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samedi 14 septembre 2013

[Trailer] : Blood Ties : un film de gangster, remake des Liens du sang

Le succès public des Petits Mouchoirs, et critique de Ne le dis à personne, ont permis à Guillaume Canet de se lancer dans son quatrième long métrage en tant que réalisateur avec Blood Ties, son premier film américain. Blood Ties est le remake d'un film français, Les Liens du sang de Jacques Maillot (sorti en 2008), lui-même adapté du roman des frères Papet, Deux frères, flic et truand. Canet y jouait au côté de François Cluzet. Dans la nouvelle version américaine, ce sont Clive Owen (Shadow Dancer, Intruders, Killer Elite) et Billy Crudup (Voisin du 3e type, Mange prie aime, Public Enemies…) qui en sont les interprètes principaux.

Blood Ties est un thriller qui se déroule à New York dans les années 70 et raconte l'histoire de deux frères, un repris de justice et un policier. Présenté au dernier Festival de Toronto la semaine dernière, le public a fraîchement accueilli le film, malgré un casting très alléchant. Jugé comme un « petit film » français qui se prend pour une fresque à la Scorsese, dont l'ensemble est lent et lourd, comme figé dans l'artifice. Selon les critiques les plus dures, la mise en scène se résume à des champs / contre champs prudents, les dialogues sentent la naphtaline et les acteurs semblent ne pas avoir été dirigés, même si les images les figent dans une image glamour et amoureuse.  Billy Crudup reprenant le rôle Canet semble coincé. Seul Clive Owen a apparemment quelques faveurs, mais sans plus… Quel tableau ! Le voilà habillé pour l'hiver. On attendra le 30 octobre pour juger nous-même !

vendredi 6 janvier 2012

Critique : Intruders : L'enfance face à ses peurs (11/01/12)

INTRUDERS
De Juan Carlos Fresnadillo
Avec Clive Owen, Carice van Houten, Daniel Brühl, Izan Corchero, Pilar de Ayala, Ella Purcell...

Encore une histoire de fantôme ? De boogeyman ? D'envahisseurs de foyer comme le cinéma espagnol en produit à la chaîne dernièrement (Malveillance, Kidnappés) ? Un peu de tout cela mais avec ses particularités. Intruders nous replonge dans nos peurs enfantines, qu'on matérialisait par de mystérieux individus souvent monstrueux, que l'on pensait cachés dans le placard ou sous notre lit. Véritable légende urbaine, le boogeyman au cinéma représente un mauvais rêve, une peur nocturne en chair et en os qu'il faut affronter pour le voir disparaître. Juan Carlos Fresnadillo (qui a jeté l'éponge pour le remake de The Crow tout comme Bradley Cooper) est un habitué du thème de l'enfant harcelé la nuit par des créatures de l'ombre (Intacto, 28 semaines plus tard). Dans ce nouveau long-métrage, il décortique avec brio la mécanique de cette légende urbaine. Entre violente réalité et terrifiante imagination, Intruders colle parfois la chair de poule...

En Espagne, Juan (Izan Corchero) est un jeune garçon qui aime raconter à sa mère Luisa (Pilar de Ayala) des histoires qui font peur avant d'aller dormir. Un soir, il invente celle d'une créature sans visage qui se cache dans l'ombre en attendant de pouvoir voler le la bouille d'un enfant afin que les gens puisse l'aimer. C'est alors qu'une nuit, ce monstre se matérialise et entre dans la chambre de Juan. À quelques milliers de kilomètres de là en Angleterre, la même figure spectrale commence à hanter la chambre de Mia (Ella Purcell), 12 ans, après que celle-ci a découvert un bout de papier sur lequel l'histoire de "Sans-Visage" était écrite. Son père John (Clive Owen) essaie de la rassurer en lui répétant que les monstres n'existent pas et qu'ils ne peuvent pas faire mal aux enfants "pour de vrai". Mais lui-même finit par ne plus se défaire de cette image épouvantable qui s'est insidieusement frayé un chemin dans son esprit. Mais que veut cette créature ? Pourquoi s'attaque-t-il aux enfants ? Est-il le pur produit de leur imagination ou révèle-t-il des peurs bien ancrées dans le réel ?

