Affichage des articles dont le libellé est Domhnall Gleeson. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Domhnall Gleeson. Afficher tous les articles

dimanche 31 janvier 2016

[Avis] Brooklyn : Entre (eux) deux mon cœur balance (09/03/16)

BROOKLYN

De John Crowley (d'après le roman de Colm Toibin)
Avec Saoirse Ronan, Dohmnall Gleeson, Emory Cohen, Jim Broadbent, Julie Walters

Sortie le 9 mars 2016


Dans les années 1950. Eilis est une jeune femme irlandaise discrète, serviable, aimante et "comme il faut". Elle aime sa famille et son pays mais elle est attirée par une vie plus tumultueuse de l'autre côté de l'Atlantique. Grâce à une connaissance, elle finit par faire ses valises et faire la traversée. À New York, l'attendent travail, logement et... de nouvelles aventures ! Son mal du pays s'envole lorsqu'elle rencontre Tony, une jeune plombier italien qui n'a d'yeux que pour elle. Mais une mauvaise nouvelle vient troubler son bonheur. Ellis est obligée de retourner dans son Irlande natale. Là-bas, elle se retrouve tirailler entre sa nouvelle vie et son passé, écartelée entre deux pays, et deux soupirants.

Il est des films comme Brooklyn qui suspend le temps pour laisser place à une parenthèse amoureuse aux couleurs pastel, où les sentiments résonnent dans une narration douce, sans pour autant tomber dans la bluette sans intérêt. John Crowley (Boy A, Closed Circuit) étonne par son choix. Il signe ici une réalisation au classicisme délicat, très légèrement surannée mais qui ne sent pas la naphtaline. Une histoire d'amour où une femme partagée entre deux hommes et deux pays n'a pas la palme de l'originalité, mais le charme opère malgré tout. 
La mise en scène est sobre et minimaliste ce qui lui évite de tomber dans la facilité du tire-larme, son scénario d'une puissance romanesque évite les gros clichés bien lourdauds, et sa photographie nous embarque dans un univers rétro tout droit sorti des magazines féminins de l'époque.
Quant aux interprètes, ils sont mignons à croquer. Chacun dans leur style. Domhnall Gleeson et Emory Cohen ont tous deux un charme bien à eux et désarmants, transpirant la gentillesse et de sentiments bienveillants pour leur belle. Saoirse Ronan n'a pas volé sa nomination aux Oscars. Son interprétation toute en retenue la rend fragile et attachante sans pour autant la transformer en midinette en détresse des années 1950. Elle dose et dégage ce qu'il faut d'égarement, de confusion et d'impertinence pour faire d'Eilis une héroïne délicate passant de l'enfance à l'âge adulte.


En résumé : un joli film d'amour classique et délicieux, qui fera balancer les cœurs des spectateurs les plus tendres comme celui de son héroïne, sans pour autant tomber dans le sentimentalisme à deux sous.

 

samedi 30 janvier 2016

[Avis] The Revenant : Transformation héroïque (24/02/16)

THE REVENANT

De Alejandro G. Inarritu
Avec Leonardo Di Caprio, Tom Hardy (Legend), Domhnall Gleeson (Ex Machina, Il était temps, Brooklyn), Will Poulter (Une famille en herbe), Forrest Goodluck, Paul Anderson (Legend), Kristoffer Joner (Babycall)...

Sortie le 24 février 2016

Inspiré de faits réels...
Hugh Glass est un trappeur au temps où l'Amérique était encore profondément sauvage. Après une féroce attaque d'ours, il a été abandonné par ses équipiers, laissé pour mort. Mais Glass fait partie de ces hommes qui ne s'avouent pas facilement vaincus. Poussé par l'envie farouche de vivre et de se venger, il va parcourir seul plus de 300 km armé de son courage et de son amour pour sa femme disparue et son fils, assassiné sous ses yeux. Sa volonté sans faille va transformer son périple en acte héroïque pour traverser de nombreux obstacles, revenir dans son camp et trouver la paix.

