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mardi 10 décembre 2013

Le sexe dans les séries, de moins en moins tabou


Après avoir longtemps misé sur la violence et les anti-héros, la télévision câblée américaine se tourne désormais vers le sexe pour attirer les spectateurs, allant même jusqu'à en faire le sujet central d'une nouvelle et ambitieuse série Masters of Sex.

Il n'existe pas d'étude récente sur la représentation du sexe à la télévision, mais les spectateurs attentifs et les acteurs de l'industrie télévisuelle américaine s'accordent pour dire que le sexe n'a jamais été aussi présent sur le petit écran. Ainsi, Masters of Sex retrace avec brio les travaux sur la sexualité des chercheurs William Masters et Virginia Johnson à la fin des années 50, en replongeant le spectateur dans cette époque. Et n'y va pas par quatre chemins avec de multiples orgasmes simulés et de nombreuses scènes de nu. Les chercheurs utilisent des outils de recherche à l'allure de sex toys, comme celui baptisé "Ulysse", une sorte de vibromasseur en plastique translucide renfermant une caméra pour filmer ce qui se passe à l'intérieur du corps de la femme durant l'orgasme. Evidemment, on ne peut pas résumer la série aux seules scènes de sexe... 

"La télévision, chaînes hertziennes incluses, semble beaucoup plus capable d'aborder des sujets auxquels elle ne s'intéressait pas auparavant, et de traiter le sexe et la violence d'une façon encore impensable il y a quelques années", déclare Richard Walter, professeur de cinéma et télévision à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Les séries à succès de la chaîne payante HBO, Game of Thrones, Girls, Boardwalk Empire et True Blood, mais aussi des programmes de chaînes concurrentes comme The Bridge, Spartacus ou Da Vinci's Demons, ne sont pas avares en scènes dévêtues et en représentations d'actes sexuels avec nus intégraux, féminins comme masculins. "Quand vous faites de la télévision câblée payante, vous pouvez vous permettre certaines choses. Et ces choses, ce sont la violence, le sexe et les comportements répréhensibles", déclarait cet été David Nevins, le président de la chaîne payante Showtime, lors d'une rencontre avec la presse professionnelle télévisuelle. "Je pense que le public le regarde pour la même raison que nous le produisons : pour être à la pointe", ajoutait-il.

Maturité grandissante de l'industrie

Si ces chaînes câblées peuvent montrer du sexe à l'écran, c'est aussi, comme le souligne M. Walter, parce qu'elles n'utilisent pas les fréquences hertziennes et "ne sont donc pas soumises aux réglementations de la commission fédérale des télécommunications sur les contenus".
Ni aux critiques des associations de défense de la famille comme le Parents Television Council (PTC), qui s'était réjoui en 2011 de l'annulation, après trois épisodes, de la série d'époque "Playboy Club" de la chaîne hertzienne NBC.

Pour Michelle Ashford, créatrice de Masters of Sex, diffusée depuis l'automne sur Showtime, l'existence d'une série comme la sienne est la preuve de l'importance des chaîne câblées.
La série "n'aurait probablement pas pu exister il y a dix ans car la télévision câblée commençait alors tout juste à devenir la force qu'elle est devenue aujourd'hui", explique-t-elle.

De manière surprenante, Masters of Sex ne fait pas l'objet de beaucoup de critiques puritaines, au moins en ligne ou dans les médias généralistes, malgré ses scènes assez crues.
Au contraire, la série a été largement applaudie et a remporté le titre de meilleure série télé aux dernières récompenses des journalistes spécialisés.

L'abondance récente de sujets liés au sexe survient également après un cycle de séries qui ont épuisé jusqu'à la corde les thèmes de la violence et mettant en scène des anti-héros.
"Je ne pense pas qu'on puisse aller beaucoup plus loin que ce que Bryan Cranston fait dans Breaking Bad", affirmait ainsi M. Nevins, en référence au anti-héros de la série à succès : un professeur de chimie atteint d'un cancer des poumons, qui fabrique de la drogue pour payer son traitement et faire vivre sa famille. "Ce sont des séries formidables, mais je pense que c'est désormais un terrain exploité dans ses moindres recoins. Heureux hasard, notre série arrive quand les gens ont peut-être envie d'entendre et d'explorer d'autres choses", selon Michelle Ashford.

(AFP)



jeudi 19 septembre 2013

House of Cards : la série qui pourrait changer la donne aux Emmy Awards


La série politique américaine House of Cards, produite pour Netflix, espère entrer dans l'histoire dimanche. Elle pourrait devenir le premier programme télévisé uniquement disponible en DVD et en streaming sur internet à décrocher un Emmy Award. Le diffuseur s'était déjà fait remarqué cet été en mettant en ligne Orange is the New Black (petit coup de cœur personnel, dont je parlerai bientôt ici) Voilà qui ne devrait pas plaire aux chaînes traditionnelles, dont les programmes phares attirent de moins en moins les annonceurs.


