vendredi 20 janvier 2012

Critique : Sherlock Holmes : jeu d'ombres : Un course-poursuite haletante (25/01/12)

En prononçant "L'enquête est rouverte..." à la fin du premier opus, il était évident que nous retrouverions le détective et le médecin britanniques dans de nouvelles aventures. On prend les mêmes et on recommence ? Sherlock Holmes et son acolyte, le Dr Watson, sont entraînés dans une enquête encore plus complexe que la première. Ce qui n'est pas pour déplaire aux neurones aiguisés du locataire de Baker Street. Il va être confronté à son pire ennemi : le professeur James Moriarty, le criminel à l'esprit le plus affûté connu sur Terre. Entre eux va s'engager un jeu où les participants -- du même calibre -- va se transformer en compétition mortelle, où chacun d'eux aura besoin de l'autre pour atteindre ses objectifs. Mais qui va gagner ?


L'histoire :
© Warner Bros
Le spectateur retrouve ses héros là où ils les avaient laissés : Watson (Jude Law) est sur le point d'épouser la douce Mary, et Holmes (Robert Downey Jr), totalement déjanté, sombrant dans les vapeurs d'alcool tout en testant de nouveaux gadgets. Une vie tranquille en soi... C'était sans compter les desseins du professeur James Moriarty (Jared Harris). Celui-ci fait son entrée en scène dans le monde en mettant à profit son intelligence au service de plans diaboliques, sans aucun scrupule ni sens moral. Aux quatre coins de la planète, on apprend que des puissants industriels tombent les uns après les autres dans des circonstances plus que suspectes. Personne ne fait de lien entre ces funestes événements sauf le facétieux Sherlock Holmes. Ce dernier y voit là une main maléfique voulant semer la mort et la destruction. Mais qui peut bien être à l'initiative d'une telle horreur ? Sherlock Watson décident d'unir leurs compétences une nouvelle fois pour démasquer le coupable. Depuis Londres, où il rencontre la jeune Simza (Noomi Rapace), leurs investigations les mènent à Paris, en Allemagne, en Suisse et leur font prendre des risques de plus en plus difficiles à gérer. Moriarty semble toujours avoir un coup d'avance sur eux. Mais s'ils ne réussissent pas leur mission, il semble qu'au-delà de la richesse et du pouvoir que pourrait accumuler le professeur, la face du monde pourrait bien s'en trouver bouleverser...

© Warner Bros
"C'est notre dernière enquête Watson. J'ai l'intention de vivre pleinement cette aventure"

© Warner Bros
Le jeu du chat et de la souris, du gendarme et du voleur... Holmes veut arrêter Moriarty, et Moriarty veut hacher menu Holmes. Une chasse à l'homme où tous les coups sont permis, même les plus tordus. Dès le départ, on se retrouve dans le bain. Explosion impressionnante, cavale enclenchée, sous-fifres remis à leur place grâce à des tours de passe-passe... Holmes n'a pas perdu de sa verve et de son habilité. Une mise en scène rapide et qui claque ne laisse aucune place au temps mort.
Ralentis, flash-backs et flash-fowards montrent la rapidité de la matière grise du détective en action, pour un script peaufiné au détail près.

© Warner Bros
Cascades, micro-visions détaillées et balles qui sifflent entre deux réparties mordantes. Celles-ci s'enchaînent, montrant les deux compagnons d'aventure comme vieux "couple" qui ne sont plus à un reproche ou un pic près. Un schéma déjà vu dans de nombreux films d'action où deux héros préfèrent s'en mettre plein les moustaches et continuer la bagarre plutôt que d'apprécier les moments de répit en silence... Une cadence infernale pour le grand plaisir du spectateur. L'alchimie fonctionne toujours. Elle est loin l'image du détective en charentaises, à la pipe recourbée et au couvre-chef étrange avec ses oreilles rabattues !
Jared Harris (vu dans Mad Men), impeccable de froideur telle une ombre inquiétante sur l'avenir de l'Europe, s'oppose avec justesse aux clowneries de Robert Downey Jr. Avec son visage de Monsieur-tout-le-monde, se fond dans la masse pour mieux arriver à ses fins. Trop identifié, le visage d'un acteur plus connu aurait pu ruiner l'effet de surprise de ce méchant imprévisible. Quant à la jeune Noomi Rapace en diseuse de bonne aventure est loin de faire figure de faire-valoir ou de l'image de la jeune fille en détresse. Elle est en train de se faire une place méritée dans le cinéma internationale. Elle est annoncée à l'affiche de plusieurs projets d'envergure dans les mois à venir.

