mercredi 22 octobre 2014

[Critique] Favelas : système D dans un monde corrompu (12/11/14)

FAVELAS

De Stephen Daldry
Avec Rickson Tevez, Eduardo Luis, Gabriel Weinstein, Wagner Moura, Selton Mello, Rooney Mara, Martin Sheen

Sortie 12 novembre 2014


Rafael et Gardo sont des gamins de 14 ans, malins et débrouillards, d'un bidonville de Rio de Janeiro. Ils gagnent quelques pièces de monnaie en triant les déchets dans une décharge à ciel ouvert. Pas toujours de quoi s'acheter à manger… Mais lorsqu'un jour, Rafael tombe sur un portefeuille, le duo ne réalisent pas qu'ils détiennent bien plus qu'un morceau de cuir. Son contenu le rend mystérieux : une photo, une bout de papier gribouillés de chiffres et un carton de loto animalier… Quand la police locale débarque, ils n'ont plus de doute : leur vie va changer à jamais. Avec leur ami Rato, le trio décide de cacher ce bien précieux et de recomposer la vie de son propriétaire.


favelas © Universal Pictures International France
Stephen Daldry n'est pas un boulimique en matière de création cinématographique. 5 films en 14 ans, on ne peut pas dire que le Monsieur soit productif. Mais quand il s'y met, ce sont les émotions qui se mettent en ébullition. Que ce soit celles d'un gamin passionné par la danse contre la volonté paternelle dans le sublime Billy Elliot (1999); celles de trois femmes vues à différentes périodes temporelles mais toutes reliées par le roman Virginia Woolf dans le très beau The Hours (1991); celles ressenties par un adolescent sous le charme d'une trentenaire sur fond de littérature dans The Reader (2008); ou encore celles bouleversantes d'un enfant en quête de réponses après la perte de son père dans Extrêmement Fort et Incroyablement près (2011). En tout, 19 nominations aux Oscars et 2 victoires.

favelas © Universal Pictures International FranceAvec Favelas, il renoue dans l'art difficile de la direction d'enfants (et grand bien lui fasse), car cette adaptation du roman d'Andy Mulligan est une petite pépite émotionnelle. Non pas en donnant dans le mielleux ou le romantique, qu'on aurait pu imaginer avec l'implication de Richard Curtis au scénario (Quatre mariages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill, Love actually, Il était temps…). Mais en réalisant un film rempli de danger, de suspense et de rebondissements, un puzzle dont les pièces éparpillées au départ se mettent petit à petit en place avec créativité et brio.

favelas © Universal Pictures International FranceAvec les bidonvilles de Rio pour cadre, on ne peut s'empêcher à La Cité de Dieu. Daldry a su recréer l'authenticité que requiert ce genre de film avec un tel sujet. Il évite les clichés touristiques et culturels et les images d'Epinal de l'ancienne capitale brésilienne. Grâce à un travail de fourmi, il nous plonge dans cet univers où le langage, le contexte social ou politique sont complètement brésiliens et totalement immersifs. Il montre des quartiers et des communautés qui n'avaient jamais été filmées au cinéma. Le raffinement de la composition de ses cadres révèlent une effervescence permanente de sa créativité.  Les courses-poursuites dans les dédales de la favela sont haletantes, littéralement à couper le souffle. Et jamais on ne sent la lourdeur intolérable de la pauvreté extrême qui ne l'est pas moins. Si les quartiers sont sales, poisseux et sûrement nauséabonds pour nos narines d'Européens aisés, jamais ils ne rebutent. Ses habitants ont un enthousiasme à toute épreuve.

Si l'histoire est redoutablement bien construite, sont contexte n'est finalement que trop banale dans ces milieux pauvres du Brésil : corruption, violence policière, missionnaires de bonne volonté mais démunis, population sans ressource mais finalement heureuse… Et pourtant, il y a un vrai vent de fraîcheur dans ce film. Il flotte un parfum doux amer, mélangeant la vie cabossée de gamins et une aventure plutôt exaltante. On oscille entre cruauté et moments d'enfantillages bon enfant, sans jamais tomber dans les extrêmes tragiques. Bien au contraire ! Daldry en fait une ode à l'espoir et à l'envie de s'en sortir. Certains crieront aux bons sentiments sur la fin… et bien qu'ils râlent ! Ce film fait du bien…
Favelas © Universal Pictures International France favelas © Universal Pictures International FranceTout le charme et l'intérêt réside dans ces jeunes personnages principaux. Après avoir été castés, les enfants (non-professionnels) se sont entraînés pendant des mois, au jeu face caméra, et à toutes formes d'escalade possibles et imaginables. Le résultat est bluffant : les enfants sont d'un naturel épatant, et leur spontanéité intacte. Venant eux-mêmes de milieux extrêmement défavorisés, ils se sont appropriés l'histoire et en ont fait leur jusqu'au bout de leurs bouclettes. Charismatiques, effrontés (juste ce qu'il faut), obstinés…
Favelas © Universal Pictures International France S'ils sont considérés comme des déchets de la société, ce n'est pour autant qu'ils n'ont pas de rêves, d'espoirs. Bien sûr, ils rêvent d'avoir assez d'argent pour se payer de quoi se nourrir, avoir des jeux vidéos, et autre objets de notre société de consommation. Mais finalement, ils changent notre perception des choses. En un sens, ils nous montrent qu'il est possible de trouver un certain bonheur en regardant la vie autrement. 
L'opiniâtreté de Rafael frôle l'obstination d'un sale gamin qui n'en fait toujours qu'à sa tête, histoire de ne pas faire ce qu'on lui dit. Et pourtant, il n'a rien d'un "sale gosse". C'est un dur à cuire qui se bat pour sa vie et contre un système qui le dépasse complètement, car il est trop jeune pour le comprendre. Gardo, son attitude face à la vie mélange la dureté physique à une raideur morale implaccable. Quant à Rato, ce petit bout malingre, aux yeux innocents… on lui donnerait le bon dieu sans confession… et nos bras pour le protéger et le réconforter ! 
En face d'eux, les seconds rôles (Martin Sheen et Rooney Mara) font parfois un peu pâles figures, sans réelles implications émotionnelles, malgré leur renommée. Doit-on voir là un problème d'écriture ou une volonté de renforcer la valeur de l'innocence de l'enfance ?

