samedi 4 juillet 2015

[Interview] Pierre Coffin et Kyle Balda, réalisateurs du film Les Minions


Assise dans un palace parisien, entre deux petits fours et un t-shirt à l'effigie de Stuart... Une rencontre toute en sourires, détente et fun absolue avec les réalisateurs du film Les Minions. Grand écart transatlantique (et de langue pendant l'interview...) entre le plus américain des Frenchies, Pierre Coffin, et le plus fancophone des Américains, Kyle Balda.

Pourquoi avoir choisi de faire chercher aux Minions le plus méchant des méchants ? 
Kyle Balda : On a voulu jouer l’ironie autour du fait qu’il n’y a rien de méchant chez les Minions, pas le moindre bout de démon. C’est tout l’opposé, ils cherchent à travailler pour un méchant boss, être acceptés et aimés. On les découvre tous contents quand ils sont avec le T-Rex, l’homme des cavernes, ou les autres méchants de chaque époque. Et quand ils continuent à faire n’importe quoi et qu'ils les perdent les uns après les autres, on les voit tristes, sans plus aucune raison de vivre et tomber dans la déprime. 

© Universal Pictures International FranceEst-ce plus fun de bosser sur des méchants ?
Pierre Coffin : Les méchants nous éclatent parce qu’on peut tout se permettre, et tout leur faire subir (rire). Et on s’est posé la question de ce qu’on pouvait faire avec Scarlett. On a pensé à Tex Avery, et on s’est demandé si aujourd’hui, il pourrait faire tout ce qu’il a fait. La réponse est non parce qu’il ne pourrait plus faire de blagues racistes, « sexuelles » (comme avec le Petit Chaperon Rouge), ou utiliser la violence (comme taper sur un personnage avec un marteau). Ce ne serait plus possible aujourd’hui. Les chaînes se disent que ça ne peut plus passer à la télé, alors qu’elles montrent des choses bien pire. Et pourtant les Tex Avery font toujours rire. Quand je les montre à mes enfants, ils s'éclatent. Ils préfèrent leur côté transgressif, au courts-métrages tous gentillets de Disney de l'époque. Et pour ça y’a pas d’âge! Avec les Minions, ce qui est chouette, c’est qu’on nous a laissé faire tout ce qu’on voulait. On s’est quand même dit parfois qu’on allait un petit peu trop loin. Comme cette scène où les Minions se font poursuivre dans les rues de Londres par tous les méchants, et Stuart (celui avec un oeil), et est propulsé contre le bide du sumo à cause d'une explosion. En fait, au départ, il se retrouvait dans les fesses du sumo. Bon tout était graphique, il n'y avait rien de dégoutant. Mais quand on a fini la scène, on s’est dit que ça ne pouvait pas passer. Parce qu’il était carrément coincé dans les fesses. Mais je ne vais pas m’étendre sur les détails (rire).

Etait-ce difficile de faire passer les émotions sans avoir recours aux répliques traditionnelles ?
Pierre Coffin : Cela a été un challenge, surtout sur la durée (1h30). J’ai complètement sous-estimé la chose ,en fait. Ce n’est pas seulement qu'une question de mots. C’est un mélange de plein de choses pour qu’on arrive à les comprendre : la gestuelle mais aussi la petite mélodie de la voix, qui vous dit s’il est fâché, heureux, envieux… Bon, les mots sont ridicules. Ils sont chopés par ci, par là, pris au hasard en fonction de la situation, mais surtout en fonction de leur mélodie de la phrase. Je m’en suis rendu compte sur le 2e Moi moche et méchant. Cette fois, j’ai été obligé d'écrire tous leurs "dialogues" pour pouvoir construire un langage. Au départ, j’improvisais mais je peinais au bout d’un moment. Et le fait de répéter 10 000 fois la même phrase, au bout d’un moment, c’est lassant. Donc ce langage m’a permis de placer des mots de mes copains, et de plein de pays différents en fonction de leur sonorité. J’avais une bonne excuse sur ce film car on voit les Minions depuis leur création servir des méchants de par le monde, à travers différentes époques. Ils ont ainsi assimilé plusieurs langages et ont créé le leur. 

© Universal Pictures International FranceQuelles ont été vos inspirations pour créer les Minions ?
Kyle Balda : Charlie Chaplin et Peter Sellers. Ce dernier avait quelques parties parlées mais la plupart de ses scènes étaient de la pure comédie de situation et gestuelle. Ce que Chaplin avait compris d'essentiel, c’était que le public devait être capable de suivre ce que le personnage pensait et ressentait à chaque geste. Et en ce qui concerne des personnages animés, c’est encore plus vrai, car ils ne sont pas « vivants ». S’ils ne bougent pas, on voit qu’il n’y a pas de vie en eux, on ne ressent rien en les regardant. Et c’est en entrant en empathie, en s’identifiant à eux, qu’on peut comprendre que tel geste veut dire telle chose. Et on a créé des mouvements bien précis pour chaque personnage. Chacun à sa façon de bouger : Stuart est minimaliste et fainéant, alors que Bob est électrique et lumineux, donc il bouge tout le temps. 

