mercredi 20 février 2013

[Critique] Sublimes Créatures : la magie opère… sans (trop de) guimauve (27/02/13)

© SND
SUBLIMES CREATURES

De Richard LaGravenese
Avec Alden Ehrenreich, Alice Englert, Viola Davis, Emma Thompson, Jeremy Irons...

Gatlin est une petite ville tranquille du sud des Etats-Unis, où tout le monde se connaît et où il ne se passe pas grand chose. Les habitants y sont étroits d'esprit et de fervents croyants obsédés par l'éventuel retour du Malin. Toujours prêts à faire circuler des rumeurs, ils entretiennent les clichés d'une Amérique profondément contre toute idée de changement. C'est là que vit Ethan, un lycéen rêveur, qui "entre dans le moule par obligation" mais qui s'évade comme il peut grâce à ses bouquins de science-fiction. Son ambition : partir le plus vite et le plus loin possible de cette ville qui l'étouffe. Il a envie de liberté, de nouveauté et d'ailleurs… Et c'est à travers Lena, une nouvelle élève, aussi belle que mystérieuse, qu'il va pouvoir entrevoir le bout de son rêve. A force de persévérance, Ethan convainc la jeune fille de devenir amis - et plus si affinités - montrant son côté rebelle-pas-comme-les-autres et sa soif d'aventures. Mais Lena non plus n'est pas une ado comme les autres. C'est une ensorceleuse, emplie d'une magie dont elle ne contrôle pas tous les effets. A l'aube de ses 16 ans, elle ne sait pas si son destin prévu par la Lune basculera du côté maléfique ou du côté des gentils. 

Sweet sixteen


© SND
Lorsqu'on mélange ados, forces surnaturelles et amour interdit (voire impossible), inévitablement, on pense à la saga Twilight. Et de façon incontournable, on est forcé de comparer. Bella et Edward ayant définitivement rangé leurs crocs, le nouveau couple à la mode s'appelle Ethan et Lena. Mon entrain était plutôt timide à l'entrée en salle. Contre toute attente, j’avoue avoir été très agréablement surprise par Sublimes créatures. 



© SND
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Premier opus adapté de la série littéraire La saga des Lunes (écrite par Kami Garcia et Maragaret Stohl), le scénario de Sublimes Créatures ne tombe pas dans les travers de son prédécesseur vampirique. Ici, point de personnages devenus icônes tellement glamourisées qu'elles en deviennent irréelles. Les ado - acteurs comme personnages - sont ici de jeunes inconnus / lambda vivant des soucis bien de leur époque. Le réalisateur n'est pas tombé dans le piège de la lourdeur mielleuse et dégoulinante de Twilight, ni dans les clichés qui fusent généralement dans les films pour ado. Si l’amour et les grandes envolées émotionnelles restent l'un des thèmes centraux et une force indéniable, ils sont vite contre balancés par un humour second degré, aussi inattendu que bienvenu. Reste que cette valeur ajoutée absente chez Twilight peut parfois devenir un point noir dans le film de LaGravenese. Il est la plupart du temps, mal dosé. Si certaines répliques sont cinglantes et efficaces, nombreuses sont celles qui tombent à plat rapidement. 




On se délecte malgré tout de voir les deux héros se chercher, se tourner autour, s'envoyer des piques, des vannes… un jeu de la séduction mordant dont le rendu est plein d'énergie. Certains le verront comme trop rapidement "conclu", contrairement à Twilight où le premier baiser fait l'objet d'une attente à rallonge, signe de pureté et d'amour unique et véritable. Mais dès le départ, on comprend à coup de voyage dans le temps qu'ils sont de vraies âmes sœurs de longue date. Les sentiments sont présents tout le long mais on n’en surestime pas les effets. Un peu comme dans Hunger Games : on ne trouve ni victime, ni méchant pur et dur à chasser, ni schématisation du Bien et du Mal (même si les intentions du réalisateur sont parfois à la limite de le faire). La ville, reflet d'une société actuelle en repli sur soi, incapable d'accepter la différence et ne comptant que sur la religion (ou autre croyance) pour la sauver, est une image forte de notre individualisme croissant.