© Warner Bros
© Warner Bros
En résumé : Entre science-fiction et terrorisme, on retiendra l'ambition d'un scénario complexe qui développe une menace planétaire. Une mécanique sans accro qui divertit mais sans réelle surprise. Quoi d'autre inventer si un troisième opus devait naître ? Difficile de ne pas penser à un changement de réalisateur afin d'apporter un œil neuf et de nouvelles idées, malgré la travail remarquable de Guy Ritchie... jusque là.

jeudi 19 janvier 2012

Un vampire de Twilight s'invite dans True Blood

Les "gentils" vampires de la mielleuse saga Twilight auraient-ils envie de se dévergonder chez les "méchants" de True Blood ? C'est ce qu'annonce le site Deadline. Mais qui donc va sauter le pas vers la débauche, la luxure et l'arrachage de tripes dans la "paisible" ville de Bon Temps ? Christopher Heyerdahl. Il a incarné Marcus, un Volturi carnassier et furieux qui veut la peau du diaphane Edward Cullen dans trois des films de la saga. Habitué du monde des Enfers, il a aussi été un démon dans Supernatural et Sanctuary. Dans la saison 5 de True Blood, il sera Dieter Braun, un vampire très ancien et très puissant... comme beaucoup d'autres, au côté de Christopher Meloni. Ça va saigner !


(c) Summit Entertainment


mardi 17 janvier 2012

Fini les vampires, place aux zombies avec Warm Bodies

Après la moue désespérée et le visage de craie de Robert Pattinson dans son rôle de vampire végétalien, Summit Entertainment nous présente son nouveau héros romantique de Warm Bodies. Avec un visage non moins réjoui et tout aussi torturé que celui d'Edward Cullen, Nicholas Hoult (le nouveau talent britannique que le tout Hollywood s'arrache) sera le zombie dont les ados vont tomber amoureuse.
© Summit Entertainment

Warm Bodies est l'adaptation du phénomène littéraire éponyme d'Isaac Marion pourrait bien mettre au rencard les vampires (mielleux ?), en imposant ses zombies capables de sentiments. Aux commandes de ce qui s'annonce comme un hold-up cinématographique, l'excellent Jonathan Levine (récemment nommé aux Golden Globes pour le film 50/50).

À quoi doit-on s'attendre ?

© Summit Entertainment
Les zombies ont envahi le monde. Mais l'un d'entre eux (Nicholas Hoult), décidément pas à l'aise avec sa condition de mort-vivant, n'aime pas faire de mal aux humains. Et pourtant, après avoir dévoré un jeune homme, il va se lier d'amitié avec sa petite amie (Teresa Palmer). Vous avez dit glauque ? Cette relation va bousculer les conventions établies entre les hommes et les zombies. Ca ne vous rappelle rien ? Le petit truc en plus réside dans le caractère du personnage principal : malgré son état de zombie, il lui restent des souvenirs de sa vie passée. Ces réminiscences vont le pousser à dépasser ses instincts les plus primaires pour laisser place à sa part d'humanité.

Va y avoir de la bagarre !

Les sentiments, c'est bien joli. Mais la baston, ça donne un peu de peps' ! Et le général Grigio va s'employer à dynamiter tout cela ! C'est John Malkovitch, las de faire du chantage et de piquer des doses de café à Georges Clooney, qui va endosser le rôle du tueur de morts-vivants. Et il n'aura aucune pitié, même pour ceux encore capables d'affection. Pour compléter le casting, Teresa Palmer, habituée à chasser les monstres depuis Numéro Quatre, et Rob Corddry (essentiellement correspondant pour le Daily Show de Jon Stewart et acteurs de comédies telles La Machine à démonter le temps ou Les Rois du patin) qui sera le zombie "M" possédant lui aussi un brin d'humanité.



Mais qui est Nicholas Hoult ?

Les yeux bleus de Nicolas Hoult auraient pu être ceux du digne descendant de Hugh Grant. Mais ces deux acteurs britanniques n'ont partagé leur lien de parenté que dans le film Pour un garçon en 2002, comédie dramatique qui a lancé la carrière internationale du jeune Nicolas. Celui-ci est apprécié en star trash dans la série Skins, (version UK, of course), puis il est repéré par Tom Ford qui le dirige dans A Single Man. Et l'étoile n'a depuis cessé de monter et les projets affluent. X-men : le commencement, Le Choc des Titans, Jack le tueur de géant ou Mad Max IV - Fury Road... Une filmo aux gros biscotos, qu'on espère s'étoffer tout en subtilité...


lundi 16 janvier 2012

Et si les vampires de Forks débarquaient à la télé ?

Comme dans toute bonne franchise, en bon produit marketing, Twilight se multiplie à l'infini. Il faut dire, il n’y a pas de petits profits. Après avoir envahi les étagères des librairies (et des chambres d'ados et des grands ados), fait un carton planétaire au cinéma, Twilight risque d'envahir un nouveau secteur.
La société Lionsgate (les détenteurs de la licence Twilight) via son président Jon Feltheimer, a annoncé que les vampires de Forks pourraient débarquer vous sucer votre argent, euh... votre sang, via la télévision. "Je n’arrive pas à croire qu’un film qui fasse plus de 700 millions de dollars au box-office ne soit pas exploité. Twilight est une franchise fantastique", a-t-il précisé.
Peut-être n'a t-il pas envisagé l'éventuelle lassitude du public si les films passaient en format 52 min ? Et surtout, sans Robert Pattinson ni Kirsten Stewart, la saga aura-t-elle le même goût ? Pas si sûr...

Incarcération sous-haute surveillance sur l'île d'Alcatraz

Les nouvelles séries de mi-saison débarquent une par une. Parmi les plus attendues, Alcatraz. Le pilote de ce show créé par le grand J. J. Abrams (créateur de Lost, Alias ou encore Fringe) sera diffusé ce soir sur la Fox.







