Les sorties ciné du 30/12/15

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samedi 14 septembre 2013

[Critique] 2 Guns : un duo explosif dans la vanne (25/09/13)

2 GUNS

De Baltasar Kormakur
Avec Denzel Washington, Mark Wahlberg, Paula Patton, Bill Paxton, Fred Ward, James Marsden, Edward James Olmos…

Sortie le 25 septembre 2013

Bobby et Stig sont inséparables. Ils trempent dans des affaires plutôt louches et côtoient des hommes qu'ils feraient mieux d'éviter. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils travaillent tous les deux pour deux agences gouvernementales rivales qui leur ont demandé d'infiltrer un réseau de trafiquants de drogue. Lors de leur mission, ils opèrent à un casse pour remonter à la source du commerce illicite. Évidemment, l'opération tourne mal : les voilà avec 43 millions de dollars (au lieu de 3 supposés) sur les bras, qui n'appartiennent pas à la personne prévue. Ils découvrent leur véritable identité respective et en viennent à se retourner l'un contre l'autre. Mais ils s'apprécient trop pour que l'un ou l'autre tue son partenaire. Ils s'allient alors pour faire tomber ceux qui veulent les voir disparaître de la circulation...

2 guns... Voilà un titre bien ironique ! Si on devait les compter, on en trouverait bien plus que cela. Il y en a tellement qu'on pourrait armer un petit pays ! Les balles fusent toutes les secondes et on ne compte plus les morts. On le savait : les hommes aiment s'amuser avec leurs gros joujous qui font du bruit. On pourrait penser que Michael Bay est aux commandes de ce nouveau film burné.
© Patti Perret / Columbia Pictures IndustriesEt pourtant 2 Guns n'est pas un film de gros bras qui se débarrassent de tout ce qui bougent à tout-va. Adaptation d'une série de romans graphiques de Steve Grant et Mateus Santouloco. Le film, ici scénarisé par Blake Masters (plume de la série dramatique Brotherhood), ressemble à une comédie de situation façon western, où chaque personnage pense savoir ce qui se passe alors qu'en fait, il ignore tout.
Le scénario est un peu alambiqué sans réelle raison apparente. Pas très original ni intelligence particulière, il nous embarque dans un complot aux circonvolutions inutiles. Peut-être voulait-il se donner un peu d'épaisseur au regard des nombreuses scènes de déchargement de cartouches et d'explosions. Mais les personnages et l'humour, parfaitement liés avec ses répliques ciselées, font oublier le reste. Car la comédie naît de la vision de chacun des protagonistes et la manière dont elles s'opposent. Ils vivent tous les deux selon leurs propres règles, et n'en reviennent pas que les autres ne fassent pas de même.
Tel le train lancé à grande vitesse qui fait l'ouverture du film, le voyage proposé par Masters est plutôt prévisible, mais ne déraille jamais. On se laisse transporter et à l'arrivée, le sourire reste aux lèvres.

“Never rob a bank across from a diner with the best doughnuts in three counties"


© Patti Perret / Columbia Pictures IndustriesOn retrouve le buddy movie classique, qui allie deux personnages totalement opposés, mais qui sont obligés de collaborer pour atteindre leur but commun. Rien de bien nouveau avec 2 Guns me direz-vous. Mais c'était sans compter le très efficace duo Washington/Wahlberg. Celui-ci fait figure de cowboys modernes combattant les méchants dealers et les autorités corrompues. Et on ne pourra s'empêcher de penser à la saga L'arme Fatale dans l'esprit. L'un est réfléchi, tacticien, stylé et... amoureux, tandis que l'autre est instinctif, sanguin, dragueur et... extrêmement bavard. Et ce qui saute aux yeux est d'abord l'alchimie entre les deux acteurs principaux. Ils s'amusent et ça se voit ! Même si le double Oscarisé Washington est à nouveau en mode "autoguidage" (Il faut dire qu'il s'est enchaîné deux rôles plutôt lourds, dont Flight encensé par la critique, avant de s'engager auprès de Baltasar Kormakur). Leur charisme et leur présence respectifs est un vrai bonheur, et leur répartie fuse comme des balles doom-doom. Ils s'invectivent, se titillent et finissent par se trouver, ce qui ne se fait pas sans dommages physiques... 