Mais... le plus méchant des méchants est une femme !
Kyle Balda : Encore une fois on a joué sur l’ironie. Les Minions cherchent le plus grand méchant de tous les temps, et il se trouve que dans les années 1960, ils trouvent l’excellence dans ce domaine chez Scarlett. Alors qu'à cette période là, les femmes étaient plutôt des ménagères, dans la cuisine, à s’occuper des enfants, et attendre que le mari ramène les sous à la maison… On trouvait ironique que dans ce monde de vilains  (qui est très sympathique par ailleurs : il y a la famille qui les prend en stop et qui s’avère être des criminels mais bon…), Scarlett et Herb soient  bizarres. Mais en même temps, très en avance sur leur temps. Le couple que Scarlett forme avec son mari Herb est moderne : lui reste à la maison et c’est elle qui bosse. Et finalement, ils se complètent bien puisqu’ils s’entraident.

© Universal Pictures International FrancePourquoi avoir choisi les années 1960’s comme toile de fond ?
Kyle Balda : On voulait faire une histoire qui se passe avant l’arrivée de Gru, donc il fallait qu’on remonte dans le temps. Les années 1960 sont une époque fantastique car tout, le décor, les accessoires, la mode, et la musique — choisir les chansons a été très fun — tout est très riche et reconnaissable par tout le monde. Mais ce qui m’a le plus plu avec cette époque, c’est qu’il y a tellement de choses bizarres qui arrivent dans le film (cela en devient même absurde...) que de les faire arriver dans une époque révolue, cela permet de faire passer plus de choses. On peut se permettre de croire à tout et de tout accepter comme si on était dans une fable ou un conte de fée. 

Dites donc... vous en avez profiter pour vous moquer largement de nos voisins les Anglais...
Pierre Coffin : Ca se voit tant que cela ? (rire) Genre les grandes dents, le thé tout le temps, les chiens korgies… Ma BD préférée est Astérix chez les Bretons parce que justement, elle se permet toutes ces moqueries, de façon plus subtile, certes. On a voulu faire cela à notre niveau en montrant, par exemple, la reine un peu plus fun (genre elle ne ne se laisse par faire, et le soir elle va se boire des coups avec les mecs du pub), parce que si ça se trouve, elle est comme ça ! Et on a essayé de montrer une royauté vivant dans la normalité… on avait plein d’idées comme ça. Et puis le swing sixties, ça nous permettait de faire un contraste avec New York du début du film. Quand Bryan Lynch (le scénariste) nous a pitché cette idée, on s’est dit que c’était un film d’époque. Alors on a essayé de trouver de quoi rendre l’idée plus marrante (même si l’idée d’Abbey Road n’est pas la meilleure, puisqu’on doit être les 150 000e à avoir fait la même blague mais bon….(rire).

© Universal Pictures International FranceTous les méchants veulent en général conquérir le monde. Pourquoi cette fois-ci, ils se contentent de la couronne de la reine d'Angleterre ?

Kyle Balda : L’idée était de construire un passé pour le personnage de Scarlett. Cela aurait fini par être trop long à montrer, donc on a tout condensé dans cette petite histoire qu’on lui raconte avant de s’endormir. Là, on comprend que, déjà toute petite, elle voulait être une princesse, parce qu’elle voulait que l’attention soit sur elle, être aimée, et avoir tout ce qu’elle n’a pas pu avoir quand elle était petite. Donc d’être princesse à avoir la couronne, il n’y avait qu’un pas. Et quand on pense couronne en tant qu’Européen, on pense d’abord à la reine d’Angleterre. 

Si vous aviez à voler quelque chose, que choisiriez-vous ?
Pierre Coffin : Ah au secours ! J'en sais rien... je ne sais jamais répondre à ce genre de question...
Kyle Balda : Le télescope Hubble. J’aime l’idée de pouvoir regarder partout, où je veux, tout le temps. Mais je le garderais pointer vers l’espace quand même… (rire)
Pierre Coffin : Moi je ne sais vraiment pas… j’aimerais trouver quelque chose qui pourrait embêter le plus de gens, mais je ne trouve pas là tout de suite...

vendredi 19 juin 2015

[Bande Annonce] The Secret Life of Pets (Comme des Bêtes)

THIS IS LIFE OF PETS (COMME DES BÊTES)

Sortie prévue en août 2016


Quand on ferme la porte de notre nid douillet en y laissant Médor ou Minou tranquillement installé sur le canapé ou la moquette. Que se passe-t-il réellement ? On aimerait bien être une petite souris pour le savoir…

Suite au succès de Moi, moche et méchant, le studio Illumination Entertainment a lancé une suite, puis un spin-off (Les Minions, sortie prévue le 8 juillet). Mais pendant que Pierre Coffin s'attaquait à l'univers déjanté des bonshommes jaunes, son confrère Chris Renaud se lançait dans un film original intitulé The Secret Life of Pets.  Evidemment on retrouve ce qui a fait le succès de Toy Story,  à savoir des animaux qui redeviennent "eux-mêmes" lorsque leurs maîtres les laissent seuls. Ce projet se dévoile cette semaine avec une première bande-annonce très amusante.