  
De quoi est-il question ? 

@ Fox
J. J. Abrams embarque les téléspectateurs à nouveau sur une île. Non pas après un crash d'avion ou pour se la couler douce au soleil... mais pour une enquête. Entre fantastique et thriller, l'histoire suit deux investigateurs (un geek expert de la prison d'Alcatraz et un officier de police au passé trouble) qui tentent de comprendre pourquoi et comment 302 détenus de la célèbre prison ont pu disparaître comme par enchantement en 1963, et réapparaître à notre époque... sans avoir pris une ride ! Le pilote s'attachera davantage sur l'enquête que sur le mystère en lui-même. Le créateur aurait-il peur de noyer ses spectateurs trop vite ?

Qui sont les "taulards" ?

@ Fox
Un casting de têtes connues des sériphiles : Sarah Jones (aka Polly Zobelle dans Sons of Anarchy), Sam Neill (Aka Dr Alan Grant dans Jurassik Park) et Jorge Garcia (aka Hugo "Hurley" Reyes dans Lost). Cela suffira-t-il pour attirer les déçus de la fin de Lost et redonner confiance à ceux qui ont essayé de suivre la (pitoyable ?) précédente création de Sir Abrams, Undercovers ?  Ce dernier se veut plutôt prudent quant au succès à venir d'Alcatraz. Une leçon qu'il aura apprise avec Lost : pour élargir son audience, il faut éviter de faire une série où manquer un épisode est synonyme de perte partielle des téléspectateurs. Alors succès annoncé ou soufflé qui va retomber ? Le mystère reste entier.

Avant d'arriver sur TF1 (date non dévoilée), les épisodes seront disponibles sur son service à la demande le lendemain de la diffusion.



vendredi 13 janvier 2012

Les bestioles des contes de Grimm débarquent en France

C'est sur la chaîne câblée SyFy que la nouvelle série Grimm va dévoiler ses contes en France à partir d'avril prochain. Ce show fantastique, actuellement diffusé sur NBC aux États-Unis, raconte l'histoire d'un détective privé qui découvre que son arbre généalogique est peuplé de chasseurs de créatures naturelles. Il se murmure que la série a aussi été achetée par TF1.

Après la diffusion de près d'un tiers de la série, Grimm apparaît un peu décevant. Comme précédemment supposé, la série finit par ne pas innover et se complaît dans une succession d'affaires policières, sans apporter ce petit plus fantastique qui aurait dû faire sa force et sa différence. Dommage ! Malgré tout, Grimm est un bon divertissement qui se laisse regarder sans bouder notre plaisir. On compte sur la deuxième partie de saison pour mettre le turbo.


lundi 9 janvier 2012

Une nouvelle série pour Frances Conroy (American Horror Story)

A peine la saison 1 d'American Horror Story terminée, l'actrice Frances Conroy (alias Moira) a rangé son plumeau et son tablier de soubrette pour incarner le rôle principal dans un nouveau projet futuriste de la chaîne FX. 
Après avoir rôdé 5 saisons autour de la mort dans Six Feet Under (pour lequel, elle a remporté un Golden Globes), joué les mères pour Barney dans How I Met Your Mother, et fait des apparitions dans Mentalist, Desperate Housewives et Grey's Anatomy, l’actrice vient d'être embauchée dans Beautiful People, le show que lancera prochainement NBC, selon Deadline
De quoi est-il question ?
Lydia (Frances Conroy) est une femme très riche dont le mari a fondé une entreprise qui fabrique les Mechanicals, des robots mécaniques qui ressemblent aux humains, mais considérés comme des citoyens de seconde zone.

En attendant, les créateurs d'American Horror Story (nominé aux Golden Globes dans la catégorie Meilleure série dramatique) ont dévoilé quelques info sur les saisons prochaines de leur show horrifique. (ATTENTION SPOILER - pour lire surligner la phrase suivante) Une fois les Harmon occis et les nouveaux arrivants chassés (FIN SPOILER), il n'y aura plus d'intrigues dans cette maison hantée. Car chaque saison aura sa propre histoire et un nouveau lieu, selon ses créateurs. 

© FX
La famille Harmon est-elle définitivement remisée au sous-sol ? "Connie Britton et Dylan McDermott ne camperont pas les héros de la saison 2. On adorerait qu'ils reviennent (les acteurs sont actuellement en pleine négociations, ndlr), peut-être dans un petit rôle ou juste une apparition", a toutefois tempéré Ryan Murphy. Le concept de la maison hantée est lui aussi abandonné pour la saison 2. "Il y a toutes sortes d'histoires d'horreur. Il y a des serial killers, des histoires de prison, des histoires vraies de meurtres... Chaque année sera conçue comme une mini-série. La seule chose qu'on se refuse à faire est une saison sur les vampires", précise Ryan Murphy. Une manière de "créer" une série dans la série  tous les ans pour ne pas lasser. Une façon aussi d'attirer pendant quelques semaines (ou quelques mois) des grands noms du cinéma (comme Jessica Lange) qui veulent s'essayer au petit écran sans pour autant signer pour des lustres. Pour seul indice, Ryan Murphy a révélé que des indices laissés dans le dernier épisode (lors de l'accouchement) préfigurent la saison 2. " Re-visionnez cette scène plan par plan, vous saurez". Eh bien, il va falloir sortir le ralenti et la loupe ! 

