Affichage des articles dont le libellé est Festival de Cabourg. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Festival de Cabourg. Afficher tous les articles

dimanche 8 juillet 2012

Critique : Je me suis fait tout petit : une banalité charmante (11/07/12)

JE ME SUIS FAIT TOUT PETIT
De Cécilia Rouaud
Avec Vanessa Paradis, Denis Menochet, Léa Drucker, Laurent Lucas...

Il y a des films écrits d'avance et qui nous laissent le goût amer de la déception. D'autres qui ont la fraîcheur d'une banalité faite de rencontres et de partage. Je me suis fait tout petit fait partie de ces derniers. Pour un premier film, Cécilia Rouaud nous propose une balade romantique à travers des tranches de vie du quotidien loin d'être évident, mais qui finit toujours par s'illuminer grâce à de petites étincelles de bonheur.




© Rezo Films
Yvan est un prof qui rêve d'évasion mais dont le cœur a été meurtri par sa femme. Celle-ci l'a quitté il y a cinq ans en laissant leurs filles vivre chez la sœur névrosée d'Yvan, et en partant vivre une bluette avec un autre homme en Thaïlande. Renfrogné et malheureux, il veut changer de vie et partir s'installer en Bretagne. C'est alors que débarquent dans sa vie un enfant haut comme trois pommes que son ex a eu avec un autre homme, ainsi qu'une jeune femme aussi maladroite dans la vie qu'en amour. Lorsqu'un nounours rencontre un papillon, que peut-il se passer...

Et si... ?
© Rezo Films
Dès le premier quart d'heure, on pourrait en vouloir à Cécilia Rouaud d'avoir scénarisé une rencontre balourde digne d'un téléfilm du dimanche soir, d'avoir grossit les traits des personnages à les rendre parfois à la limite de la caricature (un dépressif, une tête de linotte farfelue, une excentrique bourrée de toc, un pseudo-ami encombrant mais trop gentil...) et de leur faire changer de comportements passant d'un extrême à l'autre en un clin d'œil.

© Rezo Films
Résultat : le jeu des acteurs sonne parfois faux, presque récité. Le rôle de grincheux de Denis Ménochet n'a pas beaucoup de nuances, et celui de Vanessa Paradis semble être trop proche de la fée Clochette pour être crédible. Tout cela empaqueté dans un ruban de mollesse rythmique, et une fin complètement téléphonée et remplie de poncifs.


© Rezo Films
© Rezo Films
Et pourtant, malgré tout cela, une alchimie se crée petit à petit entre les personnages, à mesure que chacun se reconstruit. Une succession de petits bouts de vie banale tisse les liens entre tout ce petit monde, parsemé de maladresses, de tendresse et de drôlerie tout en douceur.

Finalement, les minutes passées transforment Je me suis fait tout petit en une jolie comédie, avec un gros dur au cœur de midinette interprété par un Denis Ménochet qui dévoile un charisme imposant tout en gardant une virilité fragile,  et une douce allumée qui tombe amoureuse comme elle change de chaussettes, jouée par une Vanessa Paradis ensorceleuse et libérée.


© Rezo Films
En résumé : Une comédie romantique très inégale mais avec une distribution qui fonctionne et nous laisse une légèreté certaine en sortant de la salle.






dimanche 17 juin 2012

Festival de Cabourg : une cérémonie de clôture sous le signe du glamour


Sophie Marceau - © Marie Serre
Le festival du cinéma de Cabourg est décidément un événement où il fait bon vivre du côté des stars, qui ne traînent pas des pieds pour faire plaisir au public. Celles-ci ont donné de leur temps et leur plus beau sourire lors du tapis rouge organisé devant le Grand Hôtel de Cabourg avant la cérémonie de clôture et sa remise des prix hier soir. Un peu secouées par le vent mais enfin honorées par la présence du Soleil jusque là plutôt joueur à cache-cache, les célébrités venues en grand nombre n'ont pas boudé leur plaisir. Vanessa Paradis (en lice avec Je me suis fait tout petit), Gad Elmaleh et Sophie Marceau, surprise de ce tapis rouge acclamée par le public (tous deux venus présentés Un Bonheur n'arrive jamais seul), Alice Taglioni et Patrick Bruel (pour Paris-Manhattan), Melvil Poupaud, Jérémie Rénier et bien d'autres...


