samedi 14 septembre 2013

[Trailer] Malavita : les mafieux s'invitent en Normandie (25/10/13)

À quelques jours de la sortie américaine de Malavita, la nouvelle réalisation de Luc Besson (produite par Martin Scorsese), une nouvelle bande annonce a fait son apparition. Pleine d'images inédites (avec quelques scènes susceptibles de heurter un jeune public, d'où le bandeau rouge au départ), elle montre un Robert De Niro qui semble s'amuser comme un petit fou entouré de sa famille un peu "spéciale".

Adaptation du roman éponyme de Tonino Benacquista, Malavita réunit au côté du plus américain des Italiens, Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones, ainsi que et de nombreuses gueules marquées de méchants habituées aux rôles dans la pègre. Du côté des enfants, on retrouve Diana Agron, libérée de la série Glee, et John D'Leo, aperçu dans The Wrestler et Peace, Love et plus si affinités.

Robert De Niro est Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI. Afin d'assurer pleinement la sécurité du mafieux et de sa famille, il est décidé de les installer, en France, dans un petit village de Normandie. Malgré d'incontestables efforts d'intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s'agira de régler les petits soucis du quotidien...

En salle le 25 octobre



Petit rappel de la première bande-annonce :

[Critique] 2 Guns : un duo explosif dans la vanne (25/09/13)

2 GUNS

De Baltasar Kormakur
Avec Denzel Washington, Mark Wahlberg, Paula Patton, Bill Paxton, Fred Ward, James Marsden, Edward James Olmos…

Sortie le 25 septembre 2013

Bobby et Stig sont inséparables. Ils trempent dans des affaires plutôt louches et côtoient des hommes qu'ils feraient mieux d'éviter. Ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'ils travaillent tous les deux pour deux agences gouvernementales rivales qui leur ont demandé d'infiltrer un réseau de trafiquants de drogue. Lors de leur mission, ils opèrent à un casse pour remonter à la source du commerce illicite. Évidemment, l'opération tourne mal : les voilà avec 43 millions de dollars (au lieu de 3 supposés) sur les bras, qui n'appartiennent pas à la personne prévue. Ils découvrent leur véritable identité respective et en viennent à se retourner l'un contre l'autre. Mais ils s'apprécient trop pour que l'un ou l'autre tue son partenaire. Ils s'allient alors pour faire tomber ceux qui veulent les voir disparaître de la circulation...

2 guns... Voilà un titre bien ironique ! Si on devait les compter, on en trouverait bien plus que cela. Il y en a tellement qu'on pourrait armer un petit pays ! Les balles fusent toutes les secondes et on ne compte plus les morts. On le savait : les hommes aiment s'amuser avec leurs gros joujous qui font du bruit. On pourrait penser que Michael Bay est aux commandes de ce nouveau film burné.
© Patti Perret / Columbia Pictures IndustriesEt pourtant 2 Guns n'est pas un film de gros bras qui se débarrassent de tout ce qui bougent à tout-va. Adaptation d'une série de romans graphiques de Steve Grant et Mateus Santouloco. Le film, ici scénarisé par Blake Masters (plume de la série dramatique Brotherhood), ressemble à une comédie de situation façon western, où chaque personnage pense savoir ce qui se passe alors qu'en fait, il ignore tout.
Le scénario est un peu alambiqué sans réelle raison apparente. Pas très original ni intelligence particulière, il nous embarque dans un complot aux circonvolutions inutiles. Peut-être voulait-il se donner un peu d'épaisseur au regard des nombreuses scènes de déchargement de cartouches et d'explosions. Mais les personnages et l'humour, parfaitement liés avec ses répliques ciselées, font oublier le reste. Car la comédie naît de la vision de chacun des protagonistes et la manière dont elles s'opposent. Ils vivent tous les deux selon leurs propres règles, et n'en reviennent pas que les autres ne fassent pas de même.
Tel le train lancé à grande vitesse qui fait l'ouverture du film, le voyage proposé par Masters est plutôt prévisible, mais ne déraille jamais. On se laisse transporter et à l'arrivée, le sourire reste aux lèvres.

“Never rob a bank across from a diner with the best doughnuts in three counties"


© Patti Perret / Columbia Pictures IndustriesOn retrouve le buddy movie classique, qui allie deux personnages totalement opposés, mais qui sont obligés de collaborer pour atteindre leur but commun. Rien de bien nouveau avec 2 Guns me direz-vous. Mais c'était sans compter le très efficace duo Washington/Wahlberg. Celui-ci fait figure de cowboys modernes combattant les méchants dealers et les autorités corrompues. Et on ne pourra s'empêcher de penser à la saga L'arme Fatale dans l'esprit. L'un est réfléchi, tacticien, stylé et... amoureux, tandis que l'autre est instinctif, sanguin, dragueur et... extrêmement bavard. Et ce qui saute aux yeux est d'abord l'alchimie entre les deux acteurs principaux. Ils s'amusent et ça se voit ! Même si le double Oscarisé Washington est à nouveau en mode "autoguidage" (Il faut dire qu'il s'est enchaîné deux rôles plutôt lourds, dont Flight encensé par la critique, avant de s'engager auprès de Baltasar Kormakur). Leur charisme et leur présence respectifs est un vrai bonheur, et leur répartie fuse comme des balles doom-doom. Ils s'invectivent, se titillent et finissent par se trouver, ce qui ne se fait pas sans dommages physiques... 