© FX




American Horror Story : la maison des horreurs vit toujours

Plus la peine d'aller au cinéma pour se faire peur... la télé a pris le relais et le fait plutôt bien ! Avec American Horror Story, Ryan Murphy et Brad Falchuk (papas du sensuel Nip/Tuck et du carton musical Glee) ont décidé de nous fiche la trouille dans le fond de notre canapé. Au vu des premiers synopsis, on pourrait se dire qu'ils nous refont le coup de la maison hantée, un concept usé jusqu'à la corde, raillé et tombé en désuétude. Mais ce show horrifique a un truc en plus, un supplément d'âmes (vagabondes) aussi attachantes que terrifiantes (avec un petit faible pour Tate, adolescent torturé et... psychopathe.


De quoi s'agit-il ?

 © FX
Vivien (Connie Britton) et Ben (Dylan McDermott), un couple en pleine crise vivant à Boston décide de déménager à Los Angeles suite à l'infidélité de monsieur, afin de repartir sur des bases saines. Une maison à un prix imbattable est justement à vendre. Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que cette superbe demeure victorienne a été le théâtre d'un crime, puis d'un suicidait d'autres choses pas jolies-jolies. L'affaire est conclue lorsque leur fille Violet (Taissa Farmiga), jeune ado rebelle et fan de mystères glauques, décide de faire un petit tour dans les sous-sols... pas si inhabités qu'il n'y paraît. Rattrapée par le passé de cette maison, la famille Harmon va devoir faire face aux anciens occupants, qui préfèrent effrayer leurs nouveaux colocataires (jusqu'au sang) que de les dorloter. Il y a même une voisine qui prévient le visiteur courageux dès la porte d'entrée passée : "Si vous entrez dans la maison, vous allez mourir." Les voilà avertis ! Et les spectateurs aussi...


"Normal people scare me"


 © FX
Une fois de plus, le génial cerveau sériphile de Ryan Murphy a encore frappé. Malsain, trash, sanglant (mais pas trop...), un brin loufoque (sous acide ?) et coquin, et un suspense à couper au couteau (sic), American Horror Story bouleverse les codes de l'horreur télévisuelle. La ménagère de 50 ans peut aller se cacher derrière son tablier ! Les autres, deviendront vite accro aux aventures des personnages finalement aussi barrés, sous leurs airs de famille de classe moyenne. Qui de Constance, la voisine sexagénaire élégante et inquiétante (incarnée par la fabuleuse Jessica Lange), qui fourre son nez partout, de Tate (Evan Peters), l'ado meurtrier de masse ou de Moira, la gouvernante lubrique aidera cette famille à survivre à la malédiction des lieux ?


Nos émotions font le grand 8 et se voient lentement décupler avec un sens esthétique, un sens de la mise en scène (des apparitions flash morbides reprenant les codes du genre, la présence de jumeaux roux comme un clin d'œil à Shinning...
) et une musique qui après la fin de la première saison, nous scotchent encore. Naissent épisode après épisode les questions, comme des souris qui grignotent peu à peu notre cerveau à la recherche de la solution pour recoller les morceaux de ce puzzle fantastico-horrifique. Les personnages (plus ou moins débarqués d'autres séries comme Heroes, True Blood, Zoey...) nombreux à graviter entre la cave et les étages, laissent en nous une certaine confusion. Sont-ils vraiment vivants ?  Entre rêves et réalité, les réponses se dessinent un moment pour nous disparaître aussi vite, sans nous égarer totalement pour autant.


Mais... trop, c'est trop !


© FX
Les puristes du genre diront que tout ceci n'est qu'une farce bien palotte, et riront des nombreux côtés absurdes et capillotractés de l'histoire et des personnages. Et ils n'auront pas tout à fait tort. Il est vrai que certaines scènes (comme la dernière du dernier épisode de la saison) sont parfois too much, et peut parfois ressembler à un grand déballage bordélique de clichés du ciné gore. 
© FX
La vie après la mort selon Murphy et Falchuk semble n’obéir à aucune règle précise, et laissent un goût de travail brouillon. Les morts peuvent se balader comme bon leur semble, même en dehors de la maison (SPOILER ou presque puisque Violet, elle, ne peut pas quitter la maison... ou du moins quand ça arrange les scénaristes). Ils peuvent aussi devenir visibles quand bon leur chante, interagir avec les vivants, et même coucher avec et SPOILER mettre une femme en cloque au passage (si, si, les petits têtards restent très compétitifs même des années après la mort !). Fashionistas ou coquets, ils peuvent changer leur apparence, comme Moira, tantôt jeune rousse incendiaire, tantôt vieille fille abusant du shampooing colorant rouge, ou Vivien qui change de fringues pour Noël... parce que bon, c’est pas parce qu’on est mort qu’on doit avoir l'air d'un sac poubelle oublié dans le fond du cave ! Malgré tout laissez faire votre imagination et laissez-vous entraîner dans cette maison un peu spéciale... même si le résultat est une bonne poilade.


