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samedi 11 juin 2016

[Vu à la TV] Microbe et Gasoil : On n'est pas pris au sérieux quand on a 15 ans

MICROBE ET GASOIL

De Michel Gondry
Avec Ange Dargent, Théophile Bacquet, Audrey Tautou...
Sorti le 8 juillet 2015
Vu sur Canal+





Entre une mère dépressive angoissée et un grand frère punk et rebelle, Daniel (Ange Dargent), a du mal à exister. À l'école, ça n'est pas mieux. Ses professeurs le prennent pour une fille, sans doute à cause de ses cheveux longs et de sa voix fluette. Et les autres gamins Microbe à cause de sa petite taille. Quand Théo (Théophile Baquet), surnommé Gasoil car bricoleur de voiture, débarque dans sa classe, c’est le coup de foudre amical. Microbe voit en lui plus qu'un petit malin à la langue bien pendue et à l’assurance bien trempée. Bien décidés à passer l’été ensemble, les deux garçons bricolent une maison roulante équipée d’un moteur de tondeuse à gazon.


Michel Gondry est un grand enfant, un Peter Pan du cinéma, jouant souvent de son imagination débordante pour créer des univers bien à lui (Eternal Sunshine of the Spotless Mind, La Science des rêves) souvent remplis de bricolages en tout genre (L'Ecume des jours). On ne sait jamais à quoi s'attendre.

Ange Dargent et Théophile Bacquet
Avec Microbe et Gasoil, Gondry revient sur les traces de l'adolescence, qu'il avait déjà esquissées dans The We and the I (voir l'interview) en distillant des vérités vraisemblablement personnelles et autobiographiques touchantes. Pas de surenchères plastiques et d'objets incongrus, le réalisateur a préféré la douce innocence de deux ados en quête d'identité, tout en gardant un côté loufoque.

Économe sur la forme et intimiste sur le fond, Gondry montre à quel point une amitié peut forger des caractères et révéler l'identité des êtres. À travers un voyage initiatique à hauteur d'adolescents, le film évoque les nombreuses interrogations de gamins de 15 ans, sans pour autant tomber dans les travers de tous les teen movies/series versant dans les blagues graveleuses ou encore dans la confrontation avec les parents.

Un film personnel, drôle et touchant


Également scénariste, Michel Gondry a gardé l'humour décalé dans des souvenirs d'enfance transposé dans un présent contemporain, avec une rhétorique désuète de par le langage et la perception de la vie des deux ados. Si les dialogues ont ce charme d'un autre temps, et si la diction et la syntaxe des jeunes acteurs jurent avec leur âge, leur jeu est convaincant. 

Maison/voiture construite par Daniel et Théo
Microbe et Gasoil est bien plus intellectuel et moins léger qu’on ne pourrait le penser, une fois les étiquettes « conscience du temps qui passe » et « passage à l’age adulte » décollées. Au-delà de ses excentricités visuelles, le réalisateur construit chaque film comme une porte vers une obsession précise, une interrogation sur le sens de telle ou telle chose, un terrain psychologique encore inexploré. Il s’interroge ici sur le sens d’une passion plutôt que de simplement montrer le résultat d’une expérimentation. 
Le film pioche ci et là dans la personnalité et les obsessions de Gondry sur les femmes, la marginalité, le souvenir… sans jamais verser dans un discours psychologisant sur l’adolescence ou pire poser un regard mélancolique (celui du réalisateur) sur un âge d’or révolu.

En résumé


Tendre et bienveillant vis-à-vis de ses héros, Gondry s’offre une parenthèse enchantée et prouve qu’aimer raconter des histoires candides ne nécessite pas de grands effets ou de gros budgets. Microbe et Gasoil est une mini-odyssée ludique et loufoque à la candeur charmante.

dimanche 14 février 2016

[Avis] La vache : de quoi mugir de plaisir (17/02/16)

LA VACHE

De Mohamed Hamidi
Avec Fatsah Bouyahmed, Jamel Debbouze, Lambert Wilson...

Sortie le 17 février 2016



Fatah est un paysan vivant dans un tout petit village en Algérie. Il a 4 femmes dans sa vie : son épouse, ses 2 filles et Jacqueline... sa vache tarentaise. Il vit modestement de sa vente de légumes et de lait au marché. Brave mais un peu benêt, il est la risée des autres habitants. Il est tellement fier de sa compagne bovine qu'il l'inscrit tous les ans au concours de beauté du Salon de l'Agriculture de Paris. Jusqu'au jour où, grâce à sa persévérance, il est invité à s'y présenter. Le village se mobilise alors pour lui payer le voyage jusqu'à Marseille. Il décide ensuite de remonter à pied jusqu'à la capitale, accompagné de sa fidèle Jacqueline. Et le périple ne va ps âtre de tôt repos !