© Patti Perret / Columbia Pictures IndustriesDes dommages, les institutions représentant l'autorité si chère à l'Amérique patriotique en prennent (enfin !) un coup sur le képi ! Tous pourris ? Presque. Bobby et Stig ont à cœur de rester la valeur de l'honneur, sapé par la CIA et la Navy, qui les lâchent et préfèrent enterrer ce qui pourraient nuit à leur précieux prestige. Tous ces hommes soit-disant honorables qui sont loyaux envers ces organismes prétendument respectables sont renvoyés à leur faute morale. Finalement, malgré leurs nombreux défauts, les seuls véritables hommes d'honneur sont Bobby et Stig car ils ont du respect l'un pour l'autre... malgré toutes les crasses qu'ils se font ! 

En résumé : Baltasar Kormakur a réussi à gagner ses galons dans le cinéma hollywoodien depuis Contrebande (déjà avec Mark Wahlberg). Il offre avec 2 Guns une comédie pop-corn fun au plaisir immédiat, mais qui ne laissera pas une trace indélébile sur notre cerveau.

jeudi 12 septembre 2013

"It's not porn, it's HBO" : nouvelle parodie d'Alberto Belli

La chaîne américaine HBO s'est fait connaître grâce à des programmes novateurs, sans tabou ni peur de choquer l'Amérique bien pensante, et souvent couronnés de succès public et de Emmy Awards (Sex & The City, Sur écoute, Les Soprano, Boarwalk Empire, Le Trône de fer...). Sa différence, elle la revendique. Son slogan : "Ce n'est pas de la télé, c'est HBO". De grands réalisateurs et de nombreuses stars du grand écran sont depuis passés par la chaîne qui ose tout, se lâchant de plus en plus sur les scènes dénudées et les langue fleuri. Et c'est dans cet esprit que le réalisateur Alberto Belli (à qui ont doit déjà l'imitation d'Anne Hathaway dans Les Misérables) a imaginé une vidéo parodique autour du célèbre slogan de la chaîne. 

"It's not porno, it's HBO" 


Il fallait oser... Il l'a fait ! Dans la vidéo, on voit de jeunes acteurs parler à leurs amis et famille du rôle "fabuleux" qu'ils viennent de décrocher. Surexcités, ils en parlent avec passion et étincelles dans les yeux. Sauf que, lorsqu'ils décrivent leurs scènes, on comprend très vite qu'elles sont osées, voire très explicites et crues. La panique s'empare de leurs proches et tous disent : "Mais tu vas jouer dans un porno !". Et les acteurs de leur répondre : "C'est pour HBO". Voilà trois petites lettres qui font des miracles puisqu'en une seconde, tout le monde semble rassuré et même fier. Il faut dire que la vidéo termine sur le nombre de récompenses déjà obtenues. Un chiffre impressionnant qui, apparemment, fait oublier tout le reste ! 

mardi 10 septembre 2013

[Trailer] Un bel hommage à Cory Monteith à Toronto

Après l'émouvant hommage de Lea Michele lors des Teen Choice Awards à Cory Monteith disparu le 13 juillet dernier, c'est au tour du dernier film auquel a participé la star de Glee d'être récompensé. Ainsi la comédie douce amère All the Wrong Reasons signée Gia Milania a remporté Grolsch Film Works Discovery Award au Festival international du film de Toronto, qui récompense le travail d’un réalisateur débutant, ainsi que la somme de 10.000 dollars pour son film. Le long-métrage narre l’histoire de quatre employés d’un magasin, abîmés par la vie. Aucune date de sortie en France n’a été annoncée pour le moment.


[Trailer] : Robocop : un remake utile ?

Le super flic de ferraille à la voix digitalisée Alex Murphy sera de retour en 2014 dans le remake de Robocop, dont la sortie originale date de 1987 (signée Paul Verhoven). Voilà qui ne nous rajeunit pas ! Au menu, des cascades, des explosions, des méchants à poursuivre... rien de bien nouveau en somme. Si nous dit-on. Il y a une véritable volonté d'appuyer sur le côté sentimental de l'homme-machine. Voilà qui laisse perplexe. 

Dans cette version comme dans la précédente, on se trouve dans le futur, en 2029 plus exactement. Une multinationale fait état d'une suprématie technologique incontestée. Elle envoie des drones aux quatre coins de la planète et a le projet d'appliquer ces avancées techniques au profit de la sécurité intérieure à l'aide de robots ultra-perfectionnés. Alex Murphy, mari aimant et père dévoué d'un petit garçon, est un policier faisant de son mieux pour endiguer le crime et la corruption qui gangrène la ville de Détroit. À la suite de graves blessures qui le laisse dans un piteux état, il est sauvé par l'entreprise et son savoir technologique. Elle le transforme en machine, mi-homme mi-robot. Devenu RoboCop, il reprend ses patrouilles avec de nouvelles capacités. Mais ce n'est pas sans difficultés qu'il s'adapte à sa nouvelle vie. Qui contrôle la machine : l'homme et sa volonté propre ou les circuits électrique et les programmes intégrés ?


Qui contrôle la machine ?