Quant aux acteurs interprétant les deux amoureux, ils sont à la hauteur des rôles qu'on leur a proposés. On apprécie leur réelle complicité communicative et leur naturel désarmant. Ils développent une dynamique parfaite et nous prennent par la main sans qu'on s'en aperçoivent. Et on a plaisir à retrouver Viola Davis (que j'avais adoré dans La Couleur des sentiments) et Emma Thompson, à qui le fantastique va décidément bien (Nanny McPhee et Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban). Ainsi que l'accent du Sud !


© SND
Si le scénario est attendu et quelques clichés un peu grossièrement évoqués (la religion maintes fois invoquée comme protection et solution contre l'inconnu qui effraie), on peut apprécier que les effets spéciaux sont utilisés avec parcimonie. Etonnant pour un film fantastique adressés à un jeune public et le contexte magique. Même s'ils dépassent largement en qualité ceux de Twilight (en même temps, il n'y a pas de mal), ils ont un petit air poussiéreux des années 90. En revanche, les décors et les costumes (principalement, les robes des ensorceleuses) sont sublimes et cohérents avec l'esthétique globale du long-métrage.


En résumé :
Sublimes Créatures développe une histoire adolescente qui fait son effet mais moins guimauve que Twilight. La magie opère et on la laisse faire.

jeudi 14 février 2013

Monsters Academy : un trailer potache et de nouvelles images

@ Disney Pixar@ Disney Pixar
Il y a quelques mois, nous étions heureux d'apprendre que nos monstres préférés retournaient à l'école dans Monsters Academy. Sully, le gros poilu bleu, et Bob le petit cyclope vert, vont nous faire découvrir leur vie d'étudiants et leurs premiers pas de pros de la terreur.

@ Disney Pixar
Avant d'être inséparables, ils ont connu quelques accrochages. Quand ils se sont rencontrés, ces deux monstres très différents se sont tout de suite détestés. Bien évidemment, ils ont réussi à surmonter leurs différences pour devenir les meilleurs amis du monde.  

@ Disney Pixar
Monsters Academy est donc le préquel de Monsters & Cie, gros carton Pixar sorti il y a 12 ans. Grosse pression donc pour les studios pour faire aussi bien. Et les premières images du trailer sont prometteuses...


@ Disney Pixar

mardi 12 février 2013

Un petit jeu en attendant les Oscars....

L'affiche de la 85e cérémonie des Oscars, qui se déroulent dimanche 24 février à Los Angeles, a été dévoilée. Ses infographistes ont dû bien s'amuser en la dessinant. Si vous la regardez de plus près, vous découvrirez qu'il comporte 85 petites statuettes dorées, chacune symbolisant une œuvre récompensée par l'Oscar du meilleur film. A vous de les retrouver !

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)


(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Il y a comme un air de déjà-vu... Souvenez-vous... l'affiche du Festival de Cannes 1986...


vendredi 8 février 2013

Critique : Hotel Transylvanie : Joyeux et monstrueux bazar (13/02/13)

HOTEL TRANSYLVANIE
De Genndy Tartakovsky
Avec (les voix VO de) : Adam Sandler, Selena Gomez, Steve Buscemi...
(en VF : Virginie Efira, Alex Goude...)