Après Né quelque part, Mohamed Hamidi décide de refaire un pont entre l'Algérie et la France dans La Vache. À travers son héros prêt à tout pour celle qu'il considère comme un membre de sa famille, il écrit une véritable déclaration d'amour à la France. Et il n'a aucune autre intention que celle de faire rire en toute simplicité. Le scénario est d'une simplicité enfantine, avec des rebondissements faciles et attendus (et des clichés un peu périmés, quand même), et son message lourdement délivré (solidarité et tolérance, bien sûr !). Mais il se dégage une bonhommie et une vraie tendresse chez Fatsah Bouyahmed qu'on finit par se laisser porter par l'aventure. C'est parfois un peu le monde des Bisounours, mais ce road movie conquiert avec ses bons sentiments, son humour et ses rencontres positives. 


En résumé : Passée au grill (de la critique), La Vache laisse un fumet agréable mais ne sustentera pas les plus gourmets. 


vendredi 22 janvier 2016

[Bande annonce] Le Fantôme de Canterville

LE FANTÔME DE CANTERVILLE

De Yann Samuell
Avec Audrey Fleurot, Michaël Youn, Michèle Laroque et Lionnel Astier

Maintes fois adapté au théâtre, pour la télé, au cinéma et même en opéra et en dessin animé, Le Fantôme de Canterville revient hanter les salles obscures. Nouvelle de l'écrivain Oscar Wilde, elle a été publiée dans The Court and Society Review, en 1887. Cette fantaisie pleine d'humour met en scène une famille américaine embêtée par un fantôme qui n'a rien d'effrayant, malgré tout le mal qu'il se donne pour leur faire peur. Le pauvre bougre est même la tête de turc de deux collégiens qui ne lui épargnent aucun tour. Résultat : il a bien du mal à trouver le repos éternel qu'il mérite. 

C'est dans cette comédie déjantée et ultra colorée que l'on retrouve l'ex-trublion du PAF, Michael Youn dans le rôle du spectre facétieux. Une comédie familiale, librement inspirée, qui se déroule au fin fond d'une Bretagne de légende. Le fantôme d'Aliénor de Canterville est condamné à hanter le château de sa famille et à en faire fuir tout nouvel habitant. Elle remplit cette mission à merveille, aidée de Gwilherm, son fidèle serviteur. Mais lorsque les Otis, une famille fuyant la vie parisienne, achètent le château, Aliénor se désole car elle n'arrive pas à effrayer cette tribu du XXIe siècle... Pire : les enfants la ridiculisent et les parents l'ignorent ! Seule Virginia Otis, âgée de quinze ans, émue par le sort du fantôme de Canterville, cherchera à la délivrer de la malédiction qui pèse sur elle…
Pas de jugement hâtif avant d'avoir vu au moins la bande-annonce... Mais au vu de la catch-phrase sur l'affiche, il va y avoir un lâcher de jeux de mots et autres farces potaches qui feront rire (au moins) les bambins !

Sortie des revenants prévue le 6 avril 2016


Si vous voulez lire la nouvelle, c'est ici : http://beq.ebooksgratuits.com/vents/Wilde-contes.pdf

vendredi 10 juillet 2015

[Bande annonce] Les nouvelles aventures d'Aladin

LES NOUVELLES AVENTURES D'ALADIN

De Arthur Benzaquen

Avec Kev Adams, Jean-Paul Rouve, Eric Judor, Michel Blanc, Vanessa Guide, Audrey Lamy, William Lebghil et Nader Boussandel

Sortie le : 14 octobre 2015 

Quand on a plus de 2,5 millions de followers sur Twitter, on a tendance à penser qu'une petite requête sera forcément honorée. Chose faite pour Kev Adams qui avait demandé à ses twittos de faire suivre au moins 1000 fois la nouvelle bande annonce des Nouvelles aventures d'Aladin. En une demi heure, les compteurs étaient dépassés. 
Dans ce teaser, pas le temps pour un synopsis de l'histoire. Droit au but avec la "présentation" rapide des personnages : Jean-Paul Rouve en méchant vizir, Eric Judor en génie de la lampe, Vanessa Guide en Jasmine... et un petit trip en tapis volant ! 

À la veille de Noël, Sam et son meilleur pote Khalid se déguisent en Père-Noël afin de dérober tout ce qu’ils peuvent aux Galeries Lafayette. Mais Sam est rapidement coincé par des enfants et doit leur raconter une histoire : celle d’Aladin. Enfin... SA version. 
Dans la peau d’Aladin, Sam commence alors un voyage au coeur de Bagdad, ville aux mille et une richesses... Hélas derrière le folklore, le peuple subit la tyrannie du terrible Vizir connu pour sa férocité et son haleine douteuse. Aladin le jeune voleur, aidé de son Génie, pourra-t-il déjouer les plans diaboliques du Vizir, sauver Khalid et conquérir le coeur de la Princesse Shallia ? En fait oui, mais on ne va pas vous mentir, ça ne va pas être facile !




mercredi 10 décembre 2014

Babysitting, le retour...

