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lundi 15 juillet 2013

[Critique] Insaisissables : 4 chevaliers pour un grand spectacle… un peu creux (31/07/13)

INSAISISSABLES

De Louis Leterrier
Avec  Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Isla Fisher, Mark Ruffalo, Dave Franco, Mélanie Laurent…

Sortie le 31 juillet 2013

Quatre magiciens, vivotant plus ou moins de leur art malgré leurs talents indéniables, se font recruter par une mystérieuse personnes. Devenus les Quatre Cavaliers, ils sont réunis pour accomplir l'impensable : dérober le contenu d'une banque parisienne en direct face à un public médusé. Leurs aptitudes se complètent parfaitement et ils réussissent leur coup. De quoi mettre le FBI et Interpol sur les dents. Traqués de ville en ville, les magiciens essaient de trouver qui tire les ficelles de cette machinerie extra-ordinaire.

Le Frenchy Louis Leterrier s'est souvent illustré de l'autre côté de l'Atlantique avec de grosses productions qui en mettent plein les yeux, surtout faites pour engranger des billets verts (Le Choc des Titans, L'Incroyable Hulk, Le Transporteur II). De quoi devenir l'ambassadeur de la cool attitude auprès des jeunes... Avec Insaisissables, les monstres et les gros bras sont mis de côté au profit de prestidigitateurs malins, manipulateurs et terriblement habiles. On ne peut pas en dire autant du scénario. Si celui-ci est riche en tours de passe-passe et autres diversions pour soit-disant nous "perdre", il tombe rapidement dans la facilité. A force de vouloir nous en mettre plein la vue en enchaînant les twists, l'ensemble donne une impression de vide et de banalité. On a envie d'y croire et de se laisser emporter, mais il manque un petit quelque chose pour se laisser totalement faire. 

"Si vous regarder de trop près un tour de magie, vous ne distinguerez jamais la supercherie"

Et pourtant, la mise en scène est dynamique, avec des premières scènes plutôt prometteuses, présentant des personnages atypiques. Une énergie et un rythme endiablé jusqu'au premier casse se transformant en show à l'américaine au style ostentatoire, et fonctionnant parfaitement bien (travellings aériens, bagarres millimétrées, couleurs vives sur fond de nouvelles technologies dernier cri). Mais sur la longueur, l'histoire se fait bavarde à force de tout vouloir expliquer, comme pour mieux nous persuader de la solidité des faits et de l'histoire. Si le début est ludique, la suite manque de consistance, et la fin totalement prévisible (voire même tirée par les cheveux...).

Dommage, car le casting cinq étoiles a de quoi attirer. Les interprètes des Quatre Cavaliers sont crédibles et assument leur personnage... sans plus, ni moins. Jesse Eisenberg est parfait en leader casse-pied-qui-sait-tout, Woody Harrelson fait toujours son arrogant aux yeux mitraillette, Isla Fischer (seul pendant féminin) incarne la touche glamour, tandis que Dave Franco (petit frère de James) nous la joue beau-gosse mais sans manquer de répondant. Ils prennent du plaisir à jouer, et ça, ils le transmettent parfaitement. 


En résumé : Comme la plupart des films américains d'en ce moment, le visuel compte plus que le fond. On regarde ainsi Insaisissables avec plaisir immédiat certain, mais il ne laissera pas grand chose dans nos mémoires sur le long terme. Sympathique pour l'été mais pas indispensable.



Et pour les curieux... voici quelques minutes du film :

lundi 15 avril 2013

Insaisissables : De nouvelles images qui vous ensorcellent !

Il y a quelques mois, je vous parlais de l'incroyable casting réuni pour le non moins incroyable Insaisissables de Louis Leterrier. Eh bien, c'est fait, SND le distribuera le 10 juillet prochain. Et pour fêter ça, une nouvelle bande-annonce a été mise en ligne et ça claque !


C'est sans doute la première que le cinéaste français se retrouve aux commandes d'un projet aussi risqué. Peut-être un projet étrange et difficile à monter et qui, en apparence, s'aventure dans un registre noir et manipulateur sous des effets d'illusion déjà fréquenté par Christopher Nolan (Le Prestige entre autres). Mais on fait confiance à l'un des réalisateurs  qui a eu entre les mains des films d'action à gros budget. Patience...

mercredi 28 novembre 2012

Les Cinq Légendes : Vous ne verrez plus les contes de la même façon (28/11/12)

LES CINQ LEGENDES
De Peter Ramsey
Avec les voix US de Chris Pine (et Gaspard Ulliel en VF), Isla Fischer (Nolwen Leroy en VF), Alec Baldwin, Jude Law, Hugh Jackman...


