dimanche 25 novembre 2012

Critique : Royal Affair : un agitateur secoue la cour danoise (21/11/12)


ROYAL AFFAIR

De Nikolaj Arcel
Avec Mads Mikkelsen, Alicia Vikander, Mikkel Boe Folsgaard...

Au XVIIIe siècle, la princesse anglaise Caroline Mathilde est mariée à Christian VII, son cousin, à l'âge de 15 ans, sans qu'elle n'ait jamais rencontré son promis. Roi du Danemark de son état, le-dit cousin est excentrique, instable, voire un peu siphonné. De bonne grâce, elle accepte une vie insipide et sans amour. Jusqu'à l'arrivée du Dr Struensee appelé à la rescousse pour être le médecin personnel du souverain. Peu heureuse dans son mariage, la jeune reine se prend d'affection pour ce physicien de l'âme et libre-penseur allemand, qui vient la séduire avec des idées révolutionnaires inspirées des philosophes des Lumières français. Amants et passionnés par le destin de leur pays, ils vont bouleverser l'avenir de leur peuple plié sous le poids de l'obscurantisme, et installer peu à peu la démocratie. Bien évidemment, il ne sera pas du goût des dignitaires de la cour, qui ne jurent que par l'oppression, de se laisser mener à la baguette par un étranger fauteur de troubles...

Le pouvoir aux mains des esprits libres

© Jour 2 Fête / Chrysalis FilmsOn aurait pu croire à un énième film en costumes barbant, sans réel attrait scénaristique au vu du résumé de cette partie de l'Histoire, peu connue au-delà des frontières danoises. Et pourtant, c'est bien là l'une des forces du film. Le réalisateur nous offre une lecture passionnante du patrimoine culturel du Danemark sans qu'elle tourne à un cours magistral soporifique.

© Jour 2 Fête / Chrysalis FilmsSi la forme est un peu académique et sans audace, et le fond sans véritable prise d'engagement politique, Royal Affair a le mérite d'apporter une réelle dramaturgie et une tension politique et psychologique impressionnantes. Le roi, adorateur du gentil docteur, devient l'instrument du changement en devenant la marionnette politique dirigée par Struensee au service des intérêts du peuple. La lutte entre la force du progrès et l'immobilisme de la tyrannie face à la naissance de deux amitiés sincères mues par des intérêts communs est déployée avec une intelligence minutieuse (sous la plume du scénariste de Millenium). Et si l'amour né entre ces deux âmes sœurs illégitimes (que sont le médecin et la reine) d'une passion pour la liberté du peuple est excitant, l'intrigue politique inattendue ne l'est pas moins (même si elle est peu historiquement fidèle).

© Jour 2 Fête / Chrysalis FilmsCar l'ennui ne s'installe jamais. Royal Affair est servi par un casting impeccable et captivant. Mads Mikkelsen est toujours aussi magnétique et puissant. Alicia Vikander (qu'on retrouvera dans Anna Karenine prochainement), réussit parfaitement son passage en dehors des frontières du cinéma danois. Avec son physique de femme-enfant, elle mêle douceur, fraîcheur et détermination avec finesse. Et que dire que la très belle découverte en la personne de Mikkel Boe Folsgaard, qui offre au personnage du roi un jeu remarquable, passant du tragique au comique avec subtilité. Il n'a pas volé son prix d'interprétation au dernier festival de Berlin.

En résumé : Une œuvre classique passionnante, sans éclat ni défaut, qui vaut d'être vue sans détour. Un joli coup de cœur.

jeudi 22 novembre 2012

Insaisissables : Vous n'en croirez pas vos yeux !

Les studios américains font de plus en plus appel aux talents du cinéma français pour leurs superproductions... même si ces derniers doivent faire quelques compromis pour tenter de réussir au pays de l'Oncle Sam. Jeunet (Alien Resurrection), Kassovitz (Gathaka), Aja (La colline à des yeux, Piranha 3-D) et récemment Laugier (The Secret). C'est au tour de Louis Leterrier de revenir avec Insaisissables, après le succès des blockbusters Le Choc des Titans et L'Incroyable Hulk. Une fois de plus, le Frenchy made in Hollywood explore le monde de l'incroyable et veut nous en mettre plein les yeux. A commencé par son casting, plus qu'alléchant : Jesse Eisenberg (The Social Network), Isla Fisher (Bachelorette), Dave Franco (21 Jump Street, Warm Bodies), Woody Harrelson (Hunger Games), Morgan Freeman (Dany the dog, déjà réalisé par Leterrier), Mark Ruffalo (Hulk, idem), Mélanie Laurent (Le Concert) et Michael Caine (The Dark Knight Rises).

Le film raconte la course poursuite entre une escouade du FBI mené par un agent têtu (Mark Ruffalo) et un "gang" des plus grands illusionnistes du monde nommé les Quatre Cavaliers (rien à voir avec l'Apocalypse...). Ces derniers organisent une série de braquages de banques audacieux lors de leurs performances et grâce à leurs tours de passe-passe incroyables...

