Affichage des articles dont le libellé est Judi Dench. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Judi Dench. Afficher tous les articles

dimanche 20 mars 2016

[Bande annonce] Miss Peregrine et les enfants particuliers

MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS


De Tim Burton
Avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson, Ella Purnell, Chris O'Dowd, Judi Dench, Rupert Everett...

Sortie le 5 octobre 2016


Tim Burton vient à ses fondamentaux après le très moyen Big Eyes. Le maître du macabre adapte Miss Peregrine et les enfants particuliers la saga littéraire de Ransom Riggs et retrouve ses délires fantastiques et ses freaks et laisser-pour-compte si chers à son cœur (Frankenweenie). 

Cette histoire tragique suit le jeune Jacob, 16 ans (Asa Butterfield, vu dernièrement dans La Stratégie Ender). L'adolescent est témoin de l'assassinat de son grand-père dans des circonstances des plus étranges. Il part alors avec son père au Pays de Galles dans un orphelinat, situé sur l'île où son papi a passé son enfance. Le seul indice qu'il a est une lettre signée de la main d'une certaine Pérégrine Faucon (Eva Green, déjà dans Dark Shadows). En arrivant là-bas, il s'aperçoit que l'endroit est peuplé d'enfants aux dons surnaturels et qu'il est le seul lieu où ils sont en sécurité à l'abri des regard et des peurs des "autres". Miss Peregrine, directrice des lieux, élève ces gentils monstres. Elle voit en Jacob leur protecteur alors que, lui, jure n'avoir aucun pouvoir. La menace ? Elle n'est qu'esquissée... On aperçoit un personnage inquiétant aux yeux blancs lumineux (non, ce n'est pas le père d'Alton, enfant alien de Midnight Special) et une bestiole affreuse rappelant celles de Guillermo del Toro, mélange entre Le Labyrinthe de Pan et la série The Strain).

« Leurs aptitudes ne conviennent pas au monde normal, c'est pour ça qu'ils vivent ici »


Le nouveau long trailer de Miss Peregrine et les enfants particuliers a le charme cinématographique de son réalisateur. On y retrouve son style sombre dans les décors, la photographie parfois inquiétante, une atmosphère légèrement mélancolique, des personnages totalement étranges et pourtant attachants (à première vue). Comme cette jeune fille aussi légère que l'air qui s'envole sans ses chaussures de plombs, ce jeune garçon dont le ventre est rempli d'abeilles, ou encore cette fillette aux boucles parfaites dont la bouche remplie de dents acérées se trouve en lieu et place de sa nuque. Du déjà-vu chez Burton ? Assurément. Mais il le fait bien. On y retrouve l'ado héros malgré lui (Charlie et la Chocolaterie), les gentils monstres mis au ban par la société qui les rejette (Edward aux mains d’argent, Frankenweenie). Il y ajoute un côté X-Men avec ce refuge où les enfants, tels les futures recrue du professeur Xavier, sont protégés d'un environnement hostile à leur différence. Et un autre lié à Harry Potter, ce jeune sorcier qui ne savait pas qu'il en était avant qu'on le lui montre. Alors commence sa découverte du monde sous un nouveau jour.

Si l'auteur de la saga a récemment révélé que Burton avait pris quelques libertés sur ses romans, on y retrouve la dualité du réalisateur entre couleurs éclatantes et noirceur effrayante, tout en conservant une poésie bien à lui, comme dans Edward aux mains d’argent, Charlie et la Chocolaterie et Alice au Pays des Merveilles. Le tout accompagné de scènes à couper le souffle (littéralement, comme celle sous l'eau...). Reste encore quelques mystères à éclaircir. "Juste à temps" souffle Misse Pérégrine à Jacob. Pour quoi ? Quelle est cet imminent danger ? Il prend la forme de Samuel L. Jackson, méconnaissable. Jacob sera t-il capable d'y faire face ? A t-il finalement des pouvoirs cachés ?

Réponse à ces questions dès le 5 octobre en salle.

