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mardi 18 novembre 2014

[Bande annonce] Foxcatcher : de l'art de manipuler à l'extrême (21/01/15)

FOXCATCHER

De Bennett Miller
Avec Steve Carell, Channing Tatum, Mark Ruffalo, Vanessa Redgrave, Sienna Miller…

Sortie le 21 janvier 2015

Inspiré d’une histoire vraie, Foxcatcher raconte l’histoire tragique et fascinante de la relation improbable entre un milliardaire excentrique et deux champions de lutte. Lorsque le médaillé d’or olympique Mark Schultz est invité par le riche héritier John du Pont à emménager dans sa magnifique propriété familiale pour aider à mettre en place un camp d’entraînement haut de gamme, dans l’optique des JO de Séoul de 1988, Schultz saute sur l’occasion : il espère pouvoir concentrer toute son attention sur son entraînement et ne plus souffrir d’être constamment éclipsé par son frère, Dave. Obnubilé par d’obscurs besoins, du Pont entend bien profiter de son soutien à Schultz et de son opportunité de « coacher » des lutteurs de réputation mondiale pour obtenir – enfin – le respect de ses pairs et, surtout, de sa mère qui le juge très durement.
Flatté d’être l’objet de tant d’attentions de la part de du Pont, et ébloui par l’opulence de son monde, Mark voit chez son bienfaiteur un père de substitution, dont il recherche  constamment l’approbation. S’il se montre d’abord encourageant, du Pont, profondément cyclothymique, change d’attitude et pousse Mark à adopter des habitudes malsaines qui risquent de nuire à son entraînement. Le comportement excentrique du milliardaire et son goût pour la manipulation ne tardent pas à entamer la confiance en soi du sportif, déjà fragile. Entre temps, du Pont s’intéresse de plus en plus à Dave, qui dégage une assurance dont manquent lui et Mark, et il est bien conscient qu’il s’agit d’une qualité que même sa fortune ne saurait acheter. Entre la paranoïa croissante de du Pont et son éloignement des deux frères, les trois hommes semblent se précipiter vers une fin tragique que personne n’aurait pu prévoir…

jeudi 16 octobre 2014

[Critique] La légende de Manolo : Une fiesta visuelle et émotionnelle (22/10/14)

La legende de Manolo © 20th Century Fox
LA LEGENDE DE MANOLO 

De Jorge Gutierrez
Avec les voix de Zoe Saldana, Channing Tatum, Diego Luna, Ice Cube…

Sortie le 22 octobre 2014

Il était une fois… une légende mexicaine perpétrée depuis la nuit des temps. Le jour de la Fête des morts, l'une des plus importantes d'Amérique du sud et du Mexique en particulier, les esprits passent d'un monde à l'autre. Dans le village de San Angel, Manolo, Joaquin et Maria sont les meilleurs amis du monde depuis qu'ils sont tous petits. Mais leur relation a pris fin lorsque Maria est envoyée en Europe pour y apprendre les bonnes manières car son père la trouve trop rebelle. Pendant ce temps, Joaquin rejoint les rangs de l'armée et devient le justicier invincible (ou presque), tandis que Manolo apprend le métier de torero, comme le veut la tradition familiale ancestrale. La demoiselle revient et les ses deux prétendants vont tout mettre en oeuvre pour la conquérir. C'est le jour de la Fête des morts que le couple de divinités la Muerte et son mari Xibalba font un pari aux enjeux des plus élevés : savoir qui régnera sur le monde merveilleux des Âmes Chéries (non oubliées), que la Muerte dirige avec félicité jusqu'à présent.




La legende de Manolo © 20th Century FoxLa légende de Manolo s'impose comme un ovni dans le petit monde de l'animation, tout en contradictions. Pour contenter les bout d'choux, l'histoire est plutôt simple, les messages clairs et déjà entendus des centaines de fois (sois toi-même pour y arriver, affronte tes peurs, rebelle-toi contre l'avenir que tes parents t'ont tracé sans te demander ton avis, "t'inquiète, tes parents seront toujours fiers de toi quoique tu fasses"…). Mais Jorge Gutierrez a trouvé une façon de le dire diablement efficace :  dans un univers remplie de dingueries, avec pour toile de fond un contexte et une tradition peu ou mal connue du grand public non-Mexicain et terriblement adulte ! Comment expliquer aux tous petits sans devenir morbide que, selon les croyances mexicaines, il existe un monde où les âmes des proches disparus vivent encore car on pensent à eux ?! Fastoche ! Gutierrez nous emballe ça dans un monde chaleureux, coloré, festif, réjouissant. Un univers qu'on a déjà vu chez Tim Burton dans Les Noces Funèbres, où le monde des morts est plus joyeux et coloré que celui des vivants. Mais passons... L'humour est partout, tant dans des petits animaux farfelus que dans des personnages décalés mais toujours en rapport avec la magie du thème principal. 

