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jeudi 31 mars 2016

[Avis] Jem et les hologrammes : Quand youtube fait sa promo (13/04/16)

JEM ET LES HOLOGRAMMES

De Jon M. Chu

Avec Aubrey Peeples, Stefanie Scott, Aurora Perrineau, Hayley Kiyoko, Ryan Guzman, Molly Ringwald et Juliette Lewis.

Sortie le 13 avril 2016



Jerrica est une ado ayant atterri avec sa sœur chez sa tante après la mort de son père. Elle y a rejoint deux autres fillettes, orphelines comme elles. Secrète et réservée, perdue dans une toute petite ville, Jerrica (surnommée Jem par son paternel) couche sur papier ses émotions en écrivant des chansons. Elle devient du jour au lendemain un phénomène mondial malgré elle grâce à une vidéo en cachette postée sur le Net par sa sœur. Repérée par une directrice de maison de disque, elle va alors vivre une aventure unique, mais pas sans ses 3 sœurs. Ces quatre musiciennes en herbe vont appréhender leur nouvelle célébrité avec créativité, folie, et courage, mais aussi fêlures et disputes.

Hasbro a encore frappé ! Après l'adaptation sur grand écran de son jeu de bataille navale avec Battleship, le voilà de retour avec celle d'un dessin animé (un peu idiot) ayant bercé l'enfance des trentenaires/jeunes quadra lors des après-midi Dorothée. 
Les premières images nous montraient une histoire d'ados à la recherche d'une gloire sans l'avoir vraiment demandée, mais qui ruinait leur lien sous prétexte de jalousie et de prise de tête... On attendait le happy end après une période de turbulences conclu par un message rempli de valeurs universelles les faisant grandir... rien de bien nouveau en somme, me direz-vous !

Malgré de nombreux défauts scénaristiques, de réalisation et de grosses ficelles, Jem et les hologrammes a quelque chose de sympathique et de bon enfant. Ce n'est effectivement pas le film de l'année (il est resté environ 2 semaines sur les écrans américains) mais il est plein de bonnes intentions. Dommage qu'elles soient balancées sans précaution créant un joyeux bazar, faisant du film un fourre-tout un peu schizophrène sur les bords.

Le film est souvent victime de son créateur initial, Hasbro. Grâce aux moyens conséquents du studio Universal, le réalisateur se fait plaisir dans les scènes de concert en filmant un clip vidéo géant. Normal, l'homme est habitué aux films de danse et de musique (Justin Bieber's Believe, Justin Bieber : Never say Never, Sexy Dance 2 & 3) et à de gros budgets (G.I Joe : Conspiration, Insaisissables 2 à venir). Résultat, Jem et les hologrammes a ce côté produit marketing pré-fabriqué avec ses chansons entêtantes qui ne manqueront pas de finir sur iTunes ou autres plateformes virtuelles. Mais il ne relancera sûrement la mode des années 1980, si présente et subtilement modernisée dans le film... :) Les fans de guitares en forme d'étoile et de mini synthé portable, de paillettes et d'épaulettes, de maquillage à la Kiss seront ravis de faire un bon dans le temps !

Le réalisateur a pris le parti d'entrecouper les scènes de disputes, de tension ou de colère avec des vidéos de Youtubers montrant leurs différents talents ou leur gratitude à destination de leur idole, Jem. Pourquoi pas. Plutôt fun mais la technique répétitive finit par alourdir les scènes et devient inutile. Et que dire de l'apparition étonnante d'un robot (ressemblant au petit frère de BB-8 dans Star Wars 7) au milieu de l'histoire ? Arrivé comme un circuit dans le potage, il initie un jeu de piste lancé par le père défunt de Jem et donne au film un côté science-fiction / aventures plutôt bizarre. Etait-ce pour faire raccord avec le dessin animé dans lequel la machine appelée Synergie aide les chanteuses au quotidien ? Tout ça pour délivrer le message classique "sois toi-même, aies confiance et le courage de tes ambitions, utilise ton talent, blablabla..." Un peu tiré par les cheveux... Les plus jeunes s'y attacheront sans doute.

Outre le fait que le film ne respecte pas vraiment la série d'origine (ce qui n'est pas plus mal), il reste un teen movie avec tous les codes technologiques et sociologiques de leur génération : les stars éphémères passant de Youtube à la scène en un éclair, des fans hystériques et excessifs postant des vidéos pour remercier leur idole "d'avoir changé leur vie", l'invasion des réseaux sociaux... Et évidemment, le mauvais côté du succès rapide : les gens mal-intentionnés profitant de la poule aux œufs d'or naïve, la perte du libre-arbitre des artistes, voire de leurs identités... Un réveil des consciences qui n'aura sans doute aucun effet sur l'auditoire, biberonné à la télé-réalité et aux excès d'Internet.

Comme tout bon teen movie américain, on retrouve des personnages stéréotypés (la patronne du label harpie en chef juchée sur talons aiguilles et moulé dans un mini-short de cuir, le garde du corps idiot et bourrin, le beau-gosse aux ados d'acier / sans personnalité tombant dans les bras de l'héroïne, et pour les quotas américains, des "sœurs" de 3 origines ethniques différentes). Même si elle en fait des caisses, on a plaisir à voir Juliette Lewis dans la peau de la garce foldingue du label, loin de ses personnages froids et taiseux de séries telles que Wayward Pines et Secrets and lies. La jeune et jolie Audrey Peebles (actuellement dans la série musicale Nashville) a ce minois de la girl-next-door, ayant une légère ressemblance à Kristen Stewart, un beau brin de voix en plus. Elle forme avec ses consœurs de scène une belle équipe pleine d'énergie complice. Bonus : des caméos plutôt inattendus et souvent drôles...

