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jeudi 4 août 2016

[Avis] Suicide Squad : beaucoup de bruit... pour rien (Actualisé)


SUICIDE SQUAD


De David Ayer
Avec Will Smith, Margot Robbie, Cara Delevingne, Joel Kinnaman, Jai Courtney, Adewale Akinnuoye-Agbaje, Adam Beach, Jay Hernandez, Scott Eastwood, Karen Fukuhara, Viola Davis, Ike Barinholtz, Jared Leto...


Une menace énigmatique et invincible s'abat sur le monde. L'agent secret Amanda Waller réunit une bande de criminels barjo des plus dangereux pour y faire face. Ces humains et méta-humains sont libérés et armés jusqu'aux dents par le gouvernement, jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'ils sont envoyés sur une mission-suicide. Vont-ils accepter leur sort ou se rebeller?


Cinq mois après le semi-échec de Batman VS Superman aux critiques acerbes malgré une ambition affichée, Suicide Squad arrive sur les écrans tel un boulot de canon commercial, avec ses erreurs, ses choix discutables et ses quelques fulgurances après un démarrage très long. L'idée de départ avait pourtant de quoi allécher avec sa bande de bad guys à toute épreuve. Vendu comme un blockbuster version anarchiste/punk à la Deadpool, devient un film sans saveur à force de compromission. Le film n'exploite pas ses délires à fond et finit par être petit, et ses anti-héros par se sentir à l'étroit. L'éternelle quête de rédemption chère aux Américains dans leur cinéma, et censée donner un supplément d'âme à ces méchants, finit par agacer. En fait de super vilains, ils ne savent pas être vraiment méchants (sic).

Le scénario est léger et mal ficelé, les répliques paraissent sortir de série B. Des millions de dollars ont été dépensés pour le tourner, et l'impression finale est que tout a été mis dans la surenchères de CGI et que rien a été laissé au reste. 

Le pire : un joker survendu dans les teasers (dont toutes les images ne se retrouvent pas le film), et finalement quasi inexistant et d'une nature insipide (même son rire est une copie conforme de celui créé par son prédécesseur Heath Ledger). Vraiment pas digne du Jared Leto‬ de Dallas Buyers Club‬. L'acteur a confirmé que de nombreuses scènes du Joker ont été supprimées, mais cela n'excuse pas tout. 
Seul personnage à sauver de cet escadron de la mort : Harley Quinn, interprétée par Margot Robbie (Le Loup de Wall Street, Diversion). Elle attire toute l'attention grâce à son rôle de déjantée dangereuse. Une facette qu'on lui connaît pas, et qui semble lui aller comme ses talons aiguilles. Sa fougue et son enthousiasme fait plaisir à voir.

L'ensemble, un naufrage. La faute à... ? Un studio ayant donné une date de sortie précipitamment après la création d'un scénario torché en six semaines. Puis des divergences de réalisations et d'intentions. Résultat : deux montages faits en parallèle puis réunis, car le premier du réal était trop sombre, et le second du studio soit disant plus fun. De quoi donner des sueurs froides aux fans de DC Comics pour le prochain Justice League.

En résumé : Démarrage long pour un résultat frustrant. Grosse déception‬ et grosse arnaque vendue par une com' omnisciente (et apparemment efficace) depuis des semaines.

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Au dernier ComicCon de San Diego, les premières images de Suicide Squad avaient enflammé les fans de 
DC Comics (et les autres), avec son ambiance sombre et sa tension palpable.
Cette équipe de fous furieux revient cette fois avec un montage punchy où les vannes s'enchaînent sur un Bohemian Rhapsody au poil. On y découvre leur faculté à tout détruire partout où ils passent, sans demi mesure avec style. Des méchants ? Pas de problème, ils sont cool. Leur rôle ? Sauver le monde, même si ça n'est pas si évident au premier abord. Ils sont recrutés par le gouvernement pour des opérations d'infiltration en échange de peine de prison allégée.

Leur libération est prévue le 3 août 2016.

lundi 9 mai 2016

[Avis] Angry Birds : Tous Red de plaisir (11/05/16)

ANGRY BIRDS

De Clay Kaytis et Fergal Reilly
Avec les voix françaises de Omar Sy, Audrey Lamy...

Sortie le 11 mai 2016

Red est un oiseau à part. Souvent moqué pour ses gros sourcils étant enfant, il s'est peu à peu endurci les plumes et s'est éloigné du reste de son village, où tout n'est que joie de vivre et pouponneries. Avec son sale caractère, Red se met souvent dans des situations difficiles avec ses congénères. Résultat, lorsque de mystérieux cochons verts débarquent sur leur île, personne n'y voit aucun mal sauf Red, que personne n'écoute...



