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samedi 23 mars 2013

Critique : The Hit Girls : On connaît bien la chansonnette... (08/05/13)

THE HIT GIRLS 
De Jason Moore
Avec Anna Kendrick, Skylar Astin, Ben Platt, Brittany Snow, Anna Camp, Rebel Wilson...

C'est la rentrée universitaire. Beca, comme nombreux étudiants de première année, débarque au campus de Barden University, et découvre la folie ambiante qui y règne. Ne nouant pas le contact facilement, elle se réfugie sous son casque, son meilleur ami depuis qu'elle a décidé de devenir DJ professionnelle et de produire sa propre musique. Pour faire plaisir à son père, elle tente de s'intégrer malgré elle dans un groupe de filles qu'elle n'aurait jamais osé aborder auparavant : une chorale de chanteuses a-capella. Entre une peste dirigiste obsédée par la compétition, une nympho écervelée, une rondelette braillarde et une psychopathe mutique, elle a du mal à trouver sa place. Heureusement, l'une d'entre elle la prend sous son aile. Mais ça n'est pas pour autant qu'elle ne mettra pas son grain de sel ! Commence alors une aventure musicale faite de répétitions et d'entraînements acharnés, qui les mènent au championnat universitaire nationale. Car leur but : détrôner l'équipe des Troubadurs, vainqueurs du trophée depuis trop longtemps... mais dont un membre ne laisse pas indifférent la rebelle Beca.


©Universal Pictures International France
©Universal Pictures International France
Lorsqu'on s'intéresse au pitch de The Hit Girls, on se dit : voilà une version ciné de Glee (mais pas la cash-machine lancée en 3D) mélangé à High School Musical avec un tout petit brin de West Side Story (mais vraiment tout petit...), et un casting essentiellement venu du monde de la télé (Workaholics, Girls, Dr House, Mes plus belles années, The Mindy Project, The Good Wife...). Et quand on voit la filmo du réalisateur composée essentiellement de séries pour ado dégoulinantes de bons sentiments et de drames en tout genre (Dawson, Everwood, Les Frères Scott, Brothers & Sisters), on se dit AU SECOURS ! Mais le résultat n'est finalement pas si effrayant qu'il en a l'air sur le papier. Et on pourrait même dire qu'on le regarde avec un plaisir presque coupable en battant discrètement la mesure du pied. Car il faut le dire, le premier film de Jason Moore est plus intéressant pour ce qu'il a dans les cordes vocales que pour l'intérêt du scénario. 

©Universal Pictures International France
Peu inventive, l'histoire réchauffe les vieilles recettes des teen movies lycéens : la rebelle indépendante qui vient bousculer les lignes, l'amourette interdite pour cause de rivalité des clans, la vengeance à tout prix, les saloperies balancées par une garce dirigiste...). Et tous les stéréotypes sont là pour les faire vivre avec son quota communautaire : l'asiatique qui ne se mélange pas à d'autres communautés, la lesbienne black et la bimbo (pour une fois brune) de service, la bonne copine rondouillarde qui jure...

©Universal Pictures International France
Le scénario ne laisse aucune place à la surprise quant à son déroulement. Pourtant, quelques bonnes idées rafraîchissantes s'immiscent de temps en temps histoire de relever le manque d'énergie des répétitions et de la compétition dans son ensemble. Le film pâtirait-il de l'habitude créative de son réalisateur qui pense séries-faites-pour-s'épanouir-dans-la-longueur ? Peut être... 



On peut tout de même compter sur des personnages totalement atypiques pour donner une touche d'humour décalé. Ainsi on remarque avec bonheur Rebel Wilson (Mes Meilleures Amies, Bachelorette), habituée au second rôle déjanté, toujours prête à l'auto-dérision. Il faut la voir en train de faire "la danse de la sirène", son "jogging à l'horizontal" et autres pitreries faciales et verbales. On apprécie aussi Lily, ce personnage quasi mutique qui, avec son filet de voix à peine audible, balance des phrases des plus glauques, voire flippantes. Et que serait un film sur l'univers estudiantin sans des habitués du genre comique de répétition Christopher Mintz-Plasse (Kick-Ass, Fright Night, Superbad), Jacob Wysocki (Terri), John Michael Higgins (Bad Teacher), Elizabeth Banks (Hunger Games) !

©Universal Pictures International France
Comme Save the Last Dance et autres dérivés du genre (Sexy Dance et ses nombreuses suites), The Hit Girls ne changera pas la face du monde, mais est au final un bon divertissement. Le talent musical certain du cast - masculin comme féminin - et les mash-up originaux orchestrés pour l'occasion font des scènes chantées un point fort du film. Un petit bémol tout de même... Pour de l'a capella, on peut regretter la présence d'une boite à rythme récurrente un peu lourdingue présente en renfort derrière les voix des chanteuses. Mais ça n'est qu'un détail. The Hit Girls offre de jolis moments comme la battle organisée entre les différents chœurs dans une piscine vide, avec un choix de chansons plutôt surprenant et l'audition de Beca, duo de chocs et de charme entre un gobelet en plastique et Anna Kendrick. On découvre ainsi avec intérêt le beau brin de voix de l'actrice (Twilight, Scott Pilgrim, In the Air50/50) qui surprend par son jeu tout en retenu au milieu de ce bazar organisé et son sens... du rythme. Sans aucun doute une star qui ne demande qu'à briller !