On prend les mêmes et on recommence ? À peu de choses près... L'armure grise est devenue noire (merci au succès des reboots de Batman ?). Et les effets spéciaux sont présents et nombreux. Même le thème principal, même modernisé, a déjà été abordé dans le précédent opus : l'âme et le libre-arbitre subsistent-ils dans un cyborg ? Le réalisateur José Padilha aura la lourde tâche de nous convaincre, d'autant que les précédentes ré-adaptations ont toutes été des échecs cuisants. Pari risqué maintenant que la révolution technologique promise avec l'arrivée des années 2000 est bien loin derrière les espérances datant d'il y a 30 ans.
Dès le départ, les déconvenues que la production a connu ont été nombreuses : fuites du scénario -- orchestrées ou non -- mauvaises rumeurs, abandon de comédien (Hugh Laurie était prévu pour être le "méchant", et de réalisateur (à savoir Darren Aronofsky). Sans compter  les critiques des fans de la première heure. D'autres récents remakes du genre se sont ramassés, Total Recall en tête.
Ce RoboCop ressemble à première vue à un dérivé bon marché d'Iron Man 3. Le premier rôle est réservé à un quasi débutant pour un film qui se veut être un blockbuster : l'acteur suédois Charles Nordström s'est fait connaître avec la série The Killing (version US), et il a fait des apparitions dans Millenium : les hommes qui n'aimaient pas les femmes et Sécurité rapprochée. On peut espérer que l'ensemble pourra être relevé avec le reste du casting, plus "mature" avec la présence de Samuel L. Jackson, Gary Oldman, Michael Keaton (Michael qui ?). Mais ne jouons pas les oiseaux de mauvaise augure. Peut-être que la nouvelle génération , avide de séquences explosives, pardonnera les faux-pas d'une production somme toute fait pour jouir d'un énième plaisir coupable sans se griller trop de neurones. C'est tout ce qu'on leur souhaite !


robocop 2014 Bande Annonce vostfr par play4motion

[Trailer] The Double : Sosie indésirable

Présenté au festival de Toronto cette semaine, la bande annonce du film The Double vient de débarquer sur la Toile. L'œuvre signéeRichard Ayoade est l'adaptation du second roman de Dostoïevski. Elle suit un jeune homme insignifiant qui va voir sa vie chamboulée et tourmentée par son double, mystérieusement apparu. 

L'éclectique Jesse Eisenberg campe le rôle principal. Le grand public a découvert le jeune acteur de 29 ans dans The Social Network et revu cet été en magicien très doué dans Insaisissables. On retrouvera au casting Mia Wasikowska (Stoker), Yasmin Paige, Noah Taylor, Wallace Shawn entre autres.


Quant au réalisateur, sa tête d'ado ébouriffé ne vous est sûrement pas inconnue. Richard Ayoade est connu pour avoir incarné récemment l'un des surveillants de quartier déjanté / alien aimant les humains dans Voisins du 3e type aux côtés de Vince Vaughn, Ben Stiller et Jonah Hill. Il s'est déjà illustré en tant que réalisateur puisqu'il était derrière la caméra de Submarine en 2010. 

Scandal : De nouvelles têtes... connues pour la saison 3

Après avoir avoir porté le costume noir d'agent gouvernemental dans Prison Break, la blouse de pédiatre dans Private Practice, Paul Aldestein va jouer des coudes aux côté Olivia Pope dans la troisième saison de Scandal, qui reviendra aux États-Unis le 3 octobre. 

Le pilote qu'il a tourné avec Debra Messing (Smash) pour CBS n'ayant pas été retenu (l'adaptation d'une série israélienne intitulée Mother's Day), il revient dans le giron de Shonda Rhimes, grande prêtresse des séries médico-amoureuses Private Practice et Grey's Anatomy. Cette dernière verra peut-être revenir Kate Walsh, alias le Dr Addison Montgomery, suite à l'annonce du départ de Sandra Oh (aka Christina Yang). En tout cas, c'est le souhait affiché par Shonda Rhimes. À suivre...

Comme d'habitude, la productrice n'a pas souhaité dévoiler le rôle d'Aldestein. On sait seulement qu'il sera récurrent. Mais il ne devrait pas être trop dépaysé car sa femme Liza Weil (Gilmore Girls) a joué le rôle d’une stagiaire de la Maison Blanche dans la première saison. Et qu'il complète l'arrivée d'une autre figure très connues des sériphiles et fans de Friends : Lisa Kudrow, qui continue sa Web Therapy.

En attendant de retrouver Olivia Poper et ses acolytes de choc, voilà le teaser de la 
saison 3.

lundi 9 septembre 2013

Un petit génie pour améliorer le monde dans Touch


La série Touch arrive sur M6 samedi soir en prime time. Faut-il scotché ou zapper ?
Après avoir combattu - de manière parfois discutable - les ennemis de l'Amérique dans 24 heures chrono (que l'on devrait retrouver pour 12 épisodes en 2014), Kiefer Sutherland revient sur les écrans français avec une série qui n'est pas sans rappeler Tru Calling, Demain à la Une ou Sept jours pour agir pour ses flashbacks essentiels pour 'sauver' l'avenir. 

