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lundi 23 septembre 2013

65e Emmy Awards : Le prof/dealer enfin récompensé


La série Breaking Bad a remporté dimanche soir à Los Angeles le prestigieux Emmy de la meilleure série dramatique, faisant trébucher House of Cards qui espérait signer une première historique pour la télévision sur internet.
Breaking Bad, huit fois nommée dans six catégories des Emmy Awards 2013 et déjà récipiendaire par le passé de nombreux autres prix toutes catégories, remporte pour la première fois ce prix prestigieux lors des 65e Emmy Awards, l'équivalent pour la télévision des Oscars.



La série diffusée sur AMC qui raconte l'histoire d'un petit prof de chimie devenu un baron de la drogue, s'adjuge également l'Emmy de la meilleure actrice dramatique dans un second rôle, remportée par Anna Gunn, l'épouse de "Mr White" (Bryan Cranston).
Son créateur Vince Gilligan a semblé abasourdi en montant sur la scène du théâtre Nokia, lançant "Je pensais que ce serait House of Cards ! tout en ajoutant que cela aurait pu aussi bien être les autres nommés Homeland, Mad Men, Downton Abbey ou Game of Thrones.
Le dernier épisode des cinq saisons de la série sera diffusé dimanche prochain.



Dans la même catégorie drame, Jeff Daniels pour Newsroom remporte l'Emmy du meilleur acteur, le premier Emmy de sa carrière, pour le rôle d'un présentateur vedette de télévision.
Il semblait lui même étonné de gagner, face à des challengers de poids comme Bryan Cranston pour Breaking Bad, déjà primé trois fois, ou Kevin Spacey pour House of Cards.

Côté féminin, Claire Danes, donnée favorite, s'adjuge celui de meilleure actrice pour son rôle d'agent de la CIA passionnée et perturbée dans Homeland (Showtime). La série remporte un autre Emmy accordé à son scénariste récemment décédé Henry Bromell.

Au chapitre de la comédie, Modern Family (ABC) et ses membres un peu dingues remporte le prix de la meilleure série comique, pour la quatrième année consécutive.
Julia Louis-Dreyfus, qui joue le rôle d'une vice-présidente américaine hilarante dans Veep (HBO), a été jugée la meilleure actrice comique alors que son pendant masculin a été Jim Parsons pour The Big Bang Theory (CBS).

La télévision sur internet trébuche


Ma vie avec Liberace, un biopic sur la vie du pianiste excentrique diffusé sur la chaîne HBO, s'adjuge un triplé de prestige avec le prix du meilleur téléfilm ou mini-série, le prix du metteur en scène de cette catégorie à son réalisateur Steven Soderbergh et le prix du meilleur acteur masculin de ce genre à Michael Douglas.
Brandissant la statuette, ce dernier a tenu à la partager avec son partenaire de film Matt Damon, également nommé, en faisant rire la salle avec des commentaires à double sens coquin.
Au cours de la soirée, tous deux avaient accompagné le chanteur Elton John dans un hommage à Liberace, quelqu'un "qui savait vraiment jouer du piano", a indiqué le chanteur britannique.

La télévision à diffusion traditionnelle dame ainsi le pion à House of Cards, qui ne signe ainsi pas la première historique qu'attendaient les commentateurs pour la télévision sur internet, regardé aujourd'hui sur les tablettes ou les smartphones. Cette série, en lice dans neuf catégories dont celle de meilleure série dramatique et de meilleur acteur pour Kevin Spacey, a en effet été produite uniquement pour Netflix, un service de location de films par abonnement qui a diffusé en une seule fois sur streaming ses 13 épisodes. Netflix reçoit néanmoins son premier Emmy, accordé au réalisateur David Fincher, absent dimanche soir.

(AFP)

mercredi 26 septembre 2012

Quand Joseph Gordon-Levitt se prend pour Channing Tatum...

Joseph Gordon-Levitt a fait sensation le week-end dernier dans l'émission américaine Saturday Night Live. En pleine promo pour le thriller de science-fiction Looper, l’acteur de The Dark Knight Rises et Premium Rush n'a pas hésité a mouiller la chemise... et même à l'enlever ! Devant un public essentiellement féminin (c'est étonnant !), il a offert un impressionnant strip-tease en hommage au film Magic Mike et à son interprète tout en muscles, Channing Tatum.