En toute honnêteté, faire un film à partir d'un jeu pour smartphone aussi simpliste qu'Angry Birds m'avait laissée très perplexe au départ, voire dubitative. Le jeu, certes addictif, a pour héros une bande d'oiseaux équipés d'un lance-pierres capable de tout dégommer, surtout les méchants cochons verts. Bien léger pour construire un scénario ! Et pourtant, Jon Vitti (scénariste des Simpsons tout de même) ne s'est pas dégonflé. Il a réussi le tour de force de faire d'Angry Birds, le film une œuvre drôle et qui tient la route, tout en utilisant tous les personnages de la saga (Bomb, Terrence, Chuck, Stella, Mathilda, Jim, Jake, Jay... et les autres). Attachants, désopilants, survoltés, bougons, on retrouve leurs différents caractères (bien trempés) pour le plus grand bonheur des fans du jeu... et des autres. De situations burlesques en répliques piquantes (on n'échappe pas au champ lexical aviaire), on se régale des mésaventures de ce pauvre Red, tête de Turc de l'île aux oiseaux et on se réjouit de le voir évoluer en héros face aux terribles cochons. Le final grandiose seul vaut le détour.

Dès les premières minutes, on se retrouve dans un monde très coloré aux images ne révolutionnant pas le film d'animation mais d'une jolie qualité et travaillées. De quoi ne pas faire rougir Red de colère. La 3D est sympa mais n'apporte rien de majeur. De quoi contenter les petits. Pour les plus grands, le scénario plutôt malin a intégré de nombreuses références musicales, cinématographiques et au jeu original. Il faut avoir les yeux partout, même en second et troisième plan ! Bonus : attendez la fin du premier générique pour voir un clin d'œil liée au jeu.

En résumé : Angry Birds, le film est une jolie surprise divertissante, drôle et parfois irrévérencieux. Il faut savoir se mettre en pétard quand il s'agit de sauver sa peau... et celles des autres.

samedi 23 avril 2016

[Avis] Eddie the eagle : He believes he can fly (4/05/16)

EDDIE THE EAGLE

De Dexter Fletcher
Avec Taron Egerton, Hugh Jackman, Christopher Walken... 

Sortie le 4 mai 2016

Depuis tout gamin, Michael "Eddie" Edwards n’a qu’un seul rêve : participer aux Jeux Olympiques. Sauf que ce jeune garçon gauche et fragile d'un genou n’a jamais réussi à briller dans aucun sport. Et pourtant il passe son enfance essayer à peu près toutes les disciplines sportives avant de se trouver par hasard une passion pour le ski, dont on le décourage à haut niveau, puis le saut à ski. Touché par la persévérance et l'abnégation d’Eddie, un ancien champion américain de la discipline devient son coach malgré-lui et l’aide à prendre part aux J.O. d’Hiver de Calgary. L’histoire vraie d’un antihéros, premier britannique à participer à l’épreuve de saut à ski aux Olympiades, n'ayant jamais cessé de croire en lui-même alors que son pays tout entier le prenait pour un looser.

Copyright 2016 Twentieth Century FoxIl est des destins écrits pour le cinéma. Celui de Michael "Eddie" Edwards n'avait rien au départ pour briller sur les tapis rouges hollywoodiens et d'ailleurs. Ce feel-good movie n'est pas un chef-d'œuvre mais il a le mérite de rappeler l'adage célèbre "l'important, c'est de participer" de Pierre de Coubertin Et il rappellera sans aucun doute dans son esprit et sa construction la comédie Rasta Rocket, à qui il est même fait un clin d'œil ouvert puisque les deux longs-métrages se passent lors des Jeux d'hiver de 1988. Le changement de discipline du héros, l'incompatibilité de caractère du sportif et de son entraîneur, des séances d'entraînement rabâchées, le méchant de la fédération qui leur met des bâtons dans les roues... On retrouve tout, l'incongruité de certaines scènes en moins. Mais les scénaristes, dont c'est la première œuvre, rendent le héros improbable attachant et le duo plutôt fun. Leur script tire de grosses ficelles ? Qu'importe... Les acteurs semblent s'amuser et nous transmettre des ondes positives et la sensation qu'avec de la détermination et de l'envie tout est possible. Un peu naïf et basique, me direz-vous ? Sûrement. Mais cela fait du bien de temps en temps. On sourit, on serre les dents pendant les sauts, et on s'amuse des pitreries des acteurs. Car oui, Taron Egerton et Hugh Jackman oscillent entre ingénuité, enfantillages, mimiques et gesticulations hasardeuses... parfois. Ce qui est plutôt amusant au début peut s'avérer un peu lourd sur la longueur. Mais restent quelques pépites. Voir Hugh Jackman lâcher prise, sans effort (à tort ou à raison) lorsque son personnage d'entraîneur compare le décollage de la rampe d'un sauteur à ski et l'acte sexuel avec l'actrice Bo Derek : il simule le flot d'émotions engendrés par les deux avec une liberté désinvolte que seul un acteur de cette trempe (et n'ayant rien à rien à perdre) peut interpréter sans perdre sa crédibilité. La scène deviendra moins culte que celle du restaurant dans Harry rencontre Sally mais a le mérite de placer l'acteur australien en side-kick burlesque efficace face au propret Egerton.