Les monstres ne sont généralement pas des froussards. Mais s'il y a bien une chose qu'ils détestent, ce sont les humains. Ces choses vivantes, envahissantes, trop curieuses et dangereuses... C'est à cause d'eux qu'il a vécu l'enfer et perdu celle qu'il aimait. Depuis, Dracula s'est réfugié en haut d'une montagne abrupte, dans un château isolé qu'il a transformé en hôtel 5 étoiles pour monstres en quête de quiétude. Ainsi, zombies, squelettes, loups-garous (et toute la jeune meute infernale), l'homme-invisible, Frankenstein et madame, la Momie et d'autres bestioles diformes et colorées non identifiées -- mais vraiment très moches -- s'y retrouvent pour passer du bon temps. 
© Sony Pictures Releasing France
Mavis
Tous s'y retrouvent pour une occasion bien spéciale : l'anniversaire de la "jeune" Mavis, fille de Dracula et ado éternelle qui fête ses... 118 printemps. Celle-ci a des envies de liberté et de découverte du monde, alors que son papa chéri lui demande de ne pas franchir la ligne ennemie pour aller chez les hommes. En ado rebelle et têtue, Mavis n'en fait qu'à sa tête. C'était sans compter le plan échaffaudé par son papounet hyper-protecteur. Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est l'arrivée d'un touriste échevelé et débrouillard dans son petit paradis. Et encore moins que celui-ci tape dans l'œil de sa fi-fille d'amour. Il a beau sorti le grand jeu à coups de quenottes aiguisées et d'amis peu fréquentables, l'humain a de la ressource et une tenacité à toute épreuve...

© Sony Pictures Releasing France
Jonathan "l'affreux" humain et Dracula
Si les studios d'animation ont déjà dégaîné de nombreux films de bébêtes de tous poils (Monstres et Cie en tête et plus récemment Tim Burton avec son Frankenweenie), il est fort à prier que Hotel Transylvanie fasse son effet auprès du public. Ne serait-ce que grâce à son réalisateur, tout droit sorti du monde des cartoons puisque il est à l'origine des cartoons Laboratoire de Dexter et de Samuraï Jack, ou plus récemment la série digitale Star Wars - Clone Wars.

© Sony Pictures Releasing France
Des copains du Comte
On se revoit tous petits devant la télévision le dimanche matin, en train de regarder les Tex Avery et autres Hanna Barbera, références assumées de Genndy Tartakovsky (en interview ici sous peu). Et c'est bien là toute la différence avec les autres productions du moment : l'humour et le trait cartoonesques, à grand renfort d'exagération des silhouettes, des mouvements des personnages, qui irrémédiablement nous font soulever les zygomatiques.


© Sony Pictures Releasing France © Sony Pictures Releasing France Une technique absolument fabuleuse qui nous fait voyager sur des tables volantes, croiser des lucioles, jusque dans les moindres détails : les couverts en forme d'instruments de torture, le cercueil d'acuponcture, les porte-clés parlants... et le rendu des textures et des mouvements des tissus est incroyable. Sans oublier le comique de situation (gaffes, gags et autres farces), de répliques qui tombent à pic, et d'allusions discrètes aux films de la Hammer. Un cocktail relevé par l'accent est-européen tordant pris par Adam Sandler dans le rôle de Dracula. Toute canines dehors pour protéger "sa" fille, prunelles de sa non-vie, le comédien dépoussière à grands coups de rires ce petit monde farfelu à en réveiller les morts.


© Sony Pictures Releasing France
Frankensteinn
Si ce train fantôme a un tout petit peu de mal à démarrer, il nous embarque avec bonheur... ou horreur. Si l'histoire d'amour fleur-bleu peut tirer sur la corde des plus sensibles d'entre nous, on peut juste regretter la sempiternelle morale de fin rappelant qu'il faut accepter l'autre tel qu'il est et ne pas faire de différence (on se souvient alors qu'on s'adresse vraiment au jeune public), et une fin un temps soit peu expédiée.


En résumé : Une belle surprise. Extravagance et rigolade sont au rendez-vous.

(un peu de patience... bientôt à lire ici mon reportage dans les Studios Sony, à Los Angeles)

mardi 5 février 2013

[Critique] Les Misérables : Une adaptation trop formatée (13/02/13)

LES MISERABLES


De Tom Hooper
Avec Hugh Jackman, Russel Crowe, Anne Hathaway, Amanda Seyfried, Eddie Redmayne...