Les premières images sont plus qu'alléchantes ! Un rythme de dingue, des images à couper le souffle (même si tous les effets spéciaux sont loin d'être terminés) pour un film de casse loin d'être classique (façon Dos au mur), entre Le Prestige et l'inimitable Inside Man. Côté scénario, on retrouve le duo Josh Appelbaum / André Nemec (Mission Impossible : Protocole fantôme), Boaz Yakin (Safe) et Ed Salomon (Men In Black). Tout peut arriver ! Même le braquage dune banque parisienne en direct devant leur public de Las Vegas avant de redistribuer l’argent du vol, et la présence de notre José Garcia national en guest. Insaisissables sortira aux Etats-Unis le 7 juin 2013, et sans doute dans la foulée en France.

The Hobbit, le voyage inattendu : 7 minutes pour patienter

La promo du Hobbit, le voyage inattendu bat son plein, en salle comme sur la Toile. Images, trailers, teasers, spots TV... Le matraquage médiatique ne fait qu'attiser un peu plus notre curosité. Et pour jouer avec nos nerfs, même des fins alternatives sont imaginées ! Grâce à un internaute plutôt malin (et sympa, il faut l'avouer), un trailer de 7 minutes est apparu sur le web. Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, cette vidéo raconte plus ou moins tout le premier film. Vous êtes prévenus !
La suite ? Il faudra attendre décembre 2013 pour voir Le Hobbit : La Désolation de Smaug et juillet 2014 pour Le Hobbit : Histoire d'un aller retour.



mardi 13 novembre 2012

Les âmes vagabondes : les premières images

Quand y'en a plus, y'en a encore ! Si la saga Twilight se termine demain avec la sortie du dernier volet au cinéma, les écrits de Stephenie Meyer reviennent sur grand écran au printemps prochain avec Les Âmes vagabondes (The Host, en VO). Une nouvelle bande annonce vient de faire son apparition sur la Toile qui nous en dit un peu plus, voire beaucoup !

Au menu, des images léchées (normal, c'est Andrew Niccol derrière la caméra, alias Monsieur Bienvenue à Gattaca et Time Out...), des personnages principaux mignons tout plein (Saoirse Ronan vue dans Hanna et Lovely Bones, et Max Irons, découvert dans Le Chaperon rouge) pour une histoire d'amour atypique (encore !), le tout monté sur la sublime musique du groupe Imagine Dragons, Radioactive. Sans oublier le reste du casting : Diane Kruger, Jake Abel, William Hurt. Que du bon... pour le moment.


De quoi ça parle ?
Une fois n'est pas coutume, la planète va devoir faire face à une invasion extra-terrestre (sic). Mais cette fois-ci, au lieu de conquérir du terrain, les méchants "hommes verts" envahissent le corps humain. Confortablement installés en tant que "nouvelle âme" chez leurs hôtes, ils prennent petit à petit le contrôle de toute l'humanité. Bien évidemment, une jeune fille refuse de se laisser faire. Melanie Stryder fait tout pour ne pas se laisser contaminer et "disparaître": elle se raccroche de toutes ses forces à l'image de l'homme qu'elle aime en poussant son parasite qui l'habite à le rechercher.

Sortie en France le 17 avril prochain.

dimanche 11 novembre 2012

A young doctor's notebook : Ca baigne pour Daniel Radcliffe

© Sky Arts
On connaissait le goût de Daniel Radcliffe pour la comédie (comme il l'a confié à TvCinephages il y a quelques mois) au vu de ses nombreux pastiches et parodies de ses propres rôles. Mais jamais il n'avait eu la chance d'exprimer ses talents de gai luron sur pellicule... Le voilà exaucé grâce à la nouvelle série britannique A young doctor's notebook, produite par Sky Arts.
Ce "Carnet d'un jeune médecin" est l'adaptation d'histoires courtes écrites de l'auteur de pièces de théâtre Mikhaïl Bulgakov. Semi-autobiographiques, ces dernières racontent l'expérience de Bulgakov en tant que médecin de campagne à la veille de la révolution de 1917.
© Sky Arts
Daniel Radcliffe campe Valdimir Bomgard, ce jeune docteur envoyé par le gouvernement de Smolensk dans un hôpital perdu au milieu de nulle part. Terrifié et angoissé par sa tâche, il doute de ses capacités et de l'immensité de ce qui l'attend. Mais il se voit aidé par des hallucinations représentant une version plus âgée de lui-même, vivant après la Seconde Guerre mondiale.
Et pour incarné cette dernière, rien de moins que John Hamm, alias Monsieur Mad Men en personne à l'origine du projet. Radcliffe a avoué au journal The Sun que "toutes les femmes le jalousent" désormais depuis la fameuse scène de la baignoire... Allez savoir pourquoi ! :)

© Sky Arts
© Sky Arts
Les premières images laissent apparaître une ambiance plutôt sombre, des images jaunies et des personnages plutôt loufoques pour un ensemble plutôt fun et léger. On a hâte d'en voir davantage ! Il faudra attendre le 6 décembre pour voir le premier épisodes (des 4 au total) sur la chaîne Sky Arts 1.


vendredi 9 novembre 2012

World War Z : un beau gosse contre de méchants zombies

2013 sera l'année zombies ou ne sera pas ! Après l'invasion vampirique, c'est au tour des morts-vivants d'envahir le grand écran (retour en force déjà entamé avec le succès de The Walking Dead avec déjà 3 saisons sur AMC). Si certains peuvent s'avérer moins méchants, voire romantiques comme dans Warm Bodies (sortie non datée en France pour l'instant), d'autres n'y vont pas avec le dos de la cuillère...