Le jeune acteur britannique, star montante depuis Kingsman : services secrets, a laissé sa bogossitude au placard pour coller au mieux au véritable Michael Edwards. Sourire figé, mâchoire en avant, lunettes épaisses et sourcils, moustache frétillants et petites poignées d'amour, les traits sont souvent grossis et forcés. Contrairement à Kingsman où la mécanique de la transformation est sophistiquée et implicite pour évoluer dans un monde parodique et de second degré, Taron Egerton semble ici en complet décalage, créant parfois des moments gênants. Eddie donne l'impression d'être l'idiot du village, qui n'a pas évolué depuis l'âge de 5 ans, car le degré de parodie ou de comédie n'est pas si bien défini. Dommage car le jeu d'Egerton aurait pu être bien meilleur.

Le véritable Eddie
Quant aux scènes de sauts scènes de sauts, elles mélangent les effets spéciaux bon marché et des moments de bravoures au montage, comme celui du saut à 90 m. Fletcher joue entre gros plans, plans larges, points de vue subjectif, insérant la réaction des spectateurs, celle des parents d'Eddie à la maison... Le tout au millimètre près, calé sur une musique délicieusement années 80 (et ses synthé incomparables). Sans crier au chef-d'œuvre, il recrée une ambiance et une tension (toute relative) servant le point culminant du film.

En résumé : un petit film sympathique un peu facile et cousu de fil blanc, mais qui se laisse regarder pour la bonne humeur communicative de ses acteurs.

mardi 19 avril 2016

[Avis] Le chasseur et la reine des glaces (20/04/16)

LE CHASSEUR ET LA REINE DES GLACES


De Cédric Nicolas-Troyan
Avec Chris Hemsworth, Charlize Theron, Jessica Chastain, Emily Blunt, Sam Claflin, Nick Frost...

Sortie le 20 avril 2106


C'est dans les pots à billets verts qu'on fait des suites de film apparemment... Suite à la fraîcheur des critiques mais au succès relatif (400 millions de dollars) de Blanche neige et le chasseur en 2012, Universal a décidé de remettre le couvert. Mais cette fois, exit la jeune femme (pas vraiment en détresse) enfermée dans son donjon. La star, c'est l'homme à la chevelure blonde, alias Chris Hemsworth. 



L'intrigue démarre avant les événements du premier film. Il y a fort longtemps, bien avant qu’elle ne tombe sous l’épée de Blanche Neige, la reine Ravenna avait dû assister, sans mot dire, à la trahison amoureuse qui avait contraint sa sœur Freya à quitter leur royaume, le cœur brisé. Celle que l’on appelait la jeune reine des glaces, à cause de son habilité à geler n’importe quel adversaire, s’employa alors à lever une armée de guerriers impitoyables, au fond d’un palais glacé. Mais au sein même de ses rangs Eric et Sara allaient subir son impitoyable courroux pour avoir enfreint l’interdit : tomber amoureux. Plus tard, à l’annonce de la défaite de sa sœur, Freya envoie ses guerriers récupérer le miroir dont elle est la seule à pouvoir catalyser les sombres facultés. Des tréfonds dorés de la psyché, elle réussit à ressusciter Ravenna. Les deux sœurs vont alors retourner leur puissance maléfique, décuplée par la rage, sur le royaume enchanté. Leur armée s’avèrera désormais invincible… à moins que… les deux proscrits qui avaient jadis trahi la règle d’or, subissant l’exil et la séparation, ne parviennent à se retrouver…

Avec ces nouvelle images, on replonge dans un monde féérique qui rappelle furieusement celui de Maléfique (normal, c'est le même producteurs) avec des petits êtres volants, une forêt verdoyante mais inquiétante. Et le coup de la reine qui transforme en glaçon tout ce qu'elle touche et qui s'enferme dans un château givré, Disney nous l'a déjà fait il y a deux ans avec La Reine des neiges devenu depuis le cauchemar des parents. "Libérée, délivrééééé..." L'interprète de Thor a confié au site Cinemablend : "Cette fois, il y a une vraie histoire d’amour et une relation géniale entre le personnage de Jessica Chastain et le mien qui est au centre du film. Mais c’est beaucoup plus fun, davantage dans la veine de Willow par exemple". De quoi nous allécher pour nous faire patienter... ou pas.
La guerre sera déclarée le 20 avril 2016.



Avis - en résumé :

Le Chasseur et la reine des glaces tient ses promesses : un film grand public faisant la part belle au spectacle, où les combats et cascades le rendent plus épique que le premier volet. L'histoire d'amour est toujours centrale, mais celle-ci est plus torturée et moins idyllique que la première. Ce qui n'est pas sans intérêt, surtout quand la belle est incarnée par la fougueuse rouquine Jessica Chastain. Reste que la méchante de l'histoire ne l'est pas tant que cela. Emily Blunt fait pâle figure et manque de charisme face à une Charlize Theron quasi démoniaque et jouissive. De quoi ravir les plus jeunes d'entre nous, et les fans de la belle sud-afro-américaine.

mercredi 13 avril 2016

[Avis] Captain America : Civil War [Mise à jour]

Le tout premier trailer de Captain America : Civil War vient d'arriver… Et l'amitié entre super héros va en prendre un coup dans l'aile !