En résumé : Jem et les hologrammes ne fait pas d'étincelles, mais à l'honnêteté de jouer la partition entamée dans la bande annonce : un film d'ados avec de bons sentiments. Si l'après pré-générique intronise les Misfits, rivales des Jem dans le dessin animé original, on peut douter de l'arrivée d'un second opus.

samedi 12 avril 2014

[Critique] Divergente : Combattre pour savoir qui l'on est… (9/04/14)

DIVERGENTE

De Neil Burger
Avec Shailene Woodley, Theo  James, Miles Teller, Kate Winslet…

Sortie le 9 avril 2014


Dans une société futuriste, anéantie par une guerre qui n'a pratiquement rien laissé, la population survivante est divisée en cinq groupes : les érudits, les les audacieux, les fraternels, les sincères et les altruistes. Chacun a un rôle précis à tenir. C'est à l'âge de 16 ans que les adolescents passent un test, confirmé ou non par leur choix propre le lendemain. Une fois choisi, le groupe ne peut être quitté. Grosse pression donc pour la jeune Béatrice, née et élevée chez les altruistes. Le jour du test, elle apprend qu'elle n'appartient à aucune caste, qu'elle est "divergente". Un statut qui angoisse autant celui qui le porte que la société qui doivent le "gérer". Elle représente une menace. Contre l'avis de sa famille, elle s'engage chez les audacieux, groupe d'intrépides, combattants sans peur, capables de défendre la population en cas de besoin. Elle va y découvrir une vie éprouvante remplie de mises à l'épreuve, et trouver qui elle est vraiment.


"La nature humaine a gâché la paix"


Divergente © SNDOn ne compte plus les films adaptés de best-sellers pour adolescents ces dernières années depuis le succès surprise du premier  Twilight : Sublimes Créatures, The Mortal Instruments, Les Âmes Vagabondes… Mais bien peu ont créé le succès au box-office. Tous aussi peu esthétiques et cousus de fils blancs… La route est donc ouverte au successeur de Hunger Games, digne d'intérêt au-delà des performances physiques de Jennifer Lawrence et des yeux de chiots perdus de Josh Hutcherson. Divergente peut donc créer al différence.

Soyons honnêtes, le film de Neil Burger n'a rien de "divergent" contrairement à ce qu'on veut bien nous faire croire. Il reprend tous les codes des teen movies sans en changer un iota, voire en resservant les mêmes ingérdients que dans Hunger Games : un monde post-apocalyptique où les gens sont ordonnés en castes, asservis par un pouvoir qui leur a échappé, une envie de révolte chez les plus jeunes, et une adolescente qui joue les sauveurs grâce à son courage et ses choix audacieux. Sans oublier la quête d'identité de l'héroïne, sa prise d'indépendance face à ses parents, son refus de se conformer aux normes, la difficulté des entraînements quasi militaires, la confiance placée en l'autre - ami ou ennemi… Des thèmes déjà abordés dans le récent, et injustement boudé, La Stratégie Ender. 

Divergente © Summit EntertainmentDivergente offre un thriller initiatique sur fonds de dérives plutôt intéressantes : une armée contrôlée par les érudits, sous prétexte qu'ils ont la connaissance, pour faire entrer la population dans le rang. Malgré une scène d'exposition bien trop longue, le film accroche le spectateur assez facilement. La réalisation sobre et tendue, et des moments de suspens intense, n'empêchent pas une photographie sombre et réaliste. Voilà qui fait oublier quelques maladresses comme des scènes drôles malgré-elles (elle, lui… un t-shirt enlevé… un tatouage révélé… je vous laisse deviner la suite. Ou une grande-roue escaladée avec la facilité d'une échelle. Ou encore un simple "Je t'aime" pour tout déclencher), un dénouement un peu parachuté comme un sabre dans une motte de beurre, et une romance dont les acteurs laissent penser qu'ils s'en seraient bien passée. Si le beau gosse de service Théo James est à l'aise dans son rôle de militaire sans peur et (presque) sans reproches, jouer les lovers n'est pas vraiment son truc. Mais il faut bien un peu de tendresse dans ce teen movie ! Mais attention, en prônant toujours l'abstinence avant le mariage ! Faudrait pas déconner, quand même…

Divergente 1 © SNDLe reste du casting original est assez inégal, entre stars du petit écran et du ciné indé, mais pas désagréable à regarder. Ainsi Shailene Woodley retrouve Miles Teller (toujours aussi tchatcheur et lourdingue), qu'elle a croisé dans The Spectacular Now. La demoiselle a bien grandi depuis La vie secrète d'une ado ordinaire. Elle n'a rien à envier à Jennifer Lawrence, même si, son charisme dans ce type de fille est peut être un petit peu en-dessous de celui de son aînée. Elle sera sûrement plus à l'aise dans le genre de Nos étoiles contraires à venir. Zoé Kravitz (fille de Lenny), joue désormais dans la cour des blockbusters, imitant son père présent dans les deux premiers volets de Hunger Games, et s'en sort pas si mal. Quant à Kate Winslet, improbable dans ce type de film, fait figure de relai inter-générationnel. Elle, physiquement transformée depuis l'énorme succès de Titanic, passe le flambeau à la génération suivante. L'héroïne déterminée et amoureuse du film de James Cameron est passée du côté obscure des personnages vindicatifs, digne représentante de l'âpreté politique. Et cela lui va bien !