Faut-il encore présenter l'histoire du grand classique de Victor Hugo ? Pour les amnésiques...
Après 19 ans de bagne, Jean Valjean (H. Jackman), envoyé au bagne pour avoir volé une miche de pain, est relâché en liberté conditionnelle par Javert (R. Crowe), officier en charge de la main d'œuvre carcérale. L'ex-criminel en profite pour disparaître et se faire un nouveau nom ainsi qu'une nouvelle vie,  tandis que l'odieux Javert le poursuit sans relâche. Il devient maire d'un village et entrepreneur à succès et aimé de tous. Il fait la connaissance de Fantine (A. Hathaway), ouvrière dans son usine, après que celle-ci se soit fait renvoyer par un contre-maître éconduit car pressant. Valjean lui promet alors de prendre soin de sa fille, Cosette. Ce qu'il fit jusqu'à ce qu'elle rencontre Marius, jeune révolutionnaire tiraillé entre son amour naissant et son désir de liberté. Leurs destins à tout jamais liés va basculer...


Si la mise en scène pêche...

Comment ne pas se réjouir quand un tel projet est annoncé, d'autant lorsque c'est Tom Hooper (Le Discours d'un roi) qui est à la barre, que son but est de capter les voix au moment du tournage et qu'un casting flamboyant est prévu pour le faire ? Mais adapter une comédie musicale (et non l'œuvre littéraire de Hugo) est une sacrée prise de risque. Surtout lorsque celle-ci est chantée de bout en bout -- à quelques répliques près -- pendant 2h30. Tout se dit en chanson. Vous voilà prévenus !


Si la version live sur scène (que j'avais adorée) a une ampleur visuelle et un souffle épique, la version filmée tombe à plat. Le résultat est étriqué, voire parfois étouffant. Quelques raisons techniques sont en cause. Tout d'abord par la mise en scène surprenante car hermétique. Hopper fait le choix de cadrer serré, en plan fixe sur chaque solo (ou presque) dans les moments où l'émotion se doit d'être à son comble. Résultat : le merveilleux "I dreamed a dream" chanté par Fantine, moment de grâce par excellence se retrouve écrasé et on finit par décrocher. La fragilité de Fantine, dévastatrice pour le cœur dès les premières notes, s'en trouve rapidement aplatie. Il en va de même pour les atermoiements de Cosette mis à mal par ce même traitement, cadrés façon loupe à droite de l'écran. Ou encore les souffrances de Valjean devenues lisses.


On ne peut que constater une incompatibilité entre l'image étroite et une musique qui a, sans aucun doute, été pensée et écrite pour être perçue du fin fond d'une salle de théâtre immense. Ce qui donne le sentiment d'une interprétation répétitive, sans âme et peu avantageuse. De plus, le cinéaste ne parvient jamais à faire cohabiter les moments de comédie pure (dans l'auberge des Thénardier), la tragédie quasi christique (l'accord du pardon de Javert) et les moments mélo -- et larmoyants -- (Valjean). C'est ce qui s'appelle déchanter...


... le casting éblouit


Et pourtant, on finit par verser une larme (voire plusieurs)... On ne peut renier la beauté de la musique qui vous hante pendant longtemps, des paroles ("Red and Black", "Who am I", "In my life" en particulier) et de l'implication des acteurs ! Tom Hooper est un grand directeur d'acteur, méticuleux mais généreux. Hugh Jackman a des talents de chanteurs indéniables. Son vibrato et son amplitude vocale riche en harmonies nous embarquent à chaque fois -- même si la deuxième partie le voit un peu plus éteint... la faute à la partition ou au récit qui s'essouffle un peu ? De quoi faire passer Russel Crowe pour un chanteur de salle de bain. Malgré son imposante posture et son interprétation profonde, Crowe ne donne pas le change avec son timbre puissant mais sans amplitude et trop linéaire pour l'envergure de Javert. (On ne parlera pas des quelques moments où certains s'époumonent dans les partitions beaucoup trop aigües pour leur tessiture... celles d'Amanda Seyfried pour ne pas la nommer).