En résumé : une aventure palpitante et réjouissante malgré un contexte social peu avenant, avec des personnages principaux très attachants, et réellement brillants pour leur jeune âge et leur inexpérience. Un vrai régal !

jeudi 16 octobre 2014

[Critique] La légende de Manolo : Une fiesta visuelle et émotionnelle (22/10/14)

La legende de Manolo © 20th Century Fox
LA LEGENDE DE MANOLO 

De Jorge Gutierrez
Avec les voix de Zoe Saldana, Channing Tatum, Diego Luna, Ice Cube…

Sortie le 22 octobre 2014

Il était une fois… une légende mexicaine perpétrée depuis la nuit des temps. Le jour de la Fête des morts, l'une des plus importantes d'Amérique du sud et du Mexique en particulier, les esprits passent d'un monde à l'autre. Dans le village de San Angel, Manolo, Joaquin et Maria sont les meilleurs amis du monde depuis qu'ils sont tous petits. Mais leur relation a pris fin lorsque Maria est envoyée en Europe pour y apprendre les bonnes manières car son père la trouve trop rebelle. Pendant ce temps, Joaquin rejoint les rangs de l'armée et devient le justicier invincible (ou presque), tandis que Manolo apprend le métier de torero, comme le veut la tradition familiale ancestrale. La demoiselle revient et les ses deux prétendants vont tout mettre en oeuvre pour la conquérir. C'est le jour de la Fête des morts que le couple de divinités la Muerte et son mari Xibalba font un pari aux enjeux des plus élevés : savoir qui régnera sur le monde merveilleux des Âmes Chéries (non oubliées), que la Muerte dirige avec félicité jusqu'à présent.




La legende de Manolo © 20th Century FoxLa légende de Manolo s'impose comme un ovni dans le petit monde de l'animation, tout en contradictions. Pour contenter les bout d'choux, l'histoire est plutôt simple, les messages clairs et déjà entendus des centaines de fois (sois toi-même pour y arriver, affronte tes peurs, rebelle-toi contre l'avenir que tes parents t'ont tracé sans te demander ton avis, "t'inquiète, tes parents seront toujours fiers de toi quoique tu fasses"…). Mais Jorge Gutierrez a trouvé une façon de le dire diablement efficace :  dans un univers remplie de dingueries, avec pour toile de fond un contexte et une tradition peu ou mal connue du grand public non-Mexicain et terriblement adulte ! Comment expliquer aux tous petits sans devenir morbide que, selon les croyances mexicaines, il existe un monde où les âmes des proches disparus vivent encore car on pensent à eux ?! Fastoche ! Gutierrez nous emballe ça dans un monde chaleureux, coloré, festif, réjouissant. Un univers qu'on a déjà vu chez Tim Burton dans Les Noces Funèbres, où le monde des morts est plus joyeux et coloré que celui des vivants. Mais passons... L'humour est partout, tant dans des petits animaux farfelus que dans des personnages décalés mais toujours en rapport avec la magie du thème principal. 

La legende de Manolo © 20th Century FoxCe que propose Jorge Gutierez est loin de l'imagerie consensuel et du lissé habituels présentés par les grands studios leaders du genre (même si on se laisse fasciner par les prouesses techniques de Disney Pixar et autre Dreamworks). Dans La Légende de Manolo, la magie est partout et ne paraît pas anormale. Tout parait assemblé de bric et de broc, pour un résultat composite un peu barré, où les personnages ressemblent à des marionnettes de bois (aurait-il voulu faire son long-métrage en stop-motion au départ ?), aux proportions surréalistes. Les adeptes d'art pictural retrouveront les multiples influences des grands peintres et sculpteurs tels que Botero, Picasso, Dali, Goya, et les Mexicains (évidemment) Diego Rivera et Frida Kalho. On sent que le réalisateur aime l'art mexicain et veut le faire partager, parfois même de façon détournée, avec un humour qui fait mouche, comme ces reprises latinas improbables de "Creep" de Radiohead ou encore de Rod Stewart. On se régale !