La legende de Manolo © 20th Century FoxCe que propose Jorge Gutierez est loin de l'imagerie consensuel et du lissé habituels présentés par les grands studios leaders du genre (même si on se laisse fasciner par les prouesses techniques de Disney Pixar et autre Dreamworks). Dans La Légende de Manolo, la magie est partout et ne paraît pas anormale. Tout parait assemblé de bric et de broc, pour un résultat composite un peu barré, où les personnages ressemblent à des marionnettes de bois (aurait-il voulu faire son long-métrage en stop-motion au départ ?), aux proportions surréalistes. Les adeptes d'art pictural retrouveront les multiples influences des grands peintres et sculpteurs tels que Botero, Picasso, Dali, Goya, et les Mexicains (évidemment) Diego Rivera et Frida Kalho. On sent que le réalisateur aime l'art mexicain et veut le faire partager, parfois même de façon détournée, avec un humour qui fait mouche, comme ces reprises latinas improbables de "Creep" de Radiohead ou encore de Rod Stewart. On se régale !

La legende de Manolo © 20th Century FoxLe scénario défile, les gags s'enchaînent et les situations se dénouent de façon un peu trop évidente, mais qu'importe. Le plaisir est là. Seuls quelques thèmes sont sous développés. Si l'histoire amoureuse n'est finalement qu'un prétexte (et ça n'est pas plus mal), on aurait pu voir approfondir le territoire émotionnel de la perte d'un proche, ou encore le poids des attentes de ses parents, trop vaguement exploré. Thème que le grand Guillermo del Toro, producteur du film, connaît parfaitement, lui, qui a traité de la mortalité et des cauchemars à de nombreuses reprises. Reste que les visuels nous embarquent en un clin d'œil, les personnages sont attachants, et on découvre une culture bien peu représentée dans une industrie qui se veut fédératrice et prudente.

En résumé : un vrai feu d'artifice visuel original, et un tas de références finalement plutôt à destination des adultes. Mais les enfants rigoleront aussi grâce aux personnages hauts en couleur.

               

mardi 10 décembre 2013

[Trailer] Jupiter Ascending : le nouveau pari spatial (et fou) des Wachowski


Les frères Wachowski (ou plutôt le Wachowski Starship, comme ils voudraient qu'on les appelle) sont déjà de retour après (le flop mais sublime) Cloud Atlas, boudé par le public et par la moitié de la critique. Avec Jupiter Ascending, les maîtres de la science-fiction offrent aux spectateurs un nouveau voyage intergalactique, où l'esthétisme futuriste et les effets spéciaux spectaculaires n'ont d'égal que le précédent. 



Dans le tout beau tout nouveau trailer, on fait la connaissance de la jeune et jolie Jupiter (alias Mila Kunis), rapidement prise pour cibles pas de mystérieux ennemis. Son crime ? Être une Terrienne née avec un ADN identique à celui de la reine de l'univers (rien que ça !). Des chromosomes et des cellules qui vont lui valoir d'accomplir un destin extra-ordinaire mais qui risquent de lui coûter très cher. Heureusement que Caine, ancien chasseur de tête dézingueur de méchants sur-entrainé vient la prévenir et la protéger de tous les dangers, et de la reine qui veut la voir au bout d'une corde. 
Une histoire qui prend (un peu) ses racines dans Le Cinquième Elément, avec l'être suprême élu qu'il faut sauver à tout prix (reprenant même les plans de la jeune femme en haut d'un immeuble immense). Un space opera d'envergure qui envoie du bois, et qu'on espère plus fédérateur (et réussi) que les dernières tentatives du genre tel After Earth, Elysium ou Oblivion.