La comédie française Babysitting a été un succès surprise du début 2014, avec quelque 2,3 millions d'entrées vendues. Bonne (ou mauvaise) nouvelle : elle aura une suite. Le tournage va démarrer en janvier, a indiqué le distributeur Universal Pictures France. 
Réalisé comme le premier volet par Nicolas Benamou et Philippe Lacheau, Babysitting 2 réunira le même groupe de copains, une partie de la Bande à Fifi, qui s'est fait connaître avec Le Grand Journal. Franck, Sonia, Sam, Ernest, Alex et Estelle, en voyage au Brésil, chez le père de Sonia qui tient là-bas un petit hôtel. Sur place, ils font la connaissance de Yolande, grand-mère revêche de Sonia, et partent en randonnée dans la jungle, accompagnés d'un guide. Le lendemain matin, la caméra GoPro avec laquelle ils étaient partis est retrouvée. 
Comme dans Babysitting premier du nom, on retrouvera la forme du "found footage" (images vidéo soi-disant tournées par l'un des protagonistes). Cela rappelle le mélange Very Bad Trip / Le Projet Blair Witch, non ?

jeudi 4 décembre 2014

[Bande annonce] Pourquoi j'ai (pas) mangé mon père ! (08/04/15)

L’histoire incroyable et trépidante d’Edouard, fils aîné, malingre et répudié du roi des simiens préhistoriques. Après avoir échappé à la mort et grandi loin du trône, Edouard redouble d’ingéniosité et invente le feu, la chasse, l’habitat moderne, l’amour et… l’espoir. Il va révolutionner l’ordre établi et mener son peuple vers l’évolution de l’humanité.

Après La Marche et Né quelque part, Pourquoi j'ai (pas) mangé mon père ! est un projet qui tient à cœur à Jamel Debbouze depuis 2008. L'acteur et comique, scénariste et interprète du long métrage, y fait ses débuts en tant que réalisateur. De plus, il s'agit du premier film  utilisant intégralement la performance-capture tourné en Europe. De quoi avoir la pression le jour de la sortie en salle !
Autre idée surprenante : Jamel Debbouze a souhaité que Louis De Funès apparaisse dans Pourquoi j'ai (pas) mangé mon père ! Bien que le célèbre acteur comique français soit décédé depuis près de 30 ans, il a été en effet possible de le ressusciter à l'écran, en réutilisant la pellicule des films dans lesquels il a joué. Ainsi, le réalisateur a picoré des images dans La Folie des grandeurs pour le montage de son film, et fera appel à un autre acteur pour imiter de Funès. Olivier De Funès, le fils du célèbre comédien, collabore pour sa part à la création et à l’écriture du personnage de Vladimir, inspiré par son père.

Sortie le 8 avril 2015





samedi 18 janvier 2014

[Critique] Minuscule : des petites bêtes captivantes (29/01/14)

MINUSCULE, la vallée des fourmis perdues


De Thomas Szabo et Hélène Giraud
(film animé)


© MMXII Futurikon FilmsLors d'une journée d'été ensoleillée, des fourmis noires vivent paisiblement dans une vallée, à la recherche de provisions en tout genre. Finissant par trouver les restes d'un pique-nique, le bataillon d'ouvrières transporte tout ce qu'il peut. Leur plus grande découverte ? Une boite à sucres, le plus grand des trésors, mais aussi le plus convoité. Les fourmis rouges, pires ennemis des noires, se mettent en rang pour dérober ce doux Saint Graal. Mais c'est au côté d'une coccinelle à la détermination sans faille que les fourmis noires vont se battre et tenter de garder leur or blanc.


© MMXII Futurikon FilmsVous, qui avez tendance à écraser les fourmis qui vous chatouillent le cou ou les doigts de pieds en vacances, vous ne regarderez plus ces petites bêtes rapides et besogneuses de la même façon après avoir vu Minuscule, la vallée des fourmis perdues. Adapté d'une série de courts-métrages de quelques minutes diffusés à la télévision, le film de Thomas Szabo et Hélène Giraud est une jolie surprise pleine de poésie bucolique et burlesque et d'aventures épiques. Ses créateurs ont gardé toute la magie des programmes courts : l'absence de dialogues remplacés par des bruitages cartoonesques, des gags dignes de Tex Avery, mâtinés de Charlie Chaplin et de Buster Keaton, et des personnages animés tendres et attachants au cœur de paysages réels (extérieurs et intérieurs) magnifiques. Les parcs des Écrins et du Mercantour nous laisse des images de carte postale.