Et si les personnages de dessins animés jouaient aux Avengers pour faire disparaître un méchant qui fait peur aux enfants ? Les monstres ont déjà eu droit de cité dans les studios Dreamworks, notamment avec Monsters & Cie (dans lequel un affreux poilu bleu se rend chaque jour chez des enfants par les portes de placard pour recueillir leur cri d'effroi). Mais celui que doivent combattre Les Cinq Légendes est d'un tout autre genre. Le Croquemitaine est sorti du tréfonds de la Terre pour faire à nouveau régner la peur sur le monde et implante ses visions cauchemardesques dans les rêves des enfants. Tapi dans l'ombre, il ne pense qu'à une chose : éliminer les Gardiens en volant aux enfants leurs rêves et leurs aspirations... Le Père Noël, la Petite Souris, le Marchand de Sable, le Lapin de Pâques n'ont pas l'intention de le laisser faire. En s'alliant à Jack Frost, nouvellement nommé Gardien des enfants par la Lune, tous vont contrer les plans diaboliques de l'affreux. 



La grande guerre des films de Noël commence cette semaine. C'est Dreamworks qui démarre les hostilités, ou plutôt les festivités, avec Les Cinq Légendes, parfait conte de fin d'année où imagination, originalité, sens de l'humour (et second degré) et surtout, quelques poussières de magie, nous font tous retomber en enfance. De la féérie en barre de celle qui fait que l'on croit aux lutins et au Père Noël, à la Petite Souris, au Marchant de Sable, au Lapin de Pâques et au méchant Croquemitaine...




A quelques différences culturelles près (la Petite Souris ressemble plus à une fée, d'ailleurs appelée Fée des dents), nous connaissons tous ces personnages imaginaires qui ont bercé notre enfance. Mais bien peu d'entre nous ont déjà entendu parler de Jack Frost. Ce jeune homme au destin tragique est une sorte de gentil génie farceur, qui fabrique de la glace et des tempêtes de neige à volonté à l'aide de son bâton magique. Un ado solitaire, rebelle au grand cœur et malicieux, qui n'a qu'une envie : exister "pour de vrais" auprès des enfants qui... ne croient pas en lui.


Inspiré des livres de William Joyce, auteur pour enfants, Les Cinq légendes dévoile l'univers méconnu des héros de conte de fées, à la manière de superhéros contemporains. "Alors que l'histoire de Superman et de Batman est ancrée dans une véritable mythologie, nous demandons à nos enfants de croire dur comme fer à des personnages qui n'ont aucune histoire", confie William Joyce, convoqué par Dreamworks pour étoffer l'univers déjà riche des romans. "Je me suis demandé si j'étais le seul à pointer ce mystère...".



A grand coups de vols dans les airs, de voyages en traîneau du Père Noël, de glissades dans les trous spatio-temporels, on pénètre dans les coulisses de l'entreprise de la Fée des dents (et de ses milliers de mini-fées qui remplacent chaque nuit les dents de lait contre des pièces de monnaie), dans celle du Père Noël où l'on découvre que ce sont les Yétis qui fabriquent les jouets et non les lutins, trop fainéants (mais chhuuttt.... il ne faudrait pas les froisser !). On apprend comment les œufs de Pâques finissent par magie dans les jardins du monde entier, tous colorés (et peints à la main, s'il vous plaît !).

Et ce n'est pas tout car des secrets bien mieux gardés sont dévoilés : saviez-vous par exemple que le Père Noël est un ancien criminel tatoué reconverti ? Que le Lapin de Pâques est un bunny pas si mimi que cela, mais un géant armé de boomerangs ? Ou que le Marchand de Sable est le plus adorable des personnages jamais dessinés, silencieux comme le sommeil et magique comme ces trainées de poussières d'or qui le suivent partout ? On vous le dit : tous les personnages sont à tomber !