World War Z, adapté du roman de Max Brooks, est réalisé par Marc Foster qui s'est récemment illustré dans le style agent secret avec (le très moyen) Quantum of Solace. Et qui pour sauver la Terre et l'Humanité des méchants aux yeux de vaches-qui-regardent-passer-un-train, et qui grognent et marchent bizarrement ? Bruce Willis ? Vin Diesel ? Schwarzi ? Tom Cruise ? (non, lui ce sont les aliens...). Rien des habituels acteurs tout en muscles et survitaminés puisqu'il s'agit de Brad Pitt, Monsieur Chanel n°5. Choix étonnant pour celui qu'on a connu dans Benjamin Button, Tree of Life ou encore Babel. L'ambiance de castagne et d'adrénalinomètre au max de Fight Club lui manquerait-il ? On peut se le demander puisqu'il deviendra prochainement un assassin sans état d'âme dans Cogan. En tout cas, le voir dans ce qui s'annonce un blockbuster qui envoie du lourd suscite la curiosité. Quand le combat glamour et physique ravageur lutte contre de grands tous mous baveurs pas gâtés par la vie... euh... la mort.
En tout cas, le premier trailer est arrivé et ça dépote ! World War Z raconte comment Gerry Lane, un agent de l'Onu, doit affronter une horde de zombies assoiffés de sang (un peu vampires quand même...) pour sauver sa famille, et accessoirement l'Humanité (enfin... c'est ce qu'on nous laisse entendre...). Rien que ça !


Mystère autour des zombies...
Au début de la vidéo, rien ne laisse présager une invasion mondiale de hordes de morts-vivants. Pourtant, le quotidien de Gerry, sa femme et leurs deux filles va être bouleversé alors qu'ils sont tranquillement installés dans leur voiture, en pleins bouchons. Un gros "boum", un agent de police qui hurle percuté par un camion... et la panique générale commence à s'installer sans que la petite famille ne sache vraiment pourquoi.
Si cette première bande-annonce rythmée et explosive est extrêmement efficace et donne le ton du film, on en sait peu sur les zombies eux-mêmes. Aperçus se déplaçant en masse, grimpant les uns sur les autres tels des fourmis sur un pot de sucre, on ne peut qu'imaginer leur voracité. Mais nous n'en savons pas plus... Mais d'ici la sortie du film le 28 juin 2013 en France, les studios ne manqueront pas de nous donner plus de détails au fur et à mesure de la diffusion des teasers.


Warm Bodies : les premières images...

En début d'année, TvCinephages vous parlait de l'arrivée sur les écrans de Warm Bodies, la nouvelle saga adaptée des romans de Isaac Marion, présentée comme le remplaçant de Twilight qui rend définitivement ses crocs mercredi prochain. Les premières images ont été enfin dévoilées par Summit Entertainement : exit les vampires, bonjour les zombies !

Si la toile de fond pourrait faire penser à la série qui cartonne The Walking Dead (car la moitié de la population a passé l'arme à gauche et déambule dans les rues en grognant), la comparaison s'arrête très vite. Car Warm Bodies est avant tout une comédie romantique. Vous pensez "encore une bluette sans profondeur" ? Sûrement pas. Jonathan Levine n'y tient pas. Il préfère jouer sur l'humour entre deux scènes (un peu) gore, ajoutant un peu de romantisme par-ci par-là et un côté dramatique à la condition de ce zombie qui n'a qu'une envie : "se connecter aux autres". Un style qui change radicalement de ce qu'a déjà fait le réalisateur (remarqué récemment pour sa dramedy 50/50 sur le cancer), même si ce dernier avait déjà tâter de l'hémoglobine avec All the boys love Mandy Lane (dans lequel une reine du lycée et ses amis se voient attaqués par un invité non convié à la fête).
Au vu des premières images, Warm Bodies est prometteur et le casting alléchant. Rendez-vous en 2013 (sortie aux Etats-Unis prévue le 1er février).

mercredi 7 novembre 2012

Lincoln : 152 ans après son élection, il revient sur le devant de la scène

Quelle nuit la plus appropriée que celle d'une élection présidentielle pour dévoiler la bande-annonce de Lincoln, le biopic le plus attendu de 2013 ! Risqué, vous dites ? Sûrement pas quand on s'appelle Steven Spielberg, et que le-dit film a pour acteur principal l'immense Daniel Day Lewis. Le réalisateur nous avait déjà fait coup lors du premier débat entre les deux candidats à la présidence en révélant les premières images. "Il n'y a pas meilleur moment qu'une élection pour (re)présenter le personnage historique de Lincoln" a-t-il précisé.