En résumé : Malgré des inégalités, Divergente est un teen movie plutôt intelligent et bien fait, prenant trop peu de risques, qui (on espère) ne manquera pas de s'étoffer dans les volets suivants.

dimanche 24 novembre 2013

[Critique] Cet été-là : un été pour passer à l'âge adulte (27/11/13)

CET ÉTÉ-LÀ

De Nat Faxon et Jim Rash
Avec Steve Carrell, Toni Collette, Liam James, Sam Rockwell...

Sortie le 27 novembre 2013

Comme pour beaucoup d'ados, passer tout un été avec sa famille tient parfois de la corvée, voire de l'exploit. D'autant plus lorsque celle-ci est recomposée et dysfonctionnelle comme celle de Duncan. Entre son futur beau-père castrateur et qu'il déteste, sa mère soumise et dépassée, et sa demi-sœur écervelée et superficielle, Duncan se sent comme un poisson hors de l'eau. Introverti, trop éveillé pour son âge, mal sapé, une dégaine mal assurée, il a toutes les peines du monde à être sociable, même avec la jolie petite voisine un poil plus âgée que lui. C'est en faisant la connaissance d'Owen, gérant d'un parc aquatique, qu'il va retrouver le sourire et une confiance en lui, jusque-là inconnue.


L'adolescence est un sujet maintes fois porté à l'écran et finalement, très casse-gueule si on ne trouve pas les bons ingrédients. Coup de bol, le duo Faxon/Rash (déjà aux commandes de The Descendants) a  su concocter la bonne recette. Si les éléments de départ semblent basiques (une mise en scène formelle pour activer la carte réalisme, accompagné d'une mélancolie rêveuse et de personnages anti-conformistes et désinvoltes, le tout arrosé par une bande-son consensuelle), l'ensemble fonctionne parfaitement sans tomber dans la facilité ni dans l'extrême fragilité de l'âge dit "ingrat". 

Tricoté comme un récit initiatique du point de vue de Duncan, Cet été-là doit beaucoup au contexte particulièrement bancal, quasi inconfortable mais prenant, de cette famille et de son entourage, où les adultes se comportent comme de vrais gamins -- lorsqu'ils ne se dupent pas les uns les autres. Mais aussi à la performance de ses acteurs notamment celle du jeune Liam James, attachant paumé à la moue boudeuse, mais dont l'étincelle de vie ne demande qu'à être ravivée. Une véritable révélation (après une apparition dans 2012 de Roland Emerich).

Les adultes ne sont pas en reste : le premier rôle de salaud de Steve Carrell lui va comme un gant, Allison Janney est fabuleuse en alcoolique désinhibée (voilà qui la change de celui de l'épouse trompée dans Masters of Sex), Toni Collette en mère pleurant en silence. Et la cerise sur le gâteau reste le trop rare mais excellent Sam Rockwell, en ado attardé mais qui s'assume et le revendique. Avec son bagout au débit incroyable, sa présence scénique imposante et son humanité transpirante, il incarne un mentor décomplexé et touchant, faisant régner un bordel organisé dans le parc aquatique. Dès qu'il entre dans le cadre, les scènes prennent une autre dimension. Entre désenchantement et affirmation de soi, Cet été-là s'inscrit dans la plus pure pure tradition du genre, sans la révolutionner.


En résumé : on passe un bon moment devant cette comédie sans prétention mais d'une sincérité indéniable. Mais il y a quelques mois, j'aurais parié pour plus de fantaisies...


lundi 11 novembre 2013

Trois fois plus d'armes à feu dans des films US pour adolescents depuis 1985


La violence avec des armes à feu dans des films pouvant être vus par des enfants de moins de treize ans a plus que triplé depuis 1985 aux Etats-Unis, l'année à partir de laquelle le système de classification a été mis en place, selon une étude publiée lundi.
Ces films, classés "PG-13" ("parental guidance 13"), contenaient en 2011 et 2012 beaucoup plus de scènes violentes avec des armes à feu que ceux destinés aux adultes classés "R" ("restricted") pendant la même période, déplorent les auteurs. 
De plus, ces films ont été les plus populaires pendant ces deux dernières années. "Il est choquant de voir cette explosion de violence avec des armes dans des films qui visent le plus souvent directement un public d'adolescents", estime Brad Bushman, professeur de communication et de psychologie à l'Université d'Ohio, principal co-auteur de l'étude publiée en ligne par la revue américaine Pediatrics.

Cette tendance dans les films visant les adolescents est préoccupante, car de multiples recherches ont montré que la présence ou l'image d'une arme accroît l'aggressivité des personnes envers les autres.
La classification PG-13 aux Etats-Unis met fermement en garde les parents contre le fait que certaines scènes pourraient être déconseillées aux moins de treize ans mais ne devraient jamais contenir de la violence tombant dans la catégorie des films "R" réservés aux adultes (plus de 17 ans), relève Brad Bushman.
"Il apparaît que les films contenant des scènes de sexe tombent le plus souvent dans la catégorie (des films) réservés aux adultes que ceux contenant de la violence", ajoute-t-il. Ces chercheurs ont étudié 915 films sortis entre 1950 et 2012 qui étaient dans les trente plus populaires chaque année durant cette période de 62 ans. Ils ont trouvé des scènes de cinq minutes de violence jouées par chacun des personnages de ces films et déterminé si des armes à feu étaient utilisées.
Au total, les scènes de violence ont presque quadruplé entre 1950 et 2010. Depuis 1985, année à partir de laquelle les classifications de films ont été mises en place aux Etats-Unis, 94% des 367 longs métrages étudiés contenaient au moins une séquence de plus de cinq minutes avec de la violence, montrent l'étude.
Au total ces films avaient 700 scènes de violence avec des armes à feu. Dans les films réservés aux adultes le nombre moyen de scènes de violence avec des armes à feu est resté quasiment inchangé (1,54 scène par heure) de 1985 à 2010. Pour les films PG-13, ils ne contenaient quasiment aucune séquence de violence avec des armes en 1985. Mais à partir de cette période la fréquence de ces scènes n'a cessé d'augmenter et s'accélère depuis 2005.