Du félin gourmand à l'oiseau accro aux jeux vidéo en passant par le teckel amateur de massages, la vidéo est remplie d'animaux attachants. Et particulièrement astucieux !

mercredi 17 juin 2015

[Bande Annonce] Mune le gardien de la galaxie

MUNE LE GARDIEN DE LA LUNE

D'Alexandre Heboyan et Benoît Philippon
Avec les vois d'Omar Sy, Izia Higelin et Michael Gregorio
Sortie le 14 octobre 2015


Dans un monde fabuleux, Mune, petit faune lunaire et facétieux, est désigné bien malgré lui Gardien de la Lune : celui qui apporte la nuit et veille sur le monde des rêves. Mais il enchaîne les catastrophes et donne l’opportunité au gardien des ténèbres de voler le Soleil. Avec l’aide de Sohone, le fier gardien du Soleil, et la fragile Cire, Mune part alors dans une quête extraordinaire qui fera de lui un gardien de légende !


Cocorico ! L'animation française n'a pas à rougir face aux mastodontes Pixar, Dreamworks ou autre Sony Animation. Mune, le gardien de la galaxie, sélectionné au dernier Festival d'Annecy, a tout d'un grand film d'animation. Créé par les studios Onyx, la maison de prod qui gère aussi Le Petite Prince, ce long-métrage est un petit bijou de féérie et de poésie.

mardi 2 juin 2015

[Bande Annonce] Un incroyable talent

UN INCROYABLE TALENT

de David Frankel 
avec James Corden, Alexandra Roach, Mackenzie Crook, Colm Meaney, Julie Walters  

Sortie le 3 juillet en e-cinema


Inspiré d’une histoire vraie, cette comédie raconte le parcours de Paul, un timide vendeur de téléphones portables, qui n'a qu'un rêve: vivre de sa passion pour le chant lyrique. Il va finir par sauter le pas… et la Manche ! Il quitte son Angleterre natale pour une célèbre école de chant à Venise. Ce voyage initiatique l’amènera à rencontrer l’amour, à affronter le regard des autres et surtout à avoir confiance en lui. Suffisamment pour s’inscrire à la nouvelle émission de télévision qui fait sensation, Britain’s got talent…

Le réalisateur de la comédie à succès Le Diable s’habille en Prada, mais aussi de Tous les espoirs sont permis et Marley & Moi, revient tout en partitions et en notes classiques avec Un incroyable talent. Le joufflu James Corden, qui a déjà poussé la chansonnette récemment dans Into the Woods, incarne cette fois un jeune homme qui respire, mange, dort musique d'opéra. Une petite comédie britannique aux accents britanniques qui sent le feel-good movie.


 

samedi 30 mai 2015

[Critique] Ex Machina : Quand une machine prend vos émotions en otage (3/06/15)

EX MACHINA


De Alex Garland
Avec Domhnall Gleeson, Alicia Vikander, Oscar Isaac, Sonoya Mizuno

Sortie le 3 juin 2015


Caleb est un jeune programmeur informatique brillant au sein de l'entreprise BlueBook, le plus important moteur de recherche Internet au monde. Il participe à un concours pour gagner une semaine à la montagne, au côté de Nathan, le grand patron. Contre toute attente, il gagne et s'envole pour un lieu isolé de toute habitation et d'autres vies humaine que celle de Nathan et de sa silencieuse assistante. Caleb va découvrir un nouveau monde, auquel il va devoir participer à travers une expérience troublante : entrer en contact et interagir avec une nouvelle forme d'intelligence artificielle, apparaissant sous les traits d'une jolie jeune femme prénommée Ava…


L'intelligence artificielle fascine le cinéma depuis des lustres. Qu'elle soit sous les traits de Jude Law dans A.I Intelligence Artificielle chez Spielberg, des robots tueurs dans Terminator 2 ou adorable dans L'Homme Centenaire sous les traits du regretté Robin Williams, ou encore une simple voix comme celles de Jarvis dans la saga Iron Man, ou de Scarlett Johansson dans Her. Mais elle est plus souvent montrée comme un risque encouru par l'humanité, comme si les machines prenait sa place, malveillantes et incontrôlables (il n'y a qu'à voir le dernier Avengers : l'Ère d'Ultron). Prix du jury du festival de Gerardmer 2015,  Ex Machina s'intéresse davantage à l'émotionnel et à la réflexion : que se passerait-il si nous pouvions inventer une machine qui pense comme nous mais qui ne tombe jamais malade, ne faillit jamais, et capable d'empathie et de montrer des émotions humaines, assez réelles pour semer le doute dans notre (simple ?) esprit humain ? Alex Garland réussit parfaitement à instillé ce doute raisonnable dans l'esprit du spectateur : un robot est-il capable de réellement ressentir et partager des émotions avec un humain ? Si les machines parviennent au même niveau de pensée que nous, devenons-nous superflus ?