La legende de Manolo © 20th Century FoxLe scénario défile, les gags s'enchaînent et les situations se dénouent de façon un peu trop évidente, mais qu'importe. Le plaisir est là. Seuls quelques thèmes sont sous développés. Si l'histoire amoureuse n'est finalement qu'un prétexte (et ça n'est pas plus mal), on aurait pu voir approfondir le territoire émotionnel de la perte d'un proche, ou encore le poids des attentes de ses parents, trop vaguement exploré. Thème que le grand Guillermo del Toro, producteur du film, connaît parfaitement, lui, qui a traité de la mortalité et des cauchemars à de nombreuses reprises. Reste que les visuels nous embarquent en un clin d'œil, les personnages sont attachants, et on découvre une culture bien peu représentée dans une industrie qui se veut fédératrice et prudente.

En résumé : un vrai feu d'artifice visuel original, et un tas de références finalement plutôt à destination des adultes. Mais les enfants rigoleront aussi grâce aux personnages hauts en couleur.

               

samedi 4 octobre 2014

[Critique] Horns : Diablement audacieux (01/10/14)

HORNS 


D'Alexandre Aja
Avec Daniel Radcliffe, Juno Temple, Max Minghella, Joe Anderson...

Ig Parish est accusé du meurtre de sa petite amie Merrin. Seul contre tous, mais un atout original dans la poche, où plutôt sur la tête : des cornes. Cadeau du ciel ou poison de l'Enfer, celles-ci obligent tous ceux qui lui parlent à lui dire leurs secrets les plus inavouables. Il va se servir de ce nouveau "pouvoir" pour trouver le véritable assassin de l'amour de sa vie.



"Il faut choisir le péché avec lequel on peut vivre"


Avec Horns, Alexandra Aja et Daniel Radcliffe sortent de leur zone de confort. L'acteur a définitivement remisé au placard le costume du magicien pour devenu un acteur à part entière. Il n'hésite pas à casser son image de jeune premier en devenant un alcoolique patenté, prêt au mal pour faire sortir la vérité. Quant au réalisateur, connu pour ses films horrifiques ou grand-guignolesques, il essaie une nouvelle approche pour son 6e long-métrage. Le résultat ? Un conte fantastique  hybride mélangeant de nombreux registres, qui vont du thriller à la satire, du tragique à la comédie romantique, sans oublier la cruauté avec sa patte trash. Cette drôle de mixture donne à Horns une imagerie audacieuse, une identité marquée et bien à lui, qui démarre dès les premiers plans. Mais si les scènes s'enchaînent sans que le spectateur sache vraiment où il va et ce qui va en ressortir, la réalisation s'assagit peu à peu pour devenir plus classique. Il réussit tout de même à créer un climat entre réalisme et fantastique, avec une imagerie tantôt conte de fée symbolique, tantôt Amérique profonde.
Intéressant et déroutant tout de même car cette variété de registres, si elle est souvent jouissive et drôle, elle a tendance à neutraliser les intentions dramatiques de départ d'une même scène. Ce trip satanique se dilue dans un scénario finalement trop sage et au final un peu longuet. Pourquoi ? Trop d'explications, trop de prévisibilité, l'humour sardonique s'évapore, et le pouvoir d'Ig devient plus terre à terre et les symboles religieux plus lourdingues. Aja n'aurait-il plus fait confiance au lyrisme de son sujet jusqu'au bout ? 

Adapté d'un roman du fils de Stephen King, Horns ne dépeint pas le parcours habituel d'un homme dévoré par la peine, voulant se venger après avoir trouvé le coupable de la mort de sa bien-aimée. Il va bien au-delà. Jouant avec les symboles divins (parfois de façon trop didactique d'ailleurs), Aja ne propose pas à son personnage principal de devenir un justicier héroïque, d'avoir le beau rôle à la fin. On le sait, les méchants ne gagnent jamais. Ig ne pactise pas non plus avec le Diable, mais il prend conscience que s'il ne se dresse pas contre l'injustice qui l'accable, son âme sera perdu à jamais. Et tant pis s'il doit devenir le pire des pêcheurs pour s'en sortir. Le film s'ouvre d'ailleurs sur une citation du Paradis Perdu de Milton, "Réveillez-vous, levez-vous ou soyez pour l'éternité déchus". Un enjeu dramatique exposé dès les premières images, avec pour bande sonore Heroes de David Bowie. Daniel Radcliffe y apparaît plus mâle (Malin ?) et viril (et sexy ?) que jamais, sans oublier de garder son regard mélancolique d'homme sur qui le ciel vient de tomber. 

