Affichage des articles dont le libellé est Vu et approuvé (ou non). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vu et approuvé (ou non). Afficher tous les articles

mardi 16 février 2016

[Avis] The Finest hours : lame de fond héroïque (24/02/16)

THE FINEST HOURS

De Craig Gillespie (Une fiancée pas comme les autresFright Night, Million Dollar Arm)
Avec Chris Pine, Casey Afleck, Ben Foster, Holliday Grainger, John Ortiz, Kyle Wallner, John Magaro, Eric Bana...



Tiré d'une histoire vraie
Dans la nuit du 18 février 1952, une tempête monstre frappe les côtes du Massachusetts. Deux pétroliers se brisent contre les vagues cette nuit-là. Le mécanicien en chef du SS Pendleton et son équipage font tout pour maintenir à flots ce qu'il reste du navire en attendant les secours. Pendant ce temps, une équipe de quatre garde-côtes menée par un jeune sauveteur mal-aimé (et bientôt marié) prend la mer à bord d'une embarcation minuscule et va à la rescousse de la trentaine de marins rescapés du SS Pendleton.



Bizarrement, The Finest Hours s'est fait très discret dans le paysage médiatique et publicitaire récent alors que son potentiel est énorme. Et oui, Disney sert aussi faire des film catastrophe ! Ce long-métrage est un film à grand spectacle ambitieux tout en gardant le classicisme du genre, sans surprises majeures, mais incluant nombreuses intrigues, des personnages principaux aux valeurs héroïques et un déploiement de ressorts techniques ahurissants. La reconstitution de la tempête en mer est impressionnante (même si parfois les raccords CGI entre le "vrai" et le "faux" océan sont parfois visibles). Gare à ceux qui n'ont pas le pied marin ! Des scènes épiques sont à retenir : celle du passage de l'immense banc de sable n'étant jamais positionnée au même endroit, le bidouillage de l'équipe du Pendleton pour se stabiliser sur un banc de sable, et la récupération plus que périlleuse de l'équipage du pétrolier, bien trop nombreux pour la coque de noix venue les sauver. Malgré nous, on sent la tension monter et on boit la tasse en même temps que les marins (merci la 3D, pas si inutile cette fois) ! 


Après une scène d'exposition un chouilla longue mais nécessaire, tout est mis en place pour glorifier ces marins qui mettent leur vie en jeu à chaque sortie en mer. Si Chris Pine et Casey Affleck habitent de façon magistrale leur rôle, on peut regretter que les personnages secondaires soient des esquisses de caricatures et que certains, comme l'excellent Ben Foster soit sacrifié en étant sous-utilisé. 
Côté narration, le combat acharné et haletant des sauveteurs et des marins est constamment interrompu par des allers-retours sur la terre ferme, où attendent familles, épouses et amis, éprouvés par l'angoisse. Mais s'ils laissent souffler le spectateur entre deux vagues, ces va-et-vient narratifs quasi chronométrés empêchent de s'immerger totalement dans le récit, et contredisent le côté désordre/improvisation de la lutte contre les éléments. On voudrait bien larguer les amarres une bonne fois pour toute mais le mélodrame installé avec la relation du futur marié et de sa dulcinée a tendance à jeter l'ancre trop souvent pour se laisser emporter par les flots. 

En résumé : Un blockbuster au style rétro plutôt réussi car technique impressionnant, et familial (il ne faudrait pas oublier le message de courage, confiance et espérance bien venu en ces temps moroses). Dommage qu'il se perde un peu dans les méandres du sentimentalisme dramatique dans sa construction, à grand renfort de douces mélodies de Carter Burwell, du flot de neige continu ou de pluie incessante...

dimanche 14 février 2016

[Avis] La vache : de quoi mugir de plaisir (17/02/16)

LA VACHE

De Mohamed Hamidi
Avec Fatsah Bouyahmed, Jamel Debbouze, Lambert Wilson...

Sortie le 17 février 2016



Fatah est un paysan vivant dans un tout petit village en Algérie. Il a 4 femmes dans sa vie : son épouse, ses 2 filles et Jacqueline... sa vache tarentaise. Il vit modestement de sa vente de légumes et de lait au marché. Brave mais un peu benêt, il est la risée des autres habitants. Il est tellement fier de sa compagne bovine qu'il l'inscrit tous les ans au concours de beauté du Salon de l'Agriculture de Paris. Jusqu'au jour où, grâce à sa persévérance, il est invité à s'y présenter. Le village se mobilise alors pour lui payer le voyage jusqu'à Marseille. Il décide ensuite de remonter à pied jusqu'à la capitale, accompagné de sa fidèle Jacqueline. Et le périple ne va ps âtre de tôt repos !


Après Né quelque part, Mohamed Hamidi décide de refaire un pont entre l'Algérie et la France dans La Vache. À travers son héros prêt à tout pour celle qu'il considère comme un membre de sa famille, il écrit une véritable déclaration d'amour à la France. Et il n'a aucune autre intention que celle de faire rire en toute simplicité. Le scénario est d'une simplicité enfantine, avec des rebondissements faciles et attendus (et des clichés un peu périmés, quand même), et son message lourdement délivré (solidarité et tolérance, bien sûr !). Mais il se dégage une bonhommie et une vraie tendresse chez Fatsah Bouyahmed qu'on finit par se laisser porter par l'aventure. C'est parfois un peu le monde des Bisounours, mais ce road movie conquiert avec ses bons sentiments, son humour et ses rencontres positives. 