Martin est un ancien journaliste d'investigation dont la femme vient de mourir. Son fils Jake, 11 ans, est autiste. Il ne supporte aucun contact physique, ne parle pas. Mais il est fasciné par les chiffres, à qui il donne un sens particulier : l'univers est une structure mathématique où tout est défini à l'avance et répond à un certain dessein. Ainsi chaque événement, chaque personne impliquée sont liés, et la notion de hasard n'existe plus vraiment. Car chaque événement à une explication et est arrivé parce qu'on n'aura pas su le décoder à temps. 
Pour chaque série de chiffres pondus par son fiston, Martin se met donc en chasse d'un sens, d'une explication, tel un chevalier en armure invisible au service du bien-être de la planète et de ses habitants. Non qu'il est une âme de grand sauveur mais surtout pour créer du lien avec son fils. Un combat qui paraît abstrait et bien vaste pour ses frêles épaules. Sur leur chemin, ils trouveront des alliés de poids -- et d'autres super génies comme Jake -- mais aussi des adversaires puissants qui vont leur en faire baver.

La force de Touch réside en la performance de Kiefer Sutherland en père attentionné, sensible, qui fait tout pour élever son fils autiste le plus 'normalement' possible, et que les événements vont bouleverser, et finalement rapprocher. Si les épisodes sont assez inégaux, les émotions sont présentes, le scénario de la première saison est original, et  habilement tricoté pour que tout soit relié à la fin dans un suspens plutôt bien mené. Dommage que les scénaristes n'aient pas tenu leurs promesses pour la seconde saison, ce qui a probablement causé son essoufflement et son arrêt l'année dernière -- malgré la présence de Maria Bello et de Said Taghmaoui au casting. 

En résumé : un peu de suspens, du rififi dans les méninges mais pas trop, et quelques jolies émotions. Parfait pour un samedi soir plateau-télé.


dimanche 8 septembre 2013

[Critique] Le Majordome : une leçon d'Histoire poignante mais classique (11/09/13)

© Metropolitan FilmExport
LE MAJORDOME
De Lee Daniels
Avec Forest Whitaker, Oprah Winfrey, David Oyelowo, Cuba Gooding Jr, Terrence Howard...

Sortie le 11 septembre 2013

Cecil Gaines est un Noir américain devenu majordome, et qui a passé sa vie à servir huit présidents successifs à la Maison Blanche. Durant cette période, il a été le témoin dans l'ombre de la lutte d'un peuple : celle pour la reconnaissance des droits de la communauté noire aux États-Unis.

"E pluribus unum"


Si Lee Daniels est considéré comme un réalisateur subversif, provocateur, voire racoleur (on se souvient de Precious et surtout de Paperboy), il n'en est rien avec Le Majordome. Le cinéaste surprend avec une œuvre élégante, sans images scabreuses, au ton résolument pédagogique et formel. Grâce au personnage de Cecil Gaines -- double cinématographique d'Eugene Allen, majordome qui a passé 34 ans au service des hommes les plus "puissants du monde", de Eisenhower à Reagan -- le cinéaste permet de s'approprier l'Histoire d'un pays à travers le regard privilégié d'un homme du peuple.... d'un peuple, qui a fait face aux humiliations et à la cruauté du racisme. Pour autant, le film n'est pas une biographie : Daniels a pris quelques libertés quant à certains faits, qui ont été plus ou moins modifiés voire inventés pour coller à l'évolution de l'Histoire. Ségrégation, Freedom Riders, Martin Luther King, Black Panther Party, grandes manifestations et Ku Klux Klan... le film embrasse fidèlement les grandes étapes du mouvement, au risque parfois de les survoler. Mais il parvient à enraciner son discours dans des personnages de chair et de sang.


"Êtes-vous politisé, Mr Gaines ? Nous n'avons aucune tolérance pour la politique à la Maison Blanche"


Fort de son contexte, Le Majordome soulève de nombreuses questions et cristallise l'ironie de certaines situations. Cet homme, élevé comme esclave dans un champs de coton, qui a vu son père mourir sous la balle tirée par un blanc, va finalement trouver sa place dans la société et s'élever socialement en travaillant... pour des Blancs. Dès le départ, on lui apprend à se taire, à ne pas se rebeller contre l'autorité suprême du maître blanc. Dès son embauche à la Maison Blanche, on lui répète "vous n'entendez rien, vous ne voyez rien, vous servez seulement". Il en vient à devenir une ombre parmi la horde de petites mains noires du palais présidentiel. 
Il sait se rendre indispensable et se fait apprécier pour sa discrétion et ses valeurs humaines. Mais il en paie le prix fort. Il va renier toute conscience politique pour garder son job, et rejeter tout activisme grandissant chez les Afro-Américains, quitte à s'éloigner de son propre fils. Il n'est dupe de rien. Mais on peut se demander si Cecil (re)devient un esclave cette fois-ci consentant de par le fait d'avoir été façonné toute sa vie à l'être. Ou si, au contraire, il fait partie de ceux qui ont fait bouger les mentalités "en sous-marin", sans vraiment le savoir. Le Dr Martin Luther King (interprété par le "Lafayette" de True Blood) affirme dans le film que "Les domestiques noirs jouent un grand rôle dans notre Histoire" car ils ont la possibilité de faire naître chez ceux pour qui ils travaillent, un élan de sympathie et de compréhension, et de développer un lien réel menant à l'acceptation de l'autre comme égal humain. Et Cecil en est le parfait exemple...

Un réalisateur qui règle ses comptes ?