(AFP)

mardi 15 octobre 2013

mini-Critique : The Mortal Instruments - la cité des ténèbres : Gothique et ado à souhait (16/10/13)

Clary est une New-yorkaise de 15 ans comme les autres, en apparence seulement... Elle fait partie d'une longue lignée d'êtres surnaturels et va intégrer une société secrète : les Chasseurs d'ombres. Celle-ci est menée avec force et stratège d'une main experte par Jace. Et il en faudra du courage et de la ténacité pour mener les nombreux combats contre des créatures féroces ! Sans oublier de laisser une place à l'amooouurrr...



On retrouve dans ce teen movie le blondinet Jamie Campbell Bower, ayant déjà baigné dans les forces obscures dans la saga Twilight, et l'ingénue Lily Collins qui a troqué sa robe de princesse ultra-colorée (Blanche Neige) pour une tenue de combat (ainsi que Jonathan Rhys-Meyer bientôt dans la série Dracula, Robert Sheehan alias Nathan dans Misfits...)
Adaptation d'une série littéraire à succès, The Mortal Instruments aborde des problématiques adolescentes plutôt pertinentes (souvent reprises dans ce genre de film) sans pour autant tomber dans les gros clichés. N'hésitant jamais de foncer dans le gore, il s'installe dans un univers gothique et romantique très premier degré. Le jeu énergique et impliqué des interprètes a le mérite de relever l'ensemble et de se différencier des dernières productions du genre.

Certains se borneront à dire que c'est un nième film pour ado aux dialogues ras des pâquerettes, où la recherche de l'amour véritable et fleur bleu se transforme en trio amoureux impossible (encore !), et dans lequel les rebondissements sont cousus de fil... de toile de jute. Mais bon... tant que le public visé apprécie, on lui laissera le dernier mot !





samedi 1 juin 2013

[Critique] The Bling Ring : Une jeunesse dorée en perdition (12/06/13)

© Pathé Distribution
THE BLING RING

De Sofia Coppola
Avec Emma Watson, Israel Broussard, Claire Julien Taissa Farmiga, Georgia Rock, Leslie Mann...

Sortie le 12 juin 2013

Los Angeles. Des adolescents - un garçon et quatre filles - plus passionnés par les célébrités et leurs garde-robes qu'à l'école, passent leur temps entre soirées, défonce et shopping. Car ils ont "tout pour être heureux"  : des parents pleins aux as, souvent absents pour des raisons professionnelles ou permissifs à l'extrême. Leur passion ? Décortiquer les marques portées par les "people". Le gang, surnommé plus tard le "Bling Ring" par la presse, suit au jour le jour l'agenda des célébrités sur la Toile pour ensuite cambrioler leurs résidences en leur absence et s'emparer de plus de 3 millions de bijoux, vêtements, chaussures et autres sacs de luxe. Jusqu'au jour où, il s'est fait pincer…



© Merrick Morton
Sofia Coppola est la cinéaste de l'adolescence par excellence. Pas étonnant qu'elle reprenne ce faits divers, dans lequel une bande de gosses de riches désarmants de vacuité vivent dans une bulle d'insouciance, persuadés d'avoir tous les droits et de n'exister que par ce qu'ils portent. Après le sublime Virgin Suicides et ses sœurs romantiques, et Somewhere où elle dépeint la superficialité et le vide - légion à Los Angeles, elle signe avec The Bling Ring une chronique d'une jeunesse dorée narcissique obsédée par les marques et les célébrités, inspiré d'un vrai gang d'ados cambrioleurs qui sévissait dans la Cité des Anges. Si le postulat de départ pouvait paraître un peu léger pour en faire un film (les faits divers du genre ne manquant pas…), le résultat oscille entre le superficiel et le portrait plutôt bien vue d'une jeunesse fortunée en perdition, biberonnée à la télé-réalité. 
© Merrick MortonLe scénario aux dialogues minimalistes laisse place à un enchaînement de fêtes, de musique à fond, d'abus de substances en tout genre entre deux cambriolages, durant lesquels ils s'admirent et se prennent en photo avec leur butin pour alimenter leur page Facebook. Un peu répétitif ? Assurément. Si les images impose impose un rythme soutenu, à l'instar de la musique (essentiellement electro et Rn'B), l'énonciation de toutes les enseignes haute-couture présentes dans les placards de stars fait parfois penser à The Sex and the City, le film : un grand déballage de marques dignes des Galeries Lafayette, Macy's et autres grands magasins. Il faut bien financer le film, me direz-vous... 