En résumé : Passée au grill (de la critique), La Vache laisse un fumet agréable mais ne sustentera pas les plus gourmets. 


vendredi 12 février 2016

[Mini-avis] Zootopie : Un buddy movie au poil ! (17/02/16)

ZOOTOPIE

De Byron Howard et Jared Bush
Avec les voix de Marie-Eugénie Maréchal, Alexis Victor, Pascal Elbe, Claire Keim, Fred Testot, Thomas NGijol...

Sortie le 17 février 2016

Zootopie est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopie !

Lorsque Judy Hopps est le premier lapin à faire son entrée dans la police Elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque …

En résumé : Les studios Disney renouent avec leur grande tradition de faire parler les animaux (Le Livre de la Jungle, Le Roi Lion...). Et c'est avec brio et pep's que les réalisateurs Rich Moore et Byron Howard ont mené ce film d'animation. C'est un film pensé comme Disneyland avec ses différents mondes, chacun avec ses codes, mais pas seulement. C'est un film au rythme effréné plein de suspens, de rebondissements, et son lot de vannes et de répliques qui claquent. Ses personnages sont à la fois très drôles et attachants. Les adultes les plus attentifs verront le double niveau de lecture : dans la capitale, on lit Gnousweek, on va à la Lemming Brothers bank, on fait du shopping chez Preda... À vous de les retrouver ! ;)  

TvCinephage a rencontré une partie de l'équipe des voix françaises :



                


lundi 8 février 2016

[Avis] Deadpool : Qu'il est bon d'être méchant ! (10/02/18)

DEADPOOL

De Tim Miller
Avec Ryan Reynolds, Morena Baccarin (Homeland), Ed Skrein (Le Transporteur 4, Kill Your Friends), Gina Carano (Piégée), Brianna Hildebrand...

Sortie le 10 février 2016

Wade Wilson est un ancien militaire des forces spéciales devenu mercenaire. Après avoir été diagnostiqué d'un cancer, il se tourne vers l'unique solution qui s'offre à lui : un traitement expérimental qui devrait accélérer ses pouvoirs de guérison. Mais le traitement ne se passe pas comme prévu : Wade devient Deadpool, un anti-héros qui va traquer l'homme qui a bien failli lui faire passer l'arme à gauche. 

Les héros masqués, ce n'est pas ce qui manque depuis quelques temps. Et en être un, ce n'est pas une sinécure ! Et Ryan Reynolds en sait quelque chose... L'acteur canadien a déjà revêtu ce costume de personnages hyperprotéinés et prêt à en découdre avec ceux qui le titillent (Blade, X-Men Origins - Wolverine, Green Lantern). Avec Deadpool, Hollywood lui confie une seconde, voire quatrième, chance d'incarner un homme pas comme les autres, avec cette fois pour objectif de lancer une nouvelle franchise dans l'univers Marvel version Disney (ayant déjà rapporté plus de 8,5 milliards de dollars), concurrencé par DC Comics (Warner) (avec bientôt Batman VS Superman). Grosse pression sur les épaules (larges) du blondinet, éternel espoir en devenir. Avec Deadpool, pari gagné !

Cette comédie méta joue sur l'ironie, l'autodérision jusqu'à l'humour pince-sans rire trashouille, du générique (petit conseil : lire les descriptifs donnés en lieu et place des noms des comédiens) à la dernière image après générique très drôle aussi (Marvel oblige...). Deadpool (sous l'égide de la Fox) ne ressemble à aucun autre super hero movie, si ce n'est à un une comédie déjantée avec une pincée d'absurdité à la Monty Python, une volée de violence à la Spartacus (version non censurée, bien sûr) et un franc parler qui apporte une certaine fraîcheur au genre. Et cela fait du bien ! Voilà de quoi dépoussiérer le concept de film de super héros, qui aurait tendance à tourner autour des mêmes ressorts et une originalité lissée (bien attaquée par l'anti-héros lui-même dans le film !)


Si le film de Tim Miller fait figure d'outsider et de poil à gratter du genre, c'est qu'il s'autorise à ne pas se limiter, le tout pour un budget rikiki. Une tendance trash et cynique qui dénote (mais reste contenue) lui donne une saveur toute particulière dans cet univers marvélien conformiste et bien pensant (reste à voir si Suicide Squad chez Warner ira plus loin...). Avec sa campagne de pub matraquant le côté hors-norme du personnage (dont personne était dupe...), le film joue carte sur table en annonçant la couleur dès la scène d'intro (sensibles s'abstenir...). Mais au-delà du trash et de l'irrévérencieux, Deadpool s'avère plus surprenant que prévu mélangeant vannes franchement osées et drôles (difficilement imaginables dans le cadre d'un grand studio) et moments plus émotionnels, sans faire retomber l'atmosphère enragée du long-métrage. Manquent peut-être juste une réalisation en contre-pied et un rythme moins attendu (les répliques drôles tombent souvent de façon attendue). Tout de même interdit aux moins de 17 ans aux USA (faut être gonflé pour le faire...), le film est un pari osé mais judicieux car cette interdiction permet aux scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick (et aux impro de Ryan Reynolds) de retrouver l'essence du comics originel. 