Il faut le nommer pour qu'il existe et ne plus y croire pour qu'il disparaisse

© UPI
Comme Freddy Kruger ou encore Candyman, "Sans-Visage" agit sur le subconscient de ses victimes et crée des cauchemars débordant sur la réalité (jusqu'au sang), possédant et hantant leur âme. Fresnadillo joue subtilement de l'ambiguité entre imagination et réalité, posant sa créature nocturne comme une figure psychanalytique : il essaie de démontrer comment un cauchemar envahit l'esprit, et tente d'apporter des clés quant à savoir d'où il vient et comment s'en débarrasser. "Sans-Visage" matérialise alors un trauma d'enfance, qui devient contagieux jusqu'à convaincre d'autres esprits. Les monstres n'existent et continuent d'exister que lorsque quelqu'un y croit fermement. Le récit trouvée par Mia devient réalité par la seule force de sa conviction profonde (et de celle de son père). Fresnadillo compte alors sur la puissance narrative et esthétique de cette histoire pour nous contaminer à notre tour. Car son propos s'applique à lui-même en tant que réalisateur : pour convaincre, il faut croire à ce qu'on raconte et maîtriser la narration. Et il y réussit plutôt bien ! On finit par gober cette histoire rocambolesque... et le film revient sur l'origine du mal au moment où on s'y attend le moins.

Le propos d'Intruders n'est pas nouveau mais son traitement nourrit le suspense et l'action grâce à une oppressante mise en scène de nuit. Le montage en parallèle des histoires de ces deux enfants (dont le lien est tissé petit à petit jusqu'à ce qu'ils se rejoignent) aboutit à un final plus ou moins inattendu (à la Sixième Sens), ancré dans une réalité finalement banale, qui éloigne toute théorie fantastique. Dommage ? Tout ça pour ça finirez-vous peut-être par dire ? Sans doute...
Qu'on se le dise : Intruders n'est pas un film d'horreur ou d'épouvante. À défaut de sursauter toutes les 10 minutes, on se laisse prendre par la lenteur suggestive (même si les scènes se répètent souvent entre les deux gamins...) et les effets de montages efficaces (faute de scènes choc). En témoignent les apparitions du méchant (numérisé) sous sa capuche, qui ressemble étrangement à la Mort dans Fantômes contre fantômes. Certains effets visuels rappellent fortement Le Labyrinthe de Pan de G. del Toro, comme cette scène où la chambre de Mia devient comme vivante, prisonnière des branches rampantes et d'un liquide noirâtre et gluant. Une iconographie (trop ?) appuyée et forte pour montrer l'invasion du cauchemar dans l'esprit de sa victime. De quoi donner quelques moments de tension à faire froid dans le dos... et nous ramener à nos propres peurs.

En résumé : Intruders est un film hybride qui s'inspire de genres différents s'en s'apparenter à aucun d'eux au final. Une tentative de recette qui finit en amalgame entre fantastique et rationnel pas forcément digeste. Son atmosphère intense joue sur le psychologique et tient aussi sur la conviction réelle des acteurs, jeunes comme adultes. Un regret cependant : la sous-exploitation de Carice Van Houten (maman de Mia) et Daniel Brühl (le prêtre).


(ATTENTION : Comme souvent, la bande-annonce en montre beaucoup trop...)

lundi 10 octobre 2011

Critique : Killer Elite : Le bon, les brutes et les très méchants (26/10/11)

KILLER ELITE
De Gary McKendry
Avec Clive Owen, Robert de Niro, Jason Statham...

Cette année, on le voit partout... Jason Statham est sur tous les fronts. Après Le Flingueur et Blitz, il revient botter des fesses dans Killer Elite aux côtés de Clive Owen et Robert De Niro. Rien à voir avec le film éponyme de 1975 dans lequel James Caan fait face à Robert Duvall.
Basé sur le livre The Feather Men, l'histoire réelle (mais contestée) de l'écrivain Ranulph Fiennes, Killer Elite est un film bâti sur un complot (trop ?) complexe, prétexte évident pour aboutir à un actioner burné, dans lequel la testostérone est le principal moteur pour que les protagonistes se mettent sur la tronche sans retenue.