Alejandro G. Inarritu semble se faire un devoir de faire de plus en plus grand et dément sur la planète Hollywood, compilant tout ce qui travaille le cinéma contemporain. Sur le papier, The Revenant avait de quoi faire peur au vu de la tâche à accomplir, ou de quoi frustrer si le résultat n'était pas à la hauteur de la volonté de son réalisateur et des attentes du public. Mais le Mexicain a plus d'un tour dans son sac et offre un film à la fois puissant, sanglant, démesuré, épuisant, beau et poétique. L'immersion dans ces étendues glacées est totale, et si la trame dramatique du survival est simple, les moyens humains et techniques déployés sont de taille XXL. Une course à la performance qui semble n'avoir qu'un but : fabriquer l'écrin parfait pour que sa star principale obtienne sa statuette dorée tant attendue (et méritée !). Et cela marche puisque Inarritu et DiCaprio sont tous deux nommés aux Oscars. 

Cette histoire vraie, déjà portée à l'écran par Richard Sarafian dans Le Convoi sauvage (1971), est basée sur le lâcher prise face à une nature hostile, l'endurance d'un homme ayant tout perdu, et une certaine communion entre l'homme et l'animal qui est en lui. Et animal, Leonardo Di Caprio l'est devenu sans aucun doute. Pendant plus de 2h, il brave la neige, un grizzli, la faim, les Indiens, le tout en grognant, bavant, vociférant telle une bête enragée. Et il va jusqu'au bout de son personnage en mangeant des feuilles, de la moelle à même le squelette, et même du foie de bison pour faire "plus vrai que la réalité". Rien ne lui (nous) est épargné. Impliqué à l'extrême, il dépasse toutes les limites. L'attaque de l'ours donne le vertige. Elle est tellement réaliste qu'elle a valu à ses concepteurs d'images de synthèse une nomination dans la catégorie Meilleurs effets spéciaux. Mais fallait-il en arriver jusque-là pour atteindre le Graal ? 

Tout ce qu'endure Hugh Glass finit par laisser perplexe, et à force d'en faire trop, on finit par décrocher émotionnellement. "Leo" et son personnage se détachent l'un de l'autre, et on ne voit plus que la performance de l'acteur. Ses épreuves finissent par être excessives, et les effets de caméra, très présente, n'arrangent rien. À grand renfort de métaphores surjouées à coup de contre-plongée (souvent sur des arbres), de gros plans en grand angle, de giclées de sang et de boue sur la lentille, on entre dans un symbolisme un peu imposé à coups de massue. Une technique dans l'artificiel à chaque plan (et de rajouter par la même occasion des longueurs) jusqu'à la voix off finale, inutile. Et les métaphores, Inarritu en use et abuse pour surligner un peu plus les difficultés du personnage. Il aime faire croire à la mort de ses personnages principaux (dans Birdman, Riggan Thomson semble se suicider plusieurs fois), mais là, il décide de faire renaître Hugh Glass encore et encore : lorsqu'il revêt une peau d'ours ou sort littéralement d'un cheval qu'il a évidé pour y passer la nuit... Spectacle garanti entre lyrisme et brutalité, mais fatigant à la longue. 


En résumé : Un film intense et éprouvant (physiquement) car il fait appel à tous les sens et toutes les émotions... Dommage que la caméra en fasse parfois trop pour imposer le tour de force du réalisateur et de son acteur, néanmoins impressionnant.

mercredi 16 décembre 2015

[Mini-critique] Star Wars : le réveil de la force : Abrams un copieur très habile (16/12/2015)

STAR WARS : LE REVEIL DE LA FORCE 



De J. J. Abrams
Avec Daisy Ridley, John Boyega, Oscar Isaac, Adam Driver, Harrison Ford, Carrie Fisher, Lupita Nyong'o, Domhnall Gleeson, Andy Serkis...



Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine… Des années ont passé depuis que l’Alliance rebelle a terrassé l’Empire. Luke Skywalker, chevalier Jedi qui a permis cette victoire historique, est porté disparu. Sa sœur, Leia devenue Générale tente de retrouver sa trace alors que les troupes armées du Premier Ordre sèment la terreur dans la galaxie… 


Vous n'en saurez pas plus car il serait criminel de vous en révéler davantage, selon Disney/Lucasfilm. Que peut-on dire donc sans rien spoiler ? J. J. Abrams est un fan de la première trilogie et cela se sent. Il respecte ce qui compte vraiment, livrant avec Le Réveil de la Force à la fois un remake et une suite dans la continuité de la dernière trilogie. En résumé, il a fait du neuf avec du vieux. C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures sauces. Heureusement, le résultat final n'a pas collé à la marmite ! Il est plutôt efficace et divertissant sans être spectaculaire, mais sans éviter quelques écueils.

J.J. Abrams, opère un retour aux fondamentaux salvateur, préférant se concentrer sur la tragédie familiale plutôt que se noyer dans un déluge d’effets spéciaux aseptiséIl mise sur la nostalgie des retrouvailles en faisant revenir des personnages cultes (quelques rides en plus) ayant marqué de manière indélébile toute une génération, et en ajoutant du sang neuf avec de jeunes padawans prenant la relève avec brio. Daisy Ridley et John Boyega gagnent en épaisseur au fur et à mesure du film et gagnent la confiance du spectateur pour la suite. Quant au magnétique Adam Driver, il arrive à jouer les équilibristes entre force et fragilité avec subtilité.

Le réalisateur construit un univers cohérent avec celui de la saga d’origine. On replonge dans l'univers sans trop de difficultés, comme si on était en 1986 (les scènes d'intérieur des vaisseaux ennemis sortent tout droit de la première trilogie). Mais il instille discrètement des touches de modernité (une héroïne bad-ass et super dégourdie, un héros black...). De nombreux rebondissements et faits font lien avec l'actualité et l'évolution politique du monde contemporain, donnant à cet Episode VII un côté très actuel. Il déploie une narration fragmentée mais avec un rythme pied au plancher (parfois trop rapides). on ne voit pas les 2h15 passer. Les scènes d’action sont trépidantes, et enchaînent des révélations (cruciales) en cascade (non, je ne dévoilerai rien !) dans la deuxième partie du film. Le tout sans oublier les marques (légères) d’humour et la romance, qui combleront les fans. Qui ne craquerait pas pour le nouveau petit robot BB-8 ?!

Quelques  regrets tout de même : un épilogue un peu expédié et un dernier acte qui se perd dans une série de combats un peu foutraques et mal agencés. Il nous manque de vrais morceaux de bravoure cinématographique marquant les esprits (ex : le combat avec Darth Maul ou la course de pods...). Et si les effets spéciaux ne sont pas 100% artisanaux (ce qui paraît évident pour ce genre de blockbuster), on retrouve des créatures masquées en plastique plutôt bien faites ! Dommage que les personnages en images de synthèse joués par Lupita Nyong'o et Andy Serkis soient si peu réussis (Spoiler : (ligne à surligner si vous voulez le lire) le second ressemblant beaucoup trop à Voldemort).


Quand même... un goût de déjà-vu
Le scénario n'est pas forcément original, puisqu'il suit le même chemin narratif que l'épisode I - Un nouvel espoir, avec quelques emprunts à L'Empire contre-attaque (SPOILER (suite à surligner si vous voulez la lire) : le garçon de ferme qui s'ennuie ferme sur Tatooine est devenu une jeune femme à la recherche de pièces détachées de vaisseaux à vendre pour survivre, R2-D2 poursuivi par les troupes de l'Empire est remplacé par un droïde pourchassé par le Premier Ordre car il détient un secret immense; le costume du méchant Kylo-Ren est physiquement une copie made in China de Dark Vador, dont la filiation est à nouveau révélé sur une passerelle, au-dessus du vide dans une base spatiale sombre et glaçante... Il ne manque plus que la célèbre réplique "je suis ton père" ! Le bar où Luke et Han Solo se rencontre la première fois est repris, peuplé de nouvelles créatures galactiques. Même l'Etoile de la Mort est présente, en modèle plus grand)


