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samedi 14 septembre 2013

[Trailer] Malavita : les mafieux s'invitent en Normandie (25/10/13)

À quelques jours de la sortie américaine de Malavita, la nouvelle réalisation de Luc Besson (produite par Martin Scorsese), une nouvelle bande annonce a fait son apparition. Pleine d'images inédites (avec quelques scènes susceptibles de heurter un jeune public, d'où le bandeau rouge au départ), elle montre un Robert De Niro qui semble s'amuser comme un petit fou entouré de sa famille un peu "spéciale".

Adaptation du roman éponyme de Tonino Benacquista, Malavita réunit au côté du plus américain des Italiens, Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones, ainsi que et de nombreuses gueules marquées de méchants habituées aux rôles dans la pègre. Du côté des enfants, on retrouve Diana Agron, libérée de la série Glee, et John D'Leo, aperçu dans The Wrestler et Peace, Love et plus si affinités.

Robert De Niro est Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI. Afin d'assurer pleinement la sécurité du mafieux et de sa famille, il est décidé de les installer, en France, dans un petit village de Normandie. Malgré d'incontestables efforts d'intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s'agira de régler les petits soucis du quotidien...

En salle le 25 octobre



Petit rappel de la première bande-annonce :

mardi 29 janvier 2013

Critique : Lincoln : Une fresque politicienne superbe (30/01/13)

LINCOLN
De Steven Spielberg
Avec Daniel Day Lewis, Tommy Lee Jones, Sally Field, Joseph Gordon-Levitt...

La guerre déchire les Etats américains en pleine vague de changement. Abraham Lincoln, fraîchement réélu 16e président d'Amérique, met tout en œuvre pour stopper le conflit, trouver une solution pour unifier le conflit et abolir l'esclavage. Armé de toute la détermination qui l'anime et d'un courage politique sans faille, il va devoir faire des choix stratégiques qui vont boulverser le destin des générations futures.

© 20th Century Fox
S'attaquer à un sujet historique aussi colossal que l'abolition de l'esclavage en pleine Guerre de Secession avait de quoi en effrayer plus d'un. Mais pas Spielberg, qui élabore le projet depuis plus de 10 ans dans la tête. Il lui fallait donc un acteur hors-norme pour interpréter Abraham Lincoln, sans doute le président le plus révéré de l'histoire américaine. Et pour prendre toute la mesure d'une telle charge cinématographique. C'est chose accomplie avec le brillant Daniel Day-Lewis, qu'on pourrait considérer comment le plus grand acteur de sa génération. Il incarne l'homme d'Etat républicain comme si ça vie en dépendait. Il ne joue pas, il EST Lincoln ! Seuls parfois ses yeux rieurs (dus à sa "jeunesse") le trahissent. Visage émacié, traits tirés, voix chevrotante, démarche chancelante... Le moindre détail est travaillé. Impressionnant ! De quoi lui donner de sérieuses chances pour les Oscars, qu'il a déjà remporté deux fois pour My left foot (1989) et There will be blood (2008).

© 20th Century Fox
Spielberg renoue ici avec son amour des grands sujets historiques sur l’esclavage, qu’il avait déjà abordé dans Amistad et La couleur pourpre. Loin de la biographie fleuve retraçant toute l'œuvre du 16e président des Etats-Unis, Lincoln reste une fresque intimiste, où l'on découvre derrière Lincoln, l'homme d'Etat républicain pugnace et résolument frondeur, Abraham, un père et un mari aimant et patient. On doit cette proximité aux prises de vue essentiellement filmées en intérieur, de bureaux en alcôves, de la salle du Congrès au salon présidentiel... Seules les rares scènes de bataille (en ouverture, par exemple) nous font humer l'air extérieur, vicié par l'odeur de la poudre et des cadavres. On est littéralement plongés au cœur de cette époque trouble.
© 20th Century Fox
La reconstitution et l’atmosphère du film sont bluffantes de réalisme. Merci aux images sublimes Janusz Kaminsky (fidèle chef op' de Spielberg depuis La liste de Schindler) qui offrent des tableaux presque photographiques (Abraham Lincoln s'appuyant derrière une fenêtre à l'annonce de l'adoption de la loi... une image en contre-jour désaturée baignée dans une lumière diffuse...). Des images symboliques qui résonnent deux fois plus fort en cette année de réélection du premier président noir américain...

Une œuvre américano-américaine

© 20th Century Fox
Le drame se joue avant tout dans les dialogues (parfois un peu bavards) et l'interprétation d'une distribution 4 étoiles, dans laquelle on trouve notamment des seconds rôles épatants (Tommy Lee Jones, Sally Field et Joseph Gordon-Levitt). On regrettera tout de même la forme un peu trop scolaire de l'œuvre parfois trop académique, voire ennuyeux dans la première heure. A force de détails, Lincoln tombe dans un style ampoulé, voire abscons. Spielberg perd les spectateurs dans les méandres des tractations plus ou moins légales, et leur jargon politique américain souvent peu connu du grand public international. Voilà qui est fâcheux ! Aurait-il fait Lincoln uniquement pour son public américain ?