© MMXII Futurikon Films
Pour ceux qui connaissent la série, ils risquent d'être un peu déroutés au départ avec le choix des personnages. Les fourmis, insectes secondaires à la télévision, deviennent les personnages essentiels de ce long-métrage, au détriment d'autres personnages plus emblématiques de la série. Mais des caméos sont au programme : les araignées (ici représentées à la manière de Tim Burton) ou encore la sauterelle. Mais ce n'est qu'un détail. 

© MMXII Futurikon FilmsL'ensemble se détache totalement de la série pour se forger une identité propre. Pas besoin d'être un fan pour tomber sous le charme de ses insectes et de leurs aventures périlleuses, sarcastique, voire même cruelle parfois. On peut légèrement regretter la sensation du passage du court au long-métrage, où des sketchs s'enchaînent pendant 1h30 avec quelques soucis de rythme de temps en temps, donnant une impression de freinage au mauvais moment.
© MMXII Futurikon Films
Mais ceux-ci sont vite oubliés lorsqu'on s'arrête avec attention sur la qualité de la mise en scène, de sa force visuelle et graphique minutieuse (comme la maison de l'araignée dans les égouts), avec une mise en relief 3D qui prend tout son sens et sa place pour plus de vitalité. Sans oublier l'ingéniosité des situations, où les objets du quotidien des humains deviennent un véritable challenge pour les petites pattes et ailes des insectes. Les nombreux niveaux de lecture laissent aux parents le loisir d'apprécier les références et les clins d'œil tandis que les enfants apprécieront les scènes de course-poursuite dignes de Star Wars (entre la coccinelle et les odieuses mouches, par exemple).

En résumé : Visuellement captivant, des personnages à croquer (ou presque…) et une absence de dialogues qui renforce la poésie et les émotions. Une vraie réussite à la française !

mardi 17 décembre 2013

[Critique] Belle et Sébastien : un amour de chien (18/12/13)

BELLE ET SÉBASTIEN

De Nicolas Vanier
Avec Félix Bossuet, Tchéki Karyo, Dimitri Storoge, Margaux Châtelier…

Sortie le 18 décembre 2013


1943. La guerre gronde loin des montagnes Alpines. Sébastien, petit bonhomme intrépide de 6 ans, fait la connaissance d'une chienne errante, qu'il apprivoise et nomme Belle. Malgré la présence de soldats allemands pillant les ressources du village, des passeurs tentent d'aider des Juifs à traverser la frontière avec la Suisse voisine.


Soyons clairs... le film plaira sans doute davantage aux nostalgiques de la série des années 1960 aux petites têtes blondes impressionnables, et aux cœurs tendres, qu'aux cinéphiles purs et durs. Car dans le registre formaté du film de Noël à voir en famille, Belle et Sébastien rempli parfaitement son contrat : de sublimes images d'une montagne spectaculaire dans toutes ses saisons et sa faune sympathique, de jolis sentiments naïfs (mais pas larmoyants pour autant) et une incroyable complicité entre les deux interprètes principaux. Le jeune Félix Bossuet a une bouille à faire fondre les plus endurcis, et son s'feux sur la langue est craquant à souhait. Quant à l'interprète de Belle, elle est tout simplement la grosse peluche qu'on aimerait tous caresser. Mais (car il y a un mais), tout ceci ne fait pas forcément un bon film.


Nicolas Vanier est plus habitué à filmer des expéditions écolo et animalières dans des environnements extrêmes qu'à diriger des acteurs, et ça se sent. Il sait nous émouvoir avec des longs plans majestueux. Mais dès que ses acteurs ouvrent la bouche, la magie a tendance à s'évanouir - ce qui était déjà le cas dans Loup, son précédent film. Les uns surjouent (Margaux Châtelier peu crédible malgré un visage d'ange), en font des caisses pour rien (Tchéki Karyo loin d'être à son meilleur), ou sont carrément transparents. Ce qui donne à l'ensemble une image de carte postale désuète mais caricaturale et simpliste (les Nazis ne sont pas très méchants...). Les plus attachés à la série se raccrocheront à la petite scène emplie de nostalgie partagée entre Félix Bossuet et Medhi El Glaoui, interprète initial du jeune Sébastien il y a près de 50 ans. Snif...



En résumé : un film à hauteur d'homme et à l'esprit d'enfant, aux paysages magnifiques. Avis aux amoureux de la montagne et aux cynophiles !


samedi 26 octobre 2013

[Critique] Attila Marcel : une chanson douce et dingue (30/10/13)

ATTILA MARCEL

De Sylvain Chomet
Avec Guillaume Gouix, Anne Le Ny, Hélène Vincent, Bernadette Lafont, Luis Rego, Jean-Claude Dreyfus…