( MERCI DE NE PAS UTILISER LES PHOTOS SANS AUTORISATION ET SANS CREDIT ! )

Alice Taglioni -  
© Marie Serre
Marine Delterme -© Marie Serre
Gad Elmaleh - 
 © Marie Serre



Melvil Poupaud - 
 © Marie Serre
© Marie Serre
Après avoir salué Monsieur le maire (avec qui Gad a joué les trublions) les acteurs/trices, réalisateurs/trices, producteurs et autres invités plus ou moins prestigieux, se sont installés dans la grande salle pour attendre les résultats du Palmarès. Sans pression et tout sourire, ils ont défilé les uns après les autres sur la scène, plutôt ravis d'être là. A une exception près : Melvil Poupaud, doublement primé pour Laurence anyways (une histoire folle dans laquelle il tente de sauver son couple en assouvissant son désir d’être femme) de Xavier Dolan (le Grand Prix et le Prix de la jeunesse), semblait un peu blasé. Mais les sourires se sont décrispés lors de l'arrivée de Jacques Audiard, qui a remercié tout le monde via un messager tout trouvé et digne de mettre ses idées en mots : le scénariste de De rouille et d'os, Thomas Bidegain. 
Thomas Bigegain / Jacques Audiard - © Marie Serre
Une cérémonie de clôture haute en couleurs (et haut perchée sur talons aiguilles), avec des prix parfois discutables (il en faut pour tous les goûts), mais avec une sélection qui n'a pas démenti la qualité de ce festival. On reviendra !
Le jury  
© Marie Serre
( MERCI DE NE PAS UTILISER LES PHOTOS SANS AUTORISATION ! )

Le palmarès au complet 
Grand Prix du Festival : Laurence Anyways de Xavier Dolan. 
Prix de la Jeunesse : Laurence Anyways de Xavier Dolan. 
Prix du public : Ma bonne étoile d’Anne Fassio. 
Swann d’Or de la meilleure actrice : Léa Seydoux dans Les Adieux à la reine de Benoît Jacquot et L’Enfant d’en haut d’Ursula Meier. 
Swann d’Or du meilleur acteur : Jérémie Rénier dans Cloclo de Florent Emilio Siri. 
Swann d’Or du meilleur réalisateur : Robert Guédiguian pour Les Neiges du Kilimandjaro. 
Swann d’Or du meilleur film : Jacques Audiard pour De rouille et d’os
Swann d’or du meilleur compositeur : Alex Beaupain. 
Révélation féminine : Soko dans Bye Bye Blondie de Virginie Despentes. 
Révélation masculine : Pierre Niney dans J’aime regarder les filles de Frédéric Louf.

Critique : Rock Forever : sexe, alcool et... grosse farce (11/07/12)

Si certains acteurs bâtissent leur carrière pour se construire une image et n’acceptent pas certains projets pour ne pas trahir leur statut d’icône, il y en a d’autres qui mettent leur égo de côté pour faire fi des conventions et du qu’en-dira-t-on. Et s’il en est un qu’on n'attendait pas dans le rôle d’une star de rock sur le déclin, shootée au bourbon, tout de cuir vêtu et les cheveux longs, c’est bien Tom Cruise. L’agent secret de Mission Impossible a troqué son costume et ses équipements de haute technologie pour la guitare à pointes, le bandana dans la tignasse façon Axl Rose, sans oublier le cache-sexe en strass forme diable qui tire la langue. Bigre ! Mais que se passe-t-il ? Avait-il besoin de casser son image de Monsieur Scientologie bien sous tout rapport à ce point ? Il n’en est pas à son coup d’essai en la matière. On l’a déjà vu faire le pitre lorsqu’il endosse le rôle de Les Grossman, un producteur odieux bling-bling, chauve et bien en chair dans Tonnerre sous les tropiques. C’est tout naturellement qu’il a pris sa place dans le nouveau long-métrage complètement loufoque d‘Adam Shankman, qui remet le couvert musical après le succès de Hairspray.

De quoi s’agit-il ?