La présence de Channing Tatum y changera peut être la donne. Aminci, les yeux bordés de Khôl et les oreilles en pointe (il ne lui manque plus que l'arc et les flèches... c'est à la mode), son personnage détonne dans sa filmo. A ses côtés, on retrouvera Eddy Redmayne (Les Miserables, My week with Marylin) et Sean Bean. L'acteur du Seigneur des anneaux et de Game of Thrones aura-t-il la chance de finir le film sans être tué d'une façon épouvantable, comme d'habitude. Rendez-vous le 23 juillet 2014 pour le savoir !

mercredi 26 septembre 2012

Quand Joseph Gordon-Levitt se prend pour Channing Tatum...

Joseph Gordon-Levitt a fait sensation le week-end dernier dans l'émission américaine Saturday Night Live. En pleine promo pour le thriller de science-fiction Looper, l’acteur de The Dark Knight Rises et Premium Rush n'a pas hésité a mouiller la chemise... et même à l'enlever ! Devant un public essentiellement féminin (c'est étonnant !), il a offert un impressionnant strip-tease en hommage au film Magic Mike et à son interprète tout en muscles, Channing Tatum.

La célèbre émission de la NBC connue pour ses facéties et ses parodies en tout genre (comme celle de Harry Potter avec Daniel Radcliffe himself...), avait invité Joseph Gordon-Levitt. Ne se prenant pas au sérieux pour un sou, celui-ci ne s'est pas privé de venir faire un tour sur le plateau. Mais on peut se demander ce qui lui est passé par la tête quand il s'est improvisé gogo-dancer en rendant un ondoyant honneur au film de Soderbergh, gros succès outre-Atlantique (merci la plastique quasi parfaites des acteurs...). 
D'ordinaire d'un naturel plutôt réservé et beaucoup moins exhubérant, l'acteur de Mysterious Skin a fait voler en éclat son image, peut-être un peu trop lisse... Un show haut en couleur introduit avec quelques boutades : "Dans mon prochain film Looper, je joue une version jeune de Bruce Willis. Donc je suppose que je joue Ashton Kutcher. J’ai aussi joué dans The Dark Knight Rises. Mais vous savez quel est mon film de super-héros préféré de l’été ? Magic Mike, avec mon ami Channing Tatum. Et vous savez quelle est ma scène préférée du film ? La voilà !"
Attention les yeux !





Plus sérieusement... quand vous vous serez remis de vos émotions, vous pourrez jeter un œil à l'interview de l'acteur faite par le magazine Rolling Stones

jeudi 16 août 2012

Critique : Magic Mike : une comédie à rougir de plaisir (15/08/12)

MAGIC MIKE
De Steven Soderbergh
Avec Channing Tatum, Alex Pettyfer, Matthew McConaughey, 
Joe Manganiello...

Tour à tour couvreur, designer de meuble, vendeur d’accessoires automobiles, Mike (Channing Tatum) est devenu célèbre chez la gente féminine en étant strip-teaser à l’Xquisite, un club en vue à Tempa, en Floride. Mais la fête permanente, l'argent facile et les filles chaleur ne lui suffisent plus. Il a d’autres ambitions… C’est en allant travailler sur un chantier qu’il rencontre Adam (Alex Pettyfer), un jeune de 19 ans qui a claqué la porte au nez du football universitaire avant d’enchaîner les petits boulots et de squatter le canapé de sa sœur (Cody Horn). Mike va entraîner Adam sur la podium et le fait devenir The Kid, un gogo dancer que toutes les filles vont s'arracher... Voilà qui fleure bon la transpiration (et le liquide séminale...).

Sois beau et tais-toi !

C’est non sans un certain plaisir coupable que je suis entrée dans la salle pour voir Magic Mike. Il y avait de quoi m'intriguer : que vient faire Soderbergh (plus connu pour être à l'origine d'oeuvres cérébrales) avec Channing Tatum et des icônes à minettes (Joe Manganiello alias Alcide dans True Blood, Matt Bomer alias Neal dans FBI : Duo très spécial, Adam Rodriguez alias Erik dans Les Experts Miami, le sex-symbol incontesté Matthew McConaughey, et même la star du catch Kevin Nash (WTF !) ? Tout est parti d'une idée de l'acteur de G.I Joe (ancien striper pendant 8 mois dans sa jeunesse) glissée lors du tournage de Piégée. Tatum ayant été gentiment été éconduit par son premier choix Nicolas Wending Refn (trop occupé avec un autre sex-symbol Ryan Gosling, sur Only God Forgives), Soderbergh a accepté si l'acteur rédigeait le scénario. Ni une, ni deux... Au côté de son acolyte de toujours Reid Carolin s'est chargé de l'écriture et une bande de strip teaseurs était née !