En résumé : The Hit Girls a été pensé comme une série musicale qui demandait plus de 2h pour raconter son histoire. On ne s'ennuie pourtant pas; on se surprend même à sourire, malgré quelques blagues un peu foireuses. Heureusement, les scènes musicales relèvent l'ensemble ! Succès attendu puisque la suite est déjà en route pour 2015 !


lundi 15 octobre 2012

Critique : Bachelorette : Les filles se lâchent... (17/10/12)

BACHELORETTE
De Leslye Headland
Avec Kirsten Dunst, Lizzy Caplan, Rebel Wilson, Isla Fisher, Adam Scott, James Marsden...

Trois trentenaires amies depuis le lycée, à la réputation de fêtardes plutôt canons mais célibataires, se retrouvent à l'occasion du mariage de la quatrième de la bande... qu'elles prenaient régulièrement pour cible lorsqu'elles étaient plus jeunes à cause de son surpoids. Elles n'en reviennent toujours pas que celle qui était surnommée "la truie" se marie avant elles, avec en plus, le gendre idéal. Mais les voilà nommées demoiselles d'honneur. La veille de la cérémonie, après quelques verres et quelques grammes de poudre de trop, elles déchirent accidentellement la robe de la future mariée. Commence alors un compte à rebours pour réparer la-dite robe en quelques heures et recoller (tous) les morceaux d'une vie faite de frustrations.

La godiche, la coincée et la nympho


© Mars Distribution
Si la comparaison avec Mes meilleures amies de Paul Feig est inévitable de par le point de départ de l'histoire - le rassemblement de copines à l'occasion des noces de l'une d'entre elles - le résultat est tout de même bien moins drôle. Il est vrai que la caution Judd Apatow dans le premier a laissé des traces (scatho)... Si le film de Paul Feig fonçait tête baissée dans l'humour gras qui tache mais assumé, Bachelorette nous embarque dans une atmosphère particulière où malgré la comédie le mal être est palpable. Dommage que la psychologie des personnages, finalement assez communs, n'ait pas été davantage creusée. 

© Mars Distribution
Leslye Headland dresse le portrait d'une génération incapables de vivre une histoire d'amour, où les femmes sont vues comme le sexe faible, en plus d'être irresponsables, légères mais cruelles, irritables, inaptes à prendre une décision ferme et définitive. Regan (Kirsten Dunst) est devenue "une femme comme il faut" après des tas de sacrifices mais bégueule, engoncée dans une vie trop étriquée pour vivre des rêves. Gena (Lizzy Caplan) est une amoureuse déçue, abîmée par son passé et incapable de se projeter dans l'avenir. Et Katie (Isla Fischer) est une poupée écervelée sans aucun amour propre qui pense que coucher c'est aimer. Même entre elles, ce qu'elles appellent "amitié" a des relents d'hypocrisie et de jalousie mal dissimulée. S'il y en a une qui, par solidarité, consent à tenir les cheveux de la malade au-dessus du caniveau (et on compatit..), il en est d'autres qui ne se privent pas de casser du sucre sur le dos des autres.
© Mars Distribution
Le tableau n'est pas plus reluisant pour les hommes dépeints comme puérils, frivoles et futiles, qui usent et abusent de la gente féminine ou qui, au contraire, en espèrent beaucoup trop et finissent par se prendre les pieds dans le tapis... l'air benêt.


© Mars Distribution
Dans une ambiance hystérique des préparatifs de cérémonie, les scénaristes de Bachelorette ont davantage misé sur le côté provocation (qui avait plutôt bien fonctionner dans Mes meilleures amies), sortant l'artillerie lourdingue de la vulgarité à tout-va, des bons mots à tout prix et des gags de situation pas forcément drôles. Le résultat vogue entre feux d'artifice et gueule de bois. L'ensemble peut se voir comme un hommage à la cohésion féminine où des filles paumées, survivant en jouant les garces qui se démolissent toutes seules avant de démolir les autres, finissent par trouver à quoi tient le bonheur et essaient de s'en rapprocher de façon maladroite et grossière. 

© Mars Distribution
Si les grosses ficelles sont de sortie, il faut quand même souligner l'excellente prestation des actrices, en particulier celle de Lizzy Caplan. Cette trentenaire au succès discret malgré le ras de marée Cloverfield trace gentiment son chemin dans le monde de la comédie, surtout côté séries (Children Hospital, Party Down). En jouant la copine légèrement nympho dans Bachelorette, elle impose un style éclatant de fraîcheur, même en se lançant dans un monologue inspiré sur la fellation face à un inconnu dans un avion. Impassible mais rieuse, elle a ce charme piquant et craquant des actrices qui ont roulé leur bosse sans pour autant être blasée. Un plaisir de plus ? Voir Kirsten Dunst (surnommée "face de pute") se dévergonder à coup de vomi sur la robe et de petit coup vite fait dans l'ascenseur après le très sérieux et déroutant Melancholia.

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