Et la réalisation est absolument fabuleuse ! La finesse et la richesse des dessins, de l'animation, et de la 3D est infinie (enfin une 3D qui vous embarque !). Sans compter les traits d'humour qui, ici ou là, pimentent l'histoire (délicieuse petite souris de la légion européenne, froissée d'être démasquée par la Fée des Dents...) jusqu'au dénouement final. Près de 20 ans après sa naissance, le Studio Dreamworks n'a plus rien à envier à son aîné au grandes oreilles ou à son cousin Pixar. Il offre un travail de plus en plus sophistiqué, même si les scénarios manquent encore d'un petit quelque chose en plus pour atteindre la magie, la drôlerie et l'humanité de certaines productions Pixar.

Avec Les Cinq Légendes, Dreamworks souffre de moins en moins de la comparaison et n'a pas à rougir du résultat. D'autant plus avec le casting de voix 5 étoiles qu'il a réuni. Magique Alec Baldwin avec son accent russe à tordre de rire, le non moins excellent Jude Law, à qui les rôles de méchant et triste vont décidément bien (on le verra aussi très dur et peu compatissant dans Anna Karenine sous peu). Sans oublier l'Aussie Touch de Hugh Jackman parfait en bunny boomerang, dur à cuire au cœur de velours.


Le studio au pêcheur perché sur la Lune ne compte pas en rester là. Il a déjà prévu la sortie de trois films en 2013, à commencer par The Croods (ou la virée sauvage d'une adorable famille de cro-magnon, en pleine crise d'évolution et de survie),  et Monsters Academy (sortie prévue le 10 juillet chez nous).




En résumé : Un film d’animation émouvant et enchanteur. Une merveille visuelle doublée d’un joli conte de Noël, magique et divertissant. GROS GROS coup de cœur et un vrai bonheur.


Et le making-of du doublage....

Et la "récolte des dents"...

jeudi 22 novembre 2012

Insaisissables : Vous n'en croirez pas vos yeux !

Les studios américains font de plus en plus appel aux talents du cinéma français pour leurs superproductions... même si ces derniers doivent faire quelques compromis pour tenter de réussir au pays de l'Oncle Sam. Jeunet (Alien Resurrection), Kassovitz (Gathaka), Aja (La colline à des yeux, Piranha 3-D) et récemment Laugier (The Secret). C'est au tour de Louis Leterrier de revenir avec Insaisissables, après le succès des blockbusters Le Choc des Titans et L'Incroyable Hulk. Une fois de plus, le Frenchy made in Hollywood explore le monde de l'incroyable et veut nous en mettre plein les yeux. A commencé par son casting, plus qu'alléchant : Jesse Eisenberg (The Social Network), Isla Fisher (Bachelorette), Dave Franco (21 Jump Street, Warm Bodies), Woody Harrelson (Hunger Games), Morgan Freeman (Dany the dog, déjà réalisé par Leterrier), Mark Ruffalo (Hulk, idem), Mélanie Laurent (Le Concert) et Michael Caine (The Dark Knight Rises).

Le film raconte la course poursuite entre une escouade du FBI mené par un agent têtu (Mark Ruffalo) et un "gang" des plus grands illusionnistes du monde nommé les Quatre Cavaliers (rien à voir avec l'Apocalypse...). Ces derniers organisent une série de braquages de banques audacieux lors de leurs performances et grâce à leurs tours de passe-passe incroyables...

Les premières images sont plus qu'alléchantes ! Un rythme de dingue, des images à couper le souffle (même si tous les effets spéciaux sont loin d'être terminés) pour un film de casse loin d'être classique (façon Dos au mur), entre Le Prestige et l'inimitable Inside Man. Côté scénario, on retrouve le duo Josh Appelbaum / André Nemec (Mission Impossible : Protocole fantôme), Boaz Yakin (Safe) et Ed Salomon (Men In Black). Tout peut arriver ! Même le braquage dune banque parisienne en direct devant leur public de Las Vegas avant de redistribuer l’argent du vol, et la présence de notre José Garcia national en guest. Insaisissables sortira aux Etats-Unis le 7 juin 2013, et sans doute dans la foulée en France.

lundi 15 octobre 2012

Critique : Bachelorette : Les filles se lâchent... (17/10/12)

BACHELORETTE
De Leslye Headland
Avec Kirsten Dunst, Lizzy Caplan, Rebel Wilson, Isla Fisher, Adam Scott, James Marsden...