© Merrick MortonEt pourtant, on prend un certain plaisir à admirer les collections de chaussures, de sacs, de bijoux, de paires de lunettes et autres frou-frou qui sont exposés dans les dressings des stars, en particulier celui de Paris Hilton (qui fait une brève apparition dans un club, et qui a prêté sa villa supra kitsch pour le tournage. Pas rancunière, l'héritière !). Entre strass, plumes, cuir, satin et mousseline, les plus accro au shopping en baveront sûrement ! 
Malgré tout, la réalisatrice se refuse à juger ces jeunes. Elle préfère montrer une bande de décérébrés dans toute leur splendeur, en total raccord avec leur temps et son environnement. Même si tous les personnages font n'importe quoi, ils n'en font pas plus que ce qu'ils voient à la télé ou sur Internet avec les blogs-people. 
© Merrick MortonAvec sa "coolitude", ses répliques parfois drôles, et son vide abyssal de matière grise de ces jeunes, le film devient lui-même le symptôme volontaire de la déchéance qu'il montre. A grand coup de "J'adore Chanel" et autre Louboutin, et de "Qu'en pense Lindsay (Lohan) ?" lorsqu'une des voleuses, en interrogatoire, découvre qu'on a parlé de ses agissements à la star, on se dit qu'il n'y a plus beaucoup de place pour l'humain chez ces jeunes. Alors on essaie de leur trouver des excuses : l'absence parentale répétée, le besoin d'adrénaline car tout tombe tout cuit dans leur bec depuis leur naissance, ou tout simplement l'ennui. A la fois vertigineux et affligeant. Non pas comme son casting, plutôt brillant. La performance de l'ex-magicienne, Emma Watson, qui a bien grandi depuis sa sortie de Poudlard, se fait remarquer... et dans le bon sens (déjà amorcé avec Le Monde de Charlie). Inspirée par l'émission des Kardashians, s'en sort avec les honneurs en pseudo starlette, hypocrite et prête à tout pour se faire une place parmi les célébrités qu'elle envie. Sans oublier Katie Chang, la meneuse du gang. Une belle découverte.

En résumé : Un résultat (sur)colorée (à l'image de son affiche façon magazine people), qui décolle par intermittence, sauvée par une mise en scène qui ose avec des plans de cinéma purs, et un casting survolté. Pas un bijou mais se laisse regarder.

jeudi 9 mai 2013

La Stratégie Ender : une nouvelle Guerre des Etoiles pour ado ?

Une nouvelle fois la littérature de science-fiction vient au secours du cinéma américain. La Stratégie Ender, premier tome d'une saga de 12 romans écrits par Orson Card en 1985 (et récompensé par le prestigieux prix Hugo), arrivera sur les écrans le 6 novembre 2013. Une première bande annonce vient d'être mise en ligne par Summit Entertainment. Et on peut dire qu'elle donne envie d'en voir davantage !

Au fait... de quoi ça parle ? 
Dans un futur proche, une espèce extraterrestre en forme d'insecte et hostile nommée les Formics (ou Doryphores en VF), ont attaqué la Terre. Sans l’héroïsme de Mazer Rackham (Ben Kingsley), le commandant de la Flotte Internationale, le combat aurait été perdu.
Depuis, le très respecté colonel Graff (Harrison Ford) et les forces militaires terriennes entraînent les meilleurs jeunes esprits dans une école située en orbite. Son but ? Former des officiers émérites. Mais des soldats courageux et surentraînés ne valent pas grand chose sans leader. Qui dans leurs rangs sera celui qui contrera la prochaine attaque ?
©2013 Summit EntertainmentSans hésiter, il choisit Ender Wiggin (Asa Butterfield), un garçon timide mais doté d’une exceptionnelle intelligence tactique, pour rejoindre l’élite. A l’académie, Ender subit un entraînement de choc aux côtés de Petra (Hailee Steinfeld). Il apprend rapidement à maîtriser des manœuvres militaires de plus en plus difficiles où son sens de la stratégie fait merveille. Graff ne tarde pas à le considérer comme le meilleur élément et le plus grand espoir de l’humanité. Il ne lui manque plus qu’à être formé par Mazer Rackham lui-même, pour pouvoir commander la Flotte lors de la bataille ultime qui décidera du sort de la Terre.


©2013 Summit Entertainment
Si ce premier trailer est un peu avare en images (on n'en veut toujours plus...), il montre tout de même l'essentiel : rythme effréné pour combats aériens et frontaux, un monde spatial de SF riche avec des mouvements de vaisseaux éblouissants de fluidité, un casting "adulte" qui semble tenir la route : Ben "The Mandarin" Kingsley, Viola Davis (Sublimes Créatures) et Harrison "Dr Jones" Ford, s'il-vous-plaît !), accompagnés de jeunes talents au succès déjà prouvé :  Asa Butterfield, le pétillant Hugo de Hugo Cabret, Hailee Steinfeld nominée aux Oscars en 2011 pour son rôle de jeune cow-girl vengeresse dans True Grit, ou encore Abigail Breslin, l'inoubliable Little Miss Sunshine. 

Côté réalisation et scénario, on retrouve le Sud-Africain Gavin Hood, qui s'était un peu perdu en route depuis le sublime Mon Nom est Tsotsi (avec Détention Secrète et surtout l'accident industriel monumental X-Men Origins : Wolverine). Verra-t-on avec La Stratégie Ender un retour au génie du Monsieur et une adaptation fidèle (donc corsée) du roman ? Ou doit-on s'attendre à un nième film pour grands ados (ou jeunes adultes) destitué de toute saveur façon Hunger Games ou le récent Les Âmes Vagabondes ? Rien est moins sûr...