Pour cause de "petit budget", Ryan Reynolds passe plus de temps sous le masque qu'à l'air libre (le maquillage d'une peau brûlée "façon pizza aux pepperoni") coûte apparemment cher). Mais ce petit porte-monnaie a du bon... Il se concentre sur moins de personnages, mais beaucoup plus fouillés, les scènes d'action sont peu nombreuses mais très réussies, et la structure en flash back permet de se plonger directement dans l'histoire, sans négliger d'expliquer le pourquoi-du-comment cet homme banal est devenu l'acharné revanchard Deadpool. Les fans de la première heure le trouveront un peu trop cool et pas assez cruel... tout est relatif. Qui de mieux que Ryan Reynolds, l'éternel risée des films de super héros, pour se foutre de la gueule de lui-même ? Il semble avoir pris plaisir à se dézingueur tout seul (sens de l'auto-dérision déjà aperçu dans The Voices de Marjane Satrapi). Une "renaissance" méritée pour l'acteur ? Sans aucun doute.

En résumé : Film étonnant, méchamment drôle et délicieusement irrévérencieux (peut-être moins que prévu...) où les dialogues sont le vrai point fort de cette comédie. Evidemment, à voir en VOST pour éviter l'appauvrissement des vannes dans la traduction...

PS : Une courte scène du générique de fin est gardée au chaud pour la sortie officielle de la comédie super-héroïque, révèlent les scénaristes Rhett Reese et Paul Wernick au site CinemaBlend :
"Il y en a une que le studio ne veut pas montrer avant que le film soit visible dans les cinémas. Vous pouvez donc dire au public qu’il y a deux séquences dans le générique, mais que vous n’en avez vu qu’une".
Soyez donc vigilants !


samedi 6 février 2016

[Avis] High Rise : Folie à tous les étages (06/04/16)

HIGH RISE

De Ben Weathley
Avec Tom Hiddleston, Luke Evans, Elisabeth Moss, Sienna MIller, Jeremy Irons...

Sortie le 6 avril 2016


1975. En quête tranquillité, le Dr Robert Laing emménage dans un nouvel appartement au milieu d'une tour tout juste achevée, près de Londres. Mais il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n'ont pas l'intention de le laisser en paix... Bientôt, il se prend à leur jeu. C'est alors qu'il ose tout pour faire respecter sa position sociale, ses bonnes manières. Mais sa santé mentale commencent à se détériorer en même temps que l'immeuble : les éclairages et l'ascenseur ne fonctionnent plus, l'eau vient à manquer, mais la fête continue ! L'alcool est devenu la première monnaie d'échange et le sexe un remède à tous les maux... Va-t-il s'en sortir indemne ?




En quatre films (Down Terrace, Kill List, Touristes et English Revolution), le talent non-conventionnel du prolifique Ben Weathley n'est plus à prouver. La preuve en est qu'il a réussi à réunir un casting international conséquent pour High Rise. Ce dernier long-métrage, satire sociale, est adapté du roman I.G.H. de J. G. Ballard (dont la plume a déjà inspiré les films Crash et L'Empire du Soleil). Immanquablement, on retrouve en toile de fond le film Le Transperceneige, histoire d'un train en rotation perpétuelle autour de la Terre dans lequel la population est répartie selon la classe sociale de ses habitants. Dans cette tour retro-futuriste d'un nouveau genre, la hauteur de l'étage indique le niveau social de chaque propriétaire. Et comme dans le film de Joon-ho Bong, la situation va vite dégénérer en lutte sanglante lorsqu'un habitant "d'en bas" ose monter.

A coup de jurons, d'hémoglobine, de sexe décomplexé, le réalisateur continue de faire usage de son humour macabre, avec un style très personnel et reconnaissable. Son monde totalement barré, à la limite de faire sens, a presque l'air tangible et ordinaire. Comme si la folie faisait partie de la norme. Mais finalement tellement balisée, elle finit par mettre le spectateur sur le carreau. On voudrait bien faire partie du délire, mais cette aliénation virulente et agressive, tant au niveau visuel -- faussement glossy -- qu'au niveau sonore, empêche l'empathie avec les personnages. Pourtant, celui de Wilder (incarné par Luke Evans), aussi repoussant et meurtrier soit-il, inspire l'espoir. C'est à lui qu'on doit l'ascension des autres, tel un inspirateur au mieux-vivre. Mais, il n'y a rien à faire, on ne se connecte pas à eux malgré les horreurs qui leur arrivent et la performance impeccable des acteurs. On finit par se contrecarrer de ce qui peut leur arriver. Résultat, le récit vire à l'ennui, et le propos devient redondant, voire étiré à n'en plus finir, et finit par nous désintéresser. Pourtant, l'idée de départ de High Rise est ancrée dans une réalité contemporaine on ne peut plus vive. Mais Weathley a préféré se défaire de son matériau de base et la métaphore de la tour comme modèle du capitalisme vs communisme se brise. D'ailleurs, il ne s'embête pas à matérialiser ce qui empêche les habitants de changer d'étages. Et l'étincelle qui met le feu aux poudres n'a rien d'économique.