Steve Rogers est désormais à la tête des Avengers, dont la mission est de protéger l’humanité. À la suite d’une de leurs interventions qui a causé d’importants dégâts collatéraux, le gouvernement décide de mettre en place un organisme de commandement et de supervision. Cette nouvelle donne provoque une scission au sein de l’équipe : Steve Rogers reste attaché à sa liberté de s’engager sans ingérence gouvernementale, tandis que d’autres se rangent derrière Tony Stark, qui contre toute attente, décide de se soumettre au gouvernement…

Quel camp choisirez-vous le 27 avril  au cinéma ?


 

La nouvelle bande-annonce permet de voir la totalité des héros qui s’affronteront dans cette guerre civile. Ainsi on peut enfin observer distinctement la Panthère Noir, T’Challa, roi du Wakanda, dans son costume et en action face au Soldat de l’Hiver. La Sorcière Rouge et la Vision se dévoilent également lors d’une confrontation visiblement dantesque. Même SpiderMan y fait une apparition !
Les premiers combats apparaissent, la tension est à son comble, quelques héros sont à terre tel que War Machine. Le film des frères Russo parait extrêmement sombre, signifiant des heures difficiles pour les personnages de Stan Lee. La bande annonce l’affirme : Civil War comme le comic book est violent et dramatique. Plus qu’un affrontement physique, la Civil War est également un combat idéologique entre Tony Stark et Steve Rogers. Qui aura le dernier mot ?



Critique - en résumé :


On peut dire que Marvel sait y faire ! Des scènes d'action incroyables, sans pour autant passer à l'état de bouillie visuelle (tu vois Zach Snyder que c'est possible !), LA grande scène entre les deux camps est juste une vraie réussite. De nombreux thèmes sont abordés et des émotions assez inattendues, le tout coulant à l'écran comme sur le papier. Malgré la complexité d'un scénario bien agencé, le divertissement est toujours présent et l'humour plus fun que jamais. L'arrivée des petits nouveaux comme Spider-Man est un vrai régal. L'ado/homme-araignée attire l'attention sur lui dès son arrivée éclipsant les deux camps rivaux avec toute sa candeur juvénile et ses propos désarmants de héros malgré-lui. Il a finalement le droit aux meilleures blagues du film. Quant à Black Panther (alias Chadwick Boseman), il tient la route. On a hâte de le voir en solo dans son film prévu en 2018.

vendredi 1 avril 2016

[Avis] Le livre de la jungle (réactualisé)


Mowgli, Baloo, Kaa, Shere Khan, Bagheera, Colonel Hathi, Akela, Raskha et leurs compères à poils et plumes sont de retour sur le grand écran. Le célèbre roman de Rudyard Kipling est à nouveau adapté par la maison Disney. Mais cette fois, les personnages sont faits d'images de synthèse hyper-réalistes et non de dessins, fondus au milieu de prises de vue réelles et synthétiques. Le rôle phare du "Petit d'homme" a été confié à Neel Sethi, 11 ans, dont c'est le grand début. Derrière la caméra, le papa du premier Iron Man, Jon Favreau.

Élevé par une famille de loups, le « petit d’homme » n’est désormais plus le bienvenu dans la jungle : le redoutable tigre Shere Khan (doublé par Idris Elba et sa voix grave) s’est juré d’éliminer celui qu’il voit comme une menace. Sa dernière confrontation avec les hommes lui a laissé quelques cicatrices aussi bien internes qu'externes.
Forcé d’abandonner le seul foyer qu’il ait jamais connu, Mowgli entame alors un extraordinaire voyage à la découverte de son identité. Il n'est pas seul : la panthère Baguera (doublé par le fantasque Ben Kingsley) se montre un mentor sévère, et l'ours Baloo (doublé par le non moins fantasque Bill Murray), à l’esprit libre et ouvert, l'accompagnent et le guident. Sur sa route, Mowgli va rencontrer des créatures de la jungle parfois hostiles, comme Kaa (Scarlett Johansson la persifleuse), un python à la voix et au regard hypnotiques, ou le Roi Louie (Christopher Walken), un singe beau parleur qui tente d’amener le garçon à lui révéler le secret de la fleur rouge fascinante et mortelle : le feu.
On retrouve aussi la jolie Lupita Nyong’o (voix originale de Raksha, la mère loup de Mowgli, prête à tout pour le protéger), et Giancarlo Esposito (Breaking Bad) (voix du mâle dominant de la meute, le loup Akela). Le Livre de la jungle utilise les technologies dernier cri et un procédé narratif immersif afin de plonger le public dans un monde luxuriant et enchanteur, en 3D et en IMAX 3D.