Sortie le 30 octobre 2013

Paul est un trentenaire vivant avec ses deux tantes, vieilles aristocrates qui l'ont élevé (et l'étouffent) depuis la mort accidentelle de ses parents. Depuis ce traumatisme auquel il a assisté, Paul est muet, et sa vie se résume à un train-train quotidien peu réjouissant : accompagner au piano ses tantes lorsqu'elles donnent leurs cours de danse, jouer toujours la même ritournelle sur le demi-queue installé dans le salon, manger des chouquettes par dizaines. Totalement isolé de la "vraie" vie, il se traîne dans sa vie comme un escargot sur une feuille de salade. Jusqu'au jour où, lors d'une échappée, il fait la connaissance de l'excentrique Mme Proust, sa voisine du 4e étage. Jardinière à ses heures perdues, elle prépare des décoctions aux vertus étranges accompagnées de madeleine, qui ont le don de faire ressurgir les souvenirs lorsqu'elles sont accompagnées de musique. Grâce à elle, Paul va faire le voyage dans ses souvenirs au détour de mini-siestes imposées et faire sauter le verrou de la porte qui mène à une vie plus épanouie...

Si les films français n'ont pas beaucoup de place sur ce blog, il y a des exceptions qui en valent la peine. Attila Marcel en fait partie. Et c'est avec un grand plaisir, car cette jolie fable est infiniment tendre, originale et attachante pour de nombreuses raisons. 
Tout d'abord, il marque un tournant dans la carrière de Sylvain Chomet qui passe de l'animation (Les Triplettes de Belleville, L'illusionniste) à un long-métrage avec des comédiens en chair et en os. Une expérience qu'il avait touché du doigt en réalisant un des courts de 5 minutes pour le film Paris, je t'aime, il y a 7 ans. "Ecrit sans storyboard mais comme une musique à trois temps, le film s'est construit autour des dialogues et d'échanges avec les acteurs", quasi sans partition, explique le réalisateur. Car Guillaume est très bavard des yeux (rires). Il a presque écrit le rôle tout seul. Pendant les répétitions, il proposait beaucoup d'idées et finalement, on a tout gardé. On a placé la caméra à l'intérieur des fantasmes de Paul et on a concentré les images que sur les acteurs

Attila Marcel bénéficie de cette longue expérience dans l'animation avec des plans, des cadres, et des scènes purement visuelles, quasi cartoonesques, et cette folie douce, avec l'entrée d'éléments totalement incongrus dans l'histoire. Et souvent pour le bien du récit, comme par exemple, lorsque la Mort est dans les parages. Le résultat éloigne tout explication plaintive et tombant dans le pathos inutile. Sans oublier des moments de grâce et de poésie pure avec cette scène de danse sur un ring de catch, où les parents de Paul mélangent mouvements d'une douceur amoureuse et d'une violence maîtrisée. Sylvain Chomet raconte que pour cette scène, Guillaume Gouix lui a demandé à ce que je rencontre sa copine pour lui faire passer une audition. "Sur le moment, je me suis dit qu'il était gonflé d'essayer de caser sa copine, en rigole-t-il aujourd'hui. Et en même temps, ensemble, ils avaient tout. Ils ont l'habitude de faire du rock acrobatique ensemble, ils sont super enthousiastes ont cette même fraîcheur comme sur scène."

Au-delà du visuel, le réalisateur nous plonge dans un univers aux personnages étranges, décalés et hors du temps, où l'interprétation des acteurs nous embarque sans résistance. Guillaume Gouix (vue récemment dans la fiction de Canal+ Les Revenants) est impressionnant. Avec ses yeux ronds, sa bouille de premier de classe, et son air d'enfant timide, il fascine et nous fait partager son passé sans décrocher un mot de tout le film (sauf quand il joue le rôle du père de Paul). Mutique mais hypnotique, tel un Charlie Chaplin (en moins clown) ou un Buster Keaton. Les deux tantes, réjouissantes (même si parfois un peu too much) apportent une touche légèrement flippante dans le monde de Paul, hyper cadré et restreint. Je vous laisse juge du degré d'étrangeté...
Reste la prestation d'Anne Le Ny, fabuleuse en baba cool joueuse de ukulélé, fan de jardinage expérimental. Tellement épatante, qu'elle en arriverait presque à éclipser ses petits camarades. "Le rôle était prévu pour Yolande Moreau au départ, explique Sylvain Chomet. L'idée du potager dans l'appartement vient d'elle car elle est très terrienne." Finalement, cela ne s'est pas fait... pour notre plus grand plaisir de la revoir depuis son rôle dans Intouchables" Mais Anne a été parfaite. On a eu juste un petit soucis lorsqu'il a fallu qu'elle touche la terre du jardin : elle devait prendre les légumes pour les donner à Guillaume. C'est la seule chose qu'elle ne voulait pas faire. Elle doit avoir un truc avec la terre car dès qu'elle la touchait, elle se lavait les mains plutôt que de les frotter et les essuyer comme l'aurait fait Yolande. Alors Il a fallu que je l'impose", se souvient le réalisateur en riant. 