En résumé : Après les trois premiers épisodes un peu déroutants, on revient avec délectation et chair de poule pour notre tour de toboggan infernal parmi ces êtres à part. Cette série-événement a rassemblé en moyenne près de 3 millions d'accros sur la chaîne FX (petite sœur de la Fox). À titre de comparaison, le très suivi serial killer Dexter a réuni 2 millions de fidèles avec sa saison 6.


© FX


vendredi 6 janvier 2012

Raiponce, la suite ? Seulement un court-métrage

© Disney
"Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants". Voilà comment la plupart des contes de fées se terminent, mais on n'en voit jamais la couleur ! Eh bien c'était sans compter la jolie Raiponce et Flynn, son amoureux chapardeur. Les studios Disney sont en train de préparer un court métrage faisant office de conclusion, qui sera diffusé avant La Belle et la Bête, de retour en 3D le 13 janvier aux États-Unis.

Nous avions laissé la demoiselle aux cheveux immensément longs avec une coupe au carré (bien plus moderne et pratique...) au bras de son aimé. Ils étaient sur le point de se passer la bague au doigt (à défaut de la corde au cou). C'est accompagnés de leurs fidèles amis Pascal le caméléon et Maximus le cheval qu'ils s'apprêtent à se dire "oui". C'était sans compter la maladresse de certains... Pour donner l'eau à la bouche, 45 petites secondes de teaser ont été accordés aux internautes.
Enjoy !

Critique : Intruders : L'enfance face à ses peurs (11/01/12)

INTRUDERS
De Juan Carlos Fresnadillo
Avec Clive Owen, Carice van Houten, Daniel Brühl, Izan Corchero, Pilar de Ayala, Ella Purcell...

Encore une histoire de fantôme ? De boogeyman ? D'envahisseurs de foyer comme le cinéma espagnol en produit à la chaîne dernièrement (Malveillance, Kidnappés) ? Un peu de tout cela mais avec ses particularités. Intruders nous replonge dans nos peurs enfantines, qu'on matérialisait par de mystérieux individus souvent monstrueux, que l'on pensait cachés dans le placard ou sous notre lit. Véritable légende urbaine, le boogeyman au cinéma représente un mauvais rêve, une peur nocturne en chair et en os qu'il faut affronter pour le voir disparaître. Juan Carlos Fresnadillo (qui a jeté l'éponge pour le remake de The Crow tout comme Bradley Cooper) est un habitué du thème de l'enfant harcelé la nuit par des créatures de l'ombre (Intacto, 28 semaines plus tard). Dans ce nouveau long-métrage, il décortique avec brio la mécanique de cette légende urbaine. Entre violente réalité et terrifiante imagination, Intruders colle parfois la chair de poule...

En Espagne, Juan (Izan Corchero) est un jeune garçon qui aime raconter à sa mère Luisa (Pilar de Ayala) des histoires qui font peur avant d'aller dormir. Un soir, il invente celle d'une créature sans visage qui se cache dans l'ombre en attendant de pouvoir voler le la bouille d'un enfant afin que les gens puisse l'aimer. C'est alors qu'une nuit, ce monstre se matérialise et entre dans la chambre de Juan. À quelques milliers de kilomètres de là en Angleterre, la même figure spectrale commence à hanter la chambre de Mia (Ella Purcell), 12 ans, après que celle-ci a découvert un bout de papier sur lequel l'histoire de "Sans-Visage" était écrite. Son père John (Clive Owen) essaie de la rassurer en lui répétant que les monstres n'existent pas et qu'ils ne peuvent pas faire mal aux enfants "pour de vrai". Mais lui-même finit par ne plus se défaire de cette image épouvantable qui s'est insidieusement frayé un chemin dans son esprit. Mais que veut cette créature ? Pourquoi s'attaque-t-il aux enfants ? Est-il le pur produit de leur imagination ou révèle-t-il des peurs bien ancrées dans le réel ?

Il faut le nommer pour qu'il existe et ne plus y croire pour qu'il disparaisse

© UPI
Comme Freddy Kruger ou encore Candyman, "Sans-Visage" agit sur le subconscient de ses victimes et crée des cauchemars débordant sur la réalité (jusqu'au sang), possédant et hantant leur âme. Fresnadillo joue subtilement de l'ambiguité entre imagination et réalité, posant sa créature nocturne comme une figure psychanalytique : il essaie de démontrer comment un cauchemar envahit l'esprit, et tente d'apporter des clés quant à savoir d'où il vient et comment s'en débarrasser. "Sans-Visage" matérialise alors un trauma d'enfance, qui devient contagieux jusqu'à convaincre d'autres esprits. Les monstres n'existent et continuent d'exister que lorsque quelqu'un y croit fermement. Le récit trouvée par Mia devient réalité par la seule force de sa conviction profonde (et de celle de son père). Fresnadillo compte alors sur la puissance narrative et esthétique de cette histoire pour nous contaminer à notre tour. Car son propos s'applique à lui-même en tant que réalisateur : pour convaincre, il faut croire à ce qu'on raconte et maîtriser la narration. Et il y réussit plutôt bien ! On finit par gober cette histoire rocambolesque... et le film revient sur l'origine du mal au moment où on s'y attend le moins.