© Patti Perret / Columbia Pictures IndustriesDes dommages, les institutions représentant l'autorité si chère à l'Amérique patriotique en prennent (enfin !) un coup sur le képi ! Tous pourris ? Presque. Bobby et Stig ont à cœur de rester la valeur de l'honneur, sapé par la CIA et la Navy, qui les lâchent et préfèrent enterrer ce qui pourraient nuit à leur précieux prestige. Tous ces hommes soit-disant honorables qui sont loyaux envers ces organismes prétendument respectables sont renvoyés à leur faute morale. Finalement, malgré leurs nombreux défauts, les seuls véritables hommes d'honneur sont Bobby et Stig car ils ont du respect l'un pour l'autre... malgré toutes les crasses qu'ils se font ! 

En résumé : Baltasar Kormakur a réussi à gagner ses galons dans le cinéma hollywoodien depuis Contrebande (déjà avec Mark Wahlberg). Il offre avec 2 Guns une comédie pop-corn fun au plaisir immédiat, mais qui ne laissera pas une trace indélébile sur notre cerveau.

lundi 2 septembre 2013

[Critique] No Pain No Gain : une satire burnée et corrosive du rêve américain (11/09/13)

 © Paramount Pictures France
NO PAIN NO GAIN

De Michael Bay
Avec Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Anthony Mackie, Tony Shalhoub,
Ed Harris…

Sortie le 11 septembre 2013

Floride, dans les années 1990. Dany Lugo est un bodybuilder formé à la dure et au casier judiciaire plus vraiment vierge. Malgré une réussite relative, il se sent exclu du fameux 'rêve américain' portée par le travail du self-made man. Pour lui, perfection physique rime avec réussite sociale et profond patriotisme. Il est jaloux de tout ceux qui ont atteint les sommets de l'American way of life, malgré leur tronche de travers et leur corps tout flasque. Il ne pense qu'à une chose : se venger. Chose qu'il va entreprendre de façon peu banale. Il réussit à convaincre deux copains culturistes, Paul Doyle et Adrian Doorball, pour convoquer les dieux du bling-bling. En parfait cerveau du groupe, il imagine une stratégie pour kidnapper un gringalet retors mais plein aux as, lui extorquer tout son blé en le torturant. Une fois le plan mis à exécution - où évidemment tout ne se passe pas comme prévu - ils laissent leur victime pour morte. S'ils ont acquis belles voitures, maisons immenses et comptes en banques bien fournis, ils ne vont pas en profiter bien longtemps. Cette bande de bras cassés va réussir à tout faire capoter...


Gros biscotos et cervelles rikiki ? Pas que...


 © Paramount Pictures France
Il est bien connu que Michael Bay ne fait pas dans la dentelle, et préfère le bon film d'action démesuré, monté à la hache, qui sent la testostérone et la poudre - à canon - que les films aux dialogues ciselés et aux images léchées. Ainsi Bad Boys, Armageddon, Pearl Harbor ou encore la saga Transformers est là pour en attester. Et malgré cette image de cinéma pop-corn sans cervelle, il s'en fout et assume car le public le suit à chaque fois. Qu'à cela ne tienne ! Il récidive avec No Pain No Gain où grosses cylindrées, belles gonzesses pas très habillées (et pas très malignes), sueur et langage fleuri (voire scatho) se bouscule dans un humour ras des pâquerettes. 
Cette fois-ci, Michael Bay allie fond et forme. Ces codes qu'il utilise depuis une vingtaine d'années deviennent le sujet même du film. Sous couvert de violence sauvage, il déroule un pamphlet contre le danger des rêves faciles - souvent inaccessibles -, l'illusion que la beauté peut servir d'ascenseur social fulgurant, l'argent facile et le pouvoir censé être dû qui va avec. Ici, les valeurs absolues de l'Amérique forte et puissante sont réduites à néant, montrant qu'en croyant que tout est possible, finalement, la machine à succès fabrique autant de prétentieux suffisants que de petits cons qui n'ont pas grands chose dans le crâne. 