Si l'histoire -- revenant sur une période chargée, qui voit Lincoln se battre contre un Congrès divisé par l'adoption du XIIIe amendement abolissant l'esclavage -- a une part capitale de la construction des Etats-Unis, il est fort probable que le public, curieux, viendra l'écouter surtout pour voir comment l'interprète du plus aimé des politiciens américains se débrouille. Le film n'aura peut-être pas le même impact pour tous les Américains selon le résultat des élections... Les pro-Obama y verront une allégorie au combat que mène leur candidat-président pour le changement. Les pro-Romney se conforteront dans l'idée qu'Obama n'a pas le génie et le charisme politiques de son prédécesseur. Selon le réalisateur, "quelque soit le résultat de l'élection, le film j'espère que le film aura un effet apaisant et voire cicatrisant." Heureusement qu'il existe encore des idéalistes...



Lincoln - trailer - HD (2012) Steven Spielberg... par myfilm-gr

Un teaser supplémentaire, pour le plaisir...

vendredi 2 novembre 2012

Critique : Argo : Un grand film sous tension (07/11/12)

ARGO 
De Ben Affleck
Avec Ben Affleck, Bryan Cranston, Alan Arkin, John Goodman, Victor Garber, Scott McNairy, ...

Le 4 novembre 1979, l'ambassade des Etats-Unis basée à Téhéran est prise d'assaut par des Iraniens qui protestent contre le refus américain d'extrader le Shah sanguinaire, exilé pour des raisons de santé. Des dizaines d'otages sont alors retenus. Mais six diplomates réussissent à s'échapper et se réfugient chez l'ambassadeur canadien. Une solution bien évidemment de courte durée, car les Iraniens traquent les otages manquants et l'ambassade canadienne risque gros si le secret est découvert. 
Sur le sol américain, Tony Mendez, (Ben Affleck) un agent de la CIA spécialisé dans l'exfiltration, est appelé en renfort. Il a alors l'idée saugrenue de faire sortir les ressortissants américains en inventant un faux tournage de film de science-fiction (titré Argo) et faire croire que les Américains en question sont des Canadiens faisant partie de l'équipe du film, partis en repérage. Devenu producteur, Mendez rejoint les six diplomates devenus ses collaborateurs. Aidé par deux vieux lascars de Hollywood (Alan Arkin et John Goodman), Mendez prépare minutieusement l'opération dans les moindres détails et entraîne comme de vrais sportifs ceux qui ont désormais leur vie entre ses mains.

"La réalité dépasse la fiction, car la fiction doit contenir de la vraisemblance, pas de la réalité" (Mark Twain)

Si on avait des doutes quant au potentiel de Ben Affleck (au vu de ses choix cinématographiques après le succès de Will Hunting), il n'est plus permis d'en avoir après l'avoir vu passer derrière la caméra. Après Gone Baby Gone (inspiré du roman de Dennis Lehan) et The Town, l'acteur s'est définitvement débarrassé de son image d'acteur de romcom (Amours troubles) et autres nanards héroïques (Pearl Harbor, Daredevil) aux choix douteux, et ne vit désormais plus dans l'ombre de son pote Matt Damon. Il démontre un talent de narrateur indéniable dans la simplicité et droit au but, avec une mise en scène limpide où aucun détail n'est laissé au hasard. Le réalisateur serait-il un poil pointilleux ? C'est pour mieux servir son propos, d'autant que son film est labellisé "histoire vraie" (l'opération d'exfiltration ayant été déclassifiée par Bill Clinton en 1997 et racontée dans un livre par Mendez lui-même -- même si certains crient déjà au scandale face à quelques prises de liberté).
La reconstitution des années 70 est minutieuse, des costumes à la coupe de cheveux longue, sans oublier les lunettes aviateur et les moustaches fournies. Même le grain de l'image est estampillé de l'époque (jusqu'au logo de la Warner revenu dans les tons rouge et ses lettres arrondies). On pourra retrouver ainsi l'ambiance des classiques du genre, tels Les Hommes du Président (bureaux de la CIA oblige) où le langage cinématographique s'exprime sans montage convulsé, de caméras montées sur un grand huit, ou de musiques omniprésente pour marquer chaque émotion.

"Argo... fuck yourself"

Une fois le contexte installé, Argo monte peu à peu en puissance, et ne nous lâche pas jusqu'à la fin (même si celle-ci est prévisible). Loin de s'apesantir sur l'Histoire et de discourir sur les événements en prenant parti, il se concentre exclusivement sur le sauvetage des otages et les méthodes employées pour y arriver.
Le réalisateur a l'intelligence de jouer habilement sur deux tableaux : celui du drame de la prise d'otage et de ce que vivent les diplomates terrorisés, enfermés depuis plus de 3 mois en attendant de savoir ce qu'il adviendra d'eux, et celui de l'humour avec la participation de John Goodman et Alan Arkin, comme moyens de faire baisser la pression pour mieux embarquer de plus belle le spectateur. Grâce à ses deux rôles de producteurs à la langue bien pendue, Affleck en profite pour lâcher quelques commentaires acerbes et bien sentis sur l'industrie du cinéma (entre autres).
Ainsi les rôles, nombreux, ne sont pas développés outre mesure (Ben Affleck le premier), mais suffisamment pour développer une empathie chez le spectateur. Rôles qui sont admirablement tenus par un casting époustouflant, tout en retenu mais passionné pour un ensemble efficace. On mettra un seul bémol : les quelques scènes finales très "américaines" où tout le monde se congratule, et celle de l'image d'un père sauveteur des otages mais aussi de sa famille en perdition... On s'en passerait bien ! Mais que ceux qui ne se rongeront pas les ongles et/ou ne se mordront pas l'intérieur des joues pendant 2h me fassent signe ! Dernier conseil : restez bien jusqu'à la fin du générique final...