House of Cards se déroule dans la capitale fédérale Washington, siège du Congrès américain, et emmenée par un Kevin Spacey dans la peau d'un élu cynique prêt à tout pour arriver à ses fins, est nommée dans neuf catégories dont celle de meilleure série dramatique pour la 65e cérémonie des Emmy Awards qui se déroulera à Los Angeles. Kevin Spacey, également producteur de House of Cards qui est désormais diffusé en France sur Canal+, se retrouve pas ailleurs nommé dans la catégorie de meilleur acteur.
Réalisée par David Fincher, la série a été produite uniquement pour Netflix, un service de location de films par abonnement, disponibles sur DVD ou en streaming (sans téléchargement) sur internet. Netflix, qui a plusieurs séries à son actif, avait mis en ligne l'intégralité des 13 épisodes d'un seul coup en février.
Inspirée par un programme de la BBC des années 1990, House of Cards a connu un succès immédiat qui illustre les importants changements en cours dans le secteur de la télévision, avec de plus en plus de fans de séries à regarder sur internet via tablettes et smartphones. "Quiconque s'étant récemment rendu dans un dortoir de résidence universitaire ou dans la chambre d'un jeune de vingt ans aura noté qu'il manque quelque chose: une télévision", constatait il y a peu le Los Angeles Times"De plus en plus de jeunes ont accès à des programmes télévisés via leur ordinateur, iPad ou téléphone portable. Des gens vont profiter de cette tendance et, actuellement, Netflix semble bien placé pour en faire partie".
Mais le "Congressman" Francis Underwood et ses acolytes de House of Cards devront se mesurer à d'autres poids lourds du secteur susceptibles de décrocher de nombreuses nominations aux Emmy Awards, prestigieuses récompenses de la télévision américaine. Les célèbres Breaking Bad, Homeland et Mad Men seront notamment surveillés de près lors de la cérémonie présentée entre autres par Michael Douglas et Matt Damon (tous deux nommés pour le biopic Ma vie avec Liberace). Tout comme American Horror Story : Asylum, avec ses 17 nominations.

Les nommés pour la catégorie de meilleur acteur dramatique sont -- outre Kevin Spacey -- Bryan Cranston, le "Mr White" de Breaking Bad, Jon Hamm dans Mad Men, Jeff Daniels dans Newsroom, ou encore les Britanniques Damian Lewis dans Homeland et Hugh Bonneville dans Downton Abbey. Côté féminin, Claire Danes est clairement en tête pour décrocher l'Emmy de la meilleure actrice dramatique pour son rôle d'agent de la CIA passionnée et perturbée dans Homeland, même si elle doit faire face à la concurrence féroce de Kerry Washington dans Scandal ou d'Elisabeth Moss dans Mad Men, selon les dernières estimations du journal Variety.
Concernant les comédies, la série reine du moment, Modern Family, remettra son titre en jeu, aux côtés de Girls, Louie, The Big Bang Theory, 30 Rock et Veep. Les téléfilms et mini-séries en lice sont notamment American Horror Story : Asylum, Ma vie avec Liberace, The Bible, Top of the Lake et Phil Spector.
Un hommage sera par ailleurs rendu dimanche à la star des Sopranos, James Gandolfini, et à Cory Monteith de Glee, tous deux décédés cet été, tandis qu'Elton John fera sa première apparition aux Emmys pour célébrer la mémoire du pianiste Liberace, dont la vie est reconstituée dans la série en lice. La cérémonie marquera aussi le 50e anniversaire de l'assassinat du président John F. Kennedy.
(avec AFP)

samedi 23 mars 2013

Critique : The Hit Girls : On connaît bien la chansonnette... (08/05/13)

THE HIT GIRLS 
De Jason Moore
Avec Anna Kendrick, Skylar Astin, Ben Platt, Brittany Snow, Anna Camp, Rebel Wilson...

C'est la rentrée universitaire. Beca, comme nombreux étudiants de première année, débarque au campus de Barden University, et découvre la folie ambiante qui y règne. Ne nouant pas le contact facilement, elle se réfugie sous son casque, son meilleur ami depuis qu'elle a décidé de devenir DJ professionnelle et de produire sa propre musique. Pour faire plaisir à son père, elle tente de s'intégrer malgré elle dans un groupe de filles qu'elle n'aurait jamais osé aborder auparavant : une chorale de chanteuses a-capella. Entre une peste dirigiste obsédée par la compétition, une nympho écervelée, une rondelette braillarde et une psychopathe mutique, elle a du mal à trouver sa place. Heureusement, l'une d'entre elle la prend sous son aile. Mais ça n'est pas pour autant qu'elle ne mettra pas son grain de sel ! Commence alors une aventure musicale faite de répétitions et d'entraînements acharnés, qui les mènent au championnat universitaire nationale. Car leur but : détrôner l'équipe des Troubadurs, vainqueurs du trophée depuis trop longtemps... mais dont un membre ne laisse pas indifférent la rebelle Beca.