Seul peut être Tom Hiddleston tire son épingle du jeu en étant finalement le personnage le plus intéressant car le plus dangereux. Et sans être un serial killer. On connaissait les goûts de l'acteur britannique pour les personnages doubles, le mélancolique (Only lovers left alive), le gothique (Crimson Peak), voire le macabre. Avec le Dr Laing, il surfe sur la confusion avec aise. Son air détaché fonctionne dans ce chaos où les règles ont été jetées par la fenêtre. Dangereux car il voit le monde autour de lui s'écrouler mais ne fait rien pour l'arrêter, et même pire, il apprend à s'adapter, se créant ses règles pragmatiques. C'est ainsi qu'il finit par se contenter du chien d'un des voisins cuit à la broche sur sa terrasse !

En résumé : Un film déroutant, non pas par sa folie, sa violence et son anti-conformisme, mais par son bordel inorganisé, à qui il manque menace, humour et apogée pour avoir un véritable sens. Le réalisateur et sa scénariste se sont fait manger tout cru par leur création.



lundi 1 février 2016

[Avis] A bigger splash : Dans la chaleur manipulatrice (06/04/16)

A BIGGER SPLASH


De Luca Guadagnino
Avec Tilda Swinton, Ralph Fiennes, Dakota Johnson, Matthias Schœnaerts...

Sortie le 6 avril 2016



Paul et Marianne passent des vacances tranquilles dans leur villa sur une île italienne (près de Lampedusa ?) lorsque débarquent sans prévenir leur vieil ami Harry et sa fille Penelope. L'intrus, sans gêne et braillard, n'est pas bienvenu. Marianne, une chanteuse de rock célèbre a récemment été opérée des cordes vocales, et elle a besoin de calme pour retrouver sa voix. Or, Harry n'a rien de reposant : c'est un hédoniste bavard et manipulateur, accessoirement ancien manager et amant de Marianne pendant 6 ans, avant d'être à l'origine de la rencontre entre la chanteuse et Paul. Et s'il est là, ce n'est pas pour admirer le paysage !


(Critique à venir)


En résumé : A Bigger Splash 
est un film complexe, ambigu, parfois énervant et trop chargé de références pour son propre bien.


dimanche 31 janvier 2016

[Avis] Brooklyn : Entre (eux) deux mon cœur balance (09/03/16)

BROOKLYN

De John Crowley (d'après le roman de Colm Toibin)
Avec Saoirse Ronan, Dohmnall Gleeson, Emory Cohen, Jim Broadbent, Julie Walters

Sortie le 9 mars 2016


Dans les années 1950. Eilis est une jeune femme irlandaise discrète, serviable, aimante et "comme il faut". Elle aime sa famille et son pays mais elle est attirée par une vie plus tumultueuse de l'autre côté de l'Atlantique. Grâce à une connaissance, elle finit par faire ses valises et faire la traversée. À New York, l'attendent travail, logement et... de nouvelles aventures ! Son mal du pays s'envole lorsqu'elle rencontre Tony, une jeune plombier italien qui n'a d'yeux que pour elle. Mais une mauvaise nouvelle vient troubler son bonheur. Ellis est obligée de retourner dans son Irlande natale. Là-bas, elle se retrouve tirailler entre sa nouvelle vie et son passé, écartelée entre deux pays, et deux soupirants.

Il est des films comme Brooklyn qui suspend le temps pour laisser place à une parenthèse amoureuse aux couleurs pastel, où les sentiments résonnent dans une narration douce, sans pour autant tomber dans la bluette sans intérêt. John Crowley (Boy A, Closed Circuit) étonne par son choix. Il signe ici une réalisation au classicisme délicat, très légèrement surannée mais qui ne sent pas la naphtaline. Une histoire d'amour où une femme partagée entre deux hommes et deux pays n'a pas la palme de l'originalité, mais le charme opère malgré tout. 
La mise en scène est sobre et minimaliste ce qui lui évite de tomber dans la facilité du tire-larme, son scénario d'une puissance romanesque évite les gros clichés bien lourdauds, et sa photographie nous embarque dans un univers rétro tout droit sorti des magazines féminins de l'époque.
Quant aux interprètes, ils sont mignons à croquer. Chacun dans leur style. Domhnall Gleeson et Emory Cohen ont tous deux un charme bien à eux et désarmants, transpirant la gentillesse et de sentiments bienveillants pour leur belle. Saoirse Ronan n'a pas volé sa nomination aux Oscars. Son interprétation toute en retenue la rend fragile et attachante sans pour autant la transformer en midinette en détresse des années 1950. Elle dose et dégage ce qu'il faut d'égarement, de confusion et d'impertinence pour faire d'Eilis une héroïne délicate passant de l'enfance à l'âge adulte.


