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mercredi 6 janvier 2016

[Avis] Spotlight : profession de foi faite au journalisme (27/01/16)

SPOTLIGHT

De Thomas McCarthy
Avec Michael Keaton, Mark Ruffalo, Rachel McAdams, Liev Schreiber, John Slattery, Stanley Tucci...
Sortie le 27 Janvier 2016


Adapté de faits réels...
Spotlight est le nom d'une bande de journalistes d'investigation du journal Boston Globe. Au sein de cette rédaction, 4 journalistes entêtés cherchant la vérité quoiqu'il en coûte. À force de travail de persuasion et de persévérance, ils ont mis à jour un scandale sans précédent au sein de l’Eglise Catholique. Ils ont enquêté pendant 12 mois sur des suspicions d’abus sexuels au sein d’une des institutions les plus anciennes et les plus respectées au monde. L’enquête, couronnée par le prestigieux prix Pulitzer, révèlera que L’Eglise Catholique a protégé pendant des décennies les personnalités religieuses, juridiques et politiques les plus en vue de Boston, et déclenchera par la suite une vague de révélations dans le monde entier.

Le journalisme au cinéma bien mis en scène est un peu le mouton à 5 pattes : matière ardue difficile à adapter sans tomber dans l'excès du sensationnalisme, du jargon professionnel incompréhensible ou du prétexte scénaristique (Paper BoyBel Ami). A de rares exceptions près comme les excellents Les Hommes du président ou Diversions. Mais Thomas McCarthy ne tombent pas dans le panneau. Il n'a pas besoin d'en faire des caisses pour sonner juste. Tous les ingrédients sont là : des journalistes qui bossent sans regarder leur montre, mangent des restes de pizza entre des coups de téléphone incessants, et dont la vie privée part en sucette. Des bruits de tapotements de clavier ininterrompus, des moments d'intimidation par un corrompu, une période où l'enquête piétine jusqu'au tuyau essentiel donné par un indic' façon agent secret de la dernière chance...

Avec une mise en scène discrète, sans être académique, McCarthy laisse toute la place à ses acteurs investis, charismatiques, déterminés, voire même fascinants. Ces journalistes ne sont pas des stars, ni des héros en mal de reconnaissance ou de combats. Ils carburent à la recherche de vérités tout en respectant une éthique en or massif, tel un sacerdoce. Le réalisateur, parfois lui-même acteur, s'est sans doute inspiré de son rôle de journaliste dans la saison 5 de The Wire, questionnant les liens entre le 4e pouvoir, les politiciens et la police. Une plongée dans le monde du journalisme d'investigation quasi documentaire, tout en étant accessible à tous. 

Spotlight s'avère bien plus un thriller qu'une enquête documentaire. Les personnages jousque-boutistes sont servis par un scénario volontairement anti-spectaculaire, intelligent, posant de vraies questions de fond, dont la plume sait être sensible mais pas larmoyante malgré la gravité du sujet. L'enquête donne aussi la parole aux victimes, sans pathos ni voyeurisme. Il n'en oublie pas moins d'être réaliste, ne concédant aucune aseptisation des faits, évoqués sans jugement ni censure. Spotlight fait ainsi partie des rares films capables de parler de choses tragiques tout en divertissant. Il trouve la parfaite distance entre le film à suspens et le film-reportage, entre colère et amusement (car les journalistes peuvent aussi être drôles !), indignation et divertissement. Une véritable profession de foi à la presse écrite... de qualité.

En résumé : Un film intelligent, sans effusion, qui ne laisse pas de marbre et incite au respect de ceux qui se battent pour la vérité sans transiger. Nulle doute qu'il laissera indifférent l'Académie des Oscars. 

mercredi 19 novembre 2014

[Critique] THE HUNGER GAMES : La révolte - Partie 1 (19/11/14)

Hunger Games_révolte © Lionsgate
THE HUNGER GAMES : 
La révolte - Partie 1 
De Francis Lawrence
Avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson, Elizabeth Banks, Julianne Moore, Stanley Tucci, Philipp Seymour Hoffman...

On retrouve Katniss Everdeen après qu'elle a brisé le dôme des Jeux et remis en cause le pouvoir du Capitole. Elle a été sauvée par le District 13, quartier fantôme soit-disant détruit par les bombes du pouvoir en place. Entre deux cauchemars, elle tente de se reconstruire dans ses murs souterrains, auprès de sa mère, de sa sœur et de Gale. Mais la Présidente Coin ne lui laisse que peu de temps pour le faire. Elle veut profiter du vent de rébellion qui est en train de gagner les 12 autres districts pour mener la guerre contre la dictature du Président Snow. Sous l'influence de Plutarch Heavensbee, elle convainc Katniss de devenir le visage de ce mouvement de révolte naissant à travers des clips de propagande. La jeune femme accepte du bout des lèvres. Mais son engagement sera total lorsqu'elle verra que son ami Peeta est toujours en vie et aux mains de pouvoir adverse. La lutte par la communication et les images commencent... Qui va la remporter ?