La célèbre émission de la NBC connue pour ses facéties et ses parodies en tout genre (comme celle de Harry Potter avec Daniel Radcliffe himself...), avait invité Joseph Gordon-Levitt. Ne se prenant pas au sérieux pour un sou, celui-ci ne s'est pas privé de venir faire un tour sur le plateau. Mais on peut se demander ce qui lui est passé par la tête quand il s'est improvisé gogo-dancer en rendant un ondoyant honneur au film de Soderbergh, gros succès outre-Atlantique (merci la plastique quasi parfaites des acteurs...). 
D'ordinaire d'un naturel plutôt réservé et beaucoup moins exhubérant, l'acteur de Mysterious Skin a fait voler en éclat son image, peut-être un peu trop lisse... Un show haut en couleur introduit avec quelques boutades : "Dans mon prochain film Looper, je joue une version jeune de Bruce Willis. Donc je suppose que je joue Ashton Kutcher. J’ai aussi joué dans The Dark Knight Rises. Mais vous savez quel est mon film de super-héros préféré de l’été ? Magic Mike, avec mon ami Channing Tatum. Et vous savez quelle est ma scène préférée du film ? La voilà !"
Attention les yeux !





Plus sérieusement... quand vous vous serez remis de vos émotions, vous pourrez jeter un œil à l'interview de l'acteur faite par le magazine Rolling Stones

jeudi 16 août 2012

Critique : Magic Mike : une comédie à rougir de plaisir (15/08/12)

MAGIC MIKE
De Steven Soderbergh
Avec Channing Tatum, Alex Pettyfer, Matthew McConaughey, 
Joe Manganiello...

Tour à tour couvreur, designer de meuble, vendeur d’accessoires automobiles, Mike (Channing Tatum) est devenu célèbre chez la gente féminine en étant strip-teaser à l’Xquisite, un club en vue à Tempa, en Floride. Mais la fête permanente, l'argent facile et les filles chaleur ne lui suffisent plus. Il a d’autres ambitions… C’est en allant travailler sur un chantier qu’il rencontre Adam (Alex Pettyfer), un jeune de 19 ans qui a claqué la porte au nez du football universitaire avant d’enchaîner les petits boulots et de squatter le canapé de sa sœur (Cody Horn). Mike va entraîner Adam sur la podium et le fait devenir The Kid, un gogo dancer que toutes les filles vont s'arracher... Voilà qui fleure bon la transpiration (et le liquide séminale...).

Sois beau et tais-toi !

C’est non sans un certain plaisir coupable que je suis entrée dans la salle pour voir Magic Mike. Il y avait de quoi m'intriguer : que vient faire Soderbergh (plus connu pour être à l'origine d'oeuvres cérébrales) avec Channing Tatum et des icônes à minettes (Joe Manganiello alias Alcide dans True Blood, Matt Bomer alias Neal dans FBI : Duo très spécial, Adam Rodriguez alias Erik dans Les Experts Miami, le sex-symbol incontesté Matthew McConaughey, et même la star du catch Kevin Nash (WTF !) ? Tout est parti d'une idée de l'acteur de G.I Joe (ancien striper pendant 8 mois dans sa jeunesse) glissée lors du tournage de Piégée. Tatum ayant été gentiment été éconduit par son premier choix Nicolas Wending Refn (trop occupé avec un autre sex-symbol Ryan Gosling, sur Only God Forgives), Soderbergh a accepté si l'acteur rédigeait le scénario. Ni une, ni deux... Au côté de son acolyte de toujours Reid Carolin s'est chargé de l'écriture et une bande de strip teaseurs était née !

Si Tatum a bien précisé qu'il ne s'agissait pas d'une autobiographie mais d'une fiction inspirée de son expérience, il donne sacrément bien le change ! Le résultat donne un mélange entre réalité et imaginaire, où les hommes sont certes vus comme comme des hommes-objets, mais pas que. Les relations hommes-femmes s'en trouvent chamboulées, loin du chabadabada des romcom classique. Si Mike est un demi-dieu sur scène, adulée par toutes (et sacrément bien foutu !), il en est tout autrement dans "la vraie vie" : torturé, peu confiant en lui et en ses rêves, il galère pour se faire prendre au sérieux tant dans sa vie privée qu'au niveau professionnel... Le stripteaser prend le pas sur l'homme, tel une star façon Marylin Monroe au masculin.