Si la forme est didactique et le chemin emprunté direct, le fond se veut être une révolte contre ce qui a été une atrocité pour tout un peuple. Daniels met l'Amérique face à son histoire avec des scènes parfois difficiles et violentes dans leurs propos pour marquer la cruauté d'une époque injuste. L'idéologie véhiculée est d'une grande complexité, sans pour autant oublier les émotions, non feintes et non dégoulinantes. Il préfère raconter sans juger, laisser l'Amérique faire son propre procès et emprunter le douloureux chemin de la rédemption (si chère au cinéma américain). Dans un récent entretien au New York Times, Forest Whitaker affirmait : "Il y a quelque chose qu'on ne dit pas : pourquoi ces histoires ne sont-elles pas traitées davantage ? Parfois les gens ont peur de regarder en face ce qui se passe(...) Le fait est que beaucoup des problèmes sociaux (montrés dans le film) sont encore d'actualité". Et Oprah Winfrey d'ajouter : "Pourquoi faut-il raconter cette histoire ? Pourquoi devons-nous continuer à interpréter des domestiques ? Parce que c'est arrivé et que sans eux, aucun d'entre nous ne serait ici aujourd'hui. Ma mère était domestique, ma grand-mère était domestique et sa mère était domestique".

Cette tension entre le progressisme silencieux de Gaines et l'engagement dans la lutte de son fils fera oublier les fautes d'esthétisme dans l'image et la lumière (sans parler de l'affreux maquillage qu'arbore Oprah Winfrey à la fin), et la grandiloquence de certaines scènes, un peu trop théâtralisées (surtout le final jouant à fond les violons pour un Happy End attendu). 
Et pourtant, quel casting ! Forest Whitaker est d'une justesse impeccable. David Oyelowo, déjà dans Paperboy, incarne parfaitement cette jeunesse en révolte. Et Oprah Winfrey, loin de la diva des talk-shows est bluffante en hédoniste coincée entre le destin des hommes de sa vie -- on se demande bien pourquoi elle n'a pas continué le cinéma après son rôle de Sofia dans La Couleur Pourpre ! On retrouve avec grand plaisir le reste du casting (avec quelques choix surprenants -- comme Alex Pettyfer ou James Marsden -- et d'autres habitués à travailler avec Daniels -- comme Mariah Carey et Lenny Kravitz)... même si certains n'ont que quelques répliques. 


En résumé : Un film chargé en émotions, mais tout en retenue, classique avec une véritable vision d'auteur pour raconter un destin exceptionnel.





mercredi 4 septembre 2013

Interview : Pascal Plisson parle du docu. Sur le chemin de l'école (25/09/13)

SUR LE CHEMIN DE L'ÉCOLE 
De Pascal Plisson
(sortie le 25/09/13)


Jackson, Zahira, Carlito et Samuel sont des enfants comme les autres. Ils ont des parents qui les aiment, des copains avec qui jouer. Et entre deux jeux et tâches pour aider leurs parents, ils vont à l'école. Sauf que pour eux, le chemin pour y parvenir est un véritable défi : ils font de très nombreux kilomètres, le plus souvent à pieds, pour y arriver. Et parfois, ils risquent même leur vie sur le chemin ! 
Pascal Plisson, le réalisateur de ce documentaire époustouflant, dépeint avec vérité et des images fortes (et sublimes), le très long parcours que ces gamins très attachants font régulièrement pour aller étudier. Il en a parlé avec ferveur à TvCinephages.





Envie d'une autre vie


© Winds / E. Guionet
« Je vais souvent en Afrique faire des reportages. J’ai eu l’idée de faire ce film alors que j'étais en repérage pour un autre documentaire au Kenya. Quand tout à coup, j’ai vu un enfant marchant seul, au milieu de la savane. Il n’avait qu’une ardoise, une craie et un stylo. En lui demandant ce qu’il faisait-là, il m’a dit qu’il se rendait à l’école. Et qu’il était ravi d’y aller. Chose étonnante, non pas parce qu'il me parlait de l'école avec envie, mais parce que l'école ne fait pas partie de la culture traditionnelle de ces peuples qui vivent au milieu de nulle part. Cet enfant, prénommé Jackson, m'a expliqué qu'il courait chaque jour plus de 3h avec sa sœur, pour se rendre en classe. Il ne voulait surtout pas devenir guerrier comme ses proches. De retour en France, j'ai su que je tenais quelque chose de fort. »

A la recherche de coups de cœur


© Winds / E. Guionet
« Une fois le projet lancé (après l'accord avec Disney, ndlr), mon équipe et moi avons cherché pendant 6 mois des enfants comme celui-là. A travers tous nos contacts de  l'association Aide et Action, d'autres journalistes, des bénévoles des réseaux associatifs qu'on avait appelés pour d'autres films, on a fini par trouver des gens "accro" à notre idée. Après avoir trouvé Jackson en faisant le tour des écoles kenyanes  un producteur indien m'a parlé de la famille de Samuel, seule famille chrétienne dans un village musulman, en Inde. Son histoire avait fait l'objet d'un petit article dans le journal de Bombay. Finalement, on est rentré avec plus de 60 histoires à raconter. Et on a eu de vrais coups de cœur !  Finalement, le plus dur a été de faire des choix, souvent très douloureux. Parfois, ce sont les lieux lors de nos repérages qui ont conditionné nos histoires. En Chine, on avait envie de parler d'un petit garçon en fauteuil roulant, qui ne pouvait pas aller à l'école facilement à cause de l'état déplorable de la route. Mais le temps qu'on revienne pour tourner avec lui, les autorités locales avaient déjà entendu parler de notre projet, et elles avaient régler le problème ! »