Radcliffe livre ici une prestation remarquable, entre rage et tendresse. Son duo avec Juno Temple est plus qu'une évidence à l'écran et fait vibrer le spectateur le plus endurci. Et le voir se transformer en monstre furieux et implacable lui rend enfin justice face aux critiques qui ne le disaient pas véritablement acteur. J'avoue, j'étais de ceux-là. Il n'y a que les idiots qui ne changent pas d'avis !

En résumé : Bonne surprise. Bon trip. Un peu brouillon mais on se laisse avoir. A regarder avec un esprit ouvert à toutes les possibilités. 


vendredi 9 mai 2014

[Trailer] La planète des singes - L'affrontement : rencontre avec Andy Serkis

Une nation de singes génétiquement évolués et de plus en plus nombreux, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui ont survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui imposera l’espèce dominante sur Terre.

Réalisé par Matt Reeves
Avec Andy Serkis, Keri Russel, Jason Clarke et Gary Oldman 

Sortie le 30 juillet




Andy Serkis était de passage à Paris fin avril pour parler de L'affrontement. Il décrit ce nouvel opus comme étant "tourné vers l'émotion, l'humanité, la transmission inter-générationnelle et la famille"
Bien évidemment, le film de Matt Reeves reprend les codes du premier film comme reflet de notre société. "Il commente et réagit face aux agissements de notre société, explique l'acteur(…) Matt a voulu le relier au film des années 60 en montrant comment l'humanité en était arrivée là, et l'évolution des singes. Ces deniers sont la nouvelle génération : ils n'ont pas complètement abandonné leur humanité mais ils se tournent de plus en plus vers leur destin simiesques. On retrouve alors un langage un peu "prototype" très spécifique, emprunt de mots humains et de vocalises de singes. D'ailleurs, on a passé beaucoup de temps à apprendre ces bruits très particuliers, et si différents d'un singe à un autre, et leurs mouvements".
Dans ce nouvel opus, on retrouve Cesar et le siens 10 ans après la rébellion des singes, qui se sont libérés des hommes et vivant à l'extérieur de San Fransisco, détruite. Cesar est devenu un leader et un père. "On nous montre leur habitat comme un lieu de vie utopique dans une forêt verdoyante, où toute vie paisible semble possible. Mais l'homme vient perturber cette communauté en venant dans la forêt. Cesar représente l'optimisme dans un monde apocalyptique, où les hommes et les singes ont la possibilité de vivre ensemble. Il devient le porte-parole de ces deux mondes pour éviter l'escalade de la violence qui semble sur le point de s'abattre sur ces deux mondes. Il a une terrible responsabilité : il doit écouter les deux camps pour comprendre leur point de vue, mais contenir les singes qui sont terriblement en colère."

Je vous laisse découvrir la suite avec cette petite vidéo

jeudi 8 mai 2014

Sublimes Angelina Jolie et Elle Fanning....


En attendant la vidéo de la conférence de presse de Maléfique, le prochain Disney, découvrez les actrices Angelina Jolie et Elle Fanning en photos...

lundi 28 avril 2014

[Trailer] Annie

Fini les boucles rousses du film de John Huston vu en 1982. La nouvelle Annie est une afro-américaine pétillante du nom de Quvenzhané Wallis. Un patronyme qu'on peut difficilement oublier (à défaut de pouvoir le prononcer comme il faut...) après sa performance dans le sublime Les Bêtes du Sud Sauvage. Son rôle de Hushpuppy a bouleversé le cinéma, et fait chavirer le cœur des spectateurs. La voilà dans un tout autre genre : la comédie musicale. A voir si elle aussi à l'aise en chantant...   

Annie est une petite fille qui vit dans un orphelinat des quartiers pauvres de New-York. Celui ci est dirigé par la tyrannique Miss Hannigan. Un jour, un milliardaire du nom de Benjamin Stacks sauve la vie de la petite fille et sous des prétextes, plus ou moins louables, décide d'adopter Annie. Tout se passe plutôt bien jusqu'au jour où attirés par une récompense le frère de Miss Hannigan et sa compagne se font passés pour les vrais parents d'Annie...

La version de Will Gluck reprend l'histoire initiale en la remettant au goût du jour : des couleurs à gogo, de numéros façon Glee, de bons sentiments et un casting plutôt alléchant, il faut le dire : Cameron Diaz, Jamie Foxx, Rose Byrne. De quoi ne pas attirer que les enfants !

En salle le 18 février 2015.

jeudi 24 avril 2014

[Trailer] Blackout total

Meghan, présentatrice télé d'une trentaine d'années, a passé une sale journée. Non seulement elle vient de se faire larguer par son fiancé, mais elle n'a pas obtenu la promotion qu'elle convoitait… Pour lui remonter le moral, ses copines l'emmènent faire la fête toute la nuit. Mais le lendemain matin, elle se réveille dans le lit d'un parfait inconnu, sans argent, ni téléphone portable. Alors qu'elle parvient tout de même à consulter sa messagerie vocale, elle apprend qu'elle est de nouveau en lice pour décrocher le boulot de ses rêves. Arrivera-t-elle à temps à la chaîne de télé pour passer une audition ? Rien n'est moins sûr…