La révolte - partie 1, comme son nom l'indique, se présente comme un épisode de transition avant l'apothéose finale, comme a pu l'être le penultiem de la saga Harry Potter. Son rythme est bien plus lent que les précédents, et prend le temps de mettre en place la stratégie de propagande des deux adversaires. Résultat : on a environ 45 minutes de véritables enjeux dramatiques sur les 2 heures de superproduction industrielle. On a perdu l'insolence, l'insubordination et l'insurrection pure qui ont fait le succès des deux premiers volets. Il tombe dans la lourdeur de l'habituel et inévitable confrontation entre les oppresseurs contre les oppressés. Il est évident que c'est l'un des thèmes centraux ne pouvant être évité. Mais le film aurait gagné en intensité dramatique si cette opposition s'était contentée d'apparaître dans le premier tiers du film, pour ensuite s'accélérer et finir par des scènes d'action cathartiques (non moins habituelles dans ce genre de long-métrage).
Hunger Games_révolte © LionsgatePas de Jeux donc avec son lot de flèches décochées, de stratégie d'équipes ou de sang versé. On ne participe même pas (et Katniss non plus d'ailleurs...) au seul épisode de raid pour libérer des prisonniers façon SWAT, car les caméras censées suivre Gale et les autres soldats sont coupées au moment critique. Le film se concentre sur le duel politique que se livre Snow et Coin. Comme dan notre réalité, ils manipulent les foules avec leurs armes : les images jouant sur la corde sensible.

Les deux Oscarisés que sont le regretté Philipp Seymour Hoffman et Jennifer Lawrence délivrent leur dialogue de façon un peu monotone, sans éclat comme s'ils n'était pas vraiment concernés (comme dans ces mini-clips que fait répéter Plutarch à Katniss). Etaient-ils déjà lassés d'avoir fait les précédents opus ? En même temps, le script ne donne pas à son héroïne l'opportunité de faire quelque chose d'extra-ordinaire cette fois-ci. La jeune femme, dont les robes et la verve épataient le public du show télévisé présenté par Stanley Tucci, est bien moins fine et drôle. Malgré tout, on se laisse avoir par ses moues endeuillées, ses mimiques remplies de sanglots et de hocquets, le tout en gros-plans, tantôt rayonnants, tantôt tristes. Reste que pour une fois, la part belle est donnée aux seconds rôles, en particulier celui d'Elizabeth Banks, toujours aussi gentiment déjantée.

En résumé : une histoire qui vivote en attendant le prochain. On s'accroche aux personnages qui nous ont tant fait vibrer dans les deux premiers volets, en espérant que le dernier volet sera le feu d'artifice qu'on attend.

mardi 16 avril 2013

[Trailer] Hunger Games - L'Embrasement : les premières images… intenses !

Voilà quelques temps que TvCinephages vous parle de la suite de Hunger Games, sous-titrée L'Embrasement. Les longs mois de patience sont terminés pour les fans... la première bande-annonce vient de tomber !





"Toute révolution commence par une étincelle"



Katniss Everdeen est rentrée chez elle saine et sauve après avoir remporté la 74e édition des Hunger Games avec son partenaire Peeta Mellark.
Puisqu’ils ont gagné, ils sont obligés de laisser une fois de plus leur famille et leurs amis pour partir faire la Tournée de la victoire dans tous les districts. Au fil de son voyage, Katniss sent que la révolte gronde, mais le Capitole exerce toujours un contrôle absolu sur les districts tandis que le Président Snow prépare la 75e édition des Hunger Games, les Jeux de l’Expiation – une compétition qui pourrait changer Panem à jamais…

Ce 2e opus nous promet une ambiance bien plus sombre que le premier volet. L'héroïne représentera de plus en plus une menace pour le pouvoir en place, au point de provoquer une révolte. Et ceux qui la soutiendront paieront le prix fort...

Sortie prévue le 27 novembre. 

jeudi 11 août 2011

Critique : Captain America, First Avenger (17/8/11) : le soldat à la bannière étoilée renaît


CAPTAIN AMERICA : FIRST AVENGER

De Joe Johnston
Avec Chris Evans, Sebastien Stan, Dominic Cooper, Ugo Weaving, Stanley Tucci, Tommy Lee Jones...