                   

mercredi 8 mai 2013

The Mortal Instruments - La Cité Des Ténèbres : première bande annonce

Dans la catégorie des franchises littéraires adolescentes qui cherchent à s’imposer sur grand écran, The Mortal Instruments se met sur les rangs. Et pas qu'un peu ! Cette saga de best-sellers initiée en novembre 2007 par l'auteure Cassandra Clare (une série de 12 romans formée de 4 trilogies de type fantasy doublées de teen romance) espère bien faire partie des réussites box-office, dans un Hollywood toujours à la recherche d'un cycle romanesque à adapter. Constantin film (la société qui détient les droits) après avoir bravé de nombreuses difficultés pour délivrer le premier opus (dates de tournage sans cesse repoussées, abandon d'une des maisons de production et du réalisateur Scott Stewart), le premier film The Mortal Instruments : La Cité Des Ténèbres verra finalement le jour grâce au réalisateur Harald Zwart. Il est prévu dans nos salles le 16 octobre 2013. Au casting : Lily Collins (Identité Secrète, Blanche Neige), Jamie Campbell Bower (Twilight, Camelot), Aidan Turner (Being Human (UK), The Hobbit) 


New York, de nos jours. Alors que sa mère est kidnappée par d'étranges créatures, Clary, 15 ans, est témoin d'un meurtre commis lors d'une soirée. Elle est terrifiée lorsque le corps de la victime disparait mystérieusement devant ses yeux... Elle découvre alors l'existence d'un monde obscur et parallèle et y fait la rencontre de Jace, un chasseur de vampires. Lorsqu'ils se retrouvent au milieu d'une guerre entre des forces démoniaques et la société secrète des chasseurs d'ombres (une équipe secrète de jeunes demi-ange guerriers embrigadés dans une ancienne bataille pour protéger notre monde des démons), Jace lui viendra en aide. Elle jouera alors dans cette aventure un rôle qu'elle ne soupçonne pas.


Même pas sortie, la saga prévoit déjà un prequel ! En effet, Clare a écrit entre 2011 et 2013 une trilogie en parallèle nommée La Cité des ténèbres : les Origines dans laquelle elle raconte les origines du monde de la série originelle en 3 tomes : L'Ange mécanique, Le Prince mécanique et La Princesse mécanique.
Constantin film s'intéresse déjà à cette nouvelle saga. Le projet s'appelle "Infernal Devices". Si la saga d'origine raconte l'histoire d'une jeune fille descendante d'une lignée de Chasseurs d'ombres, "Infernal Devices" se concentre sur une autre adolescence également plongée dans un voyage initiatique teinté de créatures en tout genre, situé dans l'Angleterre Victorienne et mettant en scène les ancêtres de certains protagonistes de la saga principale.

dimanche 28 avril 2013

[Critique] Mud : Plongez-y sans risque (01/05/13)

MUD
De Jeff Nichols
Avec Matthew McConaughey, 
Tye Sheridan, Jacob Lofland, Reese Witherspoon…

Sortie le 1 mai 2013

Deux gamins de 14 ans débrouillards vivent pour les filles et l'aventure. Régulièrement, ils partent à la découverte des rives du Mississipi à bord d'un canot, jusqu'au jour où ils trouvent une petite île boisée parfaite pour leurs vagabondages. Tels Tom Sawyer et Huckleberry Finn, Ellis et "Neckbone" trouvent une merveille : un bateau coincé entre deux arbres à 10 m du sol, vestige de l'ouragan Katrina. A l'intérieur, des vieilleries, des magazines pour adultes et… du pain de mie, des boites de conserve et des traces de bottes. Quelqu'un vit ici ! Ils font connaissance avec leur propriétaire de fortune : il se nomme Mud. La clope au bec, tatoué d'un serpent sur la main, baragouinant son histoire avec un fort accent du Sud, ne portant sur lui qu'une chemise fétiche comme gilet par balles et son ambition de retrouver la femme qu'il aime pour seule ambition. A la ceinture de son Jeans, un Colt 45… Pour se protéger ? De qui ? Il avoue aux gamins avoir tué un sale type qui ne voulait pas fiche la paix à sa copine. Mais sa seule raison de vivre est d'attendre celle-ci avant de partir loin tous les deux. Et pourtant, ils se sont séparés et ont recollé les morceaux des dizaines des fois... Les garçons décident de l'aider, Ellis en tête, touché par son histoire, lui rappelant son propre destin (lui, qui drague une lycéenne plus grande que lui quitte à donner des bourre-pifs aux ado plus âgés). 

Jeff Nichols propose une intrigue plutôt classique contrairement au très singulier Take Shelter. C'est sur son acteur principal que tout repose. Et Matthew McConaughey est tout simplement magnifique -- au-delà de son image de beau gosse de pub Levi's ou Armani. Enigmatique, charismatique, intense presque animal dans ce rôle de vrai-faux méchant, un personnage complexe d'anti-héros séduisant façon lonesome cow boy mais zen. Le voir mûrir et s'épaissir avec le temps lui va bien. Il est bien loin l'acteur de comédie romantique sauce barbapapa !

Avec ce récit initiatique (parfois un peu long), Nichols décrit magnifiquement ces rapports faits d'admiration, de tendresse, de désillusion et de mélancolie que peuvent nouer enfants et adultes. 
Raconté du point de vue des ado -- sans oublier les valeurs américaines toutes en contradiction : une violence sous-jacente dans une nature accueillante et endémique, la liberté si chère confrontée à la dureté de la loi -- il permet au réal de multiplier les intrigues et les personnages (contrairement à Take Shelter). Balade naturaliste, fable idéaliste : il y a de tout cela dans cette oeuvre miraculeuse aux allures de long et beau fleuve tranquille. 