En résumé : un joli film d'amour classique et délicieux, qui fera balancer les cœurs des spectateurs les plus tendres comme celui de son héroïne, sans pour autant tomber dans le sentimentalisme à deux sous.

 

samedi 30 janvier 2016

[Avis] The Revenant : Transformation héroïque (24/02/16)

THE REVENANT

De Alejandro G. Inarritu
Avec Leonardo Di Caprio, Tom Hardy (Legend), Domhnall Gleeson (Ex Machina, Il était temps, Brooklyn), Will Poulter (Une famille en herbe), Forrest Goodluck, Paul Anderson (Legend), Kristoffer Joner (Babycall)...

Sortie le 24 février 2016

Inspiré de faits réels...
Hugh Glass est un trappeur au temps où l'Amérique était encore profondément sauvage. Après une féroce attaque d'ours, il a été abandonné par ses équipiers, laissé pour mort. Mais Glass fait partie de ces hommes qui ne s'avouent pas facilement vaincus. Poussé par l'envie farouche de vivre et de se venger, il va parcourir seul plus de 300 km armé de son courage et de son amour pour sa femme disparue et son fils, assassiné sous ses yeux. Sa volonté sans faille va transformer son périple en acte héroïque pour traverser de nombreux obstacles, revenir dans son camp et trouver la paix.

Alejandro G. Inarritu semble se faire un devoir de faire de plus en plus grand et dément sur la planète Hollywood, compilant tout ce qui travaille le cinéma contemporain. Sur le papier, The Revenant avait de quoi faire peur au vu de la tâche à accomplir, ou de quoi frustrer si le résultat n'était pas à la hauteur de la volonté de son réalisateur et des attentes du public. Mais le Mexicain a plus d'un tour dans son sac et offre un film à la fois puissant, sanglant, démesuré, épuisant, beau et poétique. L'immersion dans ces étendues glacées est totale, et si la trame dramatique du survival est simple, les moyens humains et techniques déployés sont de taille XXL. Une course à la performance qui semble n'avoir qu'un but : fabriquer l'écrin parfait pour que sa star principale obtienne sa statuette dorée tant attendue (et méritée !). Et cela marche puisque Inarritu et DiCaprio sont tous deux nommés aux Oscars. 

Cette histoire vraie, déjà portée à l'écran par Richard Sarafian dans Le Convoi sauvage (1971), est basée sur le lâcher prise face à une nature hostile, l'endurance d'un homme ayant tout perdu, et une certaine communion entre l'homme et l'animal qui est en lui. Et animal, Leonardo Di Caprio l'est devenu sans aucun doute. Pendant plus de 2h, il brave la neige, un grizzli, la faim, les Indiens, le tout en grognant, bavant, vociférant telle une bête enragée. Et il va jusqu'au bout de son personnage en mangeant des feuilles, de la moelle à même le squelette, et même du foie de bison pour faire "plus vrai que la réalité". Rien ne lui (nous) est épargné. Impliqué à l'extrême, il dépasse toutes les limites. L'attaque de l'ours donne le vertige. Elle est tellement réaliste qu'elle a valu à ses concepteurs d'images de synthèse une nomination dans la catégorie Meilleurs effets spéciaux. Mais fallait-il en arriver jusque-là pour atteindre le Graal ? 

Tout ce qu'endure Hugh Glass finit par laisser perplexe, et à force d'en faire trop, on finit par décrocher émotionnellement. "Leo" et son personnage se détachent l'un de l'autre, et on ne voit plus que la performance de l'acteur. Ses épreuves finissent par être excessives, et les effets de caméra, très présente, n'arrangent rien. À grand renfort de métaphores surjouées à coup de contre-plongée (souvent sur des arbres), de gros plans en grand angle, de giclées de sang et de boue sur la lentille, on entre dans un symbolisme un peu imposé à coups de massue. Une technique dans l'artificiel à chaque plan (et de rajouter par la même occasion des longueurs) jusqu'à la voix off finale, inutile. Et les métaphores, Inarritu en use et abuse pour surligner un peu plus les difficultés du personnage. Il aime faire croire à la mort de ses personnages principaux (dans Birdman, Riggan Thomson semble se suicider plusieurs fois), mais là, il décide de faire renaître Hugh Glass encore et encore : lorsqu'il revêt une peau d'ours ou sort littéralement d'un cheval qu'il a évidé pour y passer la nuit... Spectacle garanti entre lyrisme et brutalité, mais fatigant à la longue. 