En résumé : Si quelques maladresses dans le rythme sont sans doute le résultat d'un manque d'expérience, l'ensemble fait passer un vrai bon moment, délicieusement nostalgique, où l'on retrouve l'univers de Chomet (et ses thèmes fétiches) tout en couleurs et en musique. Petite mise en garde : attention de ne pas passer par une boulangerie en rentrant du cinéma, vous risqueriez de dévaliser le rayon chouquettes et madeleines ! ;)

Un petit supplément :
Si vous voulez retrouver l'univers d'Attila Marcel après la projection, une application éponyme pour tablettes et mobiles a été créée, servant de making-of. Elle offre un point de vue original et ludique sur le film : des mini-jeux (addictifs), des bonus à débloquer en explorant les décors, des objets à rechercher, des challenges à relever, et toute une ribambelle d'interviews, vidéos, anecdotes de tournage... Vous ne pourrez plus vous passez du ukulélé si cher à Mme Proust !

mardi 4 juin 2013

[Critique] Né quelque part : Un retour au bled, une expérience humaine (19/06/13)


NÉ QUELQUE PART 


De Mohamed Hamidi
Avec Tewfik Jallab, Jamel Debbouze, Fatsah Bouyahmed, Abdelkader Secteur…

Sortie le 19 juin 2013



Farid, un jeune étudiant français, se voit confier une mission par son père, malade : retourner en Algérie sauver la maison "construite pierre par pierre" par son paternel lui-même et son oncle d'une destruction imminente à cause d'un projet gazier espagnol. Il pense pouvoir régler le litige en trois fois moins de temps qu'il faut pour le dire, et retrouver sa vie à Paris, ses exams, sa vie amoureuse avec Audrey. Mais "au bled", rien ne se passe comme prévu. Il fait la connaissance de son cousin, surnommé le roublard, qui le guide dans le pays et lui présente. Et mal lui en a pris de lui faire confiance ! Le-dit cousin lui vole ses papiers et part en France... Commencent alors les sérieux ennuis.


© Mars Distribution
Pour son premier film, Mohamed Hamidi a choisit l'authenticité et la simplicité, la sincérité et l'énergie, pour raconter une quête d'identité sans oublier le parcours souvent compliqué des immigrés. Et une fois n'est pas coutume, il part du point de vue des enfants de la première génération d'immigrés algériens. On quitte enfin les cités grises gangrenées par les trafics, on laisse de côté les éternels clichés sur les "beurs" et autres "kaïras" (non pas comme le récent La Cité Rose). Et on découvre une comédie douce-amère, moderne, où l'humour dédramatise certaines situations délicates, où l'émotion touche au cœur directement. 

"On n'est jamais trop curieux quand il s'agit de sa propre histoire ?"


© Mars Distribution© Mars DistributionQuel adulte ne s'est jamais un jour interrogé sur ses origines ? D'où viennent mes parents ? Où ont-ils passé leur jeunesse ? Des questions d'autant plus légitimes lorsqu'il s'agit d'un fils d'immigré, qui se retrouve confronté à une histoire familiale et un pays d'origine dont il ignore tout. "Que veux-tu que j'aille faire en Algérie ? Je n'y ai jamais mis les pieds, et je ne parle même pas arabe", dit Farid à son père avant de partir. C'est avec une grande sensibilité, sans fioritures ou pathos, que Hamidi nous fait voyager au-delà des montagnes algériennes (ou plutôt marocaines, pour être exact) dans ce retour aux origines. Les décors, sublimes, avec le bleu et l'ocre comme couleurs dominantes. Le bleu du ciel et de la mer, communs à la France et à l'Algérie. Et le jaune, comme la terre, la peinture des murs et la chaleur des cœurs. Une fois plongé dans le pays, Farid est partagé entre des coutumes qu'il sait faire partie de son patrimoine familial, et "l'européanisme" dans lequel il a été élevé. On ne lui demande pas de choisir mais d'intégrer cela au plus profond de lui, comme une richesse intérieure. 
© Mars Distribution
Grâce à une galerie de personnages hauts en couleurs et très drôles (le vrai coup de cœur est pour le "réceptionniste" du seul téléphone du "bled", dont les appels rythment le film), le cinéaste dépeint le pays comme une terre de contrastes : entre la carte postale idyllique où les gens sont accueillants, toujours prêts à aider, tout en étant liberticide et pollué par la corruption et une administration rigide. 

© Mars DistributionL'empathie pour ces personnages s'empare de nous. Eux qui ont des rêves pas si extravagants, mais plein d'humanité et d'envie de mieux. Dans une scène clé du film, le cousin explique que son père aurait dû être celui envoyé en France pour travailler, et non le père de Farid. Quelle aurait sa vie si cela s'était passé ainsi ? A mesure qu'il découvre son histoire, Farid prend conscience des sacrifices faits par ses parents et les risques qu'ils ont pris pour améliorer la vie de leur famille. Ainsi, Né quelque part fait le portrait d'enfants issus de l'immigration, mais qui reste avant tout des enfants. Si le film est engagé (l'immigration, dans un sens où dans un autre, est avant tout une histoire humaine et non de provenance), il fait passer son message sans agressivité ni prosélytisme forcé. 