Avec la présence d'Ava, le réalisateur suggère que la création d'une intelligence artificielle ne signifie pas nécessairement notre destruction, mais une évolution vers une autre forme d'existence, une forme séduisante de mutation. Alex Garland s'intéresse aussi à ce qui fait de nous des êtres humains, doués de pensée, de conscience face à des humanoïdes, faits de puces et de circuits électriques. Caleb est là pour faire passer à Ava le test de Turing. Il consiste à mettre face à face un humain et un ordinateur, à l'aveugle, et les faire discuter. Si l'homme engage la conversation avec la machine sans qu'il soit informé s'il est en présence d'une machine ou d'un humain, et n'est pas capable de dire si son interlocuteur est une machine ou non, on peut dire que le logiciel a passé le test avec succès. Commence alors pour Caleb un drôle de jeu de questions/réponses pour savoir si Ava est autant une entité pensante et consciente que lui ou non. Débute alors une construction mentale, empathique, émotionnelle entre Caleb et Ava.

Un trio entre mensonges et dissimulations 

Ex Machina © Universal PicturesOn assiste à un jeu du chat et de la souris tour à tour cruel et magnifique, un huis clos oppressant et passionnant entre la machine, son créateur et celui qui joue finalement le cobaye. On est happé par le scénario finement manipulateur, coincé entre l'envie de croire à la naissance d'une jolie amitié (et plus ?) entre un jeune homme et une jeune femme de métal et de circuits électroniques, et une sorte d'appréhension sur le dénouement de cette histoire (remplie de surprises… que je vais taire ici) et sur le sort des personnages. Le tout sublimé par une mise en scène appliquée, une photographie quasi sensuelle et des décors intérieurs minimalistes et extérieurs impressionnants (merci la Norvège).

Caleb représente le petit nouveau d'une société qui se fait bousculer par un patron aux pouvoirs illimités et manipulateur, mais qui est fasciné par celui dont le génie n'a aucune limite. Gleeson Domhnall (Harry Potter et les reliques de la mort, Il était tempsAnna Karenine de Joe Wright) sous ses airs vulnérables et innocents, dégage un charme fou, et sa fragilité face à Ava n'en est que plus désarmante. Alicia Vikander (Royal Affairs, Anna Karenine) n'est pas en reste. Sa démarche féline, son aspect spectral, son jeu tout en nuance fait d'elle un personnage fort et surprenant. On se laisse complètement envahir par son humanité. Quant à Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis, Drive), il est déstabilisant dans ce rôle de maniaque du contrôle, mégalo, sombre, alcoolique, reclus au milieu de nulle part, mais aussi fun et décalé. Via le personnage de Nathan, Alex Garland se paie le luxe de sabrer avec un humour discret mais efficace la perte de lien social actuel d'une humanité dévouée aux machines. Mais on peut regretter qu'il ait parfois du mal à tenir les articulations de son récit avec des discours parfois un peu métaphysico-prise de tête (même si on se régale tout de même de certaines citations) qui nuisent au rythme de l'ensemble, déjà très lent.



En résumé : un conte d'anticipation contrasté, élégant et d'une grande finesse, dont la lenteur pourra affecter les mordus de blockbusters de science-fiction.


mercredi 22 avril 2015

[Bande Annonce] Le Petit Prince

LE PETIT PRINCE

De Mark Osborne
Avec les voix françaises de Florence Foresti, André Dussolier, Guillaume Gallienne, Vincent Cassel, Laurent Lafitte, Vincent Lindon, Marion Cotillard...

Sortie le 29 juillet 2015 (en 3D)


Pour réussir son entrée à la prestigieuse Académie Werth, la Petite Fille et sa maman (Florence Foresti) emménagent dans une nouvelle maison. Les vacances studieuses de la Petite Fille (sérieuse et adulte avant l’âge), rythmées par l’emploi du temps rigoureux établi par sa maman, vont être perturbées par l’Aviateur (André Dussollier), un voisin aussi excentrique que généreux. Avec lui, elle va découvrir un monde extraordinaire où tout est possible. Un monde dans lequel l’Aviateur a autrefois croisé un mystérieux Petit Prince.
C’est alors que l’aventure de la Petite Fille dans l’univers du Petit Prince commence. C’est aussi là que la Petite Fille redécouvre son enfance au travers des rencontres du Petit Prince avec le Renard (Vincent Cassel), la Rose (Marion Cotillard), le Serpent (Guillaume Gallienne), le Vaniteux (Laurent Lafitte), le Businessman (Vincent Lindon).
Elle comprendra qu’on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

mardi 21 avril 2015

[Bande annonce] Hors de portée

HORS DE PORTEE

De Jean-Baptiste Leonetti
Avec Michael Douglas, Jeremy Irvine...