             

lundi 16 mars 2015

[Critique] Indian Palace - Suite Royale : virée joviale et colorée (1/04/15)

INDIAN PALACE - SUITE ROYALE

De John Madden
Avec Judi Dench, Maggie Smith, Bill Nighy, Dev Patel, Celia Imrie, Ronald Pickup, Penelope Wilton, Diana Hardcastle, Richard Gere, David Strathairn et Tamsin Greig, Tena Desae, Lillete Dubey

Sortie le 1 avril 2015

Sonny cherche à agrandir l’hôtel, ce qui l’occupe beaucoup plus que ce qu’il souhaiterait, étant donné qu’il va épouser d’ici peu Sunaina, l’amour de sa vie. Il s’intéresse à une nouvelle propriété, car son premier investissement, la résidence pour retraités Best Exotic Marigold Hotel, n’a plus qu’une seule chambre de libre, ce qui pose problème pour accueillir les nouveaux arrivants, Guy et Lavinia. Evelyn et Douglas travaillent désormais à Jaipur, et ils se demandent où vont les mener leurs rendez-vous réguliers autour des délices de la cuisine indienne. Norman et Carol essaient de maîtriser les méandres d’une relation exclusive, et Madge hésite entre deux prétendants aussi valeureux et riches l’un que l’autre. La seule qui pourrait peut-être avoir des réponses, c’est la nouvelle co-gérante de l’hôtel, Muriel : elle connaît les secrets de tout ce petit monde. Alors que les préparatifs prenants d’un mariage traditionnel indien menacent de déborder tout le monde, une issue inattendue se présente…


© 2015 Twentieth Century FoxIl flotte comme un parfum de voyage paisible… et d'eau de Cologne Mont Saint-Michel. Mais sans la naphtaline ! John Madden (Shakespeare in love) et sa clic de retraités pétillants reprennent du service (à quelques nouvelles têtes près…) après le succès international inattendu d'Indian Palace, le feel good movie senior (indépendant et britannique de surcroît).

On retrouve la joie de vivre communicative des héros rhumatismo-cardio-arthritiques, qui cette fois-ci se répandent un peu moins dans l'introspection de fin de vie que dans le premier opus (même si les réflexions entre vie et mort sont toujours présentes, mais écrites avec beaucoup de légèreté). Nos retraités dynamiques profitent de leurs dernières années sur terre et s'amusent comme s'ils avaient à nouveau 20 ans. 
© 2015 Twentieth Century Fox


Dès les premières scènes, le ton est donné : les zygomatiques s'agitent. L'humour so british, enlevé par la jovialité permanente de Dev Patel (et de ses mimiques langagières), est la ligne rouge de ce nouveau film bariolé aux saveurs de curry. Et Penelope Wilson et Maggie Smith ne manqueront pas de s'envoyer des piques, technique qu'elles ont perfectionnée dans la série Downton Abbey. Toujours un régal !
© 2015 Twentieth Century Fox
Au scénario original, on retrouve Ol Parker, qui livre ici une histoire plutôt classique. Mais peu importe ! Il nous embarque dans une comédie sentimentale, avec un soupçon de thriller,  et une grosse dose de philosophie positive. La recherche du bonheur et de l'amour (celui qu'on attend depuis toujours ou qui vient de naître, à celui qu'on a perdu ou qu'on veut garder) est dans toutes les têtes. Et il n'y a pas d'âge pour cela ! L'ensemble est mis en valeur par des des scènes de vie quotidienne immersives, avec une mise en scène élégante, une photographie colorée mais jamais saturée, et le charme fou de ses acteurs… et un final Bolywoodien ! 

© 2015 Twentieth Century Fox


En résumé : Encore une jolie carte postale émotionnelle et visuelle, où l'humour est bien plus marqué que dans le premier opus. 

samedi 4 janvier 2014

[Critique] Philomena : Crise de foi sauce anglaise au menu (08/01/14)

PHILOMENA


De Stephen Frears
Avec Judi Dench, Steve Coogan, Sophie Kennedy Clark...

1952, en Irlande. La jeune Philomena Lee tombe enceinte alors qu'elle est adolescente. Très vite, elle est envoyée dans un couvent pour que sa grossesse arrive à terme en toute discrétion. Elle y travaille en échange de soins. Elle met au monde un petit garçon qu'elle nomme Anthony. Mais celui-ci est adopté par une famille de riches Américains à l'âge de 3 ans, et contre la volonté de Philomena. Elle vit cette déchirure dans le secret pendant plus de 60 ans, jusqu'à ce qu'elle mette sa fille au courant. Toutes deux décident d'embaucher un ancien reporter à la BBC pour retrouver Anthony. En disgrâce depuis une malencontreuse affaire, le journaliste voit dans cette histoire une manière de faire rebondir sa carrière. Tous deux partent à la pêche aux indices et remontent la piste du fils perdu entre l'Irlande et les Etats-Unis...