 © Paramount Pictures FranceDany et sa bande sont l'exemple même des anti-héros, dont la vulgarité sert une farce jusque-boutiste lancée à fond la caisse, où finalement l'accès à la réussite se fait au détriment de toute moralité et sens du Bon et du Mauvais. On peut regretter que le réalisateur enchaîne, parfois sans mesure, les scènes absurdes qui, quelque part , finissent par être trop nombreuses et redondante pour servir le propos. Comme pour appuyer sur le fait que le scénario est basé sur une histoire vraie. Mais on rit de bon cœur à la bêtise de ces nœuds-nœuds survitaminés. Wahlberg n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est sur le point de péter un câble et virer dans l'hystérie comique (comme dans Ted). Et que dire de Dwayne Johnson en criminel pieux, qui prend la foi comme excuse pour s'affirmer, prospérer et surtout absoudre ses méfaits. Drôlissime ! De dérapages et coups du sort, les trois compères nous rappellent avec ironie et humour que l'argent ne fait pas le bonheur.

En résumé : Michael Bay se venge de tous ceux qui le conspuent sur l'autel des blockbusters hors de prix qui l'ont construit et ont bâti une partie du nouvel Hollywood. Il répond qu'il faut ne pas être bien fute-fute pour imaginer qu'avoir de l'argent est une fin en soi. Le roi du gros film qui tache et qui casse tout fait mouche avec cette comédie shootée aux protéines.

lundi 1 octobre 2012

Critique : Ted : un ours qui vous veut du bien ? (10/10/12)

TED
De Seth MacFarlane
Avec  Mark Wahlberg, Seth MacFarlane, Mila Kunis...


Vous souvenez-vous des moments tendres et câlins avec l'ourson de votre enfance ? Celui que vous trimballiez partout, à qui vous confiiez tous vos malheurs et secrets et qui partageait vos joies et vos peines... Et bien quand vous allez rencontrer Ted, cette image douce et rassurante va voler en éclats... de rire. Revisité par le créateur des séries Les Griffin, Family Guy et American Dad, le mythe de l'ours en peluche mignon et sympa se transforme en une farce où la vulgarité n'a pas de limite. Mais jusqu'où peut-on aller sur ce terrain pour faire rire ? Jusqu'à l'infini... et au-delà (comme dirait un certain Buzz l'Éclair...). Et les dernières comédies américaines l'ont bien compris : Very Bad Trip et Mes meilleures amies en sont de parfaits exemples. Et ça marche ! Sortie fin juin de l'autre côté de l'Atlantique, Ted a dépassé les $200 millions de recettes, et est devenu un phénomène en Allemagne où il a tenu la première place du box-office pendant 4 semaines, et il est devenu le 2e plus gros succès de toute l'histoire d'Universal au Royaume-Uni. Tout ça pour un ours ?! Mais qu'a t-il de si spécial ?