Le propos d'Intruders n'est pas nouveau mais son traitement nourrit le suspense et l'action grâce à une oppressante mise en scène de nuit. Le montage en parallèle des histoires de ces deux enfants (dont le lien est tissé petit à petit jusqu'à ce qu'ils se rejoignent) aboutit à un final plus ou moins inattendu (à la Sixième Sens), ancré dans une réalité finalement banale, qui éloigne toute théorie fantastique. Dommage ? Tout ça pour ça finirez-vous peut-être par dire ? Sans doute...
Qu'on se le dise : Intruders n'est pas un film d'horreur ou d'épouvante. À défaut de sursauter toutes les 10 minutes, on se laisse prendre par la lenteur suggestive (même si les scènes se répètent souvent entre les deux gamins...) et les effets de montages efficaces (faute de scènes choc). En témoignent les apparitions du méchant (numérisé) sous sa capuche, qui ressemble étrangement à la Mort dans Fantômes contre fantômes. Certains effets visuels rappellent fortement Le Labyrinthe de Pan de G. del Toro, comme cette scène où la chambre de Mia devient comme vivante, prisonnière des branches rampantes et d'un liquide noirâtre et gluant. Une iconographie (trop ?) appuyée et forte pour montrer l'invasion du cauchemar dans l'esprit de sa victime. De quoi donner quelques moments de tension à faire froid dans le dos... et nous ramener à nos propres peurs.

En résumé : Intruders est un film hybride qui s'inspire de genres différents s'en s'apparenter à aucun d'eux au final. Une tentative de recette qui finit en amalgame entre fantastique et rationnel pas forcément digeste. Son atmosphère intense joue sur le psychologique et tient aussi sur la conviction réelle des acteurs, jeunes comme adultes. Un regret cependant : la sous-exploitation de Carice Van Houten (maman de Mia) et Daniel Brühl (le prêtre).


(ATTENTION : Comme souvent, la bande-annonce en montre beaucoup trop...)

Critique : La Colline aux coquelicots : la magie Miyazaki opère... en demi-teinte (11/01/12)



Le studio Ghibli est pour la plupart des cinéphiles synonyme de rêves et de voyages dans des pays qui n'existent pas. Goro Miyazaki, fils d'Hayao Miyazaki, génial créateur de Princesse Mononoké, du Voyage de Chihiro, de Mon Voisin Totoro ou encore du Château ambulant, réalise avec La Colline aux coquelicots son second long-métrage après le décevant Contes de Terremer. De l'aveu même de son père, Goro Miyazaki n'est pas encore prêt pour diriger la maison Ghibli seul car "un film n'est pas qu'une foule de sentiments". Il est vrai qu'à part avec Le Tombeau des lucioles, le changement de réalisateur ne va pas de pair avec la réussite. Et pourtant ni les dessins, ni l'équipe  changent. Contrairement aux personnages des films de Miyazaki père qui grandissent souvent seuls faute de parents, le réalisateur de La Colline... a été épaulé par son père (à l'écriture). Au vu du résultat, je me demande encore en quoi il a aidé sa progéniture ! Pas facile de reprendre les rennes paternelles...


De quoi s'agit-il ?


Avec La Colline aux coquelicots, point de promenade bucolique dans des champs de fleurs rouges et éphémères, où d'étranges animaux imaginaires côtoient les hommes. C'est l'histoire d'Umi, une lycéenne orpheline de père, qui vit au sommet d'une colline surplombant la mer à Yokohama, dans les années 1960. Elle tombe secrètement amoureuse de Shun, lycéen comme elle, avec qui elle partage la passion du journalisme. Ensemble, ils vont tout faire pour sauvegarder "Le Quartier Latin", une vieille bâtisse où se réunissent les passionnés de philosophie, de poésie, de sciences. Mais leur relation va prendre une tournure inattendue lorsqu'ils découvrent un secret autour de leur naissance...




"On dirait un mauvais mélodrame"


C'est Shun qui le dit lui-même ! Si le studio Ghibli offre généralement la garantie d'un moment de poésie et de qualité incontestée, avec La Colline aux Coquelicots il ne délivre aucune surprise. Cette oeuvre souffre des mêmes défauts déjà présents dans le précédent film du réalisateur : une lenteur souvent pesante et un total manque de risque. Qu'elle soit ancrée dans un monde réel n'est pas un argument suffisant (Le Tombeau des lucioles l'était aussi...). L'histoire est tout simplement sans intérêt et d'une platitude affligeante. On nous plonge dans une histoire d'amour (prévisible) qui finalement ne dégage aucun sentiments --- et la pudibonderie et la retenue des Japonais n'y sont pas pour grand chose cette fois-ci. Pas d'envolées lyriques, ni même d'évolution dans la technique des dessins. Les puristes de l'animation seront contents de voir que des studios résistent au tout numérique, à la 3D, et conservent la tradition du dessin au crayon (moi la première...). Mais les crayonnés de Ghibli n'ont pas pris un coup de jeune depuis la sortie de Nausicaä en... 1984 ! Décevant quand on voit ce qu'est capable de faire la concurrence, comme Mad House.