En résumé
: Un film de divertissement prenant, dans lequel se mélangent avec habileté histoire, espionnage, humour et suspense. Du TRES GRAND cinéma, qu'on aimerait voir plus souvent. Ben Affleck n'a plus le droit de faire moins bien... Grosse pression ! Et une statuette à la clé ?

Crédits photos : © Warner Bros. 

mercredi 31 octobre 2012

L'ogre Disney a englouti le géant Lucasfilm


Dark Vador mangé par Mickey... Voilà une image insolite ! Les commentaires et autres jeux de mots lancés sur les réseaux socieux au sujet du rachat de Lucasfilm par les studios Disney est très commenté depuis hier soir. La maison aux grandes oreilles ajoute une nouvelle pépite à son empire, et assurent la pérennité d'une des sagas les plus lucratives de l'histoire du cinéma, en promettant d'emblée un 7e épisode de La Guerre des Étoiles (Star Wars pour les puristes) à l'horizon 2015, suivi de deux autres films avec un intervalle de "deux à trois ans" entre chaque opus.

Le studio de Mickey a annoncé mardi qu'il allait acquérir la société de production de George Lucas pour un montant évalué à 4,05 milliards de dollars, contenant l'une des plus grandes franchises de divertissement familial de tous les temps. Disney et Lucasfilm avaient déjà des liens financiers dans les parcs à thèmes du géant des médias, qui abritent des attractions -- parmi les plus appréciées -- basées sur La Guerre des étoiles et Indiana Jones.

Plus d'argent, tu gagneras

Avec la saga étoilée, dont les six films ont amassé plus de 4,4 milliards de dollars au box-office mondial, Disney met la main sur l'une des marques les plus puissantes du cinéma, déclinable sur tous les supports, conformément à la stratégie du groupe : cinéma, télévision, médias interactifs, parcs à thème, sans oublier les produits dérivés -- dont George Lucas fut l'un des pionniers aux États-Unis.

Le passage de Lucasfilm sous la bannière Disney marque aussi le retrait de George Lucas, âgé de 68 ans, de la société qu'il avait créée en 1971 et dont il était propriétaire à 100%. Son bras droit Kathleen Kennedy, également productrice de longue date de Steven Spielberg, prendra la présidence de Lucasfilm, qui deviendra l'une des divisions de la Walt Disney Company.
"Il est maintenant temps pour moi de passer La Guerre des étoiles à une nouvelle génération de réalisateurs. J'ai toujours cru que Star Wars me survivrait, et je pense qu'il était important de mettre la transition en place de mon vivant", explique George Lucas dans le communiqué.

Disney met aussi la main sur Indiana Jones

Aucun détail n'a été dévoilé sur le 7e volet annoncé, ni sur le réalisateur,  ni sur ses acteurs, mais Disney a précisé que George Lucas serait impliqué dans la production en tant que "consultant créatif".
Avec Lucasfilm, Disney met également la main sur la franchise Indiana Jones et l'un des leaders mondiaux des effets spéciaux et de la postproduction, ayant travaillé sur Pirates des Caraïbes, Star Trek, Là-haut, Avatar ou le récent Avengers.

L'acquisition de Lucasfilm marque pour Disney la continuité d'une politique très agressive en matière d'achat de contenus, illustrée ces dernières années par les rachats successifs de Pixar (cinéma d'animation) et de l'écurie de super-héros de Marvel (Iron Man, Captain America, Thor...), source inépuisables de films, de séries télévisées, de jeux vidéos et de produits dérivés.
Ces investissements se sont révélés extrêmement rentables pour le groupe. Rien qu'au cinéma, Toy Story 3 de Pixar (2010) et Avengers des studios Marvel (2012) ont amassé respectivement 1,06 et 1,5 milliard de dollars au box-office mondial. De quoi multiplier les projets, en espérant que Leia ne se tranforme pas en princesse rose bonbon et Dark Vador en jouet inoffensif !


(Avec AFP)

mardi 30 octobre 2012

Monsieur Bond peut avoir le sourire...

En cette période d'ouragans, de cyclones et autres tempêtes tropicales, le dernier James Bond fait figure de raz-de-marée sur le box-office mondial. Sorti en France vendredi, mais également dans 25 pays, Skyfall, 23e du nom, a déjà engrangé une recette de 77,7 millions de dollars en trois jours et pris la tête du box-office partout où il est sorti. Il a réalisé le 3e meilleur démarrage de l'année dans l'hexagone et le meilleur premier week-end de la série au Royaume-Uni et en Irlande en engrangeant 20,1 millions de livres (près de 25 millions d'euros), off course. Mais il n'a pas dépassé le maître en la matière : Harry Potter. A n'en pas douter, les vacances scolaires boosteront encore les entrées jusqu'à la sortie le 9 novembre aux États-Unis, où il risque de faire exploser les records.