Garder la spontanéité


© Senator Filmverleih « Tourner avec des enfants n'est pas ce qu'il y a de plus évident. Ils sont imprévisibles et ils ne savent pas ce qu'est un film. Ils ne réalisaient pas trop ce qu'il se passait. Chaque portrait a été tourné en 12 jours, avec beaucoup de prises. Mais on avait anticipé cela pendant les repérages. On ne leur a pas montré les images au fur et à mesure pour ne pas leur enlever leur naturel (erreur que j'avais faite avec des guerriers Massaï lors d'un précédent tournage). Et comme les gamins portent toujours le même uniforme, on a l'impression que tout a été filmé en une seule fois. »

© Senator Filmverleih

Une maturité incroyable


« Ce qui m'a le plus frappé est que ces enfants ont compris qu’ils n’avaient que l’école pour s’en sortir et vivre mieux. Ils sont fiers, déterminés et solidaires les uns des autres. Ce ne sont que des enfants, mais ils réfléchissent déjà comme des adultes. Ils ont une maturité impressionnante. » 

À l'affût du moindre bruit


© Winds / E. Guionet« Jackson cavale tout le temps. On a fait plusieurs fois le trajet avec lui, et on a fini par anticiper ses chemins. Mais il en changeait régulièrement à cause du danger. Il nous est arrivé de faire des rencontres terrifiantes comme des bandes armées - qu'on ne montre pas dans le film car je ne voulais pas en rajouter. Jackson est à l’affût du moindre bruit ou mouvement dans la savane - à cause des éléphants, girafes et autres bestioles du genre. Mais il préfère risquer sa vie plutôt que de vivre comme ses parents. Au moment de dérusher, le traducteur nous a éclairé sur la discussion que Jackson a avec sa petite sœur. Elle était beaucoup plus instructive sur la façon de tracer leur chemin pour éviter , que de mettre en voix-off un texte à nous. Résultat, on a enlever toute la voix-off en fil rouge, et c'est beaucoup mieux comme ça !  On en apprend bien plus... »

Impensable de manquer l'école


© Winds / E. Guionet« Chose incroyable aussi : Carlito, lui, ne voulait pas faire le film car il devait manquer des jours de classe. Chose impossible pour lui ! Pour le convaincre de faire le film avec nous, la directrice de son école lui a dit de considérer la chose comme un devoir scolaire pour aider ses copains. Chose qu'il a pris à cœur de faire par la suite. »

Garder contact


© Senator Filmverleih « Depuis le tournage, on a gardé contact avec les enfants, comme des parrains. Comme on ne pouvait pas payer les enfants, on a fourni des affaires pour l'école (des bancs, des chaises...) ou pour la communauté à la place. Et grâce à nous, Jackson a pu aller voir la mer  pour la première fois à Mombasa avec l'école car il lui manquait 15 euros pour y aller. À Samuel, on a donné un nouveau fauteuil roulant tout neuf. Mais il ne l'a pas utilisé longtemps, car le sien (qui n'en est pas un) est bien plus solide et qu'il le préférait parce plus approprié pour le chemin qu'il prend ! (rire) On va essayer d'y retourner pour leur projeter le film. »



LEUR PORTRAIT  (cliquez sur l'image pour l'agrandir)



mardi 3 septembre 2013

50 Nuances de Grey : le choix des héros est osé...


Voilà... le suspense n'est plus. "Je suis ravie de vous dire que la ravissante Dakota Johnson a accepté d'être notre Anastasia dans l'adaptation cinématographique de Cinquante nuances de Grey". C'est l'un des tweets que E. L. James, l'auteur britannique du best-seller international Cinquante nuances de Grey, a envoyé lundi. Au côté de l'actrice américaine, "le magnifique et talentueux Charlie Hunnam sera Christian Grey dans l'adaptation du film" a ajouté l'auteur via le réseau social. Un choix qui laisse plutôt perplexe...


Retenir la jeune actrice et mannequin de 23 ans (accessoirement fille des acteurs américains Mélanie Griffith et Don Johnson) dans le rôle de l'ingénue que happés par l'homme d'affaires pervers est une jolie surprise. Plutôt jolie mais pas inaccessible, parfaite en girl next door au caractère bien trempé mais sensible, qui craque à la première œillade d'un demi-dieu vivant. Mais choisir Charlie Hunnam me laisse perplexe...

Connu pour son rôle de badass dans la série au pot d'échappement rutilant Sons of Anarchy, Charlie Hunnam n'a pas le profil du pervers sulfureux et retors que le rôle demande. Si ça gueule d'ange, ses yeux lagons et ses abdos peuvent faire l'affaire, à première vue, il lui manque le regard profond de perversité rempli de domination féroce. Christian Grey est animal, avec un sex-appeal débordant tout en gardant une classe folle  Au lieu d'avoir un requin racé, on se retrouve avec un bisounours sans charisme (avec une plastique certes appétissante...). Peut-être suis-je mauvaise langue et regretterais-je mes propos à la sortie du film... Mais il serait dommage que l'une des adaptations les plus attendus par des millions de lectrices (en surchauffe) se termine en soupe commerciale en PG13+ ! (on en a déjà constaté l'effet rouleau compresseur des studios et de leurs producteurs-executifs...)

Aux commandes de ce long-métrage caliente (attendu dans les salles américaines le 1er août 2014), une autre Britannique : Samantha Taylor-Johnson (réalisatrice de Nowhere Boy sur la jeunesse de John Lennon). Et au scénario : Kelly Marcel, connue pour être la plume de la série Terra Nova (sic).