Un mercenaire (Jason Statham), qui avait décidé de se retirer du business, est contraint de reprendre du service pour sauver son mentor (Robert De Niro) retenu par un Cheikh exilé dans un désert d'Oman. Sa mission ? Tuer trois agents du SAS responsables de la mort des fils du Cheikh pendant les années troublées par la guerre, en faisant passer leur mort pour un accident. Evidemment, rien ne se passera comme prévu car un agent spécial (Clive Owen) va le traquer et tenter de l'éliminer.



Première réalisation de Gary McKendry (qui est aussi au scénario), Killer Elite se veut être le plus réaliste possible mais beaucoup de choses se passent en périphérie pour être totalement dedans. Ou du moins De nombreux thèmes ont été sacrifiés au profit de l'action. Les scènes explosives, nombreuses et omniprésentes, finissent par lasser un peu au bout de la première heure. Malgré une mise en scène impeccable et des scènes de lutte plutôt convaincantes, le cinéaste a senti le besoin d'enrober ce trop plein de muscles par une improbable histoire d'amour qui, il faut le dire, ne sert strictement à rien et qui plombe le rythme.



Au milieu de tout cela, Jason Statham égal à lui même. Un regard froid, un crochet du droit calibré poids lourd, à fond dans sa mission que rien ne trouble... et avec une âme de héros, incapable de laisser tomber un de ses camarades tomber à terre. Inébranlable, ok. Bagarreur, ok. Mais lui donner des états d'âme pour tenter le coup de l'émotion, mission impossible. L'attachement à son personnage est parfois réduit à peu de chose. En revanche, la badass attitude de Clive Owen est bien plus captivante et confère à l'acteur britannique un charisme bien plus prenant. Et Dominic Purcell, échappé de Prison Break, est une grosse brute qu'on retrouve avec plaisir. Entre les trois, un Robert De Niro qui fait ce qu'il peut pour ne pas retomber dans ses mimiques habituelles, maintes fois vues dans les films du même genre.


En résumé : Killer Elite ravira les amateurs du genre Expendables ou comment en mettre plein la vue avec peu. De succins moments de tensions prennent momentanément aux tripes, mais ils sont rapidement court-circuités par des gesticulations qui plombent l'intrigue. Dommage que ce film se prenne autant au sérieux.

mercredi 5 octobre 2011

"P... !", "F... !" Et si ça s'arrêtait ? Des stars se mobilisent contre la famine

Le cinéma, d'où qu'il vienne, nous fait voyager, nous évader et raconte souvent de belles histoires. Mais celle qui se raconte en ce moment dans la Corne de l'Afrique n'en est pas une.

Des stars, françaises et internationales, des milieux sportifs, de la musique et du grand écran, se sont mobilisées pour The One Campaign. L'idée ? Faire un clip pour attirer l'attention et mobiliser l'opinion publique et politique afin d'endiguer la famine qui tue des centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants depuis des mois, voire des années. Mais ça n'a pas l'air d'intéresser grand monde...

Inutile de faire de longs discours. The "F-word" comme disent pudiquement les américains, ou "Putain" comme on le dit grossièrement chez nous, résume l'idée. Une minute "volontairement novatrice, provocatrice et radicale" pour ne plus faire l'autruche.

George Clooney, Idris Elba, Jessica Alba, Colin Farrell, Clive Owen ou encore Evan Rachel Wood (entre autres) pour la version "biiiipée" américaine, et Vincent Cassel, Billy Nighy, Sophie Marceau et même les Guignols pour la version française ont répondu à l'appel de l'association caritative. Voici le spot, mise en ligne juste un mois avant la réunion du G20 à Cannes.

Si vous voulez signer la pétition, c'est ICI.

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