Fort de ce succès (attendu), les deux suites sont d'ores et déjà en cours d'écriture sous la plume de John Logan, selon le Hollywood Reporter. Et le site d'ajouter que les 24 et 25e opus ne seront pas directement inspirés des romans de Ian Fleming, mais qu'on peut supposer qu'ils se suivront s'ils sont écrits par la même main. Rassurons-nous, Daniel Craig a lui aussi déjà signé pour deux volets... Quand il n'y en a plus, il y en a encore ! Dans un montage vidéo astucieux d'un internaute, les six acteurs qui ont interprété l'espion le plus célèbre du cinéma s'affrontent dans une lutte sans merci.
A découvrir dans ces images bondées d'action.

lundi 29 octobre 2012

Et si regarder un film d'horreur était bon pour la santé ?

Une étude publiée aujourd'hui démontre que regarder un film d'horreur aide notre corps à bruler des calories. C'est aux scientifiques Britanniques de l'Université de Westimnster que l'on doit ces résultats étonnants. Ainsi disent-ils, 90 minutes d'un long-métrage qui met les poils équivaudrait à perdre les calories d'une barre chocolatée (environ 113 cal.), soit environ une demi heure de marche. Et l'effet diffère selon le film regardé. Ainsi sur les 10 toiles prises pour cobayes, le champion qui remplacerait le vélo d'appartement (devenu) poussiéreux de votre salon est... The Shining de Stankey Kubrick avec 184 cal. de perdues, ou encore L'Exorciste de William Friedkin (158 cal.)


Comment est-ce possible ?

Selon le Dr Richard Mackenzie, auteur de l'étude, les moments où l'on sursaute aident à brûler plus d'énergie car ils font augmenter le rythme cardiaque d'un coup. Dès que le pouls s'emballe, le sang est pompé plus vite par le cœur, et le corps déverse une dose d'adrénaline (aussi connue pour réduire l'appétit). C'est le rejet de cette substance produite en un instant dans un moment de stress et/ou de peur intense qui perturbe le métabolisme et fait que le corps brûle plus de calories. Si certains préfèrent se cacher les yeux derrières un coussin ou leurs mains lors d'une scène effrayante, ils y réfléchiront à deux fois en voyant leur balance faire grise mine le matin !

Le Top 10 des films "brûleurs de calories"

The Shining - 184 cal.
Les Dents de la mer - 161 cal.
L'Exorciste - 158 cal
Alien - 152 cal.
Saw - 133 cal
Freddy, les griffes de la nuit - 118 cal.
Paranormal Activity - 111 cal.
The Blair Witch Project - 105 cal.
Massacre à la tronçonneuse - 107 cal.
[Rec] - 101 cal.

[DVD] Critique : Starbuck : Ce père inconnu, qui vous veut du bien

STARBUCK
De Ken Scott
Avec Patrick Huard, Juliette Le Breton, Antoine Bertrand, ...
Sortie DVD et Blu-ray le 7 novembre 2012

David Waozniak est un brave type vivant à Montréal, un gars que l'on pourrait qualifier de quadra atteint du syndrome de Peter Pan. Éternel ado, il est incapable de gérer sa vie professionnelle comme personnelle, enchaînant les mauvaises décisions. Il traîne sa carcasse dans la boucherie familiale sans véritable but dans la vie, jusqu'au jour où il apprend qu'il est le père biologique (accidentel) de 533 enfants suite aux erreurs à répétition de la banque de sperme où il allait (très) souvent plus jeune vendre sa semence. Les ennuis ne font alors que commencer : 142 d'entre eux ton formé une "class action" pour que la justice leur donne le droit de savoir qui se chaque derrière le pseudonyme Starbuck, nom emprunté par leur géniteur. Malgré le choc, David prend alors sa vie en main. Et inévitablement, il part à la rencontre de chacun tout en gardant son identité secrète. 


Foutrement humain

Si l'histoire n'a rien à voir avec la chaîne de torréfaction américaine, Starbuck en a l'arôme enivrant et la chaleur réconfortante et... humaine. Le film a un pitch aussi original et loufoque qu'imparable, mais à la question "que ferai-je si j'apprenais que j'ai 533 enfants?", le réalisateur tente de répondre par une comédie plein de bons sentiments dénués de cynisme, quitte à en rajouter un peu pour faire craquer les plus résistants.

Généreux, désarmant, on peut lui reprocher un manque de mordant et de tomber dans la caricature. Mais finalement, n'est-ce pas dans les rôles les plus marqués que les "feel-good movies" transmettent tout leur charme ? Finalement, tous ces archétypes sont appuyés pour mieux dégager l'unicité des caractères, ressentir l'humanisme débordant (mais pas dégoulinant) et la pluralité des individus comme essentiels à la vie, qu'on soit parent ou non. Il est clair qu'en cette période de crise et d'individualisme marqué, il est bon de voir que certains prône l'entraide, l'amour et l'acceptation des autres tels qu'ils sont. Non, ce n'est pas le monde des Bisounours pour autant !