Sortie le 15 juillet 2015



Pour ajouter un trophée de plus à sa collection, Madec, un richissime homme d’affaires, engage Ben, un jeune (mais expérimentée) guide de chasse. Ensemble, ils partent au coeur du désert de Mojave, une terre aussi immense qu’hostileet redoutable.
Les choses tournent mal lorsque Madec appuie trop vite sur la détente et tue accidentellement un vieil homme, ami de Ben. Décidé à cacher son crime, il propose beaucoup d’argent à Ben pour se débarrasser du corps et se taire. Mais le jeune homme refuse par droiture et amitié pour la victime. Madec décide alors de faire disparaître l’unique témoin de sa faute, et c’est un autre genre de chasse qui commence…

Entre les deux hommes se joue une partie dont l’issue sera forcément fatale. Face à la puissance et à la détermination de Madec, Ben ne peut compter que sur ses connaissances des techniques de survie et son expérience du désert... La chasse à l'homme s'avère palpitante !

lundi 20 avril 2015

[Bandes annonce] Maggie

MAGGIE 

De Henry Hobson
Avec Abigail Breslin, Arnold Scharzenegger, Joely Richardson, Laura, Cayouette...

Sortie le 27 mai 2015

Les Etats-Unis sont sous le coup d'une terrible qui se propage avec une rapidité fulgurante. Le gouvernement impose à la population de placer en quarantaine les gens infectés par ce mystérieux virus car, sinon, ils se transformeront inévitablement en zombies, coupés de ceux qu'ils aiment et de leur vie. Lorsque Maggie, une ado de 16 ans apprend qu'elle est contaminée, elle s'enfuit. Son père, Wade Vogel n'a pas l'intention de la laisser vagabonder longtemps. Il a bien l'intention de la retrouver et de la protéger envers et contre tous, même de la police, qui la cherche aussi activement...




Un extrait : "La transformation"

 

samedi 18 avril 2015

Avengers : l'ère d'Ultron : de quoi en mettre plein la vue ! (22/04/15)


AVENGERS :
L'ÈRE D'ULTRON

De Josh Whedon
Avec Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Chris Evans, Mark Ruffalo, Jeremy Renner, Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen…

Panique sur la ville, une fois de plus. Mais cette fois, le méchant vient de l'intérieur. Il n'a ni chair ni os. C'est une intelligence artificielle bidouillée par Tony Stark et Bruce Banner, ayant évolué, pris le contrôle d'elle-même, et fait corps dans l'un des robots guerriers métalliques créé par l'industrie Stark. Il se nomme Ultron. La boite de Pandore est ouverte…Ultron prend son autonomie et son libre-arbitre, et décide d'exterminer la race humaine, trop basique, limitée et auto-destructrice selon lui. Le groupe des Avengers fait face à cette nouvelle menace, mais se retrouve vite dépassé par son arrogance et sa puissance de destruction…


Avec la saga Avengers, on sait ce qu'on vient voir, et on nous met dans le bain dès les premières images. Josh Whedon ne lésine pas sur les moyens et offre de véritables moments de bravoure visuels. Du bruit, des coups de poing balancés à un rythme effréné, une caméra en perpétuelle mouvement, des batailles, de l'action, de l'action et encore de l'action… Le tout pour un final gigantesque. Too much ? Tout paraît dingue, mais dans l'univers Marvel, les acrobaties les plus folles restent plausibles… et lisibles ! Les visuels 3D ne finissent pas en bouillie cinématographique… et notre tête non plus. 

Cette mise en scène dopée aux amphétamines numériques laisse moins de place au développement des personnages. Si le collectif prime sur l'individu dans ce nouvel opus, le scénario laisse tout de même un moment-clé à chacun, mais ne va pas tellement plus loin que ce qu'on connaît déjà d'eux : sont présentes les atermoiements intérieurs de Bruce Banner, la mégalomanie de Tony Stark, les démons de la Veuve Noire, la psychorigidité de Captain America… On découvre quand même une certaine part d'ombre et de peurs révélée par le pouvoir de télépathie de Scarlet Witch, nouveau personnage joué par Elizabeth Olsen. Le duo des jumeaux qu'elle forme avec Aaron Taylor-Johnson est convaincant, et on a hâte de la retrouver dans Avengers : Infinity Wars (sortie prévue en 2018).

Ce qui est moins convaincant, ou plutôt prenant, c'est l'histoire. Des retournements avec pour explications un jargon de geek… Elle se prend bien plus au sérieux qu'elle ne le devrait. Etoffer un scénario ne veut pas dire le rendre abscons. On finit par avoir envie de le laisser tomber et de ne se contenter que des images qui défile et nous en met plein les mirettes. L'humour et le second (voire le 10e degré) son bien moins présents que dans le précédent volet, même si quelques scènes valent tout de même quelques sourires appuyés, comme celle du marteau ou encore celle de la baston entre 2 potes du groupe… (Je ne vous en dis pas plus…). Mais peut être pour mettre davantage en avant un ingrédient nouveau : la romance. Elle fait son apparition avec des petits moments de douceur bien venus dans ce monde de brutes, accompagnant des révélations personnelles (chut… no spoiler !)