 © Warner Bros
 © Warner Bros
1987. Steecie (Julianne Hough), une jeune fille emplie de rêves musicaux, quitte son Oklahoma natal pour aller s’installer à Los Angeles et percer dans le monde de la chanson, comme tant d’autres. Dès sa descente du bus, elle se fait voler ses affaires, et rencontre Drew (Diego Boneta) venu à sa rescousse… un peu tardivement. Sans le sou, perdue, Steecie accepte de travailler comme serveuse au Bourbon, le célèbre repère de musicos en vogue, où se sont enregistrés des albums mythiques de rock. Dennis, le patron (Alec Baldwin), tout aussi mythique que son bar, accompagné de son inénarrable bras droit Lonny (Russel Brand), se trouve en difficultés financières et espère se refaire avec LE concert du siècle donné par LA star du rock : Stacee Jaxx (aka Tom Cruise). Face à eux, une bande de mères-la-vertu bien-pensantes emmenées par Patricia (Catherine Zeta-Jones), qui refusent l’environnement de débauche que le style musical du Bourbon installe dans le quartier.

 © Warner Bros

Prière de ne pas oublier son deuxième degré à la maison

 © Warner Bros
Adapté d’un musical de Broadway célébrant la musique et l’esprit de années 1980, Rock Forever (Rock of Ages, en anglais dans le texte) surprend mais pas forcément dans le bon sens du terme. Chanté et dansé 80% du temps, il est loin de la plus pure tradition des shows de Time Square. On pouvait s’attendre de la part du réalisateur qu’il nous concocte un retour dans le temps déjanté avec choucroutes crêpées et couleurs flashies, emprunt de nostalgie et de bons vieux tubes de l’époque. Mais l’ancien chorégraphe déçoit en ne filmant pas vraiment de véritables numéros de danses. Le joyeux bazar ambiant du bar et du club de strip ressemble plus à un défouloir où les plans s’enchaînent en donnant le tournis, voire la nausée. Avec le casting trois étoiles plutôt connu pour ne pas être les derniers à rigoler à l‘écran, il ne pouvait se contenter d’aligner 3 références musicales et deux pirouettes. Pourtant, on sent le scénario sortir les rames lors des passages non chantés.

 © Warner Bros
Sans doute influencés par le succès des télé-crochets (The Voice, America’s got talent, American idol...) et des séries musicales telles que Smash, le réalisateur nous donne une espèce de version de High School Musical (à peine) rock’roll. La seule présence de Mary J. Blige (star du R'n B... sic) nous fait oublier d'éventuelles reprises des Guns'n Roses, de Metallica ou encore de Led Zepellin, devenues des tubes "pop-isés".

 © Warner Bros
Si vous, trentenaires ou jeunes quadra, étiez un temps soit peu nostalgiques des années 80, Adam Shankman va probablement vous dégoûter à vie de cette période. Et si au moins il avait réussi à retrouver l’esprit du rock ! Les simulacres de scènes de musiciens à fond les basses n’ont rien de très crédibles. Si les références musicales sont là grâce aux pochettes de 33 tours, il n’en est pas toujours de même pour les chansons interprétées. Si l’on entend des reprises de Def Leppard, Scorpions ou encore Bon Jovi, le mixage musical est teinté de rose bonbon qu’on entendrait chez Disney au lieu de refluer le gras capillaire, la sueur et le houblon. Pire, la chanson finale ("Don’t stop believing") est la chanson phare de Glee. Alors qu'on se prenne au jeu de croire en les rêves de ces deux post-ado beaux-gosses au sourire Ultra-Bright tombés dans le sirupeux passe encore, mais prendre pour du rock "I've been waiting a girl like you" ou "I wanna know what love is" des Foreigners (aussi repris par Glee), il y a des milites à ne pas franchir.

Foutraque mais souvent drôle

 © Warner Bros
Le scénario, qui ne restera pas dans les mémoires, paraît parfois interminablement long entre deux mashups et medleys. Cela dit, on ne peut nier que les interprétations vocales fonctionnent bien (même si la voix de Julianne Hough se fait souvent nasillarde et donc agaçante... à mes oreilles). On se surprend à sourire devant certaines références eighties (les fans de Dirty Dancing trouveront), ou des scènes tellement too much (comme de voir Catherine Zeta-Jones se déhancher dans son tailleur rose pâle, vociférer contre les débauchés du rock) et même rire devant les pitreries et répliques de Russel Brand en parfait barman azimuté (faisant ressortir son accent de son Essex natal). Son duo avec Alec Baldwin vaut son pesant de cacahuètes !
Sans surprise, voir Tom Cruise en dieu du rock multi-tatoué dans son accoutrement improbable vaut le détour. Il y a va à fond, reprenant la gestuelle des plus grandes légendes du genre à la perfection. Il rend une scène de sexe (plus orgasmique que charnelle) avec une reporter (Malin Akerman) tout à fait hilarante. Une folie outrancière dont il a le secret... et un beau brin de voix (finalement peu entendu) pas désagréable .