Si Tatum a bien précisé qu'il ne s'agissait pas d'une autobiographie mais d'une fiction inspirée de son expérience, il donne sacrément bien le change ! Le résultat donne un mélange entre réalité et imaginaire, où les hommes sont certes vus comme comme des hommes-objets, mais pas que. Les relations hommes-femmes s'en trouvent chamboulées, loin du chabadabada des romcom classique. Si Mike est un demi-dieu sur scène, adulée par toutes (et sacrément bien foutu !), il en est tout autrement dans "la vraie vie" : torturé, peu confiant en lui et en ses rêves, il galère pour se faire prendre au sérieux tant dans sa vie privée qu'au niveau professionnel... Le stripteaser prend le pas sur l'homme, tel une star façon Marylin Monroe au masculin.


Pour nous introduire dans ce monde de strings et de muscles bandés, rien de mieux qu'un novice incarné par Alex Pettyfer (dont la carrière ne semble pas vouloir décoller depuis les fours qu'ont été Numéro Quatre et Sortilège). Incarnant une certaine version de Channing Tatum au début de sa formation de gogo-dancer, on avance peu à peu avec lui dans ce monde nocturne et débridé, écarquillant les yeux à chaque nouveauté parfois trash (comme l'utilisation d'une certaine pompe - avis aux connaisseurs...).


Si la première partie du film nous fait fantasmer à coup de déhancher affriolant, de pauses lascives et de sourires ravageurs, on tombe du podium lorsque Soderbergh tombe dans la facilité de l'écriture et fait du Kid (SPOILER - surligner pour lire) une proie facile pour la drogue et ses mauvaises conséquences (FIN SPOILER). Si la réalisation est moins léchée que dans ses oeuvres précédentes, Soderbergh reprend ses codes couleurs à savoir l'image jaunie, parfois bleue dans les moments de spleen. L'esthétique autre que celle des corps ne semble pas être une priorité. Loin de la caméra à l'épaule habituelle, les scènes dans le club manquent de relief, même si elles paraissent de fait plus chorégraphiées qu'à l'accoutumée. Peut être aurait-elles gagné à être filmées en mode subjectif plutôt que de rester spectateur, comme nous. Mais ne boudons pas notre plaisir ! Abdos bétonnés, fessiers d'acier et biceps tout en rondeur... il y a de quoi faire crier les plus frigides d'entre nous.

Si le scénario ne casse pas des briques, l'interprétation de certains vaut le détour. Alex Pettyfer s'avère être plutôt convaincant en wannabe spécialiste en effeuillage viril, au-delà de sa belle-gueule. Channing Tatum, newbie de Hollywood en quête de crédibilité, est impressionnant côté danse, et assure son aura d'acteur de comédie (déjà exercé avec talent dans Le Dilemme et 21 Jump Street). Et la cerise sur le gâteau reste l'éternel playboy, roi des hommes-objets sur le grand écran : Matthew McConaughey. Après avoir porté le costard-cravate d'un avocat borderline dans L'Affaire Lincoln, il laisse tomber la chemise avec fougue tous abdos en avant (chose qu'il réitèrera dans Mud), arrangant les filles en délire avec sa verve à l'accent teinté du sud du Texas, pour nous offrir un strip mémorable !

En résumé : Un film décomplexé (qui en fait parfois des tonnes, au risque de choquer les plus prudes) fun et débridé. Voilà qui met définitivement au rencard The Full Monty.


jeudi 5 juillet 2012

Critique : Piégée : Messieurs, surveillez vos arrières ! (11/07/12)



Après le palpitant, viscéral et littéralement toxique Contagion, Steven Soderbergh revient à ses premières amours : le thriller. Au vu de sa renommée internationale et de ses succès publics, il se permet à nouveau d'aligner un casting de premier choix façon Ocean's Eleven dans Piégée... autour d'une inconnue. Gonflé ? Une expérience. La sculpturale et non moins féminine Gina Carano, championne d'arts martiaux, est sa Mallory. Rien qu'en sachant cela, on ne peut qu'imaginer des scènes de castagne sévère. Mais Piégée ne se résume heureusement pas qu'à cela...