Pour résumer : Un film avec une véritable puissance émotionnelle qui occulte tous les clichés qu'on peut entrapercevoir du Sud, interpréter de façon magistrale par un Matthew McConaughey méconnaissable, sans oublier les jeunes qui l'accompagnent, troublants de justesse . 

lundi 15 avril 2013

The Way, Way Back : le futur succès du ciné indépendant US ?

© Odd Lot Entertainment
L'équipe de scénaristes oscarisés pour The Descendants (avec Georges "What else" Clooney) récidive avec one comédie genre "feel-good movie" titrée The Way, Way Back. Nat Faxon et Jim Rash sont passés derrière la caméra; et une chose est sûre, ils ont bien fait aux dires des critiques américains et de l'accueil du film à Sundance, (festival plutôt réservé aux petites productions indépendantes). 

 Il faut dire que The Way, Way Back reprend quelques ficelles d'un succès qui a créé la surprise à Sundance : Little Miss Sunshine. Tout d'abord, son scénario… ce qui n'est pas pour nous déplaire -- s'il n'est pas un simple copier/coller. Celui-ci revient sur une "réunion de famille incongrue", avec un ado asocial qui trouve un mentor qui va l'aider à s'épanouir. Mais aussi grâce (ou à cause) de la présence au casting de Steve Carrel et Toni Collette, les deux comédiens principaux de la comédie de Valerie Faris et Jonathan Dayton. 

 De quoi ça parle ? Le jeune Duncan (Liam James) est un ado pas forcément bien dans ses baskets (comme tout ado qui se respecte, me direz-vous…). Ils se retrouve contraint à passer l’été avec sa mère (Toni Collette) et son beau-père (Steve Carell) dans un parc aquatique. Duncan va finalement se lier d’amitié avec Owen (Sam Rockwell), manager du parc, et celui-ci va tout faire pour qu'il s’affirme et à trouver sa place dans ce petit monde. Le pitch est plutôt classique mais l'ensemble fleure bon la jolie surprise. Pour le moment, il n'y a pas de date de sortie prévue en France…

 

The Bling Ring : Quand les faits divers inspirent... la fiction

Le label "tiré d'une histoire vraie" fait souvent recette au cinéma. Et le prochain Sofia Coppola ne fera sûrement pas exception avec The Bling Ring, qui reprend l'affaire "Burglar Bunch" l'histoire d'un groupe d'ado californiens qui ont cambriolé les maisons de plusieurs célébrités de Hollywood durant 10 mois, parmi lesquelles Orlando Bloom, Lindsay Lohan, Paris Hilton et Megan Fox.
© Merrick Morton Très attendue depuis le remarqué Somewhere, la réalisatrice a mis en scène la jeune et pétillante Emma Watson qui, de plus en plus, tient à mettre en avant son côté femme décomplexée, déjà aperçu dans le très joli Monde de Charlie. La demoiselle britannique tient le rôle principal, celui de Nicki, meneuse du gang de cambrioleuses glamour à talons et aux goûts de luxe.
© Merrick Morton
© Merrick Morton

Des teasers commencent à apparaître sur la Toile, comme le dernier mis en ligne par MTV. On y voit les monte-en-l'air chics et de de charmes pénétrer dans un placard rempli de vêtements et de chaussures haute-couture, les yeux grands ouverts telles des gamines devant leurs cadeaux de Noël. Sans oublier la tentative de Nicki de jouer les femmes lascives autour d'un pole dance. 
Couleurs ultra flashy, décors bling-bling à fond, tout en restant pudique (faux pas abuser quand même... la scène du pole dance est prise en plan très large !). Du très sage donc, loin de l'image sulfureuse dégagée par le pitch de départ. Comme souvent dans les films ado, il est plus probable que le film se concentre sur l'entrée de jeunes désenchantés dans l'âge adulte, passant forcément par leur lot d'expériences qu'un thriller racoleur. Verdict le 12 juin prochain.



dimanche 14 avril 2013

Critique : Les Âmes Vagabondes : Schizophrénie et amours contrariées au menu (17/04/13)



LES ÂMES VAGABONDES

De Andrew Niccol
Avec Saoirse Ronan, Max Irons, Jake Abel, Diane Kruger, William Hurt...


Une fois n'est pas coutume, la planète va devoir faire face à une invasion extra-terrestre (sic). Mais cette fois-ci, en plus de conquérir du terrain en envahissant les planètes les unes après les autres, les "méchants aliens" envahissent le corps des humains. Confortablement installés en tant que "nouvelle âme" chez leurs hôtes, ils prennent petit à petit le contrôle de toute l'humanité pour en faire un monde parfait et pacifique. Bien évidemment, une jeune fille refuse de se laisser faire. Répondant au doux nom de Melanie Stryder, elle fait partie du dernier bastion d'hommes 100% humains qui font tout pour ne pas se laisser "contaminer" et voir leur esprit "disparaître"au profit des âmes envahissantes. Sa méthode ? Elle se raccroche de toutes ses forces à l'image de l'homme qu'elle aime et de celle de son petit frère en poussant son âme parasite (plus tard appelée Gaby) à les rechercher. Bien évidemment, rien ne va se passer comme prévu : les deux "jeunes femmes" vont être poursuivie par une "traqueuse" à la recherche d'informations sur le groupe d'hommes restants. Toutes deux fugitives, elles vont rejoindre le noyau dur de la résistance, se lier d'amitié mais... ne tomberont pas amoureuses du même homme. Un brin schizophrène, vous dites ? 