Résumé : Entre comédie pure et drame de la vie, Né quelque part est une jolie surprise remplie d'émotions vraies. Pour son premier film de Tewfik Jallab (Farid), le "Johnny Depp de chez nous", comme me l'a confié Jamel (Interview ici sous peu), est d'une justesse admirable. Voilà un comédien à suivre...

                

jeudi 23 mai 2013

[Rattrapage] De rouille et d'os : quand la brute ramène la belle à la vie

DE ROUILLE ET D'OS 

De Jacques Audiard
Avec Marion Cotillard, Matthias Schœnaerts, Céline Sallette, Armand Verdure, Céline Sallette, Corinne Masiero, Bouli Lanners et Jean-Michel Correia...
Sorti le 17 mai 2012


Tout commence dans le Nord. Soudainement, Ali se retrouve avec Sam, 5 ans, sur les bras. Sam... Ce fils qu'il connaît à peine. Paumé, sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa soeur à Antibes, qu'il n'a pas vu depuis une éternité. Même si les retrouvailles sont peu chaleureuses, au moins là-bas, il y a une perspective de mieux. Hébergés dans le garage de son pavillon, Ali et son petit ont un semblant de vie normale, le tout sous le Soleil...
À la suite d'une bagarre dans une boîte de nuit dans laquelle Ali est videur, le destin lui fait rencontrer Stéphanie. Il la ramène chez elle, où son mec l'attend, mais lui laisse quand même son téléphone... au cas où. Il est pauvre et brute de décoffrage, elle est belle et pleine d'assurance. Tout les oppose. Jusqu'au jour où... un coup de téléphone après un accident les réunit à nouveau. La princesse a perdu de sa superbe : elle a perdu ses jambes (lors d'un de ses spectacles de dressage d'orques au Marineland)... et pas mal d'illusions. Sans compassion ni pitié, mais à sa façon, Ali va l'aider et lui redonner l'envie de revivre.


© Roger Arpajou / Why Not Productions
© Roger Arpajou / Why Not ProductionsSi De rouille et d'os a été de multiples fois primé, c'est pour une bonne raison. Et je regrette de ne pas l'avoir vu plus tôt. Jacques Audiard signe ici une œuvre poignante sur une relation pour le moins particulière. Ali est d'une insensibilité et d'un égoïsme à faire froid dans le dos. Un diamant brut incapable d'empathie mais qu'il faut savoir polir avec le temps. Et quel meilleur acteur que l'insondable Matthias Schœnaerts pour l'incarner ! L'acteur belge, découvert par le grand public dans "l'anabolisé" Bullhead, a reçu le César de Meilleur Espoir masculin pour le rôle d'Ali. Et c'est plus que mérité. Il dégage une animalité rageuse, qui ne demande qu'à être radoucie. Un temps déroutée par sa brutalité, Stéphanie va l'amadouer à force de patience et de "travail" comme elle le ferait avec ses orques. Tous deux perdus, exclus, se cherchent, essaient de se reconstruire comme ils peuvent en s'appuyant sur l'autre. Le tout, dans la retenue. Sans pour autant être éclipsée par son partenaire, Marion Cotillard livre ici une performance toute en nuances, passant de la femme autoritaire et hautaine à celle qui a besoin de l'autre, sans pour autant verser dans la déclaration d'amour permanente.

© Roger Arpajou / Why Not Productions
© Roger Arpajou / Why Not Productions
Audiard maîtrise le récit de façon époustouflante où les ellipses suggèrent chaque étape de cette reconstruction pour plus de légèreté dans ce chaos sentimental sans larmes ni pathos dégoulinant. Ou s'il y a quelques larmes, elles sont furtives. Les dialogues peu nombreux sont renforcés par le rythme soutenu du montage et la caméra qui suit au plus près la réalité,  parfois crue mais souvent pudique. Car le cinéaste ne fuit pas les problèmes engendrés par le handicap. Le reste de jambes de Stéphanie ne sont pas cachés, que celle-ci soit en train de nager, d'être portée par son ami ou de froisser les draps de son amant. Un naturel désarmant qui distille de puissantes émotions. On retrouve l'âpreté des personnages qui a fait le succès d'Un Prophète, succès incontestable d'Audiard, et la puissance du moteur de survie de chacun, en ajoutant tout de même une belle lueur d'espoir dont les deux accidentés de la vie ont besoin.