© Alex Bailey
En lisant ce synopsis, on pourrait se dire qu'on va sortir les mouchoirs et prendre une dose de Prozac en sortant de la salle. Point du tout ! C'est bien mal connaître le style d'écriture du duo Steve Coogan / Jeff Pope, qui offrent avec Philomena une histoire bouleversante (et tirée de faits réels) sans pathos ni émotion facile, et préférant la chaleur humaine et la vitalité de l'humour. 

Si les derniers longs-métrages de Stephen Frears n'ont pas convaincus (Lady Vegas en particulier), Philomena nous réconcilie avec le réalisateur britannique. Il reprend sa trame fétiche des dissensions sociales, confrontant l'upper class à la classe plus modeste. On pense d'abord à une comédie jouant à fond sur les contraire, à travers des personnages paraissant au premier abord caricaturaux : le journaliste, pur produit cynique et enragé de la high society londonienne, fait face à une modeste citoyenne, venue de la classe ouvrière, férue de romans à l'eau de rose.
© Alex BaileyLe scénario donne lieu à des répliques savoureuses donnant un rythme de comédie fonctionnant parfaitement. Et le duo d'acteurs y est pour beaucoup. Judi Dench, mélange de classe et d'élégance britannique, de force et de profondeurs émotionnelles, et d'une légère virilité acquise en jouant "M" (big boss de James Bond), nous emporte en deux répliques et un sourire. Son regard malicieux et sa sincérité désarmante s'inscrivent sur nos rétines et dans nos cœurs pour un moment. Interprète d'une bigote dont la foi n'est ébranlée par rien, pas même le plus atroce. Elle donne à cette mamie une dimension presque coquine, avec le plus grand naturel. Il faut l'entendre dire des répliques crues sans sourciller et sans être graveleuse pour autant ! Quant à Steve Coogan (peut être un peu plus en retrait), il lui rend bien la pareille avec ses vannes d'une sécheresse drolatique et ses attaques vindicatives permanentes sur la foi et l'Eglise. Un personnage impudent et insolent comme on aime le voir jouer (comme dans le récent, mais râté, A Very English Man)

© Alex BaileyEt puis, le ton se fait plus grave et les échanges et l'opposition plus profonds. La colère noire du journaliste fait face à la mélancolie de cette dame âgée. Ou deux visions du monde qui s'affrontent sur fond de crise de foi. Mais jamais le cinéaste ne prend parti, ni ne donne de leçon. Il n'est pas là pour manipuler ou juger le spectateur, mais pour questionner chacun sur son attachement à sa foi, malgré les fautes (les horreurs, même) et les contradictions de l'Eglise catholique bien pensante. Là où certains s'énervent et ne veulent pas pardonner car ils ne comprennent pas, d'autres préfèrent continuer à croire et refusent toute rancune et animosité.

En résumé : Philomena s'avère être un petit bijou d'émotions sincères et d'humour so British, porté par des acteurs fabuleux, sans pour autant oublier de dénoncer un propos sérieux et horrifiant.



samedi 21 juillet 2012

Critique : Jane Eyre : un classique sauce gothique (25/07/12)

JANE EYRE

De Cary Fukunaga
Avec Mia Wasikowska, Michael Fassbender, Judi Dench, Jamie Bell…
Sortie 25 juillet 2012

Durant nos années collège, on est tous passé par la lecture quasi inévitable du roman de Charlotte Brontë, Jane Eyre. En tant que classiques, cette oeuvre a eu droit à de nombreuses adaptations cinématographiques et miniséries, plus ou moins réussies puisque le livre est libre de droits. La plupart d'entre eux étaient d'ailleurs retraçaient une romance désuète alourdie de convenances victoriennes, corsetée d'un charme suranné et d'un académisme sans imagination. Mais c'était sans compter le dépoussiérage efficace de Cary Fukunaga qui, avec Jane Eyre version 2012 voit les amours d'une préceptrice avec son employeur prendre un coup de jeune tout en respectant les écrits.



Pour ceux qui auraient sécher les cours de Français ou d'Anglais...

Jane Eyre raconte l'histoire d'une jeune femme orpheline (Mia Wasikowska) qui se fait embaucher comme gouvernante auprès d'une enfant recueillie par Lord Edward Rochester (Michael Fassbender). Et pourtant, tout n'avait pas bien commencé pour elle. Rejetée par sa tante et maltraitée par son cousin, elle fait son éducation dans un pensionnat où elle ne connaît que coups de bâton et humiliations. C'est auprès du ténébreux Rochester qu'elle va découvrir de nouveaux sentiments, contradictoires et interdits jusqu'alors...