En résumé : un film qui repose davantage sur ses scènes de bataille épiques que sur l'histoire de ses protagonistes principaux. Un humour moins présent. Et un méchant bien moins convaincant que Loki (Tom Hiddleston est difficilement remplaçable ! :) ) Mais on passe un bon moment… Dommage qu'il n'en reste pas grand chose en mémoire en sortant de la salle. Mais je suis pas une Marvel addict alors…


lundi 13 avril 2015

[Bande Annonce] Terminator Genesys

TERMINATOR GENESYS

D’Alan Taylor 
Avec Arnold Schwarzenegger, Emilia Clarke, Jai Courtney, Jason Clarke et Matt Smith   


Lorsque le leader  de la résistance John Connor (Jason Clarke), envoie  le sergent Kyle Reese (Jai Courtney) en 1984 pour protéger Sarah Connor (Emilia Clarke) et préserver l'avenir de l’humanité, des événements inattendus provoquent une fracture temporelle. Le sergent Reese se retrouve alors dans une nouvelle version du passé, où il est confronté à des alliés improbables, dont le Gardien / Guardian (Arnold Schwarzenegger), et à de nouveaux ennemis. Il est chargé d'une mission inattendue : reprogrammer le futur…

[Bande-Annonce] Ant-Man : la fourmi creuse son trou chez Marvel

Adapté d’une série de bandes dessinées Marvel parues pour la première fois en 1962, ANT-MAN s’inscrit dans la nouvelle phase de l’évolution de l’Univers Cinématographique Marvel et révèle pour la première fois à l’écran l’un des membres fondateurs des Avengers.   

Petit récap... 
Avant d'être Ant-Man, Scott Lang est un petit escroc, cambrioleur de haut vol. Mais il a un super-pouvoir : il est doté d’une capacité étonnante – celle de rétrécir à volonté tout en démultipliant sa force. Tel un bon Américain (comme dans tous les films de super-héros), il doit embrasser la part de héros qui est en lui. Pourquoi? Aider son mentor, le docteur Hank Pym, à protéger d’une nouvelle génération le secret du spectaculaire costume d’Ant-Man. Contre des obstacles en apparence insurmontables, Pym et Lang doivent mettre au point, et réussir, un audacieux cambriolage qui pourrait sauver le monde d’une issue fatale. Tadaaa...  




On retrouve un casting plutôt étonnant dans ce Ant-Man. Le héros costumé est interprété par Paul Rudd, plutôt connu pour ses rôles de gentil garçon ou de comique potache dans de petites comédies (En cloque, mode d'emploi40 ans, mode d'emploi, Les Grands frères, 40 ans toujours puceau...) que pour des rôles "sérieux"... bien qu'il s'y soit mis récemment avec une timide réussite (Le monde de CharliePrince of Texas...).

On retrouve aussi la Lost girl, Evangeline Lilly, qui a rangé définitivement ses flèches d'elfe, dans celui de Hope Van Dyne, Corey Stoll (Dark Places, House of Cards) dans celui de Darren Cross alias Yellowjacket (Pourpoint Jaune), Bobby Cannavale dans celui de Paxton, Michael Peña dans celui de Luis et Michael Douglas dans celui de Hank Pym. 

Réalisé par Peyton Reed et produit par Kevin Feige (toujours le même…), avec pour producteurs exécutifs Louis D’Esposito, Alan Fine, Victoria Alonso, Michael Grillo et Stan Lee, Ant-Man est un film d’aventures qui a l'air plutôt intense dont les enjeux n’ont jamais été aussi élevés. Reste à savoir si cet homme-fourmi sera aussi cool et fun que ses copains d'Avengers

Il sera sur les écrans le 17 juillet aux États-Unis et en France le 22 juillet 2015.

mardi 7 avril 2015

[Critique] Cake : Recette amère d'une vie brisée (08/04/15)

 
CAKE

De Daniel Barnz
Avec Jennifer Aniston, Sam Worthington, Chris Messina, Anna Kendrick, Adriana Barraza, Felicity Huffman, William H. Macey…


Claire passe ses journées à se traîner, seule et la plupart du temps allongée, à s'enfiler des pilules contre la douleur. Véritable accro aux antalgiques et un tantinet suicidaire, elle souffre le martyr, physiquement et psychologiquement, à cause d'un accident de voiture qui l'a laissée défigurée, à demi handicapée, et sans son petit garçon. Dépressive et remplie de colère, elle ne met pas beaucoup de volonté à ses séances de rééducation. Seule sa femme de ménage, dernier vaillant petit soldat à ne pas la laisser tomber, la ballade en voiture en position couchée, comme presque déjà morte (comme le "A" du titre). Quand l'une des membres de son groupe de soutien met fin à ses jours, elle rend visite à son mari avec une curiosité tordue (voire malsaine), alors qu'elle la connaissait à peine. Ensemble, ils vont s'entraider, se reconstruire, sans en avoir l'intention avouée

