Bande annonce ICI)
A 30 ans, Djemila, juriste célibataire a enfin son propre appartement à deux pas de chez ses parents. Française d'origine maghrébine, elle fait tout pour gommer ses origines.
Viramundo de Pierre-Yves Borgeaud (France/Suisse, 1H35) avec Gilberto Gil, Vusi Mahlasela, Peter Garrett (Bande annonce ICI)
Après plusieurs décennies de succès internationaux, le maître de la musique brésilienne Gilberto Gil part pour une tournée d'un nouveau genre à travers l'hémisphère sud. De Bahia, il se rend dans les territoires aborigènes d'Australie, puis dans les townships d'Afrique du Sud pour terminer son périple au coeur de l'Amazonie brésilienne.

Enfance clandestine de Benjamín Avila (Espagne / Argentine / Brésil, 1H50) avec Ernesto Alterio, Natalia Oreiro, César Troncoso (Bande annonce ICI)
Argentine, 1979. Juan, 12 ans, et sa famille reviennent à Buenos Aires sous une fausse identité après des années d'exil. Les parents de Juan et son oncle Beto sont membres de l'organisation Montoneros, en lutte contre la junte militaire au pouvoir qui les traque sans relâche. Pour tous ses amis à l'école et pour Maria dont il est amoureux, Juan se prénomme Ernesto. Le moindre écart peut être fatal à toute sa famille.
Sympathy for delicious de Mark Ruffalo (USA, 1H37) avec Christopher Thornton, Mark Ruffalo, Juliette Lewis (Bande annonce ICI)
Dean, alias "Delicious D", était un DJ prometteur avant de devenir paraplégique suite à un accident de moto. Il est désormais réduit à vivre dans sa voiture. Après avoir participé à une cérémonie religieuse en espérant se soigner par la foi, il découvre qu'il a le pouvoir surnaturel de guérir les gens par magnétisme. Mais ironie du sort, il ne peut pas s'en servir pour lui-même.

L'Esprit de 45 de Ken Loach (Grande-Bretagne, 1H34, docu) (Bande annonce ICI) 
L'année 1945 a marqué un tournant dans l'histoire de la Grande-Bretagne. L'unité de son peuple pendant les combats, et le souvenir douloureux de l'entre-deux-guerres ont conduit à l'émergence d'un nouvel idéal social. La fraternité est ainsi devenue le mot d'ordre de cette époque.
Une vie simple de Ann Hui (Hong-Kong, 1H59) avec Andy Lau, Deannie Yip, Quin Hailu 
Au service d'une famille bourgeoise depuis quatre générations, la domestique Ah Tao vit seule avec Roger, le dernier héritier. Producteur de cinéma, il dispose de peu de temps pour elle, qui, toujours aux petits soins, continue de le materner. Le jour où elle tombe malade, les rôles s'inversent.

Liv & Ingmar de Dheeraj Akolkar (Norvège, 1H23) avec Liv Ullmann, Ingmar Bergman, Max von Sydow 
Liv Ullmann se raconte simplement. Elle évoque sa relation hors du commun, riche et parfois douloureuse avec Ingmar Bergman. Le film explore la complexité d'une passion qui couvre plusieurs décennies entre deux etres intimement lies, tant sur le plan artistique que personnel. Une histoire d'amour, de rupture mais aussi l'histoire d'un parcours nourri d'une amitié indéfectible.
Porfirio de Alejandro Landes (Colombie / Argentine / Uruguay / Espagne/France, 1H46) avec Porfirio Ramirez, Jarlinsson Ramirez, Yor Jasbleidy
Dans une ville lointaine à la périphérie de l'Amazone, Porfirio est un homme qui vend des minutes de téléphone portable pour gagner sa vie. Confiné dans un monde réduit à son lit et son fauteuil roulant depuis qu'il a reçu une balle dans le dos par la police, contraint de porter des couches, il rêve qu'il peut voler.