Promenade dans la jungle prévue dès le 13 avril 2016


Avis - en résumé : Cette adaptation du Livre de la jungle est une véritable claque visuelle tant les décors naturels sont magiques et les animaux qui les peuplent sont plus vrais que nature. Chapeau les artistes des FX ! L'atmosphère tantôt enfantine, tantôt stressante font de ce long-métrage un film d'aventure captivant. On ne s'ennuie pas une seconde. Un vrai rêve de gamin, "en chair et en os".
On sent le respect du réalisateur pour ce livre qui a bercé notre enfance. On y retrouve évidemment les deux chansons les plus connues du dessin animé original Je veux être comme vous et Il en faut peu pour être heureux, re-visitées pour l'occasion. Côté casting de voix US, Idris Elba donne la chair de poule avec sa voix rauque en incarnant le terrible tigre Sher Khan, et Bill Murray nous fait sourire en prêtant sa voix au fainéant Baloo. un seul regret : que le film soit plus sérieux que l'original, que son humour soit dispersé ça et là dans d'infimes répliques ou attitudes. Ici, le serpent Kaa avec ses yeux hypnotisant de toutes les couleurs est raide comme la justice, et le roi Louis est des plus méchants voire effrayant.




jeudi 31 mars 2016

[Avis] Jem et les hologrammes : Quand youtube fait sa promo (13/04/16)

JEM ET LES HOLOGRAMMES

De Jon M. Chu

Avec Aubrey Peeples, Stefanie Scott, Aurora Perrineau, Hayley Kiyoko, Ryan Guzman, Molly Ringwald et Juliette Lewis.

Sortie le 13 avril 2016



Jerrica est une ado ayant atterri avec sa sœur chez sa tante après la mort de son père. Elle y a rejoint deux autres fillettes, orphelines comme elles. Secrète et réservée, perdue dans une toute petite ville, Jerrica (surnommée Jem par son paternel) couche sur papier ses émotions en écrivant des chansons. Elle devient du jour au lendemain un phénomène mondial malgré elle grâce à une vidéo en cachette postée sur le Net par sa sœur. Repérée par une directrice de maison de disque, elle va alors vivre une aventure unique, mais pas sans ses 3 sœurs. Ces quatre musiciennes en herbe vont appréhender leur nouvelle célébrité avec créativité, folie, et courage, mais aussi fêlures et disputes.

Hasbro a encore frappé ! Après l'adaptation sur grand écran de son jeu de bataille navale avec Battleship, le voilà de retour avec celle d'un dessin animé (un peu idiot) ayant bercé l'enfance des trentenaires/jeunes quadra lors des après-midi Dorothée. 
Les premières images nous montraient une histoire d'ados à la recherche d'une gloire sans l'avoir vraiment demandée, mais qui ruinait leur lien sous prétexte de jalousie et de prise de tête... On attendait le happy end après une période de turbulences conclu par un message rempli de valeurs universelles les faisant grandir... rien de bien nouveau en somme, me direz-vous !

Malgré de nombreux défauts scénaristiques, de réalisation et de grosses ficelles, Jem et les hologrammes a quelque chose de sympathique et de bon enfant. Ce n'est effectivement pas le film de l'année (il est resté environ 2 semaines sur les écrans américains) mais il est plein de bonnes intentions. Dommage qu'elles soient balancées sans précaution créant un joyeux bazar, faisant du film un fourre-tout un peu schizophrène sur les bords.

Le film est souvent victime de son créateur initial, Hasbro. Grâce aux moyens conséquents du studio Universal, le réalisateur se fait plaisir dans les scènes de concert en filmant un clip vidéo géant. Normal, l'homme est habitué aux films de danse et de musique (Justin Bieber's Believe, Justin Bieber : Never say Never, Sexy Dance 2 & 3) et à de gros budgets (G.I Joe : Conspiration, Insaisissables 2 à venir). Résultat, Jem et les hologrammes a ce côté produit marketing pré-fabriqué avec ses chansons entêtantes qui ne manqueront pas de finir sur iTunes ou autres plateformes virtuelles. Mais il ne relancera sûrement la mode des années 1980, si présente et subtilement modernisée dans le film... :) Les fans de guitares en forme d'étoile et de mini synthé portable, de paillettes et d'épaulettes, de maquillage à la Kiss seront ravis de faire un bon dans le temps !

Le réalisateur a pris le parti d'entrecouper les scènes de disputes, de tension ou de colère avec des vidéos de Youtubers montrant leurs différents talents ou leur gratitude à destination de leur idole, Jem. Pourquoi pas. Plutôt fun mais la technique répétitive finit par alourdir les scènes et devient inutile. Et que dire de l'apparition étonnante d'un robot (ressemblant au petit frère de BB-8 dans Star Wars 7) au milieu de l'histoire ? Arrivé comme un circuit dans le potage, il initie un jeu de piste lancé par le père défunt de Jem et donne au film un côté science-fiction / aventures plutôt bizarre. Etait-ce pour faire raccord avec le dessin animé dans lequel la machine appelée Synergie aide les chanteuses au quotidien ? Tout ça pour délivrer le message classique "sois toi-même, aies confiance et le courage de tes ambitions, utilise ton talent, blablabla..." Un peu tiré par les cheveux... Les plus jeunes s'y attacheront sans doute.