Le retour du héros qu'on n'attendait plus
Malgré ses 73 ans (si si !) Harrison Ford renaît lui aussi ! Dès ses premières répliques, on sent que l'acteur est ravi d'être là et fait oublié ses derniers rôles joués en pilote automatique (et fait oublié le désastreux Indiana Jones 4). Tel un gamin, il pilote le Falcon Millenium le regard pétillant et malicieux, et partage avec une tendresse non feinte ses retrouvailles avec Carrie Fischer, alias Leia. 


Pour résumer : un opus plus violent que les précédent qui rebooster la saga, et qui fera sans nul doute de nouveaux adeptes parmi la nouvelle génération.

samedi 30 mai 2015

[Critique] Ex Machina : Quand une machine prend vos émotions en otage (3/06/15)

EX MACHINA


De Alex Garland
Avec Domhnall Gleeson, Alicia Vikander, Oscar Isaac, Sonoya Mizuno

Sortie le 3 juin 2015


Caleb est un jeune programmeur informatique brillant au sein de l'entreprise BlueBook, le plus important moteur de recherche Internet au monde. Il participe à un concours pour gagner une semaine à la montagne, au côté de Nathan, le grand patron. Contre toute attente, il gagne et s'envole pour un lieu isolé de toute habitation et d'autres vies humaine que celle de Nathan et de sa silencieuse assistante. Caleb va découvrir un nouveau monde, auquel il va devoir participer à travers une expérience troublante : entrer en contact et interagir avec une nouvelle forme d'intelligence artificielle, apparaissant sous les traits d'une jolie jeune femme prénommée Ava…


L'intelligence artificielle fascine le cinéma depuis des lustres. Qu'elle soit sous les traits de Jude Law dans A.I Intelligence Artificielle chez Spielberg, des robots tueurs dans Terminator 2 ou adorable dans L'Homme Centenaire sous les traits du regretté Robin Williams, ou encore une simple voix comme celles de Jarvis dans la saga Iron Man, ou de Scarlett Johansson dans Her. Mais elle est plus souvent montrée comme un risque encouru par l'humanité, comme si les machines prenait sa place, malveillantes et incontrôlables (il n'y a qu'à voir le dernier Avengers : l'Ère d'Ultron). Prix du jury du festival de Gerardmer 2015,  Ex Machina s'intéresse davantage à l'émotionnel et à la réflexion : que se passerait-il si nous pouvions inventer une machine qui pense comme nous mais qui ne tombe jamais malade, ne faillit jamais, et capable d'empathie et de montrer des émotions humaines, assez réelles pour semer le doute dans notre (simple ?) esprit humain ? Alex Garland réussit parfaitement à instillé ce doute raisonnable dans l'esprit du spectateur : un robot est-il capable de réellement ressentir et partager des émotions avec un humain ? Si les machines parviennent au même niveau de pensée que nous, devenons-nous superflus ?

Avec la présence d'Ava, le réalisateur suggère que la création d'une intelligence artificielle ne signifie pas nécessairement notre destruction, mais une évolution vers une autre forme d'existence, une forme séduisante de mutation. Alex Garland s'intéresse aussi à ce qui fait de nous des êtres humains, doués de pensée, de conscience face à des humanoïdes, faits de puces et de circuits électriques. Caleb est là pour faire passer à Ava le test de Turing. Il consiste à mettre face à face un humain et un ordinateur, à l'aveugle, et les faire discuter. Si l'homme engage la conversation avec la machine sans qu'il soit informé s'il est en présence d'une machine ou d'un humain, et n'est pas capable de dire si son interlocuteur est une machine ou non, on peut dire que le logiciel a passé le test avec succès. Commence alors pour Caleb un drôle de jeu de questions/réponses pour savoir si Ava est autant une entité pensante et consciente que lui ou non. Débute alors une construction mentale, empathique, émotionnelle entre Caleb et Ava.