(Avec AFP)

samedi 23 mars 2013

Critique : The Hit Girls : On connaît bien la chansonnette... (08/05/13)

THE HIT GIRLS 
De Jason Moore
Avec Anna Kendrick, Skylar Astin, Ben Platt, Brittany Snow, Anna Camp, Rebel Wilson...

C'est la rentrée universitaire. Beca, comme nombreux étudiants de première année, débarque au campus de Barden University, et découvre la folie ambiante qui y règne. Ne nouant pas le contact facilement, elle se réfugie sous son casque, son meilleur ami depuis qu'elle a décidé de devenir DJ professionnelle et de produire sa propre musique. Pour faire plaisir à son père, elle tente de s'intégrer malgré elle dans un groupe de filles qu'elle n'aurait jamais osé aborder auparavant : une chorale de chanteuses a-capella. Entre une peste dirigiste obsédée par la compétition, une nympho écervelée, une rondelette braillarde et une psychopathe mutique, elle a du mal à trouver sa place. Heureusement, l'une d'entre elle la prend sous son aile. Mais ça n'est pas pour autant qu'elle ne mettra pas son grain de sel ! Commence alors une aventure musicale faite de répétitions et d'entraînements acharnés, qui les mènent au championnat universitaire nationale. Car leur but : détrôner l'équipe des Troubadurs, vainqueurs du trophée depuis trop longtemps... mais dont un membre ne laisse pas indifférent la rebelle Beca.


©Universal Pictures International France
©Universal Pictures International France
Lorsqu'on s'intéresse au pitch de The Hit Girls, on se dit : voilà une version ciné de Glee (mais pas la cash-machine lancée en 3D) mélangé à High School Musical avec un tout petit brin de West Side Story (mais vraiment tout petit...), et un casting essentiellement venu du monde de la télé (Workaholics, Girls, Dr House, Mes plus belles années, The Mindy Project, The Good Wife...). Et quand on voit la filmo du réalisateur composée essentiellement de séries pour ado dégoulinantes de bons sentiments et de drames en tout genre (Dawson, Everwood, Les Frères Scott, Brothers & Sisters), on se dit AU SECOURS ! Mais le résultat n'est finalement pas si effrayant qu'il en a l'air sur le papier. Et on pourrait même dire qu'on le regarde avec un plaisir presque coupable en battant discrètement la mesure du pied. Car il faut le dire, le premier film de Jason Moore est plus intéressant pour ce qu'il a dans les cordes vocales que pour l'intérêt du scénario. 

©Universal Pictures International France
Peu inventive, l'histoire réchauffe les vieilles recettes des teen movies lycéens : la rebelle indépendante qui vient bousculer les lignes, l'amourette interdite pour cause de rivalité des clans, la vengeance à tout prix, les saloperies balancées par une garce dirigiste...). Et tous les stéréotypes sont là pour les faire vivre avec son quota communautaire : l'asiatique qui ne se mélange pas à d'autres communautés, la lesbienne black et la bimbo (pour une fois brune) de service, la bonne copine rondouillarde qui jure...

©Universal Pictures International France
Le scénario ne laisse aucune place à la surprise quant à son déroulement. Pourtant, quelques bonnes idées rafraîchissantes s'immiscent de temps en temps histoire de relever le manque d'énergie des répétitions et de la compétition dans son ensemble. Le film pâtirait-il de l'habitude créative de son réalisateur qui pense séries-faites-pour-s'épanouir-dans-la-longueur ? Peut être... 