On retiendra les beaux brins de voix d'Eddie Redmayne (My week with Marylin) et de Natalya Wallace (pour la première fois à l'écran) dans le rôle d'Eponine, chantant le sublime "On my own". Sans oublier le moment de gaudriole de Sacha Baron Cohen et Helena Bonham Carter dans le rôle loufoque des époux Thénardier, plutôt fun, même s'ils en font des tonnes.


En résumé : Une véritable déception. La réalisation trop formatée nuit à la beauté du reste. Même si on passe finalement un bon moment, on ne retiendra que les véritables instants de grâce qu'offre la première partie du film. Sur les 12 statuettes des Oscars convoitées, me voilà curieuse de savoir combien Les Misérables version Hooper va remporter... Anne Hathaway en a sûrement une déjà gravée à son nom !







lundi 4 février 2013

Critique: Hitchcock : Un biopic inégal et basique (6/02/13)

HITCHCOCK
De Sacha Gervasi
Avec Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson, James D'Arcy, Jessica Biel...

Le cinéaste Alfred Hitchcock, revient d'entre les morts. En août 2012, Vertigo était désigné par le British Film Institute "meilleur film de tous les temps", coiffant au poteau Citizen Kane. Un téléfilm, signé HBO centré sur Les Oiseaux, est en préparation.
Dans Hitchcock, le maître du suspense revient hanter les studios du tournage de Psychose, rendu célèbre avec le cri strident de Janet Leigh dont le personnage est assassiné dans une douche. Le film de Sacha Gervasi est une œuvre de fiction racontant la genèse du film, son tournage et son lancement. Il s'inspire d'un livre de Stephen Rebello, décrivant un homme en crise, lunatique mais surtout hanté par le tueur Ed Gein (il aime cacher le squelette de la mère de Norman Bates dans la loge de Janet Leigh), extériorisant ses pulsions agressives envers les femmes. 

"Je ne suis qu'un homme caché derrière une caméra"

© Twentieth Century Fox France
À grand renfort de prothèse, de rembourrage façon Bibendum Michelin, et de bouche en cul-de-poule, on découvre Anthony Hopkins grimé en Alfred Hitchcock boudiné et déprimant. A ses côtés, Helen Mirren est une épouse-collaboratrice intransigeante mais fidèle. Scarlett Johansson et James D'Arcy incarnent le fameux duo de Psychose, Janet Leigh et Anthony Perkins. 
© Twentieth Century Fox FranceSi le biopic est souvent construit sous forme linéaire et didactique, avec des péripéties un peu basiques, il peut être novateur lorsque son réalisateur attaque un angle bien précis. Ce qui a été remarquablement accompli dans le récent Lincoln et le vote de l'abolition de l'esclavage. Et ce qui semblait être à première vue le cas avec Hitchcock.. Si reprendre le tournage d'un des grands classique du cinéma était une bonne idée, le résultat est à la hauteur du très fade My Week with Marylin, qui retraçait le tournage Du prince et la danseuse.

© Twentieth Century Fox France
Pourtant, le casting est alléchant. La dose de névrose de son héros (son rapport avec les femmes -- en particulier la sienne -- avec sa sexualité particulière, et ses angoisses -- parfois survolées) se mélange parfaitement aux nombreuses visites des coulisses. Le réalisateur éveille notre intérêt sur le combat du maître de l'horreur pour mener Psychose à terme -- puisque Paramount n'en voulait pas -- et sa mythique scène de la douche, méticuleusement travaillée. Néanmoins, tout ce qui faisait le sel de l'adversité rencontrée est réduit à néant en peu de temps -- car les problèmes se résolvent en un claquement de doigt --, laissant un goût de trop peu dans les descriptions faites du metteur en scène de génie qu'était Hitchcock et du Hollywood de l'époque. 
© Twentieth Century Fox FranceSi l'humour parfois grinçant est perceptible, il se transforme parfois en ironie d'une platitude désolante. Jusqu'au bout on espère une étincelle esthétique ou narrative qui viendrait chambouler le charme traditionnel du long-métrage. On peut regretter que la performance un peu austère et engoncée d'Anthony Hopkins soit perturbée par son imitation labiale exagérée du réalisateur, qui parfois éloigne notre attention de sa performance. On peut en revanche toujours compter sur l'excellente Helen Mirren, qui fait d'Alma Reville, une épouse au caractère bien trempé, avec une prestation haute en couleurs et émouvante, laissant transparaître la complexité de la relation avec son mari, joliment esquissée.