Pour nous introduire dans ce monde de strings et de muscles bandés, rien de mieux qu'un novice incarné par Alex Pettyfer (dont la carrière ne semble pas vouloir décoller depuis les fours qu'ont été Numéro Quatre et Sortilège). Incarnant une certaine version de Channing Tatum au début de sa formation de gogo-dancer, on avance peu à peu avec lui dans ce monde nocturne et débridé, écarquillant les yeux à chaque nouveauté parfois trash (comme l'utilisation d'une certaine pompe - avis aux connaisseurs...).


Si la première partie du film nous fait fantasmer à coup de déhancher affriolant, de pauses lascives et de sourires ravageurs, on tombe du podium lorsque Soderbergh tombe dans la facilité de l'écriture et fait du Kid (SPOILER - surligner pour lire) une proie facile pour la drogue et ses mauvaises conséquences (FIN SPOILER). Si la réalisation est moins léchée que dans ses oeuvres précédentes, Soderbergh reprend ses codes couleurs à savoir l'image jaunie, parfois bleue dans les moments de spleen. L'esthétique autre que celle des corps ne semble pas être une priorité. Loin de la caméra à l'épaule habituelle, les scènes dans le club manquent de relief, même si elles paraissent de fait plus chorégraphiées qu'à l'accoutumée. Peut être aurait-elles gagné à être filmées en mode subjectif plutôt que de rester spectateur, comme nous. Mais ne boudons pas notre plaisir ! Abdos bétonnés, fessiers d'acier et biceps tout en rondeur... il y a de quoi faire crier les plus frigides d'entre nous.

Si le scénario ne casse pas des briques, l'interprétation de certains vaut le détour. Alex Pettyfer s'avère être plutôt convaincant en wannabe spécialiste en effeuillage viril, au-delà de sa belle-gueule. Channing Tatum, newbie de Hollywood en quête de crédibilité, est impressionnant côté danse, et assure son aura d'acteur de comédie (déjà exercé avec talent dans Le Dilemme et 21 Jump Street). Et la cerise sur le gâteau reste l'éternel playboy, roi des hommes-objets sur le grand écran : Matthew McConaughey. Après avoir porté le costard-cravate d'un avocat borderline dans L'Affaire Lincoln, il laisse tomber la chemise avec fougue tous abdos en avant (chose qu'il réitèrera dans Mud), arrangant les filles en délire avec sa verve à l'accent teinté du sud du Texas, pour nous offrir un strip mémorable !

En résumé : Un film décomplexé (qui en fait parfois des tonnes, au risque de choquer les plus prudes) fun et débridé. Voilà qui met définitivement au rencard The Full Monty.


jeudi 5 juillet 2012

Critique : Piégée : Messieurs, surveillez vos arrières ! (11/07/12)



Après le palpitant, viscéral et littéralement toxique Contagion, Steven Soderbergh revient à ses premières amours : le thriller. Au vu de sa renommée internationale et de ses succès publics, il se permet à nouveau d'aligner un casting de premier choix façon Ocean's Eleven dans Piégée... autour d'une inconnue. Gonflé ? Une expérience. La sculpturale et non moins féminine Gina Carano, championne d'arts martiaux, est sa Mallory. Rien qu'en sachant cela, on ne peut qu'imaginer des scènes de castagne sévère. Mais Piégée ne se résume heureusement pas qu'à cela...


On ne nous cache rien... le titre est à prendre au sens littéral. Mallory est un agent d'une compagnie privée qui obtient des contrats pour effectuer des missions officieuses pour le gouvernement, pas toujours jolies-jolies, mais toujours dangereuses. La demoiselle, bagarreuse redoutable à la gâchette facile, est en fuite. Après avoir rempli un contrat, elle se retrouve coincée dans un guet-apens fomenté par l'un de ses proches collaborateurs (je vous laisse découvrir qui...). On cherche à la tuer et elle est bien décidée à ne pas se laisser faire. Son plan ? Remonter la piste de ceux qui l'ont trahie pour leur refaire le portrait. 

À qui faire confiance ?