En salle le 27 mai

https://www.youtube.com/watch?v=oge5YVXFSCc&feature=youtu.be

[Trailer] Hercule

Brett Ratner porte avec audace à l’écran les aventures du héros le plus mythique de tous les temps. Fera-il mieux que l'autre La Légende d'Hercule sorti le 19 mars dernier avec le-tout-en-abdos Kellan Lutz ? En tout cas, on pourrait le penser... Ne serait-ce qu'au niveau visuel. 
D'après la toute nouvelle bande-annonce, le réalisateur de Rush Hour 3, X-Men l'affrontement final et Le Casse de Central Park ne se refuse rien. Tout dans la démesure... à l'image de son acteur principal, à qui les cheveux longs et les sandales à lacets vont comme un gant (ou une moufle... à vous de juger). Du gros divertissement en perspective ! 

Mi-homme mi-légende, Hercule (Dwayne Johnson) prend la tête d’un groupe de mercenaires pour mettre un terme à la sanglante guerre civile qui sévit au royaume de Thrace et replacer le roi légitime sur le trône. Âme tourmentée depuis la naissance, Hercule a la force d’un dieu mais ressent aussi les peines et les souffrances d’un mortel. Sa puissance légendaire sera mise à l’épreuve par des forces obscures.


Avec Dwayne Johnson, Ian McShane, Rufus Sewell, Joseph Fiennes, Peter Mullan, John Hurt, Aksel Hennie...

Au cinéma le 27 août 2014 – en 3D

mercredi 23 avril 2014

[Trailer] The Rover

Dix ans après l’effondrement de l’économie occidentale, les mines australiennes sont encore en activité, et cette industrie attire les hommes les plus désespérés et les plus dangereux. Là-bas, dans une société moribonde où survivre est un combat de chaque jour, plus aucune loi n’existe. Eric a tout laissé derrière lui. Ce n’est plus qu’un vagabond, un homme froid rempli de colère. Lorsqu’il se fait voler la seule chose qu’il possédait encore, sa voiture, par un gang, il se lance à leur poursuite. Son unique chance de les retrouver est Rey, un des membres de la bande, abandonné par les siens après avoir été blessé. Contraints et forcés, les deux hommes vont faire équipe pour un périple dont ils n’imaginent pas l’issue…

On prend les mêmes et on recommence... Le nouveau film de David Michôd a réuni une partie de l'équipe de son très remarqué et hyper brutal Animal Kingdom. Au script, on retrouve Joel Edgerton, ainsi que Guy Pearce. Seul Robert Pattinson, qui définitivement tourné la page vampirique, fait figure de petit nouveau.

Sélectionné pour le Festival de Cannes, The Rover est décrit comme un "western post-apocalyptique". La première bande-annonce est sobre, très efficace, et forcément intrigante. Le film de Michôd ressemble à première vue à un western post-apocalyptique mais très "allégé". Côté références, on ne peut pas ne pas penser à Mad Max (les duels de voitures, sous le soleil de la fin du monde, la bande de voleurs bien cracra...). Mais Michôd semble avoir fait le choix de la plus grande sobriété. Probablement une bon parti pris... A suivre.


vendredi 18 avril 2014

[Trailer] Dragons 2

Harold et Krokmou sont de retour !

La vie s’écoule paisiblement sur l’île de Beurk... Astrid, Rustik le Morveux, Varek, Kranedur et Kognedur se défient lors de courses sportives de dragons devenues très populaires tandis qu’Harold et Krokmou, désormais inséparables, parcourent les cieux à la conquête de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l’une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, protégés par un mystérieux dragonnier... Harold et Krokmou vont alors se retrouver au centre d’une lutte visant à maintenir la paix et vont devoir défendre leurs valeurs pour préserver le destin des vikings et des dragons.

Cette nouvelle bande-annonce nous promet des aventures épiques façon Jeux olympiques pour dragons. Elle me rappelle étrangement un passage de Harry Potter et la Coupe de feu (2005), où le jeune magicien devait passer une épreuve en  allant voler un œuf gardé par un dragon, qu'il doit combattre. Mais sans aucun doute, l'univers de Dragons 2 est bien plus coloré !
Rendez-vous le 2 juillet pour voir le résultat au cinéma.

En attendant, à l’occasion du week-end de Pâques, les 5 premières minutes du film seront diffusées exclusivement en salles du 16 au 22 avril sur les séances de Rio 2

Pour voir ce nouveau trailer, cliquez sur les affiches ci-dessous :

 Trailer Dragons 2

dimanche 13 avril 2014

[Critique] States of Grace : sur le fil… de la vie (23/04/14)

STATES OF GRACE

De Destin Cretton 
Avec Brie Larson, John Gallagher Jr, Keith Stanfield, Rami Malek…

Grace est une jeune femme déterminée et sensible, plus tout à fait adolescente mais pas encore complètement adulte, elle donne toute sont énergie au foyer pour adolescents en difficulté qu'elle dirige. Ces jeunes, souvent instables à cause de leurs relations conflictuelles avec leurs parents, ne demandent que de l'attention et de l'amour. Parmi les membres de l'équipe d'encadrants, plus ou moins expérimentée, la solidarité, la bonne humeur et l'écoute ont une place majeure. L'arrivée de Jayden, jeune fille de 16 ans au look gothique, qui n'en fait qu'à sa tête, tourmentée mais intelligente, va mettre à mal les règles du centre. Dans ses tentatives de rébellion, elle va chambouler cette mini communauté et son personnel. Et surtout, elle va faire remonter des souvenirs plus perturbants dans l'esprit de Grace, la renvoyant dans sa propre adolescence trouble. 