On peut tout de même compter sur des personnages totalement atypiques pour donner une touche d'humour décalé. Ainsi on remarque avec bonheur Rebel Wilson (Mes Meilleures Amies, Bachelorette), habituée au second rôle déjanté, toujours prête à l'auto-dérision. Il faut la voir en train de faire "la danse de la sirène", son "jogging à l'horizontal" et autres pitreries faciales et verbales. On apprécie aussi Lily, ce personnage quasi mutique qui, avec son filet de voix à peine audible, balance des phrases des plus glauques, voire flippantes. Et que serait un film sur l'univers estudiantin sans des habitués du genre comique de répétition Christopher Mintz-Plasse (Kick-Ass, Fright Night, Superbad), Jacob Wysocki (Terri), John Michael Higgins (Bad Teacher), Elizabeth Banks (Hunger Games) !

©Universal Pictures International France
Comme Save the Last Dance et autres dérivés du genre (Sexy Dance et ses nombreuses suites), The Hit Girls ne changera pas la face du monde, mais est au final un bon divertissement. Le talent musical certain du cast - masculin comme féminin - et les mash-up originaux orchestrés pour l'occasion font des scènes chantées un point fort du film. Un petit bémol tout de même... Pour de l'a capella, on peut regretter la présence d'une boite à rythme récurrente un peu lourdingue présente en renfort derrière les voix des chanteuses. Mais ça n'est qu'un détail. The Hit Girls offre de jolis moments comme la battle organisée entre les différents chœurs dans une piscine vide, avec un choix de chansons plutôt surprenant et l'audition de Beca, duo de chocs et de charme entre un gobelet en plastique et Anna Kendrick. On découvre ainsi avec intérêt le beau brin de voix de l'actrice (Twilight, Scott Pilgrim, In the Air50/50) qui surprend par son jeu tout en retenu au milieu de ce bazar organisé et son sens... du rythme. Sans aucun doute une star qui ne demande qu'à briller !

En résumé : The Hit Girls a été pensé comme une série musicale qui demandait plus de 2h pour raconter son histoire. On ne s'ennuie pourtant pas; on se surprend même à sourire, malgré quelques blagues un peu foireuses. Heureusement, les scènes musicales relèvent l'ensemble ! Succès attendu puisque la suite est déjà en route pour 2015 !


mardi 14 août 2012

[Avis] L’Étrange pouvoir de Norman : une claque visuelle pour un récit classique (22/08/12)

L'ETRANGE POUVOIR DE NORMAN

De Sam Fell et Chris Buhler
Avec Anna Kendrick, Casey Affleck, Christopher Mintz-Plasse, Leslie Mann...

Norman n'est pas un gamin comme les autres : il a le don de communiquer avec les morts. Cela vous rappelle quelque chose ?! Non, L’Étrange pouvoir de Norman (ParaNorman en VO) n'est pas un remake du Sixième Sens. Cette capacité hors-norme de ce jeune garçon pourrait paraître plutôt cool au premier abord, mais elle s'avère être une véritable malédiction pour cet enfant, qui ne rêve que d'une chose : être normal. Raillé par sa grande sœur et devenu la tête de turc de ses camarades d'école, Norman, esseulé, fait de sa prédisposition un moyen d'échapper à son quotidien morose. A défaut d'avoir de "vrais" copains, il fait ami-ami avec tous les revenants qu'il rencontre. Mais sa vie va prendre une nouvelle tournure quand son oncle, "dialogueur" avec l'au-delà lui-aussi, lui raconte qu'une malédiction lancée il y a des siècles par une sorcière rancunière va s'abattre sur la ville et que lui seul peut l'en empêcher. C'est finalement entouré d'une clique de bras-cassés mais soudée que Norman va utiliser son don pour que son monde n'explose pas...