En résumé : On nous avait laissé entrevoir 120 min d'humour grinçant. Mais l'ensemble n'est pas à la hauteur artistique du monsieur. Dommage !

samedi 2 février 2013

Hansel et Gretel : du conte horrifique sauce tomate

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Après deux adaptations de Blanche-Neige l'an dernier, Hollywood s'empare cette fois du conte Hansel et Gretel, dans un film qualifié par ses acteurs de "pur divertissement", qui invente la vie d'adulte des deux orphelins, devenus chasseurs de sorcières. Film d'action teinté d'horreur, Hansel et Gretel est signé par le cinéaste norvégien Tommy Wirkola, à qui l'on doit notamment Kill Buljo (2007) -- une parodie de Kill Bill de Quentin Tarantino -- et Dead Snow (2009), un film d'horreur où des ados partis skier se retrouvaient face à des zombies nazis. 
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Hansel et Gretel, sur les écrans nord-américains ce week-end (sortie le 6 mars en France), illustre le conte des frères Grimm dans les premières minutes du film, avant de faire un bond dans le temps et de retrouver les deux orphelins à l'âge adulte. Extrapolant sur la fin du conte, dans lequel Hansel et Gretel tuent la sorcière anthropophage qui les retenait prisonniers en la brûlant vive, les scénaristes du film ont fait des deux orphelins des chasseurs de primes et de sorcières armés jusqu'aux dents, allant de villages en villages pour trucider les furies sur balai volant.

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"Quand j'ai reçu le scénario, j'ai été très surprise par le tour donné à l'histoire, la Britannique Gemma Arterton, qui interprète Gretel. "J'étais réellement intrigué", ajoute en écho Jeremy Renner (Hansel). L'acteur, nommé à l'Oscar à deux reprises pour Démineurs et The Town, revendique l'absence de prétention de Hansel et Gretel. "J'imagine que ce conte recèle plein de messages, de significations et de thèmes. Mais ce film est un pur divertissement. C'est un film pop-corn, on ne prétend pas faire la leçon à quiconque", dit-il.
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L'une des orginalités du film -- à part ses sorcières protéiformes et particulièrement diaboliques, notamment la plus puissante d'entre elles, interprétée par Famke Janssen -- est l'absence quasi-totale d'histoire d'amour, la relation homme-femme étant ici une relation frère-soeur. "Je pense que (dans la vie), je suis meilleur frère qu'amant. Pour moi, c'est un lien très fort et très puissant, et c'est ce que j'ai voulu apporter à ma relation avec Gemma", explique l'acteur.
© Paramount
Gemma Arterton affirme quant à elle que cette relation frère-soeur est "l'une des principales choses qui (l'a) décidée à faire le film. Ce n'est pas souvent que vous avez une opportunité comme celle-là, dans ce genre de film"Si Hansel s'octroie une petite aventure avec une jeune femme qu'il a sauvée du bûcher, accusée de sorcellerie par les villageois, Gretel n'a même pas droit à un début de romance, si ce n'est une amitié inattendue avec un troll. L'actrice ne s'en plaint pas. "C'était génial", dit-elle. "C'est devenu une partie intégrante de son caractère. Personne ne peut la toucher, elle est presque virginale. Et c'était formidable de n'avoir à embrasser personne".
Serez-vous prêts à combattre à leurs côtés ?
(avec AFP)

Byzantium : les premières images prometteuses (malgré les mauvaises critiques)

