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lundi 17 novembre 2014

[Bande Annonce] Charlie Mortdecai : de la comédie sauce Johnny Depp

CHARLIE MORTDECAI - Le raffinement a un nom
De David Koepp
Avec Johnny Depp, Gwyneth Paltrow, Ewan McGregor, Olivia Munn, Paul Bettany, Jeff Goldblum...

Charlie Mortdecai est un collectionneur d'art en plus d'être un aristocrate brouillon et maladroit. Il est embauché pour mettre la main sur un tableau volé de Goya, qui contiendrait un code correspondant à un compte bancaire nazi rempli d'or. Il va traverser la planète, promenant son indélicatesse déguisée sous de bonnes manières, son charme (tout relatif) accompagné de son dévoué valet/garde du corps. 


De quoi laisser courir l'imagination et les mimiques de l'acteur habitué au cabotinage depuis la saga Pirate des Caraïbes. En espérant que ces dernières soient mesurées, et pas trop caricaturales...

Les moustaches de Charlie débarqueront en France le 21 janvier 2015


vendredi 21 février 2014

[Critique] Un été à Osage County : réunion de famille orageuse (26/02/14)

UN ÉTÉ À OSAGE COUNTY

De John Wells
Avec Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan McGregor, Chris Cooper, Juliette Lewis, Benedict Cumberbatch, Abigail Breslin, Margo Martindale, Dermot Mulroney, Julianne Nicholson, Sam Sheperd…

Sortie le 26 février 2014

Après la disparition de leur père, trois sœurs se retrouvent dans la maison familiale, perdue au milieu des plaines d'Oklahoma, pour soutenir leur mère malade, paranoïaque, lunatique et impossible à vivre. Ayant emprunté des chemins opposés, toutes ne s'étaient pas vues depuis quelques années, et ont peu de choses en commun. Mais de nouveau réunies, elles vont vivre avec le reste de la famille, venue pour l'occasion, des retrouvailles douloureuses et mouvementées où des secrets vont être enfin dévoilés…


© Tobis Film"On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille", chantait Maxime Le Forestier il y a quelques années. La famille… c'est ce vaste sujet, souvent bien compliqué, qu'a choisi d'explorer  Tracy Letts, auteur de la pièce dont est tiré Un été à Osage County. Après un triomphe à Broadway (et un Tony award), la lauréate du Prix Pullitzer (rien que ça !) a adapte sa pièce et écrit le scénario. On n'est jamais aussi bien servi que par soi-même… Elle parle de la manière dont nous rions avec nos proches de situations tragiques, et de la manière dont nous nous faisons du mal plus ou moins consciemment, tout en étant toujours présents les uns pour les autres. 
© Wild Bunch DistributionEn voyant le film de John Wells, on pourra penser à Another Happy Day de par le schéma scénaristique classique "réunion de famille après la disparition du patriarche et déballage des vérités autour d'un repas", ou encore à Festen ou à Le prénom. Une tradition dans la littérature américaine, d'autant plus au théâtre. On aurait pu craindre que le passage de la scène à la pellicule renforce une impression de huis-clos suffocant, avec une unité de lieu ennuyeuse. Mais il n'en est rien. Le scénario laisse des bouffées d'air entre deux scènes de prise de bec, assurées par un casting en grande forme.

Forte de l'accueil de la pièce et de la drôlerie de certaines scènes, la brochette d'acteurs principaux, aussi éclectique que bourrés de talents, n'a pas eu de mal à s'engager auprès du cinéaste (plutôt habitué à la production executive), et de son producteur, George Clooney. Ils nous offrent une performance haute en couleurs et plutôt réaliste, même si ses personnages sont un peu trop stéréotypés. 