©Universal Pictures International France
©Universal Pictures International France
Lorsqu'on s'intéresse au pitch de The Hit Girls, on se dit : voilà une version ciné de Glee (mais pas la cash-machine lancée en 3D) mélangé à High School Musical avec un tout petit brin de West Side Story (mais vraiment tout petit...), et un casting essentiellement venu du monde de la télé (Workaholics, Girls, Dr House, Mes plus belles années, The Mindy Project, The Good Wife...). Et quand on voit la filmo du réalisateur composée essentiellement de séries pour ado dégoulinantes de bons sentiments et de drames en tout genre (Dawson, Everwood, Les Frères Scott, Brothers & Sisters), on se dit AU SECOURS ! Mais le résultat n'est finalement pas si effrayant qu'il en a l'air sur le papier. Et on pourrait même dire qu'on le regarde avec un plaisir presque coupable en battant discrètement la mesure du pied. Car il faut le dire, le premier film de Jason Moore est plus intéressant pour ce qu'il a dans les cordes vocales que pour l'intérêt du scénario. 

©Universal Pictures International France
Peu inventive, l'histoire réchauffe les vieilles recettes des teen movies lycéens : la rebelle indépendante qui vient bousculer les lignes, l'amourette interdite pour cause de rivalité des clans, la vengeance à tout prix, les saloperies balancées par une garce dirigiste...). Et tous les stéréotypes sont là pour les faire vivre avec son quota communautaire : l'asiatique qui ne se mélange pas à d'autres communautés, la lesbienne black et la bimbo (pour une fois brune) de service, la bonne copine rondouillarde qui jure...

©Universal Pictures International France
Le scénario ne laisse aucune place à la surprise quant à son déroulement. Pourtant, quelques bonnes idées rafraîchissantes s'immiscent de temps en temps histoire de relever le manque d'énergie des répétitions et de la compétition dans son ensemble. Le film pâtirait-il de l'habitude créative de son réalisateur qui pense séries-faites-pour-s'épanouir-dans-la-longueur ? Peut être... 



On peut tout de même compter sur des personnages totalement atypiques pour donner une touche d'humour décalé. Ainsi on remarque avec bonheur Rebel Wilson (Mes Meilleures Amies, Bachelorette), habituée au second rôle déjanté, toujours prête à l'auto-dérision. Il faut la voir en train de faire "la danse de la sirène", son "jogging à l'horizontal" et autres pitreries faciales et verbales. On apprécie aussi Lily, ce personnage quasi mutique qui, avec son filet de voix à peine audible, balance des phrases des plus glauques, voire flippantes. Et que serait un film sur l'univers estudiantin sans des habitués du genre comique de répétition Christopher Mintz-Plasse (Kick-Ass, Fright Night, Superbad), Jacob Wysocki (Terri), John Michael Higgins (Bad Teacher), Elizabeth Banks (Hunger Games) !

©Universal Pictures International France
Comme Save the Last Dance et autres dérivés du genre (Sexy Dance et ses nombreuses suites), The Hit Girls ne changera pas la face du monde, mais est au final un bon divertissement. Le talent musical certain du cast - masculin comme féminin - et les mash-up originaux orchestrés pour l'occasion font des scènes chantées un point fort du film. Un petit bémol tout de même... Pour de l'a capella, on peut regretter la présence d'une boite à rythme récurrente un peu lourdingue présente en renfort derrière les voix des chanteuses. Mais ça n'est qu'un détail. The Hit Girls offre de jolis moments comme la battle organisée entre les différents chœurs dans une piscine vide, avec un choix de chansons plutôt surprenant et l'audition de Beca, duo de chocs et de charme entre un gobelet en plastique et Anna Kendrick. On découvre ainsi avec intérêt le beau brin de voix de l'actrice (Twilight, Scott Pilgrim, In the Air50/50) qui surprend par son jeu tout en retenu au milieu de ce bazar organisé et son sens... du rythme. Sans aucun doute une star qui ne demande qu'à briller !

En résumé : The Hit Girls a été pensé comme une série musicale qui demandait plus de 2h pour raconter son histoire. On ne s'ennuie pourtant pas; on se surprend même à sourire, malgré quelques blagues un peu foireuses. Heureusement, les scènes musicales relèvent l'ensemble ! Succès attendu puisque la suite est déjà en route pour 2015 !


jeudi 10 janvier 2013

Girls, saison 2 : elles reviennent...