Vu le costume du super héros et le contexte de Seconde Guerre mondiale, on aurait pu craindre que ce Captain America devienne une glorification de l'Amérique, qui sauve la veuve et l'orphelin du joug des méchants allemands, brandissant la bannière étoilée à tout-va. On aurait aussi pu craindre que les deux scénaristes des aventures de Narnia fassent plonger l'intéret de ce nouveau Marvel. Que nenni ! Joe Johnston a su tirer garder un cap très "humain" basé sur la naissance d'un héros hors-norme. On se trouve face à un film à la narration classique mélangeant film d’espionnage et le film de guerre, qui se concentre sur un destin extraordinaire plus qu’à un symbole, qui cultive l’american dream (n’importe quel looser peut devenir un héros finalement !). Le tout emballé dans un ton très premier degré, tout en laissant la place à des personnages suffisamment complexes et bien écrits pour qu’on s’y attache. 
Le ton parfois désinvolte mais également frondeur du récit se moque brillamment du culte de la personnalité et de la propagande nationaliste. Finalement, un film bien plus qu'une simple présentation de The Avengers (en tournage) prévu l'année prochaine, qui rassemblera Thor, Iron Man, et consor. Joe Johnston a su distiller les principaux éléments de ce prochain film habilement dans le prologue et l'épilogue qui voient apparaître Howard Starck (Dominic Cooper), le père d'Iron Man et Nick Fury (Samuel L. Jackson). 

1942. Steve Rogers (Chris Evans), un gentil gringalet veut comme son ami Bucky Barnes (Sebastian Stan) s'engager dans l'armée, quoiqu'il en coûte. Son entêtement aura raison d'un scientifique (Stanley Tucci) qui prépare une expérience médicale expérimentale. Celle-ci a pour objectif de créer un super soldat capable de tenir tête à l'Hydra, une redoutable organisation secrète au service du IIIe Reich, et dirigée par l'abominable Crâne Rouge (Ugo Weaving). Il n'en faut pas moins à Steve pour devenir volontaire et ainsi devenir Captain America.

Avec ses 8000 personnages dans son catalogue, Marvel Entertainment avait du choix pour matéraliser ses héros de papier. Captain America, apparu pour la première fois en 1941 (8 mois avant l'entrée en guerre des USA), s'est naturellement imposé. La couverture de l'album original montrant ce jeune américain arborant le drapeau étoilé et donnant un coup de poing à Hitler était un signe fort d'une prise de position politique radicale forte pour l'époque. L'objectif du héros était clair : les USA ne peuvent rester sur la touche en cette période troublée. Et Joe Johnston, sans minimiser son rôle de dirigeant de blockbuster, est resté très terre-à-terre en choissisant l'angle idéal pour raconter les aventures de ce super héros : celui d'un serial comme Spielberg l'avait fait avant lui avec Indiana Jones. Ainsi la psychologie du personnage principal et les valeurs humaines sont ici plus importantes que les explosions ou autres cascades impressionnantes (parfois un peu too much...). L'enchaînement entre les deux coule parfaitement, certaines répliques font mouche, surtout quand on sait que ce super soldat est d'abord utilisé commme porte-drapeau et faire-valoir de l'armée américaine dans des spectacles dansant.

Placé dans une période maintes fois éculée, ce Capatin America aurait pu en faire fuir plus d'un. Mais les décors rétro et cette classe old-school s'éloigne de l'esbrouffe et impose un certain clacissisme bien venu dans un blockbuster  hors-norme. Joe Johnhston sait de quoi il parle. Directeur artisitique pour Indiana Jones, aux effets spéciaux dans la trilogie Star Wars. Sa vision des années 40 est riche et loin d'être désuette. Les engins utilisés tels que les motos, les hélico ou encore l'avion du Crâne Rouge ont un profliage étonnamment futuriste. Clin d'oeil à ses années précédentes ou réelles déformations, les soldats de l'armée de l'Hydra ressemblent étrangement aux soldats de l'Etoile noire !

La romance tragique et impossible fonctionne bien, le portrait symbolique également. Etrangement, c’est du côté de l’action et du rythme que le film pêche un peu. Les séquences censées être percutantes sont finalement assez peu nombreuses alors qu'elles sont clairement positionnées au sein du récit comme des moments forts. Malgré des effets visuels à la Matrix (qui laissent perplexe) et des actions de bouclier forts sympa, elles ne remplissent pas complètement le rôle qui leur ait confié. Malgré l'impressionant CV artistique du réalisateur, la 3D ne sert à rien si ce n'est à remplir les caisses des cinémas. Et quelques séquences d'effets spéciaux laissent à désirer : la scène où Steve Rogers, encore gringalet, se trouve avec Peggy Carter (Hayley Atwell) dans une voiture est réellement ni faite à faire. Steve, sous prétexte d'être fluet, se trouve disproportionné face à une Peggy, devenue immense de par le fait qu'elle ne s'appuie pas sur le dossier de la voiture, de peur de démasquer la supercherie visuelle. Un détail.

En résumé : on aurait tort de bouder ce film de super-héros divertissant, porté par un casting formidable jusqu’aux plus petits seconds rôles (les acolytes de combats de Captain American valent le détour. On y verra un mari de Desperate housewives transformé). Et véritable bad guy sans réedemption possible campé par Hugo Weaving (l'agent Smith de Matrix, chef des elfes dans Le Seigneur des anneaux). Une jolie réussite, à l’ancienne et massive.

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