Outre le fait que le film ne respecte pas vraiment la série d'origine (ce qui n'est pas plus mal), il reste un teen movie avec tous les codes technologiques et sociologiques de leur génération : les stars éphémères passant de Youtube à la scène en un éclair, des fans hystériques et excessifs postant des vidéos pour remercier leur idole "d'avoir changé leur vie", l'invasion des réseaux sociaux... Et évidemment, le mauvais côté du succès rapide : les gens mal-intentionnés profitant de la poule aux œufs d'or naïve, la perte du libre-arbitre des artistes, voire de leurs identités... Un réveil des consciences qui n'aura sans doute aucun effet sur l'auditoire, biberonné à la télé-réalité et aux excès d'Internet.

Comme tout bon teen movie américain, on retrouve des personnages stéréotypés (la patronne du label harpie en chef juchée sur talons aiguilles et moulé dans un mini-short de cuir, le garde du corps idiot et bourrin, le beau-gosse aux ados d'acier / sans personnalité tombant dans les bras de l'héroïne, et pour les quotas américains, des "sœurs" de 3 origines ethniques différentes). Même si elle en fait des caisses, on a plaisir à voir Juliette Lewis dans la peau de la garce foldingue du label, loin de ses personnages froids et taiseux de séries telles que Wayward Pines et Secrets and lies. La jeune et jolie Audrey Peebles (actuellement dans la série musicale Nashville) a ce minois de la girl-next-door, ayant une légère ressemblance à Kristen Stewart, un beau brin de voix en plus. Elle forme avec ses consœurs de scène une belle équipe pleine d'énergie complice. Bonus : des caméos plutôt inattendus et souvent drôles...

En résumé : Jem et les hologrammes ne fait pas d'étincelles, mais à l'honnêteté de jouer la partition entamée dans la bande annonce : un film d'ados avec de bons sentiments. Si l'après pré-générique intronise les Misfits, rivales des Jem dans le dessin animé original, on peut douter de l'arrivée d'un second opus.

samedi 12 mars 2016

[Avis] Midnight Special : Un drame SF ou la peur d'être parent (16/03/16)

MIDNIGHT SPECIAL


De Jeff Nichols
Avec Michael Shannon, Joel Edgerton, Kirsten Dunst, Jaeden Lieberher, Adam Driver...

Sortie : 16 mars 2016


Amber alert au Texas. La police est sur le coup. Deux hommes accompagnés d'un garçon de 8 ans dans un hôtel fuient "le Ranch". Ils deviennent les cibles d'une chasse à l'homme mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. Mais qui sont-ils ? Quels sont leurs liens ? Qui est cet enfant qu'ils essaient de protéger au péril de leur vie ? Leur mission : le sauver pour qu'il accomplisse son destin, qui pourrait bien changer celui du monde...

Midnight Special est définitivement un film à part, à la fois singulier et suite logique dans la carrière de son réalisateur, Jeff Nichols, après Take Shelter et Mud. Les premières minutes sont inquiétantes. Le film commence comme un polar avec son annonce d'enlèvement d'enfant diffusé à la télé; on découvre alors un homme, puis deux, et l'enfant en question, caché sous un drap, lunettes de plongée sur le nez et torche allumée dans la main, une BD de Superman sur les genoux. Il ne semble pas effrayé et pourtant, tout s'enchaîne : le départ en catimini de la chambre, le chemin parcouru sur la route tous feux éteints pour ne pas être repérés... Nichols nous met dans l'ambiance des les premières minutes et brouille les pistes. Les questions fusent dans la tête du spectateur, qui petit à petit remet les pièces du puzzle à leur place. Le thriller prend alors une nouvelle tournure plus fantastique : le père a enlevé son enfant prisonnier d'une communauté de fanatiques religieux, qui le prend pour son messie car il a des pouvoirs surnaturels.

Pour son premier film de studio, Nichols rend hommage, sans les copier, aux films du genre science-fiction des années 1980, style Spielberg en tête (E.T, Rencontres du Troisième Type) mais aussi John Carpenter (Le Village des Damnés). Il en reprend les techniques en bannissant le numérique et les effets spéciaux en post-production gigantesques à tout-va au profit de la pellicule et d'effets spéciaux mécaniques (notamment pour les lasers sortant des yeux du garçon, d'où le port des lunettes de piscine quasi-permanent). Résultat : une ambiance sombre, vintage et réaliste, et une atmosphère de malaise après la violence des apparitions brutales et rapides des éléments surnaturels, comme s'ils n'étaient qu'une illusion. Mais ces références ne vont pas jusqu'aux détails fétichistes de ses prédécesseurs. La force de la mise en scène, élégante et précise, sincère et émotionnelle, ne regarde pas vers le passé et la nostalgie. Elle embarque le spectateur du début à la fin dans un divertissement faits d'ambiguïtés et de merveilleux, comme Nichols sait si bien le faire. 

Le scénario est plus complexe qu'il n'y paraît. Comme dans Take Shelter, le spectateur passe son temps à se poser des questions, savoir si telle chose est du lard ou du cochon, si le héros n'est pas en plein délire parano. Le cinéaste adore jouer avec nos nerfs et nous laisser démêler le vrai du faux, et décider de ce qui l'est ou non. On ne peut qu'imaginer les liens historiques entres les personnages, le but réel de la secte, les raisons de la séparation des parents du gamin, pourquoi tout à coup, l'un des employés de la NSA les croient et les aident...