States of Grace © Version Originale/CondorJe ne le dirai jamais assez… pas besoin de centaines de millions de dollars et des déluges d'effets visuels pour faire un bon film, qui transmet des émotions et qui est profondément bienveillant. States of Grace fait partie de ces petits bijoux produit avec peu de moyens (après le succès de sa version court-métrage) mais avec beaucoup d'amour, de subtilités et des personnages forts. Fragile mais tellement touchant, il semble est constamment sur le fil, prêt à basculer. Car les gamins dont s'occupe Grace ont de quoi tirer sur la corde sensible : camés, suicidaires, mutiques, battus… Et pourtant, Destin Cretton ne verse pas dans la larme facile et le pathos lourdingue. Ici, point de cynisme. Le cinéaste préfère jouer la carte de l'entrain et de l'humour plutôt que de montrer la descente aux enfers et les plaies ouvertes des pensionnaires du centre, comme on a si souvent l'occasion de le voir. Finalement, la vitalité et le sourire de Grace, son dévouement aux autres, donnent au film une délicatesse lumineuse, une sensibilité extrême mais contrôlée.

States of Grace © Version Originale/CondorLe réalisateur offre une vision plutôt réaliste, avec une caméra sonnant juste, fébrile et agile, qui capte les humeurs de chacun, touchant et attachant. L'humeur change, et le moindre changement affecte tout le monde. Filmé comme dans une bulle, le centre est un endroit protecteur, où les ados peuvent être eux-mêmes, sans avoir peur des remontrances. Comme c'est le cas pour Marcus, ado battu et poussé à dealer par sa mère, et qui n'a envie de quitter cet endroit pour rien au monde le jour de ses 18 ans qui approchent. Un ado qui a envie de s'en sortir, et qui pour se délivrer de sa rage et de sa haine contre sa mère s'exprime à travers le rap. Un rap vengeur qui sort des tripes. Je vous mets au défi de ne pas avoir le cœur qui se sert en l'écoutant déclamer ses paroles !  Keith Stanfield est renversant ! En même temps, le centre peut être perçu comme un bocal où l'on tourne en rond et dont on veut s'échapper, comme le jeune Sammy qui n'a qu'une idée en tête, dépasser les limites du centre où les éducateurs n'ont plus le droit de le ramener à l'intérieur.

States of Grace © Version Originale/CondorEt Grace ne coupe pas à ces montagnes russes émotionnelles. Malgré son image de femme forte au boulot, elle est aussi fragile que les autres. Elle a du mal à s'aimer et à aimer. Un manque affectif qu'elle compense en s'occupant de ces enfants perdus, quitte à oublier la sienne. En découvrant qu'elle est enceinte, elle se remet en question et sa maternité la met face à des choix : en voyant tous ces gamins détruits, elle se demande comment on peut donner la vie quand on a tous les jours la preuve que certains parents ne savent pas éduquer un enfant. Brie Larson (ici en interview sous peu), récemment vue dans The Spectacular Now, est brillante, généreuse et incarnant parfaitement cette fragilité déconcertante. Le reste du casting est d'une fraîcheur délivrante.

En résumé : portrait d'une jeune femme qui touche directement au cœur, dont le parcours s'écrit dans l'acceptation de soi et au travers des autres. 

samedi 12 avril 2014

[Trailer] 24H chrono - Live another day

Jack Bauer n'a pas fini de sauver le président ! Pour sa 9e saison, 24h chrono revient avec un Jack Bauer plus en forme que jamais. Le héros de l'Amérique avait disparu des radars, et le voilà de retour toujours considéré comme un traitre. Souvenez-vous, il est accusé d'avoir tué deux diplomates russes et la CIA le recherche pour l'enfermer une bonne fois pour toute. Evidemment, en plus de devoir sauver sa peau, il empêchera qu'une troisième guerre mondiale explose. Trop fort ce Jack !

Cette nouvelle saison, qui commence le 5 mai aux Etats-Unis, se déroulera sur 12 épisodes, donc plus de décompte en "temps réel". Mais on retrouvera la jolie Kim Raven, William Devane comme Ministre de la Défense et la geek déjantée Mary Lynn Rajskub. Des petits nouveaux sont aussi de la partie : le so Bristish Stephen Fry (A Very Englishman, l'égorgée du "Mariage pourpre" de Game of Thrones Michelle Fairley et Yvonne Strahovski (The Killer Elite). Pour l'instant, une seule saison a été commandée… Reste à savoir si Jack convainc toujours !