Trois trentenaires amies depuis le lycée, à la réputation de fêtardes plutôt canons mais célibataires, se retrouvent à l'occasion du mariage de la quatrième de la bande... qu'elles prenaient régulièrement pour cible lorsqu'elles étaient plus jeunes à cause de son surpoids. Elles n'en reviennent toujours pas que celle qui était surnommée "la truie" se marie avant elles, avec en plus, le gendre idéal. Mais les voilà nommées demoiselles d'honneur. La veille de la cérémonie, après quelques verres et quelques grammes de poudre de trop, elles déchirent accidentellement la robe de la future mariée. Commence alors un compte à rebours pour réparer la-dite robe en quelques heures et recoller (tous) les morceaux d'une vie faite de frustrations.

La godiche, la coincée et la nympho


© Mars Distribution
Si la comparaison avec Mes meilleures amies de Paul Feig est inévitable de par le point de départ de l'histoire - le rassemblement de copines à l'occasion des noces de l'une d'entre elles - le résultat est tout de même bien moins drôle. Il est vrai que la caution Judd Apatow dans le premier a laissé des traces (scatho)... Si le film de Paul Feig fonçait tête baissée dans l'humour gras qui tache mais assumé, Bachelorette nous embarque dans une atmosphère particulière où malgré la comédie le mal être est palpable. Dommage que la psychologie des personnages, finalement assez communs, n'ait pas été davantage creusée. 

© Mars Distribution
Leslye Headland dresse le portrait d'une génération incapables de vivre une histoire d'amour, où les femmes sont vues comme le sexe faible, en plus d'être irresponsables, légères mais cruelles, irritables, inaptes à prendre une décision ferme et définitive. Regan (Kirsten Dunst) est devenue "une femme comme il faut" après des tas de sacrifices mais bégueule, engoncée dans une vie trop étriquée pour vivre des rêves. Gena (Lizzy Caplan) est une amoureuse déçue, abîmée par son passé et incapable de se projeter dans l'avenir. Et Katie (Isla Fischer) est une poupée écervelée sans aucun amour propre qui pense que coucher c'est aimer. Même entre elles, ce qu'elles appellent "amitié" a des relents d'hypocrisie et de jalousie mal dissimulée. S'il y en a une qui, par solidarité, consent à tenir les cheveux de la malade au-dessus du caniveau (et on compatit..), il en est d'autres qui ne se privent pas de casser du sucre sur le dos des autres.
© Mars Distribution
Le tableau n'est pas plus reluisant pour les hommes dépeints comme puérils, frivoles et futiles, qui usent et abusent de la gente féminine ou qui, au contraire, en espèrent beaucoup trop et finissent par se prendre les pieds dans le tapis... l'air benêt.


© Mars Distribution
Dans une ambiance hystérique des préparatifs de cérémonie, les scénaristes de Bachelorette ont davantage misé sur le côté provocation (qui avait plutôt bien fonctionner dans Mes meilleures amies), sortant l'artillerie lourdingue de la vulgarité à tout-va, des bons mots à tout prix et des gags de situation pas forcément drôles. Le résultat vogue entre feux d'artifice et gueule de bois. L'ensemble peut se voir comme un hommage à la cohésion féminine où des filles paumées, survivant en jouant les garces qui se démolissent toutes seules avant de démolir les autres, finissent par trouver à quoi tient le bonheur et essaient de s'en rapprocher de façon maladroite et grossière. 

© Mars Distribution
Si les grosses ficelles sont de sortie, il faut quand même souligner l'excellente prestation des actrices, en particulier celle de Lizzy Caplan. Cette trentenaire au succès discret malgré le ras de marée Cloverfield trace gentiment son chemin dans le monde de la comédie, surtout côté séries (Children Hospital, Party Down). En jouant la copine légèrement nympho dans Bachelorette, elle impose un style éclatant de fraîcheur, même en se lançant dans un monologue inspiré sur la fellation face à un inconnu dans un avion. Impassible mais rieuse, elle a ce charme piquant et craquant des actrices qui ont roulé leur bosse sans pour autant être blasée. Un plaisir de plus ? Voir Kirsten Dunst (surnommée "face de pute") se dévergonder à coup de vomi sur la robe et de petit coup vite fait dans l'ascenseur après le très sérieux et déroutant Melancholia.

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