© Tobis FilmMeryl Streep est parfaits en mère acariâtre, plus accro à ses pilules qu'à ses propres filles. Un rôle à part, hors normes, comme elle en a désormais l'habitude (et qui lui vaut une nouvelle nomination aux Oscars). Mais en face, ses consœurs ne sont pas en reste. On redécouvre une Julia Roberts au jeu d'une grande qualité. Passionnée, mais mal dans ses baskets, jolie mais qui se laisse un peu aller, et qui n'accepte pas sa récente séparation. Une prestation qui lui vaut aussi une nomination aux Oscars, en tant que second rôle. Juliette Lewis (Tueurs nés) joue toujours aussi bien les désaxées, petite cervelle en quête de l'amour mais misant sur le mauvais cheval. Et que dire de Benedict Cumberbatch… ce caméléon aux milles visages. On le pense d'abord peu perdu au milieu de tout ce joyeux bordel, et finalement, il apporte une dose de fragilité et de sensibilité qu'on lui a rarement vue. Bien loin de son personnage esclavagiste dans 12 Years a Slave ou du cynique peroxydé Julian Assange dans Le Cinquième pouvoir.
Seul point noir de cette "dramédie", son côté hystérique où les secrets finissent par s'additionner comme des couches d'oignon interminables, donnant à la fin un côté totalement rocambolesque, voire poussée jusqu'au ridicule. La scène du diner (la plus jouissive, mais aussi la plus décevante) finit par agacer.

En résumé : le portrait d'une famille en crise comme on en voit souvent, une touche d'hystérie en plus. 


dimanche 24 mars 2013

[Critique] : Jack le chasseur de géants : Un géant s'est perdu en chemin… (27/03/13)


JACK LE CHASSEUR DE GÉANTS

De Bryan Singer
Avec Nicholas Hoult, Ewan McGregor, Stanley Tucci, Eleanor Tomlinson, Ian McShane


Jack, jeune homme un peu rêveur qui se laisse vivre, habite avec son oncle dans une contrée lointaine. Lorsqu'il se rend au château pour vendre le peu de biens qu'ils possèdent, Jack tombe sur un moine en panique. Celui-ci lui donne un petite bourse qu'il vient de dérober en lui révélant que c'était l'un des plus précieux trésors de l'humanité : des haricots secs ! À première vue, Jack ne comprend la portée de la mission qui vient de lui être confiée. Mais quelques gouttes d'eau plus tard, il va être le témoin de l'enlèvement de la princesse et d'un conflit dévastateur depuis longtemps entretenu entre les hommes et les géants vivant entre ciel et terre. Assoiffés de vengeance, les géants n'ont qu'une seule idée en tête : piller et éradiquer les hommes. Mais Jack, aidé du plus fidèle au royaume, n'a pas dit son dernier mot.


© Warner Bros. Pictures
© Warner Bros. Pictures

Tué à coup d'effets spéciaux et de vide scénaristique


Bryan Singer revisite à sa manière le conte pour enfants Jack et le haricot magique, se prenant pour Peter Jackson dans Le Seigneur des anneaux. À coups de (très) gros budget et d'effets spéciaux à tout-va, il raconte une histoire classique et balisée, voire un peu dépassée (une princesse - ayant un faux air d'Olivia Wilde -  à secourir, un méchant qui trahit sa patrie, un dévoué serviteur qui se sacrifie...) et le pire, sans réelle conviction. A-t-il passé toute son énergie à se débarrasser du projet pour se consacrer à X-Men : Le commencement auquel il a été pour un temps attaché ? Peut-être...


Si l'idée d'un blockbuster médiéval avait de quoi être alléchant, le résultat manque d'entrain et de jusque-boutisme dans ses idées. Jack et le chasseur de géants se retrouve la pellicule entre deux chaises : l'histoire façon contes de fées traditionnel ravira les plus petits, mais est en déséquilibre avec les images, parfois dures et glauques (voire flippantes façon Tim Burton) pour nos chères têtes blondes. Voir une tête de géant se faire écrabouiller avec un œil qui éclate au passage ne sera pas du goût des plus petits. Peut-être suis-je trop naïve... Que dire des effets spéciaux ! D'un autre âge, ils en deviennent un point faible. Les géants, normalement centre de l'attraction, sont visuellement plutôt décevants.


© Warner Bros. PicturesQuant au casting, si Nicholas Hoult est plutôt convaincant - avec pourtant peu de mots - dans Warm Bodies, il est ici plutôt fade dans le rôle de Jack. On attendait peut être un peu plus d'humour partagé avec son acolyte Ewan McGregor en capitaine infaillible de l'armée royale, qui se démène pourtant mais finit par brasser du vent. Dommage ! Reste tout de même des scènes de combat épiques contre les géants.