[Critique] Divergente : Combattre pour savoir qui l'on est… (9/04/14)

DIVERGENTE

De Neil Burger
Avec Shailene Woodley, Theo  James, Miles Teller, Kate Winslet…

Sortie le 9 avril 2014


Dans une société futuriste, anéantie par une guerre qui n'a pratiquement rien laissé, la population survivante est divisée en cinq groupes : les érudits, les les audacieux, les fraternels, les sincères et les altruistes. Chacun a un rôle précis à tenir. C'est à l'âge de 16 ans que les adolescents passent un test, confirmé ou non par leur choix propre le lendemain. Une fois choisi, le groupe ne peut être quitté. Grosse pression donc pour la jeune Béatrice, née et élevée chez les altruistes. Le jour du test, elle apprend qu'elle n'appartient à aucune caste, qu'elle est "divergente". Un statut qui angoisse autant celui qui le porte que la société qui doivent le "gérer". Elle représente une menace. Contre l'avis de sa famille, elle s'engage chez les audacieux, groupe d'intrépides, combattants sans peur, capables de défendre la population en cas de besoin. Elle va y découvrir une vie éprouvante remplie de mises à l'épreuve, et trouver qui elle est vraiment.


"La nature humaine a gâché la paix"


Divergente © SNDOn ne compte plus les films adaptés de best-sellers pour adolescents ces dernières années depuis le succès surprise du premier  Twilight : Sublimes Créatures, The Mortal Instruments, Les Âmes Vagabondes… Mais bien peu ont créé le succès au box-office. Tous aussi peu esthétiques et cousus de fils blancs… La route est donc ouverte au successeur de Hunger Games, digne d'intérêt au-delà des performances physiques de Jennifer Lawrence et des yeux de chiots perdus de Josh Hutcherson. Divergente peut donc créer al différence.

Soyons honnêtes, le film de Neil Burger n'a rien de "divergent" contrairement à ce qu'on veut bien nous faire croire. Il reprend tous les codes des teen movies sans en changer un iota, voire en resservant les mêmes ingérdients que dans Hunger Games : un monde post-apocalyptique où les gens sont ordonnés en castes, asservis par un pouvoir qui leur a échappé, une envie de révolte chez les plus jeunes, et une adolescente qui joue les sauveurs grâce à son courage et ses choix audacieux. Sans oublier la quête d'identité de l'héroïne, sa prise d'indépendance face à ses parents, son refus de se conformer aux normes, la difficulté des entraînements quasi militaires, la confiance placée en l'autre - ami ou ennemi… Des thèmes déjà abordés dans le récent, et injustement boudé, La Stratégie Ender

Divergente © Summit EntertainmentDivergente offre un thriller initiatique sur fonds de dérives plutôt intéressantes : une armée contrôlée par les érudits, sous prétexte qu'ils ont la connaissance, pour faire entrer la population dans le rang. Malgré une scène d'exposition bien trop longue, le film accroche le spectateur assez facilement. La réalisation sobre et tendue, et des moments de suspens intense, n'empêchent pas une photographie sombre et réaliste. Voilà qui fait oublier quelques maladresses comme des scènes drôles malgré-elles (elle, lui… un t-shirt enlevé… un tatouage révélé… je vous laisse deviner la suite. Ou une grande-roue escaladée avec la facilité d'une échelle. Ou encore un simple "Je t'aime" pour tout déclencher), un dénouement un peu parachuté comme un sabre dans une motte de beurre, et une romance dont les acteurs laissent penser qu'ils s'en seraient bien passée. Si le beau gosse de service Théo James est à l'aise dans son rôle de militaire sans peur et (presque) sans reproches, jouer les lovers n'est pas vraiment son truc. Mais il faut bien un peu de tendresse dans ce teen movie ! Mais attention, en prônant toujours l'abstinence avant le mariage ! Faudrait pas déconner, quand même…

Divergente 1 © SNDLe reste du casting original est assez inégal, entre stars du petit écran et du ciné indé, mais pas désagréable à regarder. Ainsi Shailene Woodley retrouve Miles Teller (toujours aussi tchatcheur et lourdingue), qu'elle a croisé dans The Spectacular Now. La demoiselle a bien grandi depuis La vie secrète d'une ado ordinaire. Elle n'a rien à envier à Jennifer Lawrence, même si, son charisme dans ce type de fille est peut être un petit peu en-dessous de celui de son aînée. Elle sera sûrement plus à l'aise dans le genre de Nos étoiles contraires à venir. Zoé Kravitz (fille de Lenny), joue désormais dans la cour des blockbusters, imitant son père présent dans les deux premiers volets de Hunger Games, et s'en sort pas si mal. Quant à Kate Winslet, improbable dans ce type de film, fait figure de relai inter-générationnel. Elle, physiquement transformée depuis l'énorme succès de Titanic, passe le flambeau à la génération suivante. L'héroïne déterminée et amoureuse du film de James Cameron est passée du côté obscure des personnages vindicatifs, digne représentante de l'âpreté politique. Et cela lui va bien !