© Universal pictures
John est un enfant de 8 ans plutôt solitaire et souvent moqué par les autres. Ses parents lui offrent alors un ami par procuration : un ours en peluche qu'il prénomme Ted. Mais cela ne lui suffit pas. John fait le vœu de voir son ami rembourré parler, bouger et devenir son meilleur ami pour la vie. Il ne croyait pas si bien dire car il est exaucé pour le meilleur... et surtout pour le pire, puisque Ted va petit à petit devenir un boulet dans la vie de John (Mark Wahlberg). Partagé entre l'amitié indéfectible qu'il a pour Ted (doublé par Seth MacFarlane) et l'amour qu'il porte à sa petite amie (Mila Kunis) qui veut le voir évoluer et grandir, John ne sait plus quoi faire. Un choix s'impose à lui : rester l'éternel ado qui participe à des beuveries étudiantes en fumant des joints, ou s'affirmer en tant qu'adulte pour offrir la vie que désire sa dulcinée. De l'amour ou de l'amitié, qui va l'emporter ?


No limit


© Universal pictures
Si le scénario est prévisible, les chemins empruntés sont plus que détournés et chaotiques, où tous les grands thèmes de notre société sont admirablement décortiqués sous couvert de grivoiseries. Plutôt que de jouer sur les aspects irréels de l'histoire (parce qu'un ours qui parle et montré au monde entier, ça n'est pas banal...), MacFarlane préfère jouer sur le comique de situations et une bonne dose d'humour cradingue en admettant que tout est possible. Et le réalisateur assume tout. Les répliques salaces et sans concession aucune (tout le monde en prend pour son grade), les événements ahurissants de surréalisme tout en restant originales, des personnages secondaires totalement décalés et caricaturaux mais très drôles et bien dessinés, et mêmes des guests stars inattendues, et mêmes si certaines sont muettes (je vous laisse la surprise...). 

© Universal pictures
Mais MacFarlane n'en ferait-il pas finalement un peu trop jusqu'à nous gavant de blagues jusqu'à plus soif, nous donnant limite la nausée ? Si vous sortez déjà le carton rouge devant une comédie de Judd Apatow, il est clair que l'humour MacFarlanien ne sera pas une sinécure pour vous. Et pourtant, on s'abandonne à ses délires et on accepte les excès qu'il enchaîne à un rythme effréné. Pas le temps de nous laisser souffler, les zygomatiques tournent à plein régime notamment grâce à une performance de Mark Whalberg décidément fait pour la comédie (et l'outrance lui va plus que bien... même s'il l'a rejeté pendant des années, m'a-t-il confié lors d'une interview). On n'oubliera pas de sitôt sa scène de bagarre avec Ted (personnage en images de synthèse recréé à partir de capteurs posés sur MacFarlane lui-même pour un résultat bluffant), sa chanson sur le tonnerre et sa performance scénique en interprétant la musique d'Octopussy. 

© Universal pictures
Cela fonctionne aussi parce que Ted n'était pas une voix enregistrée en pré-production mais bien jouée en live par MacFarlane pour plus d'interactions et par souci de réalisme dans les relations entre les personnages. Pari réussi car le spectateur croit à l'incroyable et finit par se prendre d'affection pour cette peluche grossière et mal élevée, mais tellement attachant. On regrettera tout de même que le rôle de Mila Kunis (qui travaille avec MacFarlane depuis 13 ans sur Les Griffin) ne soit pas plus étoffé. Il ne se limite pas à la femme castratrice qui impose ultimatum sur ultimatum pour que son mec grandisse. Mais il n'intervient qu'à de rares occasions comme des pointillés pour relier toutes les situations absurdes que vivent John et Ted vers une tentative de progression narrative un peu légère. En espérant que MacFarlane s'appliquera davantage dans l'écriture de ses discours pour les prochains Oscars, qu'il aura l'honneur de présenter...


Côté doublage français, on aura le plaisir de retrouver un vrai badass pur jus puisqu'il s'agit de JoeyStarr qui rentre dans la peau de Ted (voir les vidéos ci-dessous). 



En résumé : Finalement Ted est un buddy movie fondé avant tout sur l'importance de l'amitié. Une chaleureuse comédie humaine malgré les innombrables gaudrioles épicées et les blagues les plus honteuses. N'ayez pas peur, ça ne fait pas mal... ou seulement aux ados !


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