Si les premières images nous laissent un peu perplexes (le montage en flash-backs, et même en flash-backs de flash-backs, fait froncer les sourcils à maintes reprises...), on finit par apprécier la qualité d'écriture du scénario (même si celui-ci nous rappelle vaguement un certain Jason Bourne version Tomb Rider). Sans oublier les superbes plans typiques de Soderbergh. On sent clairement que Piégée est davantage une nouvelle expérience de la part du réalisateur, plus qu’un réel divertissement pur jus de biscotos (même si le sujet fait penser le contraire). Certains partis-pris de montage sont relativement originaux : contrairement aux derniers action movies à la mode, ici point de montage saccadé et d'images filmées façon montagnes russes caméra au point (même dans la scène de poursuite sur les toits, loin du grand huit de La Vengeance dans la peau). 

Comme dans Contagion, l'esthétique oscille entre le jaune et le bleu, avec quelques plans séquences exécutés avec la précision d'un chirurgien. Car chez Soderbergh, rien ne doit dépasser et rien est inutile. Une manière de faire qui a le défaut de ses qualités : il empêche parfois le spectateur de s'immerger dans la scène (comme celle musclée avec Fassbender, entièrement filmé au ralenti, en noir et blanc, sur une musique jazzy). Une quasi contradiction entre le fond et la forme, marquant à elle seule toute la singularité et la dissonance du film. Mallgré son ambiance de thriller efficace et ses imbroglios bien ficelés, la réalisation s'enlise un peu dans la lenteur. On ne regarde pas tout à fait sa montre mais tout cela manque de punch. Un choix certes délibéré qui permet à Soderbergh de placer quelques surprises et retournements de situation bien venus ici et là, et qui redonnent de la force à l'ensemble.

Gina Carano : la nouvelle Angelina "Tom Rider" Jolie ?

En engageant une championne de MMA pour tenir le rôle principal, le réalisateur annonçait la couleur. Il la sublime en lui laissant carte blanche pour exécuter des scènes de bagarres avec un réalisme impressionnant (filmées en plans larges ininterrompus pour bien montrer qu'on ne fait pas semblant). Je tiens d'ailleurs à tirer mon chapeau à Michael Fassbender (loin d'être habitué aux rôles physiques) car il tient la dragée haute avec brio à la championne d'arts martiaux dans leur duel musclé (contrairement à Ewan McGregor). 

Mais faire reposer tout un film sur les seules épaules (aussi carrées soient-elles) d'une débutante était un pari risqué, et parfois au bord de la perdition. Le résultat patine parfois, en particulier sur les scènes dites d'émotion pure, malgré un casting 4 étoiles engagé pour la soutenir au mieux. À ce propos, avec de telles têtes d'affiche (Ewan McGregor, Michael Fassbender, Channing Tatum, Michael Douglas, Antonio Banderas, Bill Paxton et Mathieu Kassovitz), on s'attend à ce que l'un d'entre eux soit plus impliqué d'une façon ou d'une autre dans l'affaire ou nous révèle quelque chose d'énorme. Mais finalement, on attend pour rien. Il ne sont là que pour se faire dézinguer par la belle. Même si l'exécution est impeccable. 


En résumé : Le résultat final fonctionne plutôt bien faisant de Piégée un thriller qui tient ses promesses et qui ne laisse pas indifférent... comme le charme particulier de son actrice, mi-ange, mi-démon.


dimanche 30 octobre 2011

Critique : Contagion : Un virus qui se laisse attraper... sans broncher (9/11/11)

CONTAGION
De Steven Soderbergh
Avec Matt Damon, Kate Winslet, Jude Law, Lawrence Fishburne, Marion Cotillard, Gwyneth Paltrow...

Steven Soderbergh nous plonge dans ce qui pourrait être un nouveau type de conflit : la guerre des nerfs pour son propre salut et celui de ses congénères. Contagion est un thriller bactériologique. Fresque contagieuse s'il en est, elle réunit un casting impressionnant pour un résultat moins haletant qu'attendu par le pitch mais efficace dans son traitement conventionnel et accessible. Loin d'être un film catastrophe classique, qui panique dans la profondeur des chairs, Contagion se déroule de façon didactique, avec une approche presque journalistique, où il n'y a pas de place pour le hasard.