On ne nous cache rien... le titre est à prendre au sens littéral. Mallory est un agent d'une compagnie privée qui obtient des contrats pour effectuer des missions officieuses pour le gouvernement, pas toujours jolies-jolies, mais toujours dangereuses. La demoiselle, bagarreuse redoutable à la gâchette facile, est en fuite. Après avoir rempli un contrat, elle se retrouve coincée dans un guet-apens fomenté par l'un de ses proches collaborateurs (je vous laisse découvrir qui...). On cherche à la tuer et elle est bien décidée à ne pas se laisser faire. Son plan ? Remonter la piste de ceux qui l'ont trahie pour leur refaire le portrait. 

À qui faire confiance ?

Si les premières images nous laissent un peu perplexes (le montage en flash-backs, et même en flash-backs de flash-backs, fait froncer les sourcils à maintes reprises...), on finit par apprécier la qualité d'écriture du scénario (même si celui-ci nous rappelle vaguement un certain Jason Bourne version Tomb Rider). Sans oublier les superbes plans typiques de Soderbergh. On sent clairement que Piégée est davantage une nouvelle expérience de la part du réalisateur, plus qu’un réel divertissement pur jus de biscotos (même si le sujet fait penser le contraire). Certains partis-pris de montage sont relativement originaux : contrairement aux derniers action movies à la mode, ici point de montage saccadé et d'images filmées façon montagnes russes caméra au point (même dans la scène de poursuite sur les toits, loin du grand huit de La Vengeance dans la peau). 

Comme dans Contagion, l'esthétique oscille entre le jaune et le bleu, avec quelques plans séquences exécutés avec la précision d'un chirurgien. Car chez Soderbergh, rien ne doit dépasser et rien est inutile. Une manière de faire qui a le défaut de ses qualités : il empêche parfois le spectateur de s'immerger dans la scène (comme celle musclée avec Fassbender, entièrement filmé au ralenti, en noir et blanc, sur une musique jazzy). Une quasi contradiction entre le fond et la forme, marquant à elle seule toute la singularité et la dissonance du film. Mallgré son ambiance de thriller efficace et ses imbroglios bien ficelés, la réalisation s'enlise un peu dans la lenteur. On ne regarde pas tout à fait sa montre mais tout cela manque de punch. Un choix certes délibéré qui permet à Soderbergh de placer quelques surprises et retournements de situation bien venus ici et là, et qui redonnent de la force à l'ensemble.

Gina Carano : la nouvelle Angelina "Tom Rider" Jolie ?

En engageant une championne de MMA pour tenir le rôle principal, le réalisateur annonçait la couleur. Il la sublime en lui laissant carte blanche pour exécuter des scènes de bagarres avec un réalisme impressionnant (filmées en plans larges ininterrompus pour bien montrer qu'on ne fait pas semblant). Je tiens d'ailleurs à tirer mon chapeau à Michael Fassbender (loin d'être habitué aux rôles physiques) car il tient la dragée haute avec brio à la championne d'arts martiaux dans leur duel musclé (contrairement à Ewan McGregor). 

Mais faire reposer tout un film sur les seules épaules (aussi carrées soient-elles) d'une débutante était un pari risqué, et parfois au bord de la perdition. Le résultat patine parfois, en particulier sur les scènes dites d'émotion pure, malgré un casting 4 étoiles engagé pour la soutenir au mieux. À ce propos, avec de telles têtes d'affiche (Ewan McGregor, Michael Fassbender, Channing Tatum, Michael Douglas, Antonio Banderas, Bill Paxton et Mathieu Kassovitz), on s'attend à ce que l'un d'entre eux soit plus impliqué d'une façon ou d'une autre dans l'affaire ou nous révèle quelque chose d'énorme. Mais finalement, on attend pour rien. Il ne sont là que pour se faire dézinguer par la belle. Même si l'exécution est impeccable. 


En résumé : Le résultat final fonctionne plutôt bien faisant de Piégée un thriller qui tient ses promesses et qui ne laisse pas indifférent... comme le charme particulier de son actrice, mi-ange, mi-démon.


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