En résumé : Un film intense et éprouvant (physiquement) car il fait appel à tous les sens et toutes les émotions... Dommage que la caméra en fasse parfois trop pour imposer le tour de force du réalisateur et de son acteur, néanmoins impressionnant.

vendredi 8 janvier 2016

[Avis] The Danish Girl : une histoire d'amour inconditionnel (20/01/16)

THE DANISH GIRL

De Tom Hooper
Avec Eddie Redmayne, Alicia Vikander, Amber Heard, Ben Wishaw, Matthias Schoenaerts... 
Sortie : 20 janvier 2016


Copenhague, dans les années 1920. Einar Wegener est un artiste peintre paysagiste  danois renommé, vivant avec sa femme Gerda, elle-même portraitiste mondaine, mais boudée par les galeristes. Peu importe. Ils s'aiment d'amour véritable, voire fusionnel,  faisant de leur union une symbiose professionnelle et personnelle totale. Jusqu'au jour où, Gerda, pressée de finir un tableau demande à Einar de remplacer son modèle : une ballerine. L'expérience s'avère des plus troublantes pour le jeune homme, qui prend peu à peu conscience qu'il se sent plus femme qu'homme. Il se travestit et devient alors Lili. Tandis qu'il s'approprie son identité petit à petit, Gerda l'accepte tel qu'il/elle est et en fait sa muse. Elle devient la nouvelle artiste à succès. Mais c'est sans compter la désapprobation de la société danoise. Ils partent vivre à Paris où le couple évolue, se transforme, et va partager l'une des épreuves les plus difficiles : l'opération chirurgicale de réattribution sexuelle, pour que Lili soit elle-même, corps et esprit.

Il serait bien maladroit de résumer The Danish Girl simplement par l'exploit médical pionnier  par lequel Lili est "devenue pleinement femme". Il parle d'un sujet rarement traité au cinéma mais avec des thèmes universels : les revers de la vie et la possibilité de les surpasser à deux, mais aussi des blocages qui nous empêchent d'être le meilleur de nous-mêmes et la façon qu'on a de les faire voler en éclat. Le scénario de Lucinda Coxon est empli de bonté, d'espoir, de sensibilité et aussi de dureté dans ce combat sans tomber dans le larmoiement.

Le film s'attarde davantage sur les atermoiements et les réminiscences d'un homme qui finalement n'a jamais été bien dans son corps. Mais il fait surtout la part belle au dévouement et à l'abnégation de sa femme qui accepte tout par amour et accompagne son mari/âme sœur dans toutes ses épreuves. Car s'il est bien un personnage fort et bouleversant, c'est celui de Gerda. Alicia Vikander (Ex Machina, Royal Affair...), femme-enfant, mutine et fatale à la fois, incarne l'artiste avec une sobriété attachante. Tour à tour déboussolée et solide comme un roc, elle n'a d'yeux pour celui dont elle doit faire le deuil. Sa vie bascule, et pourtant, elle fait tout pour sauver la vie de celui qui est plus qu'un partenaire de vie. Son duo avec Eddie Reydmane paraît être une évidence.  L'alchimie fonctionne à merveille. Le reste du casting n'en démérite pas moins : Matthias Schoenaerts, Ben Wishaw et Amber Heard apparaissent peu longtemps à l'écran mais dévoilent des personnages à la fois majestueux et à fleur de peau.

C'est avec une mise en scène classique, voire académique, que Tom Hooper (Les Misérablesadaptée roman de David Elbershoff, traduit en 20 langues. Avec un tel sujet, le réalisateur n'a pas pris le risque de choquer la société bien-pensante avec une forme criarde et impertinente. Les décors, intérieurs comme extérieurs, sont traités comme des tableaux, tels les paysages évanescents. Mais si les décors chics et les costumes d'époque ne froisseront aucun œil, l'interprétation d'Eddie Redmayne, bouleversant au début de sa transformation, risque d'en agacer plus d'un au bout d'une heure (si ce n'est avant...). L'acteur, oscarisé pour son rôle de Stephen Hopkins dans Une merveilleuse histoire du temps l'année dernière, est pétri de mimiques sur-jouées et minaude à tout bout de champ. Pourtant, il nous surprend dès le début par sa délicatesse, sa gestuelle féminine quasi naturelle et sa beauté androgyne parfaite pour ce rôle. Mais trop, c'est trop ! Il tombe dans une mièvrerie ennuyeuse et pleurnicharde. Mal dirigé ? Trop personnellement bousculé par ce trouble identitaire ? Si je ne l'appréciais pas autant, je dirais que c'est du gâchis...

En résumé : une histoire d'amour unique et extra-ordinaire, dans laquelle on s'attache à tous les personnages. Une mention spéciale à Alicia Vikander qui, assurément, devient une actrice incontournable. Et bientôt Oscarisée ? On lui souhaite.

jeudi 7 janvier 2016

[Avis] Legend ou la femme fait la ruine de l'homme (20/01/16)

LEGEND

De Brian Helgeland
Avec Tom Hardy, Emily Browning, Paul Anderson, Christopher Eccleston, Taron Egerton...
Sortie : 20 janvier 2016

Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters du Royaume-Uni dans les années 1960, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable…

Les jumeaux Kray font encore aujourd'hui l'objet d'histoires les plus invraisemblables, et leur réputation continue de grandir. Reggie, flegmatique et séduisant, Ron violent et totalement instable (diagnostiqué schizophrène paranoïaque, tout de même...) étaient les boss de la Firme, face noire cachée d'un ville qui explosait culturellement. Un matériau de choix pour Brian Helgeland, qui depuis Payback a du mal à faire sa place à Hollywood en tant que réalisateur. Et qui de mieux que Tom Hardy pour les incarner ! On lui connaissait un côté animal et bourru (WarriorDes Hommes sans loiMad Max : Fury RoadThe Dark Knight RisesThe Revenant (critique à venir)...), mais sa performance dans Legend relève de plus de subtilité. Dans ce rôle double, l'acteur parvient à faire exister pleinement les deux frères sans jamais être redondant, ni s'engouffrer dans l'excès. Il incarne ses propres facettes publiques : celle star/belle gueule sur papier glacé, charmeur magnétique et charismatique tel un acteur à l'ancienne, et celle d'un bad boy excentrique drôle, préférant le rentre-dedans frontal au politiquement correct. Ainsi, il oscille entre comédie et tragédie (secondé par des acteurs excellents), faisant des jumeaux Kray des êtres humains finalement comme les autres. Car c'est d'abord à la dimension humaine qu'Helgeland s'attache.