Cake est un film bien étrange. Produit par Jennifer Aniston, ce drame indépendant sur une femme en quête de rédemption donne à l'actrice une occasion de montrer qu'elle n'est pas que la rigolote de service dans des comédies lourdingues (Qui veut tuer son boss ?, Les Miller - une famille en herbe) ou des romances à l'eau de rose déguisées (Polly and I, La rutpure, Marley & Moi). Claire est un rôle de composition lourd, qui ne se contente pas de 3 grimaces de douleur et de deux ou trois "aouch" par-ci, par-là. Cette petite bonne femme acariâtre à l'humour vache et caustique a perdu son humanité avec son accident. Aniston laisse pour l'occasion son brushing parfait et son maquillage impeccable pour un visage sans fard et quelques kilos en trop, et ses vêtements sexy pour des joggings et de longs pulls loin de l'être. On sent l'actrice à la recherche de crédibilité, et qui veut prouver qu'elle en a sous le capot, comme dans The Good Girl de Miguel Arteta.
Au-delà de ce passage en force artistique, un peu en désespoir de cause, elle nous embarque dans un film qui ne ressemble à aucun autre. Elle prouve qu'elle sait jouer malgré une intrigue peu passionnante, sans grand but, ni même perspective, mais perturbant. Sans jouer du pathos et de la larme facile, Cake retrace le délitement de la vie d'une femme qui avait tout construit pour être heureuse, et que la vie n'a pas épargné. Claire devient insupportable et tenter d'entraîner les autres dans sa chute, leur faisant vivre un enfer. On ressent un malaise et l'aspect anxiogène de ses prises de médicaments incessantes, de ces siestes à rallonge à n'importe heure de la journée, de ses caprices suivis de silences interminables, et d'autant plus, de ses crises suicidaires passagères. Même ses "petits coups vite faits" avec l'homme à tout faire ont une odeur nauséabonde et morbide. Malgré tout, on compatit et on a mal pour Claire. Et on comprend pourquoi sa femme de ménage, qu'elle traite comme une moins que rien, ne la laisse pourtant pas tomber. Des tas de promesses déçues
Il manque pourtant quelque chose qui ferait de Cake un bon film, au-delà de la tentative de performance d'acteur. Les personnages sont effleurés, les relations entre eux superficielles, même celle que Claire et Roy (le mari de la défunte) essaie de construire dans leur malheur respectif sonne faux car peu creusée ou trop facile. On se demande bien d'ailleurs ce que vient faire l'Anglo-australien Sam Worthington dans cette histoire… Heureusement, on ne tombe pas dans le happy end final qui aurait ajouté LA fausse note à l'ensemble. L'ensemble oscille finalement entre deux tons et hésite à faire un choix radical entre la comédie dramatique grinçante et critique (car les réflexions de Claire font parfois sourires jaunes) et l'histoire pleine de bons sentiments déguisés (et pas si bien cachés). 

En résumé : Un film qui promet beaucoup de choses mais qui au final nous laisse un peu tomber, malgré une jolie performance de Jennifer Aniston

lundi 6 avril 2015

[Critique] Dark places : labyrinthe psychologique trop facile (08/04/15)

© Mars Distribution
DARK PLACES

De Gilles Paquet Brenner
Avec Charlize Theron, Nicolas Hoult, Chloé Moretz, Corey Stoll, Tye Sheridan, Christina Hendricks…

Sortie 8 avril 2015


En 1985, Libby Day a 8 ans. Un âge auquel aucun ne devrait être confronté à la violence, et encore moins aux meurtres de sa mère et de ses deux sœurs. Pétrifiée par la peur et déboussolée, elle désigne son grand frère comme étant le coupable, une accusation facile au vu des circonstances qui l'accusent. 30 ans plus tard, Libby est contactée par le Kill Club, un groupe d'enquêteurs amateurs qui la convainc de se replonger dans ses souvenirs pour faire émerger de nouvelles hypothèses concernant cette sordide affaire, et la possible innocence de son frère. Sans le sou et paumée, Libby accepte contre de l'argent d'ouvrir la boite de Pandore…


© Mars DistributionGillian Flynn, l'auteure du déstabilisant Gone Girl, est une fois de pus adaptée sur grand écran avec son troisième roman Dark Places. Mais contrairement à David Fincher, la réalisation du Français Paquet-Brenner n'est pas à la hauteur du maître. Si comme Fincher, il reprend la chronologie montée en flash-backs récurrents entre aujourd'hui et la période où les meurtres ont eu lieu, le résultat est un peu classique, sans prétexte de perspective subjective de l'héroïne, puisque pas de journal intime comme dans Gone Girl.  Dark places devient une partition où la mécanique de l'effet est trop visible, une mise en scène arythmique et une intrigue alambiquée trop prévisible, sans que les coupables surprennent. Mais là où le bât blesse vraiment, c'est lorsque le scénario part sur les traces du réalisme social, qui s'enfonce rapidement dans le mièvre, sonnant creux. N'est pas Ken Loach qui veut ! Le réalisateur s'embourbe avec maladresse dans une Amérique redneck loin du rêve américain, détruite par les problèmes d'argent, d'alcool et de violence. Et là, tous les clichés sont présents : les esprits étroits au point de sacrifier des ados sur l'autel du satanisme (accusés à tort ou à raison ?) sous prétexte de rumeurs et du manque d'instruction, la bourgeoisie qui montre du doigt les pauvres comme des pestiférés, les dealeurs en manque qui viennent perturber leur ex-famille histoire de mettre un peu le bazar… Résultat : un scénario pourtant pas si malhabile au départ, se prenant au sérieux, très premier degré sans un gramme de recul nécessaire, et avec un final à la limite de la série B.