Un trio entre mensonges et dissimulations 

Ex Machina © Universal PicturesOn assiste à un jeu du chat et de la souris tour à tour cruel et magnifique, un huis clos oppressant et passionnant entre la machine, son créateur et celui qui joue finalement le cobaye. On est happé par le scénario finement manipulateur, coincé entre l'envie de croire à la naissance d'une jolie amitié (et plus ?) entre un jeune homme et une jeune femme de métal et de circuits électroniques, et une sorte d'appréhension sur le dénouement de cette histoire (remplie de surprises… que je vais taire ici) et sur le sort des personnages. Le tout sublimé par une mise en scène appliquée, une photographie quasi sensuelle et des décors intérieurs minimalistes et extérieurs impressionnants (merci la Norvège).

Caleb représente le petit nouveau d'une société qui se fait bousculer par un patron aux pouvoirs illimités et manipulateur, mais qui est fasciné par celui dont le génie n'a aucune limite. Gleeson Domhnall (Harry Potter et les reliques de la mort, Il était tempsAnna Karenine de Joe Wright) sous ses airs vulnérables et innocents, dégage un charme fou, et sa fragilité face à Ava n'en est que plus désarmante. Alicia Vikander (Royal Affairs, Anna Karenine) n'est pas en reste. Sa démarche féline, son aspect spectral, son jeu tout en nuance fait d'elle un personnage fort et surprenant. On se laisse complètement envahir par son humanité. Quant à Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis, Drive), il est déstabilisant dans ce rôle de maniaque du contrôle, mégalo, sombre, alcoolique, reclus au milieu de nulle part, mais aussi fun et décalé. Via le personnage de Nathan, Alex Garland se paie le luxe de sabrer avec un humour discret mais efficace la perte de lien social actuel d'une humanité dévouée aux machines. Mais on peut regretter qu'il ait parfois du mal à tenir les articulations de son récit avec des discours parfois un peu métaphysico-prise de tête (même si on se régale tout de même de certaines citations) qui nuisent au rythme de l'ensemble, déjà très lent.



En résumé : un conte d'anticipation contrasté, élégant et d'une grande finesse, dont la lenteur pourra affecter les mordus de blockbusters de science-fiction.


vendredi 1 novembre 2013

Critique : Il était temps : Une RomCom loin des clichés (6/11/13)

IL ETAIT TEMPS

De Richard Curtis
Avec Domhnall Gleeson, Rachel McAdams, Bill Nighy, Tom Hollander…

Sortie le 6 novembre 2013


Lors d'une nième soirée ratée du réveillon du Nouvel An, Tim se voit révéler un lourd secret héréditaire : depuis des générations, les hommes de la famille ont la capacité de voyager dans le temps. Non pas pour changer l'Histoire, mais pour modifier leur propre existence et (normalement) rendre leur vie meilleure. Au départ bien embêté par ce "pouvoir" qu'il considère comme un fardeau incontrôlable, Tim va tenter de se construire une vie amoureuse. Mais bien évidemment, rien ne se passe comme prévu ! Alors qu'il trouve la femme de ses rêves, un voyage dans le temps mal géré efface cette merveilleuse rencontre. C'est en voyageant dans l'espace-temps que Tim apprend petit à petit à ruser avec le destin pour que sa vie devienne celle qu'il désire, sans oublier d'améliorer celle de son entourage. Mais il va vite s'apercevoir que ce don ne lui épargnera pas les déceptions, les chagrins et les tourments de la vie que chacun doit affronter pour se construire.