En résumé : 

Un film qui ne peut pas vous laisses insensible, et qui trotte un moment dans la tête.


dimanche 14 avril 2013

[Critique] Les gamins : la cinquantaine puérile, ça a du bon (17/04/13)


LES GAMINS

De Anthony Marciano
Avec Alain Chabat, Max Boublil, Mélanie Bernier, Sandrine Kiberlain…

Sortie le 17 avril 2013

Thomas est un jeune musicien, tout juste fiancé avec Lola. C'est alors qu'il rencontre son futur beau-père Gilbert, marié depuis trente ans à Suzanne. Désabusé et persuadé d'être passé à côté de sa vie avec son propre mariage, Gilbert décide de tout plaquer en quittant le domicile conjugal pour recommencer une nouvelle vie. Il pousse Thomas à ne pas épouser sa fille et à se lancer à ses côtés dans une nouvelle vie de célibat et de fêtes. A vivre une véritable vie de "gamins".


Premier film du réalisateur Anthony Marciano (et coécrit par Max Boublil), Les Gamins est une comédie enlevée, entre humour et bons sentiments, tirée par ses acteurs même si l'intrigue romantique est parfois plus convenue.
Le cinéaste et l'humoriste avaient déjà collaboré ensemble à l'écriture de spectacles ou de chansons décalées comme 'Tu vas prendre', qui avait fait connaître Max Boublil sur internet en 2007. Mais Les Gamins est la première comédie de ces deux trentenaires, fans du cinéma de Judd Apatow ou de Woody Allen.
"Il y a trois ans et demi, on était dans notre coin, on peaufinait un scénario. On se disait qu'on aimerait confier ce rôle à Alain Chabat (...) On lui a fait lire et là incroyable, ça lui a plu", explique à l'AFP Max Boublil, 33 ans, également à l'affiche du film de Danièle Thompson Des gens qui s'embrassent.
Alain Chabat, lui, dit avoir décidé de faire le film parce que "ça l'a fait rire". "J'ai trouvé le truc bien construit, j'ai bien aimé le ton, tout ce qui se passait", poursuit-il. "Ce qui m'a plu aussi, c'est l'espèce de carte blanche qu'ils me donnaient pour faire des conneries".

"Lâcher les vannes"

© Nicolas Guiraud / Peopleforcinema productions / Légende Films / Gaumont
L'ancien pilier de la bande des Nuls, habitué des gros films comme Astérix et Obélix : mission Cléopâtre ou Sur la piste du Marsupilami, dit alterner sans problème les productions mastodontes ou à petit budget comme Les Gamins. "Il faut que l'histoire me parle et que ce soit excitant", résume-t-il.


La crise de la cinquantaine de Gilbert, autour de l'engagement, va croiser celle de la trentaine de Thomas, un personnage que Max Boublil qualifie de "naïf". Totalement apathique au début, affalé sur un canapé devant la télévision toute la journée, le personnage d'Alain Chabat va peu à peu se révolter contre la vie dans laquelle il est englué, et entrer dans une rage drolatique. Il se met à vivre ses rêves de jeunesse, jouer de la batterie ou sortir en boîte de nuit et quitter ses vieux survêtements pour des tee-shirts moulants, casquettes et bracelets en cuir. "C'est super agréable à faire, bien sûr, surtout quand le personnage commence très bas, avec la marmite qui est prête à exploser, et qu'ensuite on peut lâcher les vannes et voir aussi les conséquences", s'amuse le comédien de 54 ans.

© Nicolas Guiraud / Peopleforcinema productions / Légende Films / GaumontAutour d'eux, évolue toute une galerie de personnages secondaires qui ne sont pas en reste et suivent la cadence avec joie et bonheur : Sandrine Kiberlain en mère baba cool tendance bobo, qui passe son temps à s'investir dans des associations humanitaires, Mélanie Bernier en jeune fille sage, un responsable de maison de disque déjanté ou encore un dirigeant iranien qui s'exprime de manière incompréhensible.
"C'était hyper important que les filles soient aussi des personnages bien campés et riches", estime Max Boublil. Alain Chabat dit avoir "bien aimé aussi les histoires d'amour du film" et notamment celle du couple qu'il forme avec Sandrine Kiberlain, "un peu endormi et que cette crise réveille".

© Nicolas Guiraud / Peopleforcinema productions / Légende Films / GaumontUn "petit" film qui fait du bien et qui pourrait créer la surprise car il arrive à renouveler le genre de la comédie française, avec un duo improbable mais qui fonctionne à merveille. La complicité est évidente et l'un et l'autre joue à armes égales. Chabat a repris le goût de jouer et ça se voit, et Boublil démontre qu'il y a une vie après Internet et le stand-up. A coup de punch-lines d'une rare acuité, de vannes imparables, de blagues régressives avec un soupçon de méchanceté, Les Gamins font vraiment rire avec son originalité et son sens du timing millimétré. 


En résumé : On peut être un baby boomer et rester un éternel ado. Devant Les Gamins, tout est permis, surtout de rire !




(avec AFP)

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