En résumé : Aller le voir, pourquoi pas, pour son outrance et son hilarité passagère et ses sons "pop-isés".



Le genre d'interview qu'aucun journaliste ne voudrait faire...


samedi 16 juin 2012

Critique : Little Glory : l’amour fraternel mis à rude épreuve (date de sortie inconnue)

LITTLE GLORY
De Vincent Lannoo
Avec Cameron Bright, Isabella Blake-Thomas, Hannah Murray...


Vincent Lannoo fait figure de « bébé de Cabourg » selon la programmatrice du Festival car le réalisateur belge vient y présenter chacun de ses films depuis plus de 10 ans. Il y a fait ses débuts très remarqués avec Strass en 2001, puis Ordinary Man en 2005, mais aussi Vampires en 2010.
Si le cinéma du plat pays est connu pour ses drames sociaux, celui de Lannoo n’est pas celui de Ken Loach ou encore de Mike Leigh. Il revient avec Little Glory une fresque mélancolique et violente à la fois, où l’on vibre grâce à de l’émotion pure, sans besoin de misérabilisme dégoulinant ou d’extrême dureté dans la mise en scène malgré un sujet dramatique.





Shawn est un adolescent de 19 ans qui vient de perdre sa mère. Face à un père ouvrier dans le bâtiment et alcoolique qui n’a aucune considération ni affection pour son fils, il vivote de petits boulots qu’il quitte à chaque fois rapidement faute de constance et d’ambition dans la vie. Looser sans avenir, il traîne avec des petites frappes qui l’entrainent dans des combines foireuses sous prétexte de gagner un peu d’argent. Mais tout ce quotidien sans horizon va se trouver bouleverser lorsque le père de Shawn meurt en tombant du toit d’une maison en construction, un « accident » aux vapeurs d’alcool. Sans ressources, il va devoir s’occuper seul de sa petite sœur d’à peine 10 ans (Isabella Blake-Thomas). Sans compter qu’il va devoir se battre pour sa garde contre une tante qui ne veut que le bonheur de l’enfant sans penser aux liens familiaux qui unissent la sœur et le frère, même si ce dernier est loin d’être un modèle en matière de parentalité et d’affection.


Si l'on ne s'étonnera pas de retrouver le cinéaste de l'autre côté de l'Atlantique (genre de cinéma qu'il affectionne), on peut en revanche s'étonner du sérieux avec lequel le projet s'est monté. Plutôt habitué à l'humour décalé, à un univers foutrarque (Vampires), où les filles se font enfermer dans un coffre de voiture (Ordinary Man) ou encore de gourous pervers (Strass), Vincent Lannoo nous offre ici un long plein de gravité sans pour autant oublier la liberté de sa démarche.
Tourné entièrement en anglais entre le Canada et la Belgique, Little Glory renoue avec l'éternelle figure du ciné US, l'ado américain. Nombreux sont les films qui étalent la rage de ces jeunes aux corps révoltés et indécis, aux esprits pris dans les turpitudes du changement. Et comme pour appuyer sa volonté de perte de repères, le réalisateur a planté le décor dans le Michigan, bassin industriel automobile "où la pauvreté, et les difficultés dues à la crise ne sont pas assez montrées au cinéma", a-t-il déclarés aux festivaliers de Cabourg.

Comment être parent alors qu’on est encore un ado ? Comment voir ses responsabilités prendre autant d’importances alors qu’on a du mal à se gérer soi-même ? Little Glory dépeint le quotidien de ce jeune qui se prend pour un homme fort et capable de tout contrôler alors qu’il est lui-même à peine sorti de l’enfance et secrètement brisé par la mort de sa mère. Quant à Julia, sa petite sœur, elle compose avec ce qui lui reste de famille, passant outre les conneries de son frangin, les blagues salaces de ses copains et un quotidien rythmé par les retards à l’école et le poulet frit à emporter mangé soir après soir.