Si vous connaissez la filmographie de Richard Curtis, à première vue, vous serez surpris (et circonspect ?) de le voir passer du côté (obscur ?) de la science-fiction. Mais le maître de la comédie romantique (Love Actually, Coup de foudre à Notting Hill, Quatre mariages et un enterrement, Le Journal de Bridget Jones...) n'est pas tombé dans la marmite des super pouvoirs pour en faire une grosse comédie qui tache. Ce n'est pas le genre de la maison ! Avec Il était temps, il signe une romcom atypique, mais dans laquelle on reconnaît la Curtis touch cette savoureuse recette entre rire et larmes, et qui ne tombe jamais dans le pathétique larmoyant. 

Le film retrace avec bonheur tous les types de relations, amicales, filiales et amoureuses, qu'on noue au cours d'une vie : celles qui passent le temps d'un béguin, celles qui durent toute la vie, celles qu'on n'a pas envie de voir se terminer, et tout l'engagement personnel que chacune demande.  
La première partie du long-métrage est un peu classique (une fois la partie surnaturelle dépassée) avec pour point de départ une rencontre entre un homme et une femme. Quitte à jouer avec les voyages dans le temps, on aurait pu penser que le scénario jouerait la carte de l'absurde jusqu'au bout, avec un grain de folie supplémentaire Le résultat est plutôt sympa mais manque d'une étincelle de fantaisie supplémentaire.

On s'attardera donc davantage sur la seconde partie, qui va plus loin que la simple relation amoureuse finissant en happy end. Le film pose de véritables questions quant à la possibilité ou non de toucher du doigt la vie rêvée parfaite. Souvent, on se demande "Et si je pouvais tout effacer et recommencer, que ferais-je ?". Et finalement, pragmatique et/ou résigné, on se rend compte que peut-être cette situation n'est pas forcément plus enviable. Tim l'apprend à ses dépens : un grand pouvoir vient avec une grande responsabilité. Ici point de sauvetage de l'humanité, mais des choix concernant la vie de ceux qu'on aime, essayant de leur éviter le moins de malheur possible. Et la comédie de l'irréelle se transforme en comédie du réalisme, avec tout les drames et les petits bonheurs que la vie distille. Malgré un esthétisme de catalogue et des personnages pas assez cabossés (mais pas lisses non plus), Richard Curtis livre un film plein de sentiments authentiques, sans chercher à tirer les larmes de son public. La petite réplique qui fait mouche ou une situation improbable font toujours irruption pour l'en empêcher !

© Universal PicturesCôté casting, on retrouve avec bonheur Bill Nighy (Good Morning England, The Constant Gardener, Indian Palace, La Dame en noir...) qui illumine le film de son charisme flamboyant et de son inimitable humour pince-sans-rire anglais chaque film auquel il participe -- même si ceux-ci sont moyens, voire catastrophiques (Jack le chasseur de géants). Mais surtout celui qu'on avait découvert dans le rôle de Bill Wesley dans Harry Potter, et apprécié dans le sublime Anna Karenine de Joe Wright : Domhnall Gleeson (fils de Brendan, alias Maugrey "Fol Oeil" dans Harry Potter), déjà en amoureux transi dans la campagne russe. Grand dadais gauche au visage d'éternel adolescent, il campe ici à la perfection Tim, ce jeune homme perdu et si déterminé à la fois. A ses côtés, la jolie Rachel McAdams reprend son rôle de jeune femme romantique habituelle, gentille et pétillante mais manquant une peu de relief. (mais faudra lui dire, cette coupe de cheveux... ça n'est pas possible !) Pourtant, ce couple fonctionne à merveille, au milieu d'une pléiade de seconds rôles aussi loufoques que caricaturaux (et trop peu approfondis, à mon sens).

En résumé : Il était temps nous rappelle avec légèreté et délicatesse que malgré tous nos efforts on ne peut éviter le malheur, mais qu'il faut profiter de chaque instant, et faire de chaque moment un vrai petit bonheur.

Messages les plus consultés