"J'aime me faire du souci pour toi. Je me ferai toujours du soucis pour toi. C'est comme ça!"


Malgré les effets d'optique et les clins d'œil cinéphiles, le réalisateur garde sa marque de fabrique. Il filme les corps au plus près et réalise une œuvre très personnelle. Dans Take Shelter, il mettait en scène un père parano ayant peur pour sa famille de l'arrivée la fin du monde. Le réalisateur étant devenu père entre temps, Midnight Spécial la continuité logique de ses peurs domestiques. Il traite l'impuissance d'un homme, dont la cellule familiale est menacée par des forces extérieures incontrôlables et qu'on ne peut pas vraiment fuir, face au destin tracé et inévitable de son enfant. Le réalisateur admet avoir réalisé que de quelque manière qu'il élèvera son enfant, quoiqu'il fasse pour le protéger, son gamin évoluera selon sa volonté propre. Dur dur d'être parent ! 

Les personnages sont également typiques du cinéma de Jeff Nichols : des  hommes criminels par nécessité mis au ban par une autorité, une mère éthérée qui ne prend toute sa place qu'en présence de son fils aux agissements étranges  un employé de la NSA fraîchement débarqué sur l'affaire reprenant le point de vue du spectateur (un peu perdu), un père sur-protecteur devenu l'extension cinématographique de son cinéaste. Et quel autre choix que de donner le rôle du père à Michael Shannon, acteur fétiche et père angoissé évident dans l'univers de Nichols ?! Son visage atypique et sa présence à l'écran n'ont pas besoin d'artifices pour exister. L'acteur, souvent retenu pour jouer des méchants de par son regard troublant, a ici un faciès inexpressif à dessin, donnant à son rôle une puissance surnaturelle supplémentaire (surtout lors du dernier plan... à ne pas manquer !). Le jeune Jayden Lieberher est tout aussi singulier et étonnant. Son rôle d'enfant "unique" ayant grandi plus vite malgré lui et sa façon de parler très mature lui confère une place d'adulte parmi les adultes. Nichols rendrait-il hommage à Spielberg traumatisé par sa solitude et sa singularité, et désireux d'imposer sa particularité ? Ou en réalisateur prodige (37 ans seulement), parlerait-il de lui comme celui qui pourrait faire avancer le monde, à défaut de le changer 

En résumé : Midnight Special est intense et captivant. Il fait régner la poésie et le mystère de son titre, inspiré d'une chanson rock de Creedence Clearwater Revival. Une oeuvre déchirante et ambitieuse se lisant sur plusieurs niveaux dont on ressort avec une foultitude de questions, mais dont nous seuls avons les réponses.

samedi 5 mars 2016

[Avis] Triple 9 : Triple dose de polar noir (16/03/16)

TRIPLE 9


De John Hillcoat
Avec Chiwetel Ejiofor, Casey Affleck, Kate Winslet, Anthony Mackie, Aaron Paul, Clifton Collins Jr, Woody Harrelson, Norman Reedus, Teresa Palmer, Michael K. Williams...

Sortie le 16 mars 2016


Trois fois 9 n'est pas le signe du diable caché à l'envers (quoique...) mais le code utilisé par la police lorsqu'un policier est à terre ou abattu en service. À ce moment-là, toutes les unités sont mobilisées pour retrouver le coupable. Une bande de criminels, barbouzes et policiers corrompus l'utilisent pour faire diversion et commettre un casse pour la mafia russe. Mais Ils n'avaient pas prévu de se heurter au flair et à l'opiniâtreté d'un flic un peu trop perspicace et intègre...

Triple 9 pourrait être un nième film de casse au vu de sa scène d'exposition (cependant très réussie). Mais John Hillcoat en fait un polar noir à l'intensité permanente sans temps ou presque. On sent le réalisateur de clip derrière (celui de Dépêche Mode, entre autre). Après avoir fait ses armes sur des types de films très codés (le survival avec La Route, le western avec The Proposition, le film de gangsters d'époque avec Les Hommes sans loi),  il revient avec un film de casse pas si classique qu'il en a l'air. Évidemment, il joue sur le taux de testostérone de ses acteurs, galerie de personnages hauts en couleurs. Au menu : courses poursuites, règlements de compte et confrontations dans les bas-fonds avec les membres des gangs. De quoi faire fleurir le langage !

Hillocoat fonce dans le tas avec une mise en scène intense (montage cut pour plus de dynamisme, focales prononcées pour plus d'immersion dans l'action...). Une approche frontale et viscérale hyper efficace, qui contourne les moments les plus délicats par des ellipses, parfois déroutantes. Le film n'en oublie pas de compliquer l'affaire lorsque les flics sont en proie à des prises de conscience contrariant leur code moral. Pas si facile d'être des deux côtés de la barrière. Mais pas de quoi en faire des sacs de nœuds pour psychanalystes non plus. Ce parti pris est survolé et rapidement balayé. Peut-être à tort car les événements s'enchaînent pour ne pas laisser le spectateur respirer, mais au détriment des personnages auxquels finalement, on n'a pas le temps de s'attacher alors qu'au final, il s'agit d'un drame humain avant tout (non, je ne spoile rien en disant cela...).