Cary Fukunaga n'a pas souhaité trop s'éloigner du texte initial et prend la liberté de le moderniser en déstructurant la chronologie des évènements. A coups de flash-backs et de coupes franches, elle casse l'ennui de la linéarité du récit archi connu de tous. Le réalisateur du fabuleux et déconcertant Sin Nombre ajoute une patte stylistique accrocheuse. Tous les sentiments des personnages, plus songeurs qu'à l'accoutumée, se voient mis en images, le paysage se conjuguant avec leurs pensées. 
Le réalisateur a fait le choix d'une ambiance gothique, faisant planer parfois des allures de films d'horreur (à grand renfort de manoir sombre et de forêts lugubres, d'éclairs tonitruants, de bruits d'escaliers grinçants, de portes qui claquent...) donnant une certaine poésie à l'image. Les images imposantes et leurs cadres cadrées au millimètre font écho aux grands maîtres anglais. Elles créent une certaine tension, une prose dramatique, loin des approches théâtrales jusque là éculées. Et pour autant, le réalisateur n'en oublie pas la réalité sociale de l'époque. La photographie assurée par Adriano Goldman est sublime, renforçant l'émotion d'un couple à l'écran inédit (et peu banal) formé par Mia Wasikowska et Michael Fassbender.



Ceux qui n'auraient pas envie d'aller voir ce film pourraient être attirés par ces deux acteurs en vogue, d'une classe folle (et sexy en diable), parfaits dans leur rôle respectif. Fassbender, dont le talent n'est plus à prouver, fait ici froid dans le dos dans un premier temps, sorte de croisement entre Maxim de Winter (inventé par l'écrivaine Daphne du Maurier) et un cousin éloigné du comte Dracula. Le rôle de Rochester semble avoir été écrit pour lui. Fascinant et envoûtant dans une intensité mesurée. Recherchant à la fois de l'affection et désirant conserver un certain contrôle, l'acteur britannique joue sur le même registre que sa partenaire féminine. Peut-être avec plus de passion humaine, innée. 
Certains diront que le tout manque de fougue mais c'est justement dans la retenue et l’ambiguïté de ce qu'il exprime face à Jane Eyre qu'il est le plus brillant. Quant à Wasikowska, elle offre un portrait habile de son personnage tourmenté, tout en subtilité. Un rôle extrêmement difficile, d'autant plus lorsqu'on a 21 ans, qu'elle interprète avec brio. On n'oubliera pas non plus de citer les excellentes performances de Judi Dench en maîtresse du château et de Jamie Bell en pasteur accueillant et éconduit par la belle orpheline.


En résumé : S'il était difficile d'imaginer une nième adaptation de Jane Eyre sans penser crinoline et naphtaline, Cary Fukunaga nous a fait mentir. Cette nouvelle version est l'une des plus touchantes et enivrantes depuis la naissance du roman.


lundi 21 mai 2012

Skyfall : Bond is back !

Si vous pensez voir un jour un sourire sur les lèvres de l'agent 007, il faudra passer votre tour une fois encore. James Bond n'est pas du style à avoir mangé un clown. Le flegme britannique, sans doute. Il est rare de voir l'agent en smoking lâcher une vanne ou ne serait-ce qu'un brin d'ironie. Une habitude que le sujet de Sa Majesté n'a visiblement pas perdue dans Skyfall, dont le premier teaser vient d'être diffusé à Cannes.


Mis en scène par Sam Mendes, le 23e opus de la saga montre un James Bond froid, impassible, à l'instinct plus que meurtrier. Dans ce nouvel épisode, le passé trouble de M (Judi Dench, actuellement à l'affiche d'Indian Palace) va ressurgir, ébranlant au passage l'agent 007. Au point que celui-ci finira dans une salle d'interrogatoire, observé par ses supérieurs. Succession d'images d'action et apparition furtive du grand méchant (alias Javier Bardem)... Voilà un aperçu qui nous donne envie d'en voir plus !


samedi 5 mai 2012

[Critique] Indian Palace : qu'il est bon de vieillir ! (09/05/12)

INDIAN PALACE

De John Madden
Avec Judi Dench, Bill Nighy, Maggie Smith, Tom Wilkinson…
Sortie le 9 mai 2012