David n'avait jamais pensé à la paternité, le voilà plongé en stage intensif malgré lui. Le réalisateur porte un regard doux-amer sur la situation, parfois avec un sourire crispé, mais toujours authentique. Si son personnage principal peut paraître pathétique au départ, il réussit à rendre certaines situations désespérées ou tristes drôles en offrant son ingénuité, sa simplicité et ses maladresses (et les vannes vaseuses de ses proches sur sa propension à sa branlette productive).

Sous ses traits de grand gamin pataud écrasé par la culpabilité, il veut essayer de faire au mieux en jouant les anges-gardiens auprès des ses progénitures. Bien évidemment, l'enchaînement des événements passe par le rappel des vertus de la famille, de l'honnêteté et de l'éternelle rédemption, très présente dans le cinéma nord américain. Mais les bons sentiments laissent transparaître un message double, critique et moralisateur qu'on constate au gré des différentes moues plus ou moins expressives de David face à ses enfants. Chaque démonstration de tolérance et de bonté d'âme est suivi de plans sermonneurs. Être un sportif reconnu est le summum de la réussite et de la satisfaction (vive le cliché du footeux plein aux as !),  être un bisexuel assumé aux multiples conquêtes est périlleux, être handicapé mental, c'est pas de bol mais on fait avec, et se droguer, c'est le mal absolu. On restera tout de même sur  la note positive disant qu'être père change un homme (et les fait grandir) même si la paternité n'est jamais idéale. Et pour les autres... tout n'est pas perdu pour autant, on vous rassure.

En résumé : Un film qui regonfle le moral, vous réconcilie avec la race humaine et donne l'envie d'aider son prochain.


BONUS :

- Entretien avec Ken Scott :
Le réalisateur raconte son partenariat avec Martin Petit dans l'écriture du scénario et l'importance du travail de groupe. Il explique les raisons du choix de Patrick Huard comme premier rôle, et le grand défi de la production, à savoir la multiplicité des lieux de tournage en fonction de chaque enfant rencontré.  Et particulièrement le tournage de la scène du match de football, qui s'est déroulée pendant un véritable match. Moment de stress pour tout le monde puisqu'il n'avait pas le droit à l'erreur.

- Scènes coupées :
Chapitre plutôt décevant car finalement, seules deux vraies scènes (pas capitales) ont été retirées du film final. Sinon, quelques phrases par-ci par-là on été enlevées. Sans réel grand intérêt.

- Le bêtisier :
Plutôt léger. Des bouts de scènes finalement peut nombreuses noyés parmi les moments les plus marquants et émotionnels du film. Ceci dit, l'ensemble n'est pas désagréable et c'est plutôt sympa de les revoir compilés.

- Le Quizz sur les expressions québécoises :
Plutôt ludique. On apprend ce qu'est un "Crisse de pawnshop" (qui ne s'utilise pas tous les jours), l'expression "Piger au hasard" ou encore "sloguer" quelqu'un. On voit alors ceux qui ont vraiment suivi le film !


samedi 27 octobre 2012

Happiness Therapy : Guide pour reprendre sa vie en main ?


Connu sous le titre original Silver Linings Playbook, le nouveau film de David O.Russell (Fighter), Happiness Therapy s'inspire du best seller de Matthew Quick, et la bande-annonce vient de faire son apparition sur la Toile.

Un vrai "feel-good-movie" déjà récompensés

La comédie qui ne semble pas payer de mine au vu des images plutôt classiques, a déjà remporté le prix du public au festival de Toronto et celui des Hamptons, et part favori pour les Oscars. Bradley Cooper, coqueluche de ces dames et roi de la planche à billets pour Hollywood incarne le personnage principal au côté du grand Robert de Niro qui, ces dernières années préfèrent s'éclater dans des comédies grand public. Tous deux ont été salués pour leurs rôles respectifs le 22 octobre dernier aux Hollywood Film Awards.
De quoi ça parle ?
La vie réserve parfois quelques surprises... Pat Solatano (Bradley Cooper) a tout perdu : sa maison, son travail et même sa femme. Il se retrouve alors dans l'obligation d'emménager chez ses parents. Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire sa vie et renouer avec son ex-femme. Rapidement, il rencontre Tiffany (Jennifer Lawrence), une jolie jeune femme plutôt barrée, avec un parcours mouvementé. Tiffany se propose d'aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu'il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives.

Sur les écrans le 30 janvier prochain.