Shawn ne va pas remplacer la figure paternelle totalement démissionnaire et violent par une autorité de tuteur qu'il n'est absolument pas dans l'âme. Il est et reste le grand frère inadapté et, avec Julia, ils vont se faire grandir mutuellement. Grâce à l'intelligence et la maturité de l'enfant (lui-même parle d' "enfant magique"), la bulle dans laquelle Shawn s'était muré peut éclater pour le remettre face à son existence. Vincent Lannoo déloge alors la souffrance indicible cachée au fond de l'ado paumé, contraint de se plier à l'autorité des adultes alors qu'il n'a qu'une envie : vivre sa vie d'ado insouciant avec ses potes et sa copine. Mais il va trouver un refuge d'une valeur inestimable : l'amour fraternel d'une petite soeur qui ne demande qu'à aimer et être aimée. Le film avance alors au rythme de la prise de conscience du garçon en flirtant à la limite du too much, sans jamais la franchir. "J'aime et j'essaie d'être à la limite du mélo, je flirte avec le trop plein. Mais j'avais surtout envie d'émotions. Je pleure à chaque fois à la fin de ce film. Déjà au montage, ça avait été difficile. Les larmes ne sont pas gratuites. Si elles sont là, c'est qu'on a gagné quelque chose", confiait-il aux festivaliers.



Loin de son rôle de Volturi dans la saga vampirique Twilight, Cameron Bright fait ici preuve d’une grande preuve de maturité dans son jeu. Tour à tour gros dur capable de proférer les pires horreurs à sa petite sœur, et gamin perdu à la recherche de toute l’affection qu’il ne reçoit plus depuis longtemps, il réussit un tour de force pour son premier rôle. Quant à la jeune Isabella, elle est bluffante. D'une sensibilité à fleur de peau, elle égalise le jeu des grands sans aucune honte. "J'ai flashé sur elle... et sur sa mère (rires), se souvient le réalisateur. Sa mère car j'ai tout de suite compris qu'elle ne serait pas retors sur le plateau". Tour à tour espiègle et enfantine et adulte dans un corps de petite fille, elle remet à sa place tous ceux qui la croit aussi perdue que son frère ou insignifiante.


En résumé : une belle réussite.



Festival de Cabourg : les premiers lauréats sont...


Le 26e Festival du film romantique de Cabourg a remis ses premiers prix hier soir. Un emploi du temps un peu bousculé car l'un des lauréats se produit actuellement sur les planches à Paris. C'est dans une salle à dominante rouge et bleue que les convives, célèbres et moins célèbres, se sont retrouvées. Talons aiguilles, robes de cocktail et costumes sombres étaient de sortie. Tout cela dans une ambiance bon enfant, sans chichi ni pression.

Christophe Lambert / Fleur-Lise Huet
© Marie Serre
Il est de tradition que les premières récompenses honorent le travail de comédiens pour leur première apparition dans un premier rôle dans un long-métrage. Ainsi, la révélation féminine est revenue à Fleur-Lise Huet pour son rôle de Louise dans Ma bonne étoile. Présentée par l'une des organisatrices du festival (aussi sa maman... sic) comme "un bébé du festival", qui a été poussée dès l'âge d'un mois par de grands noms du cinéma, la jeune actrice très émue n'a pourtant pas remisé au placard son humour lors de la remise de son Swann d'or car en remerciant le jury et sa mère, elle n'en a pas oublié de dire "merci papa" en parlant de Proust.:
Fleur-Lise Huet  / Abraham Belaga
© Marie Serre


Quant au prix de la révélation masculine, il est allé à Abraham Belaga pour son rôle d'Eytan dans Une Bouteille à la mer, de Thierry Binisty. Actuellement dans la série de France 2 Chez Maupassant, il n'en est pas à son premier film. On a pu le voire au début de l'année dans Une Vie meilleure, Bus Palladium et même Robin des Bois de Ridley Scott.


Lea Drucker / Pierre Niney
(au centre)
© Marie Serre
Et la soirée s'est poursuivie dans la bonne humeur (et sous l'égide des sponsors...) pour en venir au Prix d'interprétation masculine, exceptionnellement décerné avec 24h d'avance. Et pour cause, l'acteur Pierre Niney se produit sur scène en ce moment. Le plus jeune comédien de la Comédie Française s'est fait remarqué dans J'aime regarder les filles, de Pierre Louf, film pour lequel il a déjà été nommé aux Césars dans la catégorie Meilleur Espoir masculin.