OCS (Orange Cinéma Séries), la petite chaîne qui monte, qui mooonnte, proposera en exclu la saison 2 de la série Girls dès le lendemain de la diffusion aux Etats-Unis. A partir du 14 janvier, vous pourrez les télécharger sur sa plateforme VOD... en VO sous-titrée ! Have Fun !

 

mardi 18 septembre 2012

Girls : Ces filles ne vivent pas chez les Bisounours !

La série Girls fait parlé d'elle depuis longtemps, tant l'espoir des fans de Sex and the City voulant voir une version rajeunie était grand. Si cette dernière est citée dès le premier épisode, elle ne lui ressemble en rien, et joue même sur son opposition. Girls se penche sur une génération en général mal traitée par les séries américaines, qui se tournent plus facilement vers les adolescents pourris gâtés aux vies irréelles (90210 Nouvelle génération, Gossip Girl, Glee...), ou de jeunes trentenaires un peu paumés et délurés (2 Broke Girls, New Girl, Don't trust the B... in Apartment 2, etc.). La saison 1 démarre ce soir sur Orange Cinéma Séries. Elle est aussi disponible en VOD sur le site de la chaîne HBO.


Dans Girls, point de garde-robe dernier cri, de resto types, de voitures rutilantes, ou de boyfriend à tomber par terre... On suit les aventures d'Hannah (Lena Dunham), de sa colocataire et amie de longue date Marnie (Allison Williams) qui vit une relation amoureuse au long cours mais qui ne la rend pas heureuse, de Jessa (Jemina Kirke) une de leurs amies commune tête-à-claques hispter de retour dans leur vie, et de Shoshanna (Zosia Mamet), la cousine un peu naïve (voire à côté de la plaque, façon Brittany dans Glee, version névrosée). Elles en ont toutes fini avec la fac, et comme beaucoup de leurs pairs, elles se retrouvent coincées dans la vie, les fesses entre deux chaises : célibataires, mais pas tant que ça, en recherche d'un emploi mais ne trouvant que des stages dans lesquels on les exploite, donc dépendantes de leurs parents qui en ont marre de jouer les vaches à lait... D'ailleurs, tout commence lorsqu'Hannah se fait couper les vivres par ses parents alors qu'elle écrit ses "mémoires" (à 24 ans !) persuadée d'avoir du talent à revendre, alors qu'elle devrait chercher un boulot réglo... et payé ! La crise est passée par là...

« La voix de ma génération. Ou plutôt, une voix d’une génération. »
Si le nom de Judd Apatow (40 ans toujours puceau, Funny People)  est crédité au rayon production, la série ressemble surtout à son auteure, réalisatrice et productrice-exécutive : Lena Dunahm. Du haut de ses 26 printemps, la jeune femme réussit à dépeindre une génération sans fard ni paillette, avec des sentiments et des situations réelles, qui parlent à tout un chacun, quelque soit le sexe. Avec son côté cru et cul (voire TRES cru) dans le ton comme dans l'esthétisme - indé voir arty - (ici les filles ne sont pas des canons de beauté, les corps des acteurs souvent dénudés sont pris tels quels : les boutons et les bourrelets sont bien là, comme dans la vraie vie), l'univers de ces quatre filles tourne autour des préoccupations actuelles : le manque d'argent et de confiance en l'avenir, l'incapacité à faire des choix, la peur de ne pas pouvoir s'en sortir aussi bien professionnellement qu'amoureusement... 

Loin des running-gags épuisants et de l'humour gras et facile de certaines comédies de l'univers Apatow (ou récemment Paul Feig avec Mes meilleures amies), l'écriture de Lena Dunham est plutôt cynique et cruelle envers la société et ses habitants, pas tous roses. On rit jaune et on se sent parfois mal à l'aise face à des situations où les personnages sont mus par un égoïsme exacerbé ou des réactions psychotiques. Si les dialogues semblent parfois tout droit sortir de nos souvenirs adolescents les plus embarrassants, les situations sont souvent poussées à l'extrême, donnant aux relations hommes-femmes un reflet peu réaliste, voire un côté too much. Si l'écriture volubile, mordante et résolument mordante fait mouche, les personnages sont quand même un peu antipathiques. On n'a pas forcément envie de leur ressembler. Dommage !

En résumé : cette série-comédie douce amère renvoie l'image d'une jeunesse mal dans ses baskets, qui essaie de devenir ce qu'elle est malgré un contexte peu favorable mais qui, au lieu de vouloir vivre dans le monde des Bisounours, croit au moins en ses rêves. Pas convaincue au bout de 5 épisodes... Un changement d'avis peut arriver sur la suite.


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