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dimanche 14 février 2016

[Avis] La vache : de quoi mugir de plaisir (17/02/16)

LA VACHE

De Mohamed Hamidi
Avec Fatsah Bouyahmed, Jamel Debbouze, Lambert Wilson...

Sortie le 17 février 2016



Fatah est un paysan vivant dans un tout petit village en Algérie. Il a 4 femmes dans sa vie : son épouse, ses 2 filles et Jacqueline... sa vache tarentaise. Il vit modestement de sa vente de légumes et de lait au marché. Brave mais un peu benêt, il est la risée des autres habitants. Il est tellement fier de sa compagne bovine qu'il l'inscrit tous les ans au concours de beauté du Salon de l'Agriculture de Paris. Jusqu'au jour où, grâce à sa persévérance, il est invité à s'y présenter. Le village se mobilise alors pour lui payer le voyage jusqu'à Marseille. Il décide ensuite de remonter à pied jusqu'à la capitale, accompagné de sa fidèle Jacqueline. Et le périple ne va ps âtre de tôt repos !


Après Né quelque part, Mohamed Hamidi décide de refaire un pont entre l'Algérie et la France dans La Vache. À travers son héros prêt à tout pour celle qu'il considère comme un membre de sa famille, il écrit une véritable déclaration d'amour à la France. Et il n'a aucune autre intention que celle de faire rire en toute simplicité. Le scénario est d'une simplicité enfantine, avec des rebondissements faciles et attendus (et des clichés un peu périmés, quand même), et son message lourdement délivré (solidarité et tolérance, bien sûr !). Mais il se dégage une bonhommie et une vraie tendresse chez Fatsah Bouyahmed qu'on finit par se laisser porter par l'aventure. C'est parfois un peu le monde des Bisounours, mais ce road movie conquiert avec ses bons sentiments, son humour et ses rencontres positives. 


En résumé : Passée au grill (de la critique), La Vache laisse un fumet agréable mais ne sustentera pas les plus gourmets. 


jeudi 4 décembre 2014

[Bande annonce] Pourquoi j'ai (pas) mangé mon père ! (08/04/15)

L’histoire incroyable et trépidante d’Edouard, fils aîné, malingre et répudié du roi des simiens préhistoriques. Après avoir échappé à la mort et grandi loin du trône, Edouard redouble d’ingéniosité et invente le feu, la chasse, l’habitat moderne, l’amour et… l’espoir. Il va révolutionner l’ordre établi et mener son peuple vers l’évolution de l’humanité.

Après La Marche et Né quelque part, Pourquoi j'ai (pas) mangé mon père ! est un projet qui tient à cœur à Jamel Debbouze depuis 2008. L'acteur et comique, scénariste et interprète du long métrage, y fait ses débuts en tant que réalisateur. De plus, il s'agit du premier film  utilisant intégralement la performance-capture tourné en Europe. De quoi avoir la pression le jour de la sortie en salle !
Autre idée surprenante : Jamel Debbouze a souhaité que Louis De Funès apparaisse dans Pourquoi j'ai (pas) mangé mon père ! Bien que le célèbre acteur comique français soit décédé depuis près de 30 ans, il a été en effet possible de le ressusciter à l'écran, en réutilisant la pellicule des films dans lesquels il a joué. Ainsi, le réalisateur a picoré des images dans La Folie des grandeurs pour le montage de son film, et fera appel à un autre acteur pour imiter de Funès. Olivier De Funès, le fils du célèbre comédien, collabore pour sa part à la création et à l’écriture du personnage de Vladimir, inspiré par son père.