Et pourtant, cela n'empêche pas La Colline aux coquelicots de regorger de riches détails et de clins d'oeil (le nom du bateau pris par les héros se nomme comme le studio), d'un soin particulier donné aux couleurs, parfois pastel. L'ambiance surannée du Japon des années 1960, coincée entre tradition et modernité, est pour une fois chez Ghibli ancré dans une période historique en pleine évolution : un pays qui s'industrialise après la guerre de Corée et une capitale qui attend impatiemment ses premiers Jeux olympiques d'été. Cet enthousiasme se retrouve dans cette jeunesse respectueuse des valeurs ancestrales mais résolument tournée vers l'avenir. Cette "révolution" sociale est symbolisée par l'envie des héros de sauver cet endroit qu'ils aiment tant : "Le Quartier Latin". Seul véritable moment fort du film, la renaissance de ce lieu culturel d'exception fait appel à l'imagerie du coquelicot, seule fleur capable de pousser sur les champs de bataille. Une fois de plus, on retrouve la préservation de la nature et du passé, un thème cher au père Miyazaki...


Même si l'histoire est des plus banales, sans action forte, ni rebondissement, on peut tout de même avouer qu'il émane de ce film une tendresse particulière. Sur fond de souvenirs d'une tragédie humaine qu'a été la guerre de Corée, l'amour pudique des deux jeunes gens titillera les plus romantiques d'entre nous.


En résumé : La Colline aux coquelicots n'est pas un chef d'œuvre mais un conte qui nous prend par la main, tout en douceur, dans laquelle on aime s'oublier (et dont la douce musique nous poursuit longtemps).


 

mercredi 4 janvier 2012

Critique : Le Pacte : Un héros... en toc (4/01/12)

Avec Le Pacte, Richard Donaldson (Cocktail, La Mutante, Le Pic de Dante, Braquage à l'anglaise) nous emmène dans les rue de la Nouvelle-Orléans post-Katrina, où la violence et les crimes quotidiens se comptent par centaines. Après avoir essayé tous les styles, le Néo-Zélandais s'essaie au thriller rayon vengeance.

De quoi s'agit-il ?

Will Gerard (Nicolas Cage) est un prof de littérature dans un lycée comme les autres. Il mène avec sa femme une vie tranquille, ponctuée de sorties entre copains, de tournois d'échec et de cours de violoncelle. Mais lorsqu'un soir, celle qu'il aime se fait violemment agresser, son sang ne fait qu'un tour et la vengeance se lit au bord de ses lèvres. C'est alors qu'il fait la rencontre d'un homme mystérieux (Guy Pearce), qui lui propose de "s'occuper de l'agresseur" en échange d'un service demandé en temps voulu. Will apprend que cet individu fait partie d'une milice composé de citoyens qui en ont marre de l'inefficacité et de la lenteur de la police locale. Mais l'accord qu'il passe avec cet inconnu va s'avérer tourner au cauchemar. Pris au piège, il n'aura de cesse de se battre pour retrouver sa liberté face à cette organisation tentaculaire, infiltrée à tous les niveaux de la société.


"The hungry rabbit jumps..."

Tous les mots de passe et autres codes d'infiltration n'ont souvent aucun sens. Tout comme Le Pacte qui, soyons francs, n'apportent rien. Et pourtant, il y avait matière à développer pour rendre ce long métrage un peu plus consistant. Une organisation secrète qui embrigade des civils à tour de bras en leur promettant vengeance et qui les conserve sous son joug par la terreur. Pourquoi pas. Mais le scénario écrit par Yuri Zeltser et Robert Tannen ne convainc pas. Les miliciens sont tellement infiltrés partout et le héros ayant toujours deux métros d'avance sur ses ennemis que l'on finit par ne plus y croire. Résultat : une histoire grandguignolesque... et qui se prend au sérieux.

Avec ce justicier qui s'ignorait qui use de la violence pour se venger, on aurait aussi pu voir un film déstabilisant sur ce qui pousse un civil à tout mettre en œuvre pour arriver à ses fins. Mais il faudra repasser. Sans aucune prise de conscience ou moment d'hésitation, le gentil prof se transforme en super-homme invincible, aussi débrouillard que Mac Gyver en deux temps trois mouvements face à des crânes rasés ultra entraînés.
Voilà qui augurait aussi une pelletée d'actions spectaculaires et pourquoi pas de quelques crochets du droit bien sentis. Mais on se retrouve face à un thriller plutôt poussif, avec quelques cascades ici et là (mais rien d'inoubliable) et une palette d'artifices (flash-back, ralentis, ellipses et mouvements de caméra qui s'emballent dès que les scènes "d'action" débarquent) qui ne font office que de remplissage visuel. Et si encore la photo était belle ! Pour donner un exemple de ce terrible constat, une course-poursuite en voiture qui ressemble à une promenade du dimanche face à d'autres vues  récemment comme dans Drive ou encore la mythique dans Bullit.
Quant au casting, véritable patchwork du petit écran (Dexter, Mad Men...), il nous donne l'impression d'être venu plus pour cachetonner que pour vraiment prendre du plaisir à jouer. L'inénarrable Cage en fait toujours des caisses (mais depuis le temps, on est prévenu...) et Guy Pearce semble être entré parce qu'il a vu de la lumière entre deux tournages.