En résumé : Un récit qui tentera sûrement les enfants mais qui laissera un goût de trop peu aux adultes, qui ne s'ennuieront pas (tout à fait) pour autant...


jeudi 5 juillet 2012

Critique : Piégée : Messieurs, surveillez vos arrières ! (11/07/12)



Après le palpitant, viscéral et littéralement toxique Contagion, Steven Soderbergh revient à ses premières amours : le thriller. Au vu de sa renommée internationale et de ses succès publics, il se permet à nouveau d'aligner un casting de premier choix façon Ocean's Eleven dans Piégée... autour d'une inconnue. Gonflé ? Une expérience. La sculpturale et non moins féminine Gina Carano, championne d'arts martiaux, est sa Mallory. Rien qu'en sachant cela, on ne peut qu'imaginer des scènes de castagne sévère. Mais Piégée ne se résume heureusement pas qu'à cela...


On ne nous cache rien... le titre est à prendre au sens littéral. Mallory est un agent d'une compagnie privée qui obtient des contrats pour effectuer des missions officieuses pour le gouvernement, pas toujours jolies-jolies, mais toujours dangereuses. La demoiselle, bagarreuse redoutable à la gâchette facile, est en fuite. Après avoir rempli un contrat, elle se retrouve coincée dans un guet-apens fomenté par l'un de ses proches collaborateurs (je vous laisse découvrir qui...). On cherche à la tuer et elle est bien décidée à ne pas se laisser faire. Son plan ? Remonter la piste de ceux qui l'ont trahie pour leur refaire le portrait. 

À qui faire confiance ?

Si les premières images nous laissent un peu perplexes (le montage en flash-backs, et même en flash-backs de flash-backs, fait froncer les sourcils à maintes reprises...), on finit par apprécier la qualité d'écriture du scénario (même si celui-ci nous rappelle vaguement un certain Jason Bourne version Tomb Rider). Sans oublier les superbes plans typiques de Soderbergh. On sent clairement que Piégée est davantage une nouvelle expérience de la part du réalisateur, plus qu’un réel divertissement pur jus de biscotos (même si le sujet fait penser le contraire). Certains partis-pris de montage sont relativement originaux : contrairement aux derniers action movies à la mode, ici point de montage saccadé et d'images filmées façon montagnes russes caméra au point (même dans la scène de poursuite sur les toits, loin du grand huit de La Vengeance dans la peau). 

Comme dans Contagion, l'esthétique oscille entre le jaune et le bleu, avec quelques plans séquences exécutés avec la précision d'un chirurgien. Car chez Soderbergh, rien ne doit dépasser et rien est inutile. Une manière de faire qui a le défaut de ses qualités : il empêche parfois le spectateur de s'immerger dans la scène (comme celle musclée avec Fassbender, entièrement filmé au ralenti, en noir et blanc, sur une musique jazzy). Une quasi contradiction entre le fond et la forme, marquant à elle seule toute la singularité et la dissonance du film. Mallgré son ambiance de thriller efficace et ses imbroglios bien ficelés, la réalisation s'enlise un peu dans la lenteur. On ne regarde pas tout à fait sa montre mais tout cela manque de punch. Un choix certes délibéré qui permet à Soderbergh de placer quelques surprises et retournements de situation bien venus ici et là, et qui redonnent de la force à l'ensemble.

Gina Carano : la nouvelle Angelina "Tom Rider" Jolie ?

En engageant une championne de MMA pour tenir le rôle principal, le réalisateur annonçait la couleur. Il la sublime en lui laissant carte blanche pour exécuter des scènes de bagarres avec un réalisme impressionnant (filmées en plans larges ininterrompus pour bien montrer qu'on ne fait pas semblant). Je tiens d'ailleurs à tirer mon chapeau à Michael Fassbender (loin d'être habitué aux rôles physiques) car il tient la dragée haute avec brio à la championne d'arts martiaux dans leur duel musclé (contrairement à Ewan McGregor). 

Mais faire reposer tout un film sur les seules épaules (aussi carrées soient-elles) d'une débutante était un pari risqué, et parfois au bord de la perdition. Le résultat patine parfois, en particulier sur les scènes dites d'émotion pure, malgré un casting 4 étoiles engagé pour la soutenir au mieux. À ce propos, avec de telles têtes d'affiche (Ewan McGregor, Michael Fassbender, Channing Tatum, Michael Douglas, Antonio Banderas, Bill Paxton et Mathieu Kassovitz), on s'attend à ce que l'un d'entre eux soit plus impliqué d'une façon ou d'une autre dans l'affaire ou nous révèle quelque chose d'énorme. Mais finalement, on attend pour rien. Il ne sont là que pour se faire dézinguer par la belle. Même si l'exécution est impeccable. 