On croyait le règne des vampires terminé avec la fin de Twilight et l'arrivée de nombreux aspirants-remplaçants (Sublimes Créatures, Warm Bodies, La Cité des Ténèbres, Les Âmes vagabondes, Seventh Son), mais Byzantium renoue avec le genre grâce au maître du genre : Neil Jordan, qui avait signé l'incroyable Entretien avec un vampire (1994). Réalisateur de nombreuses pépites (Breakfast on Pluto, The Crying game, La compagnie des loups), Jordan a présenté Byzantium au dernier Festival de Toronto, et on est impatient d'en voir davantage, malgré les critiques mitigées des festivaliers (trouvant le scénario trop confus). 
Les raisons ? D'abord, le thème. Et qui de mieux placé que celui à l'origine du magnifique duo homo-érotique Cruise/Pitt pour mettre en valeur celui du non moins sexy Gemma Aterton/Saoirse Ronan ?
Les reste du casting n'est pas mal non plus : Caleb Landry Jones, Jonny Lee Miller et Sam Riley...

Ensuite, à voir les premières images, l'ambiance mortifère et les dialogues mordants ("Kiss me. Why ? To celebrate my wickedness") nous donne un aperçu de l'esthétique léchée du film. On y voit Clara (Gemma Arterton) une jeune femme de petite vertu et sa protégée, la timide Eleanor (Saoirse Ronan), hanter une ville côtière anglaise spectrale. Leur secret : elles sont toutes les deux des vampires bicentenaires, et sont traquées par la Fraternité des suceurs de sang. Clara est aussi la cible de visions lui dévoilant les secrets de son passé... Le genre est assez éculé depuis Blade, True Blood, Twilight. Et les distributeurs l'ont bien compris : aucune date de sortie n'est prévue en France pour le moment. Seuls les Britanniques découvriront Byzantium sur leurs écrans le 3 mai 2013. Mauvais présage ?



Eleanor et Clara, deux mystérieuses jeunes femmes, fuient la scène d’un crime violent. Fauchées, elles tentent de trouver de l’argent, tout en se réfugiant dans un complexe hôtelier du bord de mer. Clara, pragmatique, vend son corps. Elle rencontre bientôt le timide et solitaire Noel, qui lui offre un toit dans sa maison d’hôte nommée Byzantium. Clara transforme les lieux en bordel. 


Pendant ce temps, Eleanor rencontre Frank (Caleb Landry Jones), qui va la pousser à dire la vérité sur son identité et son existence. Elle lui raconte alors qu’elle est née en 1804 et que Clara est en fait sa mère. Elle lui explique ce paradoxe (elle n’a que 16 ans) en lui confessant que pour rester en vie, elle doit boire du sang humain, tout comme sa mère. Dans la petite ville, des gens se mettent à mourir. Le passé des deux jeunes femmes les rattrape alors, avec des conséquences ahurissantes. 

Critique : Gangster Squad : La brute, les truands et la poupée (06/02/13)

GANGSTER SQUAD
De Ruben Fleisher
Avec Ryan Gosling, Josh Brolin, Sean Penn, Emma Stone, Anthony Mackie, Robert Patrick, Nick Nolte, Josh Pence, Giovanni Ribisi, Mireille Enos, Michael Peña, Frank Grillo...

1949. Los Angeles est au main de Mickey Cohen, un ancien boxeur devenu un caïd impitoyable, régnant sur le crime organisé d'une poigne de fer, sans loi ni loi. Trafic de drogue, d'armes, de filles et paris clandestins, rien ne lui échappe. L'argent coule à flot dans ses poches. Son ambition ? Etendre sa main-mise jusqu'à Chicago. Pour y parvenir, il achète touts les hauts fonctionnaires de la ville, du juge aux hommes politiques les plus influents. Même les flics les plus endurcis n'osent se frotter à lui. Excepté un. Le Sergent John O'Mara. Il est officieusement désigné par le chef de la police, seul gradé résistant face aux combines du mafieux, pour anéantir celui qui déshonore la ville. O'Mara va réunir une poignée d'hommes pour saper l'organisation du parrain en s'attaquant secrètement à sa manne financière. Et tous les moyens sont bons...