En résumé : Le pari est plus que réussi. Et les 12 nominations aux prochains Oscars ne sont pas volées ! Reste que, malgré sa beauté, Lincoln donne une impression d'immobilité. Superbement joué et intéressant mais pas assez clair. Le film plaira à coups sûr les arrières petits-fils de l'Oncle Sam sur fond d'uniformes bleus et de bannière étoilée, mais laissera peut-être le reste du monde un peu plus perplexe.
(un conseil : les non-anglicistes, n'allez surtout pas le voir en VO, même si la prestation de Daniel Day-Lewis supportera sûrement mal le doublage).


lundi 8 octobre 2012

Critique : Tous les espoirs sont permis : une Desperate housewife chez le Schtroumpf Grognon (10/10/12)


Tous les espoirs sont permis 

De David Frankel
Avec Meryl Streep, Tommy Lee Jones, Steve Carell...

Arnold et Kay sont mariés depuis plus de 30 ans. La passion a fait place à la routine : Monsieur part travailler sans un mot après que Madame lui ait préparé son petit déjeuner, il rentre à 18h, et s'installe devant son programme télé de golf après avoir diner en silence. Kay n'en peut plus ! Elle a envie d'autre chose, de retrouver celui qu'elle aime et ne plus dormir seule dans sa chambre à part. Redonner du piment à sa vie de couple devient une priorité. Elle découvre un livre écrit par un thérapeute spécialisé dans les problèmes de couple. Kay réussit à traîner son bougon de mari jusque dans le fin fond du Maine pour une semaine intensive de reconstruction de vie à deux. Le chemin sera long et parsemé de doutes, de questionnements, de rires et de douleurs...

Je t'aime, moi non plus...


Si les rom-com ont souvent eu tendance à parler de et à des trentenaires en pleine crise existentielle, il est évident que les producteurs ont depuis peu compris que les gens d'un âge certain avaient de plus en plus leur place sur le grand écran au vu du vieillissement général de la population. Et certains ont eu leur succès, que ce soit dans l'émotion de la gestion de la fin de vie dans Indian Palace, ou dans la dérision du refus de la mise au rencard dans Red. Dans Tous les espoirs sont permis, il est question de tendresse et de redécouverte de la sensualité et du désir. Un voyage vers l'épanouissement passé 60 ans. On vous le dit : les vieux ont leurs plus belles années devant eux ! Et c'est là tout le propos de David Frankel qui a eu le courage de s'y atteler.



Tous les espoirs étaient permis au vu du casting brillant et du succès des précédents films du réalisateur (Le Diable s'habille en Prada, Marley & Moi). Mais si l'idée de départ avait de quoi séduire (surtout lorsqu'on vous apprend que la turlutte est le meilleur moyen de récupérer votre mariage...), le traitement est plutôt didactique, parfois bavard et n'évite pas les phrases toutes faites sans réelle profondeur.



Frankel alterne avec sobriété situations grotesques et moments plus graves sans jamais pousser l'un ou l'autre à fond. Il ose une certaine noirceur des sentiments lorsqu'il évoque le dégoût de l'autre quand il s'agit de se mettre littéralement à nu et de passer à l'acte, mais n'approfondit pas son propos. Et pourtant, on est surpris de voir que le psy s'attaque directement et sans ambages à la sexualité de nos deux amoureux éteints. Steve Carrel étonne par sa simplicité et son charisme tout en retenu lorsqu'il pose des questions intimes et crues (mais jamais graveleuses) le plus sérieusement du monde.



Cette histoire manque finalement de piment mais est transcendée par des acteurs magiques et à qui le cabotinage va bien. Et si j'osais, je pourrais dire que 90% du film repose sur les seules épaules de la fabuleuse Meryl Streep. L'actrice aux 3 Oscars (dont La Dame de fer) et aux 17 nominations donne une émotion d'une justesse désarmante à son personnage. Tout son enthousiasme, sa volonté de sauver ce qu'il reste à sauver de son mariage mais aussi sa détresse émotionnelle et affective nous prennent au cœur. Et la voir se mettre dans des situations rocambolesques à de quoi faire sourire (même si encore une fois, plus d'audace n'aurait pas nuit au propos).

Quant à Tomme Lee Jones, l'air renfrogné, bourru et son insensibilité montrent un jeu plus subtile qu'il n'y paraît. Arnold évolue différemment de Kay et tout son jeu réside dans le non-dit, des expressions et un phrasé bien à lui. Restera cette scène où lorsque le psy lui demande de parler de sa vie sexuelle sans détour, il bredouille, cherche ses mots sans les trouver, mais tous ses sentiments transparaissent à grand renfort de gros plans montrant tour à tour ces charmants sexagénaires plus vrais que nature.


En résumé : Si Tous les espoirs sont permis ne donne pas de recette miracle pour ne pas tomber dans le panneau de l'amour par habitude et la co-location plutôt que du vivre-ensemble, il livre une comédie romantique proprette et agréable... sans casser des pipes.

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