Petit rappel... Dakota Johnson a notamment joué dans le film The Social Network de David Fincher, 5 ans de réflexion, For Ellen et 21 Jump Street aux côtés de Channing Tatum et Jonah Hill.
L'acteur a quant à lui joué dans le blockbuster de cet été Pacific Rim de Guillermo del Toro, après Les Fils de l'Homme d'Alfonso Cuaron, Cold Blood (D-to-DVD) et Retour à Cold Mountain d'Anthony Minghella. Et dire qu'un temps, Ryan Gosling et Henry Cavill étaient attachés au projet (même une rumeur...). On se serait même contenté de Ian Somerhalder ! 

A suivre...

lundi 2 septembre 2013

[Critique] No Pain No Gain : une satire burnée et corrosive du rêve américain (11/09/13)

 © Paramount Pictures France
NO PAIN NO GAIN

De Michael Bay
Avec Mark Wahlberg, Dwayne Johnson, Anthony Mackie, Tony Shalhoub,
Ed Harris…

Sortie le 11 septembre 2013

Floride, dans les années 1990. Dany Lugo est un bodybuilder formé à la dure et au casier judiciaire plus vraiment vierge. Malgré une réussite relative, il se sent exclu du fameux 'rêve américain' portée par le travail du self-made man. Pour lui, perfection physique rime avec réussite sociale et profond patriotisme. Il est jaloux de tout ceux qui ont atteint les sommets de l'American way of life, malgré leur tronche de travers et leur corps tout flasque. Il ne pense qu'à une chose : se venger. Chose qu'il va entreprendre de façon peu banale. Il réussit à convaincre deux copains culturistes, Paul Doyle et Adrian Doorball, pour convoquer les dieux du bling-bling. En parfait cerveau du groupe, il imagine une stratégie pour kidnapper un gringalet retors mais plein aux as, lui extorquer tout son blé en le torturant. Une fois le plan mis à exécution - où évidemment tout ne se passe pas comme prévu - ils laissent leur victime pour morte. S'ils ont acquis belles voitures, maisons immenses et comptes en banques bien fournis, ils ne vont pas en profiter bien longtemps. Cette bande de bras cassés va réussir à tout faire capoter...


Gros biscotos et cervelles rikiki ? Pas que...


 © Paramount Pictures France
Il est bien connu que Michael Bay ne fait pas dans la dentelle, et préfère le bon film d'action démesuré, monté à la hache, qui sent la testostérone et la poudre - à canon - que les films aux dialogues ciselés et aux images léchées. Ainsi Bad Boys, Armageddon, Pearl Harbor ou encore la saga Transformers est là pour en attester. Et malgré cette image de cinéma pop-corn sans cervelle, il s'en fout et assume car le public le suit à chaque fois. Qu'à cela ne tienne ! Il récidive avec No Pain No Gain où grosses cylindrées, belles gonzesses pas très habillées (et pas très malignes), sueur et langage fleuri (voire scatho) se bouscule dans un humour ras des pâquerettes. 
Cette fois-ci, Michael Bay allie fond et forme. Ces codes qu'il utilise depuis une vingtaine d'années deviennent le sujet même du film. Sous couvert de violence sauvage, il déroule un pamphlet contre le danger des rêves faciles - souvent inaccessibles -, l'illusion que la beauté peut servir d'ascenseur social fulgurant, l'argent facile et le pouvoir censé être dû qui va avec. Ici, les valeurs absolues de l'Amérique forte et puissante sont réduites à néant, montrant qu'en croyant que tout est possible, finalement, la machine à succès fabrique autant de prétentieux suffisants que de petits cons qui n'ont pas grands chose dans le crâne. 

 © Paramount Pictures FranceDany et sa bande sont l'exemple même des anti-héros, dont la vulgarité sert une farce jusque-boutiste lancée à fond la caisse, où finalement l'accès à la réussite se fait au détriment de toute moralité et sens du Bon et du Mauvais. On peut regretter que le réalisateur enchaîne, parfois sans mesure, les scènes absurdes qui, quelque part , finissent par être trop nombreuses et redondante pour servir le propos. Comme pour appuyer sur le fait que le scénario est basé sur une histoire vraie. Mais on rit de bon cœur à la bêtise de ces nœuds-nœuds survitaminés. Wahlberg n'est jamais aussi bon que lorsqu'il est sur le point de péter un câble et virer dans l'hystérie comique (comme dans Ted). Et que dire de Dwayne Johnson en criminel pieux, qui prend la foi comme excuse pour s'affirmer, prospérer et surtout absoudre ses méfaits. Drôlissime ! De dérapages et coups du sort, les trois compères nous rappellent avec ironie et humour que l'argent ne fait pas le bonheur.