© Warner Bros
Une grippe, particulièrement virulente, se répand rapidement à travers le monde. Inconnue, donc sans remède, elle tue des centaines de milliers de gens les premiers jours. Dont la femme de Mitch Emhoff (Matt Damon) qui revient de voyage en Asie. Au Centre de Prévention et des Contrôles des Maladies (CPCM), les meilleurs scientifiques sont sur le pied de guerre : ils tentent de trouver une solution tout en se battant contre le montre. les goupes pharmaceutiques se livrent alors à une bataille sans pitié.
© Warner BrosLe directeur du CPCM (Lawrence Fishburne) envoie l'une de ses spécialistes (Kate Winslet) sur le terrain pour évaluer la situation. Du côté de l'OMS, le Dr Leonora Orantes (Marion Cotillard) tente de trouver le patient par qui tout cela est arrivé. Les cas mortels s'accumulent tandis qu'Alan Krumwiede, un blogueur militant (Jude Law) qui haït profondément les institutions, énonce "sa" vérité, et met de l'huile sur le feu en écrivant que le gouvernement ne révèle pas tout, au risque d'aggraver les choses...

© Warner Bros
© Warner Bros
"Ne parlez à personne. Ne touchez personne. Tenez-vous à l'écart des gens."

Voilà un film qui nous rendrait un peu parano sur les bords ! Se retrouver seul assis à côté d'un passager grippé ou toucher un objet contaminé a souvent des suites bénignes d'après notre expérience. Mais imaginons que ces contacts, si fréquents dans la vie courante, puissent transmettre des virus mortels aux effets dévastateurs. Voilà qui fait la différence ! Et pourtant, Soderbergh nous converti sans résistance. Le récit dirigé par le réalisateur est concis, nerveux. Il calque son rythme sur la progression effrénée de l'infection et s'accélère à l'image de celle-ci. La trame s'intensifie à mesure que l'on passe d'un personnage à l'autre, en œuvrant à une échelle à la fois épique et intimiste. Et les interrogations s'accumulent : est-ce une guerre bactériologique ? Du terrorisme biologique ? Une mutation génique ? Une erreur médicale incontrôlée ?
 
© Warner BrosAu-delà du spectacle de chaos que la situation implique, la dimension psychologique s'impose, enracinée dans nos peurs et notre instinct de survie le plus primitif. Quelle part de réalité contient cette histoire ? Et si cela arrivait vraiment, quelles seraient les réactions des habitants ? Le film évoque ainsi une multitude de comportements, révélant alors la véritable nature des gens. Certains se sentent investis et font preuve d'un courage sans faille, d'autres font des sacrifices altruistes. Mais il y a aussi ceux dont les actes irraisonnés pris sous le coup de l'émotion font partir le tout en vrille. Ainsi les magasins d'alimentation sont dévalisés, les bagarres éclatent et le chacun pour soi règne... à quelques exceptions près. Au plus haut niveau des instances médicales, on s'interroge aussi. Que dévoiler ? Que dissimuler ? Donner des informations au compte-goutte ne risque t-il pas de faire plus de mal que de bien ? Les scientifiques ont-ils le droit de déroger à la règle du silence pour sauver leurs proches ? Choix du cœur ou de la raison ? Cornélien !

© Warner Bros
© Warner BrosLe récit évoque Traffic du même réalisateur. La mise en scène est claire, précise, découpée au scalpel. Un film visuellement léché (pas de caméras "nerveuses" pour donné un genre reportage), mais un peu statique, avec ses jours qui s'égrainent les uns après les autres. Inexorablement, donnant une impression d'inutilité. Mais l'intérêt reste, alors...  On peut regretter aussi le manque de chaleur et peut être un peu d'humour ou de fantaisie pour donner plus de vie à l'œuvre (malgré la fin est tragique pour nombre de malades). Et ce n'est pourtant pas le casting 4 étoiles qui pourraient faire défaut ! Tous les interprètes sont justes, de Matt Damon en père éploré et protecteur, à Gwyneth Paltrow en victime terrassée par la maladie, en passant par Jude Law qui amène une bonne dose de cynisme en blogueur incontrôlable. Et Laurence Fishburne sobre, tout comme Marion Cotillard et l'incroyable Kate Winslet. Malgré tout ce talent, l'émotion a parfois du mal à passer. Et pourtant pas besoin de vaccin contre l'ennui.


En résumé : Contagion est divertissement cérébral - juste ce qu'il faut - dont l'intérêt ne se démord pas de l'introduction, qui captive rapidement, à la conclusion en forme de boutade. Crédible ou pas, à vous de juger !

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