Au risque de me répéter, L’Étrange pouvoir de Norman est un petit bijou de la maison Laika, déjà à l'origine du sombre et néanmoins sublime Coraline (nominé aux Oscars en 2010). On pourrait le croire tout droit sorti des studios Hammer, avec sa touche humoristique à la John Hughes (revendiquée par Travis Knight, directeur des studios Laika) et ses grands moments de blagues crétines. Mais on retrouve aussi une véritable poésie des films familiaux des années 80, dans lesquels était développé un message à destination des kids. Ici, Chris Butler et Sam Fell ont rappelé l'importance de rester soi-même en toute circonstance, s'accepter et accepter les autres tels qu'ils sont, tout en agissant ensemble pour le bien de tous. Chacun des personnages trouve ainsi sa place dans la vie en prenant une décision et/ou en agissant avec courage, le faisant ainsi... grandir, tout simplement. Une morale très américaine. (On est tout de même chez Universal !). Le risque est de voir cet élan d'unité familiale, communautaire et nationale tomber à plat chez nous. Mais faire l'éloge de la différence et affronter les peurs de l'enfance touchera tout le monde.

Au-delà d'une histoire simpliste, cette deuxième production Laika séduit par son univers gothico-fantastico-horrifique bourrée de références cinématographiques, restant dans la lignée de Tim Burton et de ses Noces Funèbres et de Beetlejuice. Certains diront que celles-ci alourdissent le propos et ne sont pas nécessaires, mais d'autres y verront des clins d'oeil pour les grands enfants qui viendront accompagner leurs bambins. A ce sujet, un avertissement tout de même : malgré les premières images, ce film n'est pas à mettre devant tous les (trop) jeunes yeux non plus. Certaines scènes pourraient impressionner et certains propos, parfois mystiques, pourraient être mal perçus ou compris par les plus petits.

Ce qui fascine le plus dans L’Étrange pouvoir de Norman  reste son esthétique unique. Filmé en stop-motion, ce long-métrage offre une image très sophistiquée. Le travail minutieux et magique du procédé image par image est sublimé par l'ajout d'effets numériques incroyables, donnant à l'ensemble un aspect fluide et surprenant faisant oublier l'aspect artisanal de la réalisation.

Ainsi les spectres et autres apparitions occultes, zombies et autre sorcière prennent un nouvel aspect s'adaptant merveilleusement bien à la 3D, pour une fois bien utilisée. Ainsi la chambre de Norman est à elle seule une véritable oeuvre d'art. Décorée de diverses images ou objets à l'effigie du monde des morts, elle s'apparente à un sanctuaire. Les influences, pléthoriques, sont bien là (Carrie, Halloween, les films de zombies...) jouant de l'hommage sans jamais verser dans le catalogue désincarné, ou le clin d'œil stérile.

On est souvent scotché par la finesse des textures, l'énergie qui se dégage des vastes décors en extérieur où se déroulent la majeure partie de l'histoire, la précision de chaque expression, à l'effet immédiat et riche de subtilités (merci à l'imprimante 3D utilisée pour fabriquer des dizaines d'exemplaires des visages de chaque personnage !). Un grand coup de chapeau à la réalisation de la scène dans les toilettes de l'école, où les WC explosent et le papier toilette prend vie...

Un bémol tout de même...
On pourra être déçu de voir le scénario se prendre un peu les pieds dans le tapis et tourner à vide passée la surprise du ton décalé de la première demi heure. Aurait-il été sacrifié sur l'autel du mainstream et du grand public ? L'univers morbide, sombre et si particulier de Norman redevient plus commun une fois les zombies sortis de leurs tombes, mettant les personnages sur pilotage automatique vers une morale bien pensante, où la tolérance et le pardon affadissent l'impact créé au départ. Premières 30 minutes qu'on aurait préféré voir rallongées lors de certaines scènes manquant d'amplitude pour s'immerger totalement dans cet univers.

En résumé :  Le récit n'a pas bénéficié du même soin que la direction artistique. Et pourtant, L’Étrange pouvoir de Norman est et restera un de mes coups de coeur de l'année. Visuellement époustouflant, il remise au grenier les essais en stop-motion des concurrents et ne fait pas pâle figure devant les derniers Pixar et Dreamworks. Reste à savoir si Tim Burton et son Frankenweenie feront mieux !

Et voici l'étonnant making-of:

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