En résumé : Voilà un film qui s'oublie très vite et qui ne vaut pas la peine qu'on en rajoute davantage.

dimanche 1 janvier 2012

Critique : Une vie meilleure : surendettement et galères, mais une envie de vivre à toute épreuve (4 janvier)


Les drames de société sont nombreux ces derniers temps sur le grand écran. Cedric Khan (Feux Rouges, Les regrets) a quant à lui préférer offrir avec Une Vie meilleure une vision très actuelle, sans fioritures et pertinente, sur la spirale infernale de l'endettement emprunté par un jeune homme un peu paumé mais ambitieux. D'après l'œuvre de Philippe Routier, Pour une vie plus douce, le réalisateur nous plonge dans ce long métrage engagé où la lutte quotidienne est de mise pour survivre dans une époque où les banques prêtent à n'importe qui sans aucune garantie. Une ère de crédits revolving et de difficultés économiques mise en scène de façon crue et frontale, ancrée dans le réel, avec des comédiens professionnels ou non, et où l'improvisation a toute sa place pour être "plus vrai que nature". 


De quoi s'agit-il ?

© Mars distribution
Yann (Guillaume Canet), cuistot dans une cantine scolaire, vient tout juste de rencontrer Nadia (Leila Bekhti), jeune serveuse et maman seule avec son jeune fils Slimane (Slimane Khettabi). C'est le coup de foudre. Le couple voit grand et veut retaper une bicoque perdue au milieu de nulle part pour end aire un restaurant. Ils empruntent à la banque, mais malgré le serrage de ceinture, les difficultés financières s'accumulent et l'argent vient à manquer. Afin d'y voir plus clair et de trouver les fonds nécessaires pour accomplir leur rêve, Nadia part au Canada pour trouver un job et confie son enfant à Yann. Commence alors une course pour la survie de deux êtres qui se connaissent à peine...


Système D et rage de vivre

© Mars distribution
À travers l'histoire dramatique d'un jeune couple rêveur, Cédric Kahn dénonce les travers du système libéral et la brutalité avec laquelle sont traités les plus démunis. Un point de vue maintes fois traités au cinéma, le surendettement aurait pu agacer, mais il n'en est rien. Le réalisateur contourne tous les écueils et les clichés du drame pour proposer une histoire à échelle humaine qui touche tant elle est amenée avec justesse et simplicité. Avec d’un côté, un système qui ne pardonne aucune erreur, et de l'autre, des personnes qui ne demandent qu'à s'en sortir, le réalisateur a su faire de ce film, une œuvre ancrée dans la réalité.

© Mars distribution
Malgré une certaine accumulation des problèmes, Une Vie meilleure ne se veut jamais mélodramatique et larmoyant. Yann (incarné par un excellent Guillaume Canet, loin de ses rôles habituels) dégage une hargne salutaire. Il ne se laisse pas facilement mettre la tête sous l’eau, même si les sacrifices sont nombreux. Sa confrontation quotidienne avec le gamin de sa petite amie (qui ne donne plus signe de vie) donne lieu à des séquences intenses qui doivent beaucoup à l’improvisation des acteurs. À la fois tête à claques et attachant, le jeune Slimane Khettabi fait preuve d’une belle présence à l’écran. Il pousse d’ailleurs Guillaume Canet dans ses retranchements à de nombreuses reprises (la scène d'engueulade pour une paire de baskets volées est poignante). Alors que l’ambiance sombre pouvait entraîner le film vers la morosité, ce chouette duo tire l’histoire vers un semblant d'espoir, comme pour signifier qu'à un moment ou un autre, la vie finit toujours par nous sourire. C'est ce que l'on remarque du moins à travers la relation qu'entretient Yann avec le jeune Slimane. Ils s'adaptent l'un et l'autre à une nouvelle vie. Ainsi une complicité s'établit petit à petit entre eux et devient touchante. 

© Mars distribution
On peut regretter un temps soit peu que les scènes de rapprochement entre ces deux âmes esseulées ne soient pas plus fouillées, plus profondes et pas plus nombreuses. Car le personnage de Guillaume Canet n'amène pas une empathie immédiate. Obstiné, impulsif et même violent, se débattant avec ses galères au quotidien, il nous laisse parfois sur le bord de la route de l'ennui. Accumulés, ses problèmes deviennent à la limite du crédible, ce qui donne au film une impression de tourner en rond et de perdre son rythme. Malgré tout, le film qui aurait pu finir de façon très dramatique, s'ouvre sur une belle leçon de vie (même si le happy end du rêve nord-américain fait un peu cliché), est tout de même une assez bonne réussite.

En résumé : Malgré un sujet qui pourrait être plombant, Une Vie meilleure ne tombe pas dans les travers du film-dossier et propose une histoire profondément touchante qui reste sans cesse à hauteur d’homme. 

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