[Critique] Frankenweenie ou la renaissance de Tim Burton (31/10/12)

FRANKENWEENIE

De Tim Burton
Avec les voix US de Charlie Tahan, Martin Short, Catherine O'Hara, Martin Landau, Wynona Ryder

Sortie le 30 octobre 2012

Le jeuneVictor Frankenstein (sic!) est un gamin solitaire qui n'a pour seul ami que son chien Sparky. Un peu freak sur les bords, les sciences sont pour lui un refuge et une promesse d'un quotidien plus fun. Alors que ses parents essaient de lui construire une vie plus sociable grâce au baseball, Victor voit son chien adoré se faire écraser. Il compte alors sur les pouvoirs salvateurs de la science pour ramener son meilleur ami à la vie. Quelques éclairs plus tard, Sparky est de retour parmi les vivants (quelques pièces raccommodées en plus) mais Victor ne veut pas ébruiter ce secret. Bien évidemment, le fougueux Sparky n'en peut plus de rester enfermé... Il s'échappe et la ville toute entière s'aperçoit que contrôler la vie peut avoir des conséquences inattendues et... monstrueuses.


Un modèle de poésie noire et d'humour rose bonbon


© Disney Pictures
Si les dernières oeuvres de Tim Burton ont laissé les plus fidèles du maître du macabre quelque peu perplexes, voire fâchés, (La planète des singes, Alice au pays des merveilles et Dark Shadows en tête), Frankenweenie les réconciliera avec les travaux de ses débuts. Finie l'autoparodie sans renouvellement ! 

© Disney Pictures
Il retourne aux sources et reprend l'un de ses premiers courts-métrages de 30 minutes entrepris en 1984 déjà chez la maison Disney (diffusé sur Arte le 31 octobre à 14h25), mais écarté car trop effrayant. Ce dernier porte les germes de l'univers du cinéaste épris de fantastique : sa amour pour les productions de la Hammer qui ont bercé son adolescence, son goût pour l'expressionnisme européen, sa tendresse pour les monstres et la différence, et sa conteur raffinée.


"Sometimes, adults don't know what they're talking about"

© Disney Pictures Nul ne sera surpris par l'inventivité de la mise en scène (qui démarre dès les premières images, où le célèbre générique de la maison aux grandes oreilles est revisité), ni par la capacité du cinéaste à fluidifier n'importe quelle idée frapadingue. Le réalisateur a le don unique de donner de la grâce aux histoires les plus lugubres, tout en asseyant son univers. 

© Disney PicturesFrankenweenie est assurément le film le plus personnel et autobiographique de Tim Burton. Si les prises de vues réelles ont laissé place à la technique du stop-motion (l'animation image par image de marionnettes), le film est fondamentalement proche de l'original, offrant une véritable carte postale esthétique et poétique de l'enfance burtonienne. Ce garçon qui bidouille des expériences dans son grenier, c'est Tim lui-même. L'introverti différent des autres gamins qui aimait rêver des histoires monstrueuses et tourner des petits films avec ses jouets au lieu de jouer dehors entouré d'amis.

© Disney Pictures


Les décors de New Holland, banlieue proprette des Etats-Unis, rappellent le quartier dans lequel Burton a grandi. Ils rendent compte d'une atmosphère très particulière et fascinante : à la nuit tombée, les ombres envahissent les rues et transforment le quartier en une espèce de forêt dangereuse (idée déjà exploitée dans Edward aux mains d'argent).


Burton ressuscite le 7e art qui l'a nourri. Il fait avec Frankenweenie moins dans la critique sociale et plus dans la compilation fantastique. L'intrigue de son court est étoffée avec l'arrivée de personnages secondaires aussi drôles que loufoques, et gagne en "monstruosité" avec le retour des légendes burtoniennes, des créatures effrayantes ou rigolotes telles que Dracula, Batman, les Grimlins, Frankenstein, Godzilla, King Kong et même Vincent Price (acteur d'épouvante déjà honoré par un court-métrage fait par Burton, qui lui a ensuite donné le rôle du créateur d'Edward, dans Edward aux mains d'argent). On notera aussi quelques ressemblance esthétiques avec des personnages déjà existant comme celui de Victor avec le Victor dans Noces Funèbres et le prof de sciences avec le dresseur de souris dans Coraline


Avec Frankenweenie, on retrouve alors la fraîcheur, la poésie et la générosité mais aussi la tristesse, le sarcasme et le gothique qui ont construit la légende Burton. Sans oublier l'excellence de l'esthétique, dans laquelle la 3D s'intègre bien, suscitant l'émerveillement, la surprise et ajoute évidemment une dimension effrayante. Drôle et touchant, tendre et moqueur, le scénario n'oublie pas de flinguer les adultes qui, une fois de plus, ne comprennent rien et deviennent moins humains que les monstres eux-mêmes. Et martèle son message de tolérance envers les gens différents, qui ont tout autant leur place dans ce monde que les autres. Si L'Étrange pouvoir de Paranorman m'avait déjà scotchée rendant hommage avec beaucoup de style le travail de Burton, Frankenweenie place la barre encore plus haut, rappelant qui est réellement le maître du genre. 
© Disney Pictures



En résumé : Frankenweenie est un véritable bijou filmé comme un classique des années 30. Il vous fera sourire, soulever les poils et ouvrira votre cœur en deux. Si ça n'est pas gage d'une statuette dorée en février prochain, je n'y comprends plus rien !



Disney a sorti pour l'occasion de superbes affiches rétro rendant hommage avec plein d'amour et de malice aux vieux films film d'horreur que Burton aime tant. (© Disney Pictures)


 


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