Sortie le 8 avril 2015





mardi 4 juin 2013

[Critique] Né quelque part : Un retour au bled, une expérience humaine (19/06/13)


NÉ QUELQUE PART 


De Mohamed Hamidi
Avec Tewfik Jallab, Jamel Debbouze, Fatsah Bouyahmed, Abdelkader Secteur…

Sortie le 19 juin 2013



Farid, un jeune étudiant français, se voit confier une mission par son père, malade : retourner en Algérie sauver la maison "construite pierre par pierre" par son paternel lui-même et son oncle d'une destruction imminente à cause d'un projet gazier espagnol. Il pense pouvoir régler le litige en trois fois moins de temps qu'il faut pour le dire, et retrouver sa vie à Paris, ses exams, sa vie amoureuse avec Audrey. Mais "au bled", rien ne se passe comme prévu. Il fait la connaissance de son cousin, surnommé le roublard, qui le guide dans le pays et lui présente. Et mal lui en a pris de lui faire confiance ! Le-dit cousin lui vole ses papiers et part en France... Commencent alors les sérieux ennuis.


© Mars Distribution
Pour son premier film, Mohamed Hamidi a choisit l'authenticité et la simplicité, la sincérité et l'énergie, pour raconter une quête d'identité sans oublier le parcours souvent compliqué des immigrés. Et une fois n'est pas coutume, il part du point de vue des enfants de la première génération d'immigrés algériens. On quitte enfin les cités grises gangrenées par les trafics, on laisse de côté les éternels clichés sur les "beurs" et autres "kaïras" (non pas comme le récent La Cité Rose). Et on découvre une comédie douce-amère, moderne, où l'humour dédramatise certaines situations délicates, où l'émotion touche au cœur directement. 

"On n'est jamais trop curieux quand il s'agit de sa propre histoire ?"


© Mars Distribution© Mars DistributionQuel adulte ne s'est jamais un jour interrogé sur ses origines ? D'où viennent mes parents ? Où ont-ils passé leur jeunesse ? Des questions d'autant plus légitimes lorsqu'il s'agit d'un fils d'immigré, qui se retrouve confronté à une histoire familiale et un pays d'origine dont il ignore tout. "Que veux-tu que j'aille faire en Algérie ? Je n'y ai jamais mis les pieds, et je ne parle même pas arabe", dit Farid à son père avant de partir. C'est avec une grande sensibilité, sans fioritures ou pathos, que Hamidi nous fait voyager au-delà des montagnes algériennes (ou plutôt marocaines, pour être exact) dans ce retour aux origines. Les décors, sublimes, avec le bleu et l'ocre comme couleurs dominantes. Le bleu du ciel et de la mer, communs à la France et à l'Algérie. Et le jaune, comme la terre, la peinture des murs et la chaleur des cœurs. Une fois plongé dans le pays, Farid est partagé entre des coutumes qu'il sait faire partie de son patrimoine familial, et "l'européanisme" dans lequel il a été élevé. On ne lui demande pas de choisir mais d'intégrer cela au plus profond de lui, comme une richesse intérieure. 
© Mars Distribution
Grâce à une galerie de personnages hauts en couleurs et très drôles (le vrai coup de cœur est pour le "réceptionniste" du seul téléphone du "bled", dont les appels rythment le film), le cinéaste dépeint le pays comme une terre de contrastes : entre la carte postale idyllique où les gens sont accueillants, toujours prêts à aider, tout en étant liberticide et pollué par la corruption et une administration rigide. 

© Mars DistributionL'empathie pour ces personnages s'empare de nous. Eux qui ont des rêves pas si extravagants, mais plein d'humanité et d'envie de mieux. Dans une scène clé du film, le cousin explique que son père aurait dû être celui envoyé en France pour travailler, et non le père de Farid. Quelle aurait sa vie si cela s'était passé ainsi ? A mesure qu'il découvre son histoire, Farid prend conscience des sacrifices faits par ses parents et les risques qu'ils ont pris pour améliorer la vie de leur famille. Ainsi, Né quelque part fait le portrait d'enfants issus de l'immigration, mais qui reste avant tout des enfants. Si le film est engagé (l'immigration, dans un sens où dans un autre, est avant tout une histoire humaine et non de provenance), il fait passer son message sans agressivité ni prosélytisme forcé. 

Résumé : Entre comédie pure et drame de la vie, Né quelque part est une jolie surprise remplie d'émotions vraies. Pour son premier film de Tewfik Jallab (Farid), le "Johnny Depp de chez nous", comme me l'a confié Jamel (Interview ici sous peu), est d'une justesse admirable. Voilà un comédien à suivre...

                

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