En résumé : Michael Bay se venge de tous ceux qui le conspuent sur l'autel des blockbusters hors de prix qui l'ont construit et ont bâti une partie du nouvel Hollywood. Il répond qu'il faut ne pas être bien fute-fute pour imaginer qu'avoir de l'argent est une fin en soi. Le roi du gros film qui tache et qui casse tout fait mouche avec cette comédie shootée aux protéines.

dimanche 1 septembre 2013

[Critique] Le dernier pub avant la fin du monde : la crise de la quarantaine fleurant le houblon (28/08/13)


LE DERNIER PUB AVANT LA FIN DU MONDE


De Edgar Wright
Avec Simon Pegg, Nick Frost, Paddy Considine, Martin Freeman, Eddie Marsan, Rosamund Park…

Sortie le 28 août 2013


22 juin 1990, Newton Haven, Angleterre. Cinq ados dans toute leur splendeur fêtent la fin du lycée en faisant le célèbre "Golden Mile", à savoir la tournée de 12 pubs (et donc 12 pintes... minimum). À ce moment, tout leur est permis, l'espoir n'a pas de limite... Ils on la vie devant eux ! Mais leur jeune âge et leur inexpérience en la matière aura raison de leur aventure. Ils n'atteindront pas le dernier pub appelé "The World's End". Les années passent, chacun fait sa vie de son côté loin de la petite bourgade, se mariant, faisant des enfants et un job respectable. Une vie d'adultes responsables, en somme. Tous, sauf un. Gary King, le leader de cette bande de "mousquetaires", qui sent désormais la naphtaline. Ce quadra, looser alcoolique, n'a pas envie de rentrer dans le rang et semble atteint du syndrome de Peter Pan. Qu'à cela ne tienne ! 20 ans après leur tentative, il réussit à convaincre la bande de retenter leur barathon, quoiqu'il en coûte. Ainsi, Steve, Andy, Oliver et Peter reviennent à Newton Haven, accordant tant bien que mal leur passé et leur présent bien différent, conscients qu'ils ne sont pas des ados attardés comme Gary. Mais leur retour dans des lieux familiers, au sein d'une communauté qui les a vu grandir, ne va pas se passer tout à fait comme prévu... 


Gueule de bois pour cure de jouvence
Après les cultissimes Shaun of the Dead et Hot Fuzz, Edgar Wright peut refermer ce qu'il a appelé la saga des "Trois parfums de Cornetto" (dûment appelée ainsi à cause de la référence constante à la marque dans ses films). Si la parodie est toujours présente, exit le flingage de zombies et de blockbuster d'action. Et place à un hommage aux films de SF des années 50 et 80 (et son intro tournée façon Super 8). 
Le Dernier Pub... (The World's End, en VO) est avant tout un film de potes en pleine crise de la quarantaine, qui rejouent malgré eux leur jeunesse, pris entre l'envie de rester ceux qu'ils sont devenus et de rajeunir un peu le temps d'une soirée. Ces adulescents nous emporte dans une nostalgie soulignée par une bande originale brit-pop à tomber (comment ne pas succomber à Pulp, Suede, The Doors, Silver Bullet, Soup Dragons, Suede... et même Kylie Minogue !), tout en se moquant gentiment de l'uniformisation qui touche l'Angleterre après la mondialisation (les pubs sont tous les mêmes, proposant tous la même et unique bière). Mais point de larmes ni de lourdeur ! Loin de là ! 
Le réalisateur glisse d'un coup vers la comédie d'action SF, avec une classique invasion d'extra-terrestre. Leurs traumas d'école sont vite remplacés par une paranoïa développée par la présence de robots au sang bleu. S'enchaînent alors dialogues aux accents So British qui fusent et s'entrechoquant sans pause, bagarres au rythme endiablé (les fans de catch et de The Rock s'y retrouveront), et un montage au timing millimétré. Il faut voir Nick Frost prendre son pied à dégommer l'ennemi façon Jackie Chan, et Simon Pegg sautant partout, sans lâcher son verre de mousse. Entre effets numériques et images old-school, Edgar Wright nous offre des scènes assez jouissives.

Vapeurs de houblons pour casting 3 étoiles

Si le duo Pegg/Wright a eu un peu la main lourde sur la fin du scénario (en martelant l'emprise sur notre inconscient des grandes compagnies américaines et des nouvelles technologies envahissantes que celles-ci ont développées - références que les scénaristes utilisent eux-mêmes à foison...), ils jouent à fond la carte du divertissement, servi par un casting de "mousquetaires" impeccable. Simon Pegg, avec sa verve inimitable habituelle, livre ici une performance énergique et impressionnante. Enchaînant répliques (déjà ?) cultes à la vitesse de la lumière, il illumine la première partie du film. Et c'est au tour de Nick Frost de se révéler en vrai lion prêt à tout pour sauver son pote, tout en gardant sévérité et sérieux. Eddie Marsan retrouve son côté comique maintes fois reconnu (Sherlock Holmes, Blanche Neige et le chasseur, Jack et le Chasseur de géants) laissant loin derrière la gravité, qu'il avait poussée à l'extrême dans Tyrannosaur, sous la direction de Paddy Considine, ici étonnant en dragueur old-fashion. Sans oublier l'éternel élégance et le flegme de Martin Freeman qui, après avoir incarné le célèbre Dr Watson et le non moins célèbre Hobbit, nous offre un des twists du film.

En résumé : Si l'ensemble a un air de déjà-vu, cette comédie nous entraîne avec un certain plaisir dans des divagations d'ivrognes, le tout emballé dans un grand bordel bien orchestré. Sans oublier les thèmes chers à Pegg et Wright abordés dans leurs précédents films (l'amitié, la nostalgie, le passage à l'age adulte et aussi le fait de se conformer à une norme...). Explosif et complètement... alcoolisé ! (l'histoire ne dit pas combien de pintes les acteurs se sont envoyés...)

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