En résumé : Malgré des inégalités, Divergente est un teen movie plutôt intelligent et bien fait, prenant trop peu de risques, qui (on espère) ne manquera pas de s'étoffer dans les volets suivants.

mercredi 9 avril 2014

[Critique] Noé : et le déluge d'effets spéciaux… (9/04/14)


NOÉ 

De Darren Aronofsky
Avec Russel Crowe, Jennifer Connelly,  Emma Watson, Ray Winstone, Logan Lerman, Anthony Hopkins,  Stephen Booth…

Sortie le 9 avril 2014

Descendant de Seth, 3e fils d'Adam et Eve, Noé vit avec sa famille, éloigné des autres hommes. Une nuit, le Créateur lui envoie un message dans son sommeil : il va détruire le monde tel qu'il est pour en rebâtir un nouveau. Il confie à Noé la difficile mission de construire une arche pour sauver "les innocents" qui habitent sur Terre, à savoir, les animaux. Dérouté, Noé va retrouver son grand père, Mathusalem pour lui demander conseil. Sur le chemin, il recueille une jeune orpheline et tombent face aux Veilleurs, anges déchus transformés en monstres de pierre par le Créateur après qu'ils ont aidé Adam et Eve chassés de l'Eden. Malgré leur réticences, ils aideront Noé à construire son arche et jouer les gardes du corps contre les hommes qui veulent se l'accaparer.


Noé © Paramount Pictures France
Le réalisateur de Requiem for a dream et Black Swan savait en s'engageant que la tâche ne serait pas facile. Tant pour le sujet religieux, qui soulève évidemment les passions des fondamentalistes chrétiens, mais aussi musulmans, pour qui représenter un prophète est contraire au Coran, que pour son traitement. Aronofsky a choisir de couper la poire en deux, entre grosse machine hollywoodienne et message de fond pas si dilué, porté par des images fortes et travaillées. 

Et pour y arriver, il ne fait pas les choses à moitié. Il suit tous les codes du blockbuster : des moyens colossaux (125 millions de dollars), un casting solide, des effets spéciaux incroyables, des scènes de bataille gigantesques, des paysages sublimes venus d'Islande… 
Noé © Paramount Pictures FranceEt pourtant, le cinéaste a su insuffler ce petit supplément audacieux quasi iconoclaste qui le caractérise. S'il est fidèle à la Bible (à quelques détails près… et pas toujours judicieux), il ne rentre pas dans le formatage du péplum parfois rasoir grâce à des éléments surnaturels, de quasi heroic fantasy. Certains crieront au blasphème, d'autres diront que cela permet de ne pas enliser le récit dans du trop classique. Ainsi les géants de pierre feront sourire à leur arrivée sur l'écran, puis tiendront leur place sous la résignation progressive du public. D'autres moments prêteront à soulever les zygomatiques : un fils obsédé par le fait de trouver une femme prend des airs d'ado en rut qui a peur ne de jamais voir le loup, une femme inféconde qui par magie du grand-père conçoit des jumelles, une colombe en gros plan portant le célèbre rameau d'olivier symbole d'une terre retrouvée… Mouais… On les oubliera comme le message écolo, qui veut que chaque animal soit sacré et que chaque fibre végétale doit être protégée… Allons, soyons indulgents ! Mais faut-il rappeler que Noé n'est qu'une adaptation, et la vision d'un seul réalisateur, et que les écritures saintes ont autant de versions que de lecteurs ? Finalement, l'important n'est pas là.

Noé © Paramount PicturesNoé est un film divertissant, qui soulève quelques questions existentielles. Aronofsky nous invite à réfléchir sur la condition humaine, sans donner de leçon de moral. A chacun de penser librement en voyant toutes les cartes posées sur la table. Le Bien ne l'est peut-être pas tant que ça, et le Mal a ses raisons d'être. L'histoire de l'homme n'est pas tout blanc ou tout noir. D'autant plus lorsqu'il est question de survie. Ainsi, Noé, guidé par la toute puissance du Ciel et ses croyances, finit par être aveugler et perdre la raison et ses sentiments. Quant à Tubal-Cain, chef des hommes impénitents et punissables, a finalement une réaction digne d'un humain et d'humaniste. À chacun sa part de monstruosité, et sa volonté de tout sacrifier pour réussir.
Noe 2 © Paramount Pictures
Et Russel Crowe incarne cette solidité à toute épreuve, avec tout de même un poil de monotonie dans la voix et dans les expressions. Et pourtant, une incroyable force et détermination se dégage de lui. Ma préférence ira pour une fois à la prestation d'Emma Watson (qui retrouve Logan Lerman après Le Monde de Charlie ). Fragile mais pas mielleuse, elle m'a littéralement attrapée dans l'une des scènes les plus terribles du film, à l'apogée du dilemme auquel fait face Noé. Je n'en dirai pas plus… 

En résumé : Aronosky donne une dimension réaliste à une histoire dense et apocalyptique, avec une élégance esthétique remarquable.




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