"Un flic qui n'est pas à vendre, c'est comme un chien qui a la rage : on doit l'abattre"


© Warner Bros.
Ruben Fleischer, réalisateur de Bienvenue à Zombieland, change de registre et cela lui va bien ! Il réussit avec Gangster Squad un film rythmé, véritable hommage aux films de gangsters tout en gardant une lecture moderne de cette époque exaltante, où les héros devaient se comporter comme des hors-la-loi pour neutraliser les mafieux... Estampillé "tiré d'une histoire vraie" et adapté du livre éponyme de Paul Lieberman, c'est un vrai film de mecs, le genre à ne pas réfléchir aux risques encourus mais à agir avant qu'il ne soit trop tard. Le genre de bonshommes que la plaque accrochée à leur ceinture n'arrête pas lorsqu'ils doivent dépasser les bornes. Le genre mâchoires carrées, regards déterminés, testostérone à bloc et fusils à pompe chargés.
© Warner Bros.
Les membres du Gangster Squad sont de cette trempe. Leur chef : un survivant de la Guerre et futur père de famille qui défend à coups de poing et de feu la veuve et l’orphelin. Pour l'incarner, un Josh Brolin au physique de l'époque et au jeu solide. L'accompagnent un expert en écoutes téléphoniques, campé par un Giovanni Ribisi (Ted, Rhum Express, Public Enemies) tout en fragilité; un cow-boy à la gâchette affutée, interprété par le flegmatique Robert Patrick (le cyborg T-1000 tout liquide dans Terminator 2); un policier intègre que rien n’arrête, joué par Anthony Mackie (Abraham Lincoln : chasseur de vampires, Dos au mur, Démineurs) impeccable ; le Latino que personne ne semble connaître mais qui envoie du lourd à force de jouer les flics, Michael Peña (La Défense Lincoln, End of Watch); et le jeune premier un peu tête brûlée sur les bords campé par un Ryan Gosling au regard de braise (et à la voix étrangement aigüe...). Des hommes de loi, tous calqués d’une façon ou d’une autre les pus grandes figures du cinéma américain, fidèles à la la classe naturelle de l'époque que n’aurait pas renié Humphrey Bogart .


"Dans l'Est, j'étais un gangster. Ici, je suis Dieu !"


© Warner Bros.
Du déjà vu ? Rien d'inédit... mais un peu quand même. On ne peut s'empêcher de penser au grand classique Les Incorruptiblesou au plus récent Des sans hommes sans loipour le genre hommes intègres face aux plus pourris comme Al Capone. Mais Fleischer a fait le choix du mélange des genres (comme avec Bienvenue à Zombieland). Ainsi, la légèreté de certaines scènes comiques se fond parfaitement aux situations plus sombres. Les clichés règnent en maître mais ils ont la classe et du style... L'allure de la pulpeuse Emma Stone qui s'avance vers le bar dans sa robe rouge échancrée jusqu'en haut de la cuisse (sous le regard ravageur dégoulinant de Ryan Gosling) n'est pas sans rappeler Jessica dans Qui veut la peau de Roger Rabbit ? La démarche permet de donner une réelle identité au film, même si parfois le film aurait gagner en profondeur si cet humour décalé avait été amené plus discrètement. 
© Warner Bros.
Si la reconstitution factuelle est des plus impressionnantes, la forme et la mise en scène ont gardé quelques touches old school, parfois clinquantes. Fleischer a repris ses habituels ralentis façon Matrix lors des scènes de coups de feu (les douilles tombent inlassablement par terre et rebondissent toujours...), en rajoutant un peu de couleur jaune de-ci de-là lorsque les visages sont distordus sous les coups des ennemis... Indispensable ou c'était juste histoire de faire autrement sans en avoir les idées ?
En résumé : Bien plus léger qu'attendu au départ, Gangster Squad s'appuie sur un casting bluffant et (très) glamour, avec un Sean Penn époustouflant en mafieux entre la star hollywoodienne et l'ordure de la pire espèce. Efficace, on se laisse embarquer, flingue à la main, par cette équipe de têtes brûlées.

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