© Mars Distribution
© Mars DistributionPour réhausser ce thriller psychologique un peu formel, on compte sur l'étonnante Charlize Theron qui, en général, assure plutôt bien ses transformations (qui lui ont fait gagner un Oscar pour Monster). Si son jeu est captivant, on sent tout de même le manque de naturel et d'authenticité dans ce changement de peau. Passant de la sublime créature égérie pour Dior à la fille désargentée, au t-shirt troué, au jean plus que cradingue, l'ensemble souligné par une tête de 3 pieds de long cachée par une casquette, genre "j'ai vécu l'enfer, foutez-moi la paix"… Pourquoi pas ! On a envie d'y croire, mais… tout ça fait un peu calculé. Et pourtant, c'est finalement celle qui nous prend par la main et ne nous la lâche qu'à la fin (un petit peu avant, pour être franche…). 
Malgré tout cela, on se laisse embarquer, et finalement, les plus vrais et fascinants sont les acteurs jouant le rôle du frère incriminé, Tye Sheridan (Mud, Joe) et Corey Stroll (House of cards, The Strains). Sans tomber dans le spoiler, ces hommes qu'on accable de tous les maux essaient de faire de leur mieux pour plaire à leurs femmes (mère, soeurs…), alors qu'on les rabaisse en permanence. L'auteure de Gone Girl a de la suite dans les idées, car une fois de plus, l'homme n'est pas ce qu'il paraît au départ…

En résumé : Pas aussi poisseux qu'on n'aurait pu l'imaginer au vu du synopsis, Dark places est glacé et parfois glaçant mais ne parvient pas à convaincre complètement de son authenticité.

samedi 4 avril 2015

[Avis] En route : l'invasion… tro-gnon (15/04/15)

EN ROUTE 

De Tim Johnson
Avec les voix françaises d'Alex Lutz, Leïla Bekhti…

Sortie le 15 avril 2015

Les Boovs, aliens à l’ego surdimensionné, choisissent, pour échapper aux Gorgs leurs ennemis jurés, de faire de la Terre leur nouvelle planète d’adoption. Mais Oh, l’un d’entre eux, va révéler accidentellement la cachette de son peuple…
Contraint de fuir, il fait la connaissance d'Apéritif (alias Tif), une jeune adolescente, à la recherche de sa mère.  Ensemble, ils vont devenir d’improbables fugitifs embarqués dans l’aventure de leur vie et vont réaliser que les enjeux auxquels ils font face sont beaucoup plus complexes que de simples mésententes intergalactiques.


Au vu du pitch et des premières images, En route paraissait un gentil buddy movie avec une pincée de film de cavale sans autre prétention que de rajeunir son public, et lui mettre des arcs en ciel plein les yeux. Finalement, on se retrouve avec un film transgenre, qui se plaît à brouiller les pistes. Mais les beaux jours du toujours innovant studio Dreamworks Animation semblent s'être un peu assombris. Si En route cherche à reproduire le schéma personnages que tout opposent / remise en question des règles établies qui avait fait le succès de Dragons et Dragons 2, il semble ne pas arriver au niveau de son prédécesseur, ou de ses successeurs Les Cinq Légendes, Turbo ou Les Croods.

En route se veut définitivement plus cartoonesque que les précédents films du studio à la Lune (il aurait fallu le proposer à Sony Animations et Andrei Tartakovsky !). Il se contente d'une histoire facile, sans réels fondements, avec une écriture très aléatoire, au seul but (assumé) : accumuler des gags de situation, des blagues régressives (faciles ?), en oubliant les enjeux émotionnels. Bien dommage quand, en toile de fond, il parle de la séparation d'une mère et de sa fille, de la solitude d'un personnage évincé de sa communauté, etc. 
Le film prend tout de même le risque de sortir des schémas balisés et de jouer sur la carte délire à fond les ballons (tant que la technique le permet). L'ensemble est plutôt agréable à regarder (entre autre voir Oh changer de couleur en fonction de son état émotionnel), souvent drôle; mais il ne laisse pas grand chose en mémoire une fois les lumières de la salle de ciné rallumées. Très bien pour nos petites têtes blondes. Mais un peu superficiel pour les plus grands. Seul le dernier tiers du film semble tenir davantage de promesses, avec des enjeux plus réels, de vraies émotions (un peu téléguidées quand même) et le fameux "message à retenir" destiné aux enfants.
Finalement, le problème ? Un script sans bases solides, avec une exposition des héros trop rapide, un univers trop flou, et un final trop attendu. L'ensemble des scènes sont seulement liées par les chansons de Rihanna (qui double Tif), faisait apparaît la chanteuse comme le seul atout commercial à mettre en avant. Et pourtant, En route propose une richesse incroyable dans les différents mondes (des Boovs et des Gorgs), mais elle est sous-exploitée. 

En résumé : un vrai bonbon Arlequin qui réveille les papilles mais dont le goût ne reste pas longtemps dans la bouche.

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