Legend n'est pas un film de gangster à proprement parler : les activités criminelles des frères sont le plus souvent placées en hors-champ. Avec une mise en scène plutôt classique passant du large à l'intimisteHelgeland décortique les relations psychologiques et physiques entretenues par les personnages. Tous gravitent entre le Londres des faubourgs populaires de l'East End et les clubs clinquants où se mêlent vedettes et voyous. La brutalité est présente et frontale, mais elle est filmée de façon bizarrement presque clownesque. Comme pour laisser plus de profondeur au drame familial qui se joue en parallèle : la rivalité des frères partagés entre leur amour familial fusionnel et leur façon opposée de diriger leurs affaires, et les amours contrariées entre Reggie et Frances (fabuleuse Emily Browning), cette dernière voulant une vie simple sans criminalité, chose impossible à abandonner pour Reggie.

En résumé : Plongée instantanée et passionnante dans l'univers des Swinging Sixties (vous reconnaîtrez la chanteuse Duffy au micro) avec un thriller criminel captivant et des interprétations impeccables. 


mercredi 6 janvier 2016

[Avis] Spotlight : profession de foi faite au journalisme (27/01/16)

SPOTLIGHT

De Thomas McCarthy
Avec Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Liev Schreiber, John Slattery, Stanley Tucci...
Sortie le 27 Janvier 2016


Adapté de faits réels...
Spotlight est le nom d'une bande de journalistes d'investigation du journal Boston Globe. Au sein de cette rédaction, 4 journalistes entêtés cherchant la vérité quoiqu'il en coûte. À force de travail de persuasion et de persévérance, ils ont mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Ils ont enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête, couronnée par le prestigieux prix Pulitzer, révèlera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.

Le journalisme au cinéma bien mis en scène est un peu le mouton à 5 pattes : matière ardue difficile à adapter sans tomber dans l'excès du sensationnalisme, du jargon professionnel incompréhensible ou du prétexte scénaristique (Paper BoyBel Ami). A de rares exceptions près comme les excellents Les Hommes du président ou Diversions. Mais Thomas McCarthy ne tombent pas dans le panneau. Il n'a pas besoin d'en faire des caisses pour sonner juste. Tous les ingrédients sont là : des journalistes qui bossent sans regarder leur montre, mangent des restes de pizza entre des coups de téléphone incessants, et dont la vie privée part en sucette. Des bruits de tapotements de clavier ininterrompus, des moments d'intimidation par un corrompu, une période où l'enquête piétine jusqu'au tuyau essentiel donné par un indic' façon agent secret de la dernière chance...

Avec une mise en scène discrète, sans être académique, McCarthy laisse toute la place à ses acteurs investis, charismatiques, déterminés, voire même fascinants. Ces journalistes ne sont pas des stars, ni des héros en mal de reconnaissance ou de combats. Ils carburent à la recherche de vérités tout en respectant une éthique en or massif, tel un sacerdoce. Le réalisateur, parfois lui-même acteur, s'est sans doute inspiré de son rôle de journaliste dans la saison 5 de The Wire, questionnant les liens entre le 4e pouvoir, les politiciens et la police. Une plongée dans le monde du journalisme d'investigation quasi documentaire, tout en étant accessible à tous. 

Spotlight s'avère bien plus un thriller qu'une enquête documentaire. Les personnages jousque-boutistes sont servis par un scénario volontairement anti-spectaculaire, intelligent, posant de vraies questions de fond, dont la plume sait être sensible mais pas larmoyante malgré la gravité du sujet. L'enquête donne aussi la parole aux victimes, sans pathos ni voyeurisme. Il n'en oublie pas moins d'être réaliste, ne concédant aucune aseptisation des faits, évoqués sans jugement ni censure. Spotlight fait ainsi partie des rares films capables de parler de choses tragiques tout en divertissant. Il trouve la parfaite distance entre le film à suspens et le film-reportage, entre colère et amusement (car les journalistes peuvent aussi être drôles !), indignation et divertissement. Une véritable profession de foi à la presse écrite... de qualité.

En résumé : Un film intelligent, sans effusion, qui ne laisse pas de marbre et incite au respect de ceux qui se battent pour la vérité sans transiger. Nulle doute qu'il laissera indifférent l'Académie des Oscars. 

mercredi 16 décembre 2015

[Mini-critique] Star Wars : le réveil de la force : Abrams un copieur très habile (16/12/2015)

STAR WARS : LE REVEIL DE LA FORCE 



De J. J. Abrams
Avec Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Adam Driver, Harrison Ford, Carrie Fisher, Lupita Nyong'o, Domhnall Gleeson, Andy Serkis...



Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… Des années ont passé depuis que l’Alliance rebelle a terrassé l’Empire. Luke Skywalker, chevalier Jedi qui a permis cette victoire historique, est porté disparu. Sa sœur, Leia devenue Générale tente de retrouver sa trace alors que les troupes armées du Premier Ordre sèment la terreur dans la galaxie… 


Vous n'en saurez pas plus car il serait criminel de vous en révéler davantage, selon Disney/Lucasfilm. Que peut-on dire donc sans rien spoiler ? J. J. Abrams est un fan de la première trilogie et cela se sent. Il respecte ce qui compte vraiment, livrant avec Le Réveil de la Force à la fois un remake et une suite dans la continuité de la dernière trilogie. En résumé, il a fait du neuf avec du vieux. C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures sauces. Heureusement, le résultat final n'a pas collé à la marmite ! Il est plutôt efficace et divertissant sans être spectaculaire, mais sans éviter quelques écueils.

J.J. Abrams, opère un retour aux fondamentaux salvateur, préférant se concentrer sur la tragédie familiale plutôt que se noyer dans un déluge d’effets spéciaux aseptiséIl mise sur la nostalgie des retrouvailles en faisant revenir des personnages cultes (quelques rides en plus) ayant marqué de manière indélébile toute une génération, et en ajoutant du sang neuf avec de jeunes padawans prenant la relève avec brio. Daisy Ridley et John Boyega gagnent en épaisseur au fur et à mesure du film et gagnent la confiance du spectateur pour la suite. Quant au magnétique Adam Driver, il arrive à jouer les équilibristes entre force et fragilité avec subtilité.

Le réalisateur construit un univers cohérent avec celui de la saga d’origine. On replonge dans l'univers sans trop de difficultés, comme si on était en 1986 (les scènes d'intérieur des vaisseaux ennemis sortent tout droit de la première trilogie). Mais il instille discrètement des touches de modernité (une héroïne bad-ass et super dégourdie, un héros black...). De nombreux rebondissements et faits font lien avec l'actualité et l'évolution politique du monde contemporain, donnant à cet Episode VII un côté très actuel. Il déploie une narration fragmentée mais avec un rythme pied au plancher (parfois trop rapides). on ne voit pas les 2h15 passer. Les scènes d’action sont trépidantes, et enchaînent des révélations (cruciales) en cascade (non, je ne dévoilerai rien !) dans la deuxième partie du film. Le tout sans oublier les marques (légères) d’humour et la romance, qui combleront les fans. Qui ne craquerait pas pour le nouveau petit robot BB-8 ?!

Quelques  regrets tout de même : un épilogue un peu expédié et un dernier acte qui se perd dans une série de combats un peu foutraques et mal agencés. Il nous manque de vrais morceaux de bravoure cinématographique marquant les esprits (ex : le combat avec Darth Maul ou la course de pods...). Et si les effets spéciaux ne sont pas 100% artisanaux (ce qui paraît évident pour ce genre de blockbuster), on retrouve des créatures masquées en plastique plutôt bien faites ! Dommage que les personnages en images de synthèse joués par Lupita Nyong'o et Andy Serkis soient si peu réussis (Spoiler : (ligne à surligner si vous voulez le lire) le second ressemblant beaucoup trop à Voldemort).


Quand même... un goût de déjà-vu
Le scénario n'est pas forcément original, puisqu'il suit le même chemin narratif que l'épisode I - Un nouvel espoir, avec quelques emprunts à L'Empire contre-attaque (SPOILER (suite à surligner si vous voulez la lire) : le garçon de ferme qui s'ennuie ferme sur Tatooine est devenu une jeune femme à la recherche de pièces détachées de vaisseaux à vendre pour survivre, R2-D2 poursuivi par les troupes de l'Empire est remplacé par un droïde pourchassé par le Premier Ordre car il détient un secret immense; le costume du méchant Kylo-Ren est physiquement une copie made in China de Dark Vador, dont la filiation est à nouveau révélé sur une passerelle, au-dessus du vide dans une base spatiale sombre et glaçante... Il ne manque plus que la célèbre réplique "je suis ton père" ! Le bar où Luke et Han Solo se rencontre la première fois est repris, peuplé de nouvelles créatures galactiques. Même l'Etoile de la Mort est présente, en modèle plus grand)


Le retour du héros qu'on n'attendait plus
Malgré ses 73 ans (si si !) Harrison Ford renaît lui aussi ! Dès ses premières répliques, on sent que l'acteur est ravi d'être là et fait oublié ses derniers rôles joués en pilote automatique (et fait oublié le désastreux Indiana Jones 4). Tel un gamin, il pilote le Falcon Millenium le regard pétillant et malicieux, et partage avec une tendresse non feinte ses retrouvailles avec Carrie Fischer, alias Leia. 


Pour résumer : un opus plus violent que les précédent qui rebooster la saga, et qui fera sans nul doute de nouveaux adeptes parmi la nouvelle génération.

Messages les plus consultés