© Metropolitan FilmExportSi Stephenie Meyer (auteure du roman à l'origine de ce film) est connue pour avoir écrit la sirupeuse saga Twilight -- et ses fameux vampires qui brillent au Soleil -- elle récidive ici avec un roman plus adulte. Enfin, adulescent, dirons-nous. Il semble tout de même qu'elle n'est pas eu envie de se défaire d'une recette qui l'a rendue multi-millionnaire : un triangle amoureux inter-espèce (devenu "carré" dans cette nouvelle œuvre) dont les amours sont contrariées par un ennemi, qu'il va devoir affronter pour assurer sa survie. Rien de bien révolutionnaire en somme, si ce n'est l'invasion de l'esprit de l'héroïne, qui se transforme en bataille mentale permanente avec elle-même, façon Dr Jekyll et Mr Hyde. Bien trouvé, surtout quand il s'agit de décortiquer les émotions adolescentes souvent contradictoires. 
Là où Twilight pêchait dans les atermoiements sans fin de Bella, marqués par de longs regards langoureux échangés avec Edward, la voix "intérieure" de Mélanie (voix-off de l'actrice) permet d'entendre l'esprit rebelle se faire entendre alors qu'elle est coincé dans un corps qui n'est pas le sien. Belle image du mal-être adolescent... mais concrètement, Mélanie/Gaby est un être totalement schizo ! Et pour le retranscrire, on dit "merci" à la magie du son et de l'image. Car le cinéma permet de retranscrire avec fluidité, ce que sa version papier alourdit en devenant parfois incompréhensible, car on finit par ne plus savoir qui s'adresse à l'autre. 

"Est-ce que Mélanie est toujours à l'intérieur ?"

© Concorde Filmverleih GmbHLe réalisateur Andrew Niccol a pris le parti de rester fidèle au roman, tout en réadaptant certaines scènes (probablement pour des raisons techniques) et en en supprimant d'autres (pas facile de résumer 700 pages en 2h...). Sans vouloir faire une étude comparée minutieuse, il est évident que le cinéaste a allégé le contenu en terme de violence physique et morale pour être plus grand public. Car si page après page, l'héroïne est confrontée à un monde humain fait de violence crue (Gaby est insultée et se prend de méchantes baignes pendant les 400 premières pages, et est victime d'une tentative de meurtre terrible), où le mépris vire au dégoût (Gaby est détestée par les résistants, et même par l'homme qu'elle aime la majeure partie du livre), le film l'effleure et préfère se concentrer sur la romance vécue (physiquement) à quatre. Serait-ce une façon de partager des pulsions refoulées ou un fantasme à demi-inavoué de l'auteure, qui a confessé adorer la saga Fifty Shades of Grey ? Pardon pour la digression...

© Metropolitan FilmExport
On sent que Niccol a voulu se concentrer sur "l'humain" et ses émotions plutôt que sur l'aspect science fiction. Malheureusement, comme dans le livre, il ne se passe pas grand chose et les enjeux sont quasi-inexistants. Mis à part quelques scènes dites d'action pour meubler (le passage éclair à la pharmacie, le raid pour trouver de la nourriture transformé en course-poursuite avec la "traqueuse"...), on reste dans la grotte avec les résistants et on attend désespérément que ça passe. Et ce n'est pas les incursions répétées de la traqueuse (jouée par Diane Kruger) aux méthodes un tantinet bourrines (bravo le pacifisme défendu par les aliens ! Paie ta cohérence !) qui change vraiment la donne. N'apportant rien d'innovant par rapport au matériaux initial, Andrew Niccol aurait-il succomber aux sirènes des producteurs en jouant le yes-man de base ? Repose en paix cher réalisateur...

© Metropolitan FilmExportEsthétiquement, le film tient ses promesses. Les deux "mondes" sont bien délimités avec des paysages désertiques à couper le souffle, et des bureaux et autres constructions "alien"au style épuré (qui ne sont pas sans rappeler ceux de Bienvenue à Gattaca). Petit bémol pour les grottes, qui ne font pas plus illusion qu'un sapin de Noël en plastique. Mais on finit par l'accepter, comme les lentilles luminescentes des "âmes" et les grosses cylindrées chromées des traqueurs... un poil too much (à mon goût) !

© Metropolitan FilmExportMalgré une histoire incohérente au dénouement abracadabrantesque et une romance qui fait sourire (encore ces plans avec les amoureux au coucher du soleil, ou qui s'embrassent sous la pluie...), on finit par adhérer... mollement. Tout d'abord grâce au jeu de Saoirse Ronan (Hanna, Lovely Bones), irréprochable dans son rôle. Max Irons (découvert dans le navrant Chaperon Rouge) et Jake Abel (qu'on reverra sous peu dans Percy Jackson - la mer des monstres) en amoureux transis n'ont pas un charisme de folie et doivent compter sur leur (jolis ?) minois pour séduire.

En résumé : Qui contrôle l'esprit d'Andrew Niccol pour qu'il soit tombé bien bas ? Ces Âmes Vagabondes manquent de chaleur et d'enjeux, et finissent en histoire d'amour banale qui s'étire sur deux longues heures. J'avais espéré à l'annonce du réalisateur, me voilà déçue. Et dire qu'une suite est déjà en chantier !

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