On retrouve un casting impeccable avec un Casey Affleck qui, depuis Gone Baby Gone (The Killer inside me, Les Amants du Texas, Les brasiers de la colère, The Finest Hours) s'est fait un prénom de choix à Hollywood. pour notre plus grand plaisir car s'il est souvent attiré par des rôles sombres et torturés, il montre qu'il peut tout jouer avec tout autant de conviction, d'aplomb et de savoir-faire. Dommage que Woody Harrelson fasse du Woody Harrelson, toujours alcoolisé et un peu borderline. La faute à son rôle aux contours bien plus flous que ceux qu'il défendait par exemple dans la série True Détective  ou bien encore moins déglingué que dans Rampart. Un coup de chapeau à Aron Paul en camé plein de remous, et à Kate Winslet, à qui les rôles de chef machiavélique vont vraiment bien (Divergente). Elle est ici méconnaissable (maquillée comme un camion volé) en chef mafieuse.

En résumé : Un polar noir un peu inégal mais à l'atmosphère poisseuse, au rythme nerveux et percutant, à la mise en scène efficace et à l'intensité continue.



jeudi 25 février 2016

[Avis] Room : voir le monde entre 4 murs (09/03/16)

ROOM

De Lenny Abrahamson 
(d'après le roman de Emma Donoghue)
Avec Brie Larson, Jacob Tremblay, Joan Allen, William 
H. Macy

Sortie : 9 mars 2016


Jack, 5 ans, est un petit garçon plein de vie et à l'imagination débordante. Il vit seul avec sa mère, qui lui apprend à jouer, à rire, aimer ce qui l'entoure. Son monde n'est pas celui d'un enfant de son âge : le sien commence et s'arrête aux murs de la cabane de jardin dans lequel ils sont retenus prisonniers par un kidnappeur depuis plusieurs années. C'est le seul endroit que Jack ait jamais connu. L'amour de sa mère le pousse à tout risquer pour qu'il s'évade et découvre le monde extérieur. Une expérience à laquelle il n'était pas du tout préparée...


Room fait partie des films indé délicats, à la poésie toute particulière malgré l'horreur inspirée de faits réels sordides ayant fait la une des journaux télé (Natascha Kampusch, Elisabeth Fritzl...). Il nous entraîne dans une histoire de double voire triple enfermement, dont le point de vue est majoritairement celui d'un petit garçon dont l'univers se limite à quatre murs. Il n'a jamais vu le monde extérieur et pourtant, sa vision de la vie est troublante d'optimisme et de poésie (il dit bonjour aux choses de la pièce le matin), coincée entre la vérité vraie (celle du dehors), et celle racontée/détournée par sa mère qui essaie de garder intact l'innocence de son enfant. 

La première partie donne le ton : une douceur apparente laisse place à une sensation d'étouffement dans cette pièce exigüe. La violence de la situation s'impose peu à peu. Ce jeune garçon aux cheveux longs est-il prisonnier ? Que fait-il là ? Qui le retient ? Pour quelle raison ? La pesanteur de l'atmosphère tente d'être allégée par cette mère admirable, qui ne tient moralement et physiquement que pour son enfant. Elle joue avec lui et tente de rendre cette enfermement le moins douloureux possible. Mais on sent qu'elle se laisse glisser peu à peu vers le désespoir. Une seule possibilité s'offre alors : l'évasion, qui donne des séquences d'entraînement prenantes pour un résultat éloquent.

Dans cette seconde partie, on perd un peu de l'intensité du départ, donnant au film des ressorts plus classiques : l'extérieur devient finalement aussi oppressant qu'en captivité. Surmonter les dommages psychologiques, appréhender une nouvelle réalité pour Jack, qui s'aperçoit que sa vision du monde n'était que limitée. Le scénario semble alors un peu patiner et ne pas savoir comment introduire l'arrivée de nouveaux personnages, de la même façon que les anciens prisonniers ont du mal à gérer l'interaction avec leur nouvel entourage. Résultat, on perd la narration centrale du jeune Jack qui renforçait le récit. Le rôle des grands-parents est esquissé, les stéréotypes reviennent à la charge (les médias pressants fouillant les moindres détails sordides...). Dommage. Mais l'interprétation de Brie Larson, 26 ans (et déjà 20 ans de carrière, Oscarisée pour le rôle, dégage une incroyable intensité, mélange entre peur et détermination, fragilité et force, qui touche au cœur. Un style de jeu totalement engagé qui avait déjà brillé dans States of Grace. Au-delà de son adorable bouille enfantine, la nouvelle coqueluche de l'Amérique, Jacob Tremblay étonne par son jeu étonnamment mature pour son âge, et donne le change à son aînée sans aucune fausse note. En espérant qu'il ne soit pas broyé par le système comme tant d'autres avant lui.  

En résumé : un film bouleversant, d'une puissance rare et véritable ode au lien maternel et à la force mentale.

 

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