Un groupe de retraités (Judi Dench, Bill Nighy, Tom Wilkinson, Maggie Smith en tête), qui ne se connaissent pas, se retrouvent en partance pour un palace en Inde, chacun pour une raison différente et personnelle. L'une va se faire opérer de la hanche car les soins médicaux y sont moins coûteux qu'en Grande-Bretagne, l'autre va changer de vie pour des raisons financières et trouver du travail pour éponger les dettes de son défunt mari, d'autres espèrent trouver une nouvelle jeunesse ou encore un amour perdu... Mais leurs espoirs vont quelques peu vaciller à leur arrivée : le Marigold Hotel, le palace promis présenté comme un palais de Maharadjah n'est pas tout à fait celui de la brochure ! Tous ces sex/septuagénaires vont alors devoir s'adapter à ce nouvel environnement exotique, à la culture et ses traditions et mettre de côté leurs préjugés et leurs a priori sur l'Inde afin de vivre pleinement cette aventure.

La crème de la crème du cinéma britannique s'est donnée rendez-vous dans Indian Palace, le dernier long-métrage de John Madden (Shakespeare in loveL'affaire Rachel Singer). Continuité sur grand écran du roman Ces petites choses de Deborah Moggach, ce film est un voyage d'une tendresse toute particulière et touchant de par ses personnages incroyables que par la beauté d'une province indienne : le Rajasthan.

Et si l'on devait mourir demain ?

© 20th Century FoxPartir à la retraite, devenir veuf ou tout simplement apprendre à vivre pleinement ce qu'il reste à vivre s'avère être un tournant dans l'existence d'un être humain. L'idée aurait pu conduire à un film aux effluves de naphtaline et de colle dentaire. Loin de là ! Le point de départ a donné naissance à une comédie sur le déracinement et la mélancolie liée au deuil, mais le scénario est drôle, riche; et les tribulations et les joies qui accompagnent le désir de vieillir avec grâce et énergie confèrent aux personnages un charme fou.

© 20th Century FoxTout au long du film, chacun se dévoile, racontant ses secrets, sa vie passée, ses envies d'avenir. Plutôt détestables au départ, ils deviennent terriblement attachants. Sous leur carapace de British pure souche, ils s'avèrent capables de tolérance, d'ouverture d'esprit et de respect des autres (à une exception près). On notera tout de même que la performance de Maggie Smith (l'inoxydable Professeur McConagall dans Harry Potter) est de loin celle qui nous fait sourire le plus, avec son air pincé, ses remarques xénophobes et son étroitesse d'esprit... Et qui évidemment sera celle qui évoluera le plus. Un autre ne démérite pas non plus : Dev Patel (Slumdog Millionnaire), interprète de Sonny, le gérant du palais en ruine. C'est grâce à son attitude enjouée et enthousiaste que les résidents ne s'enfuient pas dès leur arrivée. Parfois too much mais plutôt sympa.

© 20th Century Fox
Certes, l'ensemble forme un film assez fleur bleu, avec de bons sentiments et édulcoré de toutes visions dures du pays vivant dans la pauvreté. Et pourtant, John Madden ne tombe pas dans le sentimentalisme tire-larmes. Le pays est évidemment le grand personnage de l'histoire, un pays de contrastes, coloré, avec des paysages à couper le souffle, et des habitants d'une richesse intérieure indescriptible.

© 20th Century Fox
La carte postale n'est pas loin, et finalement, le réalisateur nous fait découvrir cet univers sans pathos surligné, au détour de rencontres et des visites faites par les personnages : le chaos sonore permanent d'une ville grouillante, les musiciens d'une ruelle, une famille de gens de castes inférieures... Aucun des personnages n'en sortira indemnes, tout comme pour les acteurs ayant déclaré que "l'Inde est une agression constante des sens et de tout ce que l'on tient pour acquis" et "un endroit enchanteur à tout point de vue. C'est un pays riche et pauvre à la fois, il y a une telle énergie, un tel enthousiasme partout... Une expérience unique au monde, tour à tour exaltante, ravissante, choquante et riche de tous les aspects de la vie". On peut regretter tout de même quelques stéréotypes un peu trop marqué, comme l'incompréhension des nouvelles technologies par les seniors... Mais qu'importe ! L'énergie, le ton et les bonnes réparties sont là et c'est tout ce qu'on demande !

En résumé : On pourra se dire "je veux vieillir comme cela" en sortant de la salle. Indian Palace prouve qu'il y a une autre vie après la vie si on s'en donne les moyens. À l'image de ses résidents, le Marigold Hotel décati et sans âme reprend des couleurs et revit grâce à la joie et la paix intérieure retrouvée de ses habitants. Une jolie bouffée d'air frais !


Messages les plus consultés