En résumé : Le résultat final fonctionne plutôt bien faisant de Piégée un thriller qui tient ses promesses et qui ne laisse pas indifférent... comme le charme particulier de son actrice, mi-ange, mi-démon.


lundi 28 mai 2012

Critique : Des saumons dans le désert : Ou comment attendre une bonne prise qui n'arrive pas (06/06/12)


Des saumons dans le désert... En voilà une idée ?! Avec un titre pareil, on pourrait s'attendre à un docu animalier farfelu avec des personnages qui ne le sont pas moins. Ou encore une expérience d'un savant fou tombé sur cette invention comme la foudre sur le clocher d'une église. La vérité se trouve un peu entre les deux. Adapté du roman Partie de pêche au Yémen de Paul Torday (2006), le film de Lasse Hallstrom vogue entre deux eaux : la rivière tumultueuse de la comédie à l'anglaise pur jus du départ finit par se jeter dans un delta romantico-dramatico pépère, voire lourdingue.


De quoi ça parle ?
© Metropolitan FilmExport
Un richissime cheik (Amr Waked) n'a rien trouvé de mieux que d'avancer 50 millions de dollars à quiconque rendrait réelle cette idée saugrenue : importer des saumons écossais dans une rivière yéménite en plein milieu du désert. Un caprice ? Pas tant que cela... En entendant déjà le froissement des billets dans le fond de ses coffres fort, le gouvernement britannique saisit l'occasion de redorer ses relations avec le Moyen-Orient, minée par des attentats. Avec l'appui politique forcené d'une pro de la comm' quasi tyrannique (Kristin Scott Thomas) officiant pour le bureau du Premier ministre britannique, et Harriet (Emily Blunt), une assistante dévouée, tout est mis en œuvre pour que ce projet se réalise. Elles remuent ciel et terre pour que le Dr Alfred Jones (Ewan McGregor), spécialiste en biologie marine, trouve un moyen de transporter ces fichus poissons entiers et... vivants jusqu'à destination !

© Metropolitan FilmExport
Si le livre a séduit la critique par son mélange d'esprit, d'humour, de drame, de romance et de satire politique acérée, le film, lui, fonctionne seulement un temps sur l'humour pince-sans-rire et blasphèmes non-retenus, pour se vautrer dans le sentimentalisme rose bonbon. Et pourtant, l'interprétation des acteurs est juste : Ewan McGregor est touchant dans ce rôle d'homme plein d'habitudes et coincé dans la vie comme dans son mariage, et Emily Blunt pétille de douceur. 
© Metropolitan FilmExport
Heureusement, le charisme de certains porte le manque de rythme de la seconde partie, qui devrait être pourtant la plus excitante. Quoi de plus jouissif que de voir Kristin Scott Thomas en garce impitoyable qui mène son monde à coup de trique (loin de l'amoureuse éplorée et dégoulinante car éconduite dans Bel Ami). Et que dire du charme oriental et cinégénique d'Amr Waked, star en son pays l'Égypte, qui joue à merveille ce cheikh idéaliste et amoureux de son pays (loin des rôles de terroristes qu'on lui propose habituellement, comme dans Syriana).



© Metropolitan FilmExport
La mise en scène s'enfonce à mesure que les poissons montrent le bout de leurs nageoires. Et pourtant, on aurait pu compter sur le "suspens" piscicole, à savoir si la mission sera menée à terme ou non pour se défaire de l'inévitable histoire d'amour tragique. Même pas ! On ne s'ennuie pas tout à fait face à ses personnages pas vraiment insipides, un peu perdus dans une aventure bien trop grande pour eux, mais qui ne l'est pas assez pour le spectateur. On est charmé un moment mais on ne s'évade pas non plus. Pire, on nous rabâche à coup d'images de saumon qui remonte à contre-courant pour montrer que l'impossible devient possible si on y croit vraiment. Une allégorie lourdement amenée pour parler du cheminement des hommes vers l'accomplissement spirituel. Même si l'on veut y croire, on a du mal à mordre à l'hameçon.

En résumé : Une fable charmante mais qui ne ferrera pas tous les poissons cinéphiles.

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