MERCI DE NE PAS UTILISER LES PHOTOS ET LES VIDEOS SANS AUTORISATION !


mercredi 13 juin 2012

Critique : Ma bonne étoile : une jolie histoire hippique lancée... au pas (11/07/12)

Si la Normandie est souvent associée à la pluie, à ses pommiers dans ses verts bocages et à ses vaches noires et blanches, elle a aussi sa part dans le monde hippique. L'hippodrome de Cabourg, la vente annuelle des yearlings à Deauville, la course très prisée du Prix de Normandie... Le terrain était tout trouvé pour filmer Ma bonne étoile, oeuvre équine signée Anne Fassio (Je déteste les enfants des autres, Un samedi sur la Terre). Et quoi de plus noble qu'un cheval lancé au galop pour symboliser la vie d'une jeune fille que toutes les épreuves de la vie veulent voir tomber, mais qui finit par triompher à force de courage, d'amour et de volonté. 

De quoi s'agit-il ?

Louise (Fleur-Lise Huet) est une petite fille entourée de chevaux depuis son plus jeune âge. Elle vit heureuse dans une ferme où son père élève et entraîne des canassons. Mais le destin frappe brusquement à sa porte : elle perd sa mère. Elle reste seule avec son père (Christophe Lambert) et Robert (Claude Brasseur) un ami de la famille à la Ferronnière, le haras où elle habite depuis toujours. Les affaires vont mal, les dettes s'accumulent, ils sont au bord de la faillite et tout semble s'accumuler pour les voir échouer... Mais un petit miracle équestre naît. Marquise, une jeune jument que Louise élève avec amour et dévouement total. Malgré ses aller-retours entre son école de jockey et le haras, la jeune fille se bat pour sauver son père et lutter contre la fatalité qui semble s'acharner.

"Les enfants quand on les aime, ils vous le rendent au centuple"


C'est le constat que fait le personnage de Christophe Lambert. Un peu simpliste et convenu mais qui s'applique parfaitement à ce qu'il vit avec et à travers Louise. Si le scénario n'est pas révolutionnaire et la forme de ce long-métrage parfois maladroite et lourdingue (avec ses répliques qui tombent comme un cheveu sur la soupe et son montage un peu short-cut), le propos est universel. Qui dans la vie n'a pas eu à franchir des obstacles, pour ne pas dire des murs, pour arriver à ses fins ? Qui n'a pas envie de déplacer des montagnes lorsqu'il s'agit d'assouvir sa passion ? D'autant plus lorsqu'il s'agit de porter secours à l'un de ses proches... Car Ma bonne étoile c'est avant tout une succession de combats sans oublier les bons sentiments. Un film passionné pour des passionnés... de chevaux. Et pour autant, il ne tombe pas dans les travers de la technique équestre obscure aux non-initiés. 
On voit se développer une pouliche au même rythme que celui de sa dévouée propriétaire, qui succombe malgré les avertissements de son père, dans les bras de Cupidon (du nom de Julien). Et finalement, on en revient toujours à la même conclusion : sans amour, on ne fait pas grand chose. Et pourtant, les liens d'amour de la jeune Louise avec les garçons sont plutôt expédiés. Des évocations faites au lance-pierre comme une patate chaude dont on ne sait pas quoi faire. Dommage... Les scènes entre Louise en Julien sont pourtant tendres. Face à cela, l'amour inconditionnel que la jockey en herbe porte à son cheval est incommensurable. Serait-il plus facile d'aimer les animaux que les humains ? Sûrement moins compliqué...

Fleur-Lise Huet, dont c'est le premier film, est comme sa jument : exaltée, lumineuse et dégage une vraie fraîcheur face aux vieux briscards tels que Christophe Lambert et Claude Brasseur (de moins en moins à l'écran mais toujours agréable à retrouver). Mais cette fraîcheur de débutante à le défaut de ses qualités. On a parfois l'impression qu'elle ne croit pas à celle qu'elle dit, et du coup, on a parfois du mal à y croire nous aussi... Mais elle n'est pas la seule dans ce cas-là...
Les bêtes sont sublimes, la relation entre Marquise et Louise est fusionnelle... On arrive à se demander si l'actrice n'est pas une cavalière à part entière avant d'être actrice. Le tout est enrobé dans de jolies images de chevaux au trot, au galop, dans la mer, dans la campagne... Mais trot, c'est trop ! Les scènes s'étirent en longueur et n'apportent rien de plus qu'une séance de films de vacances. Vous me trouvez un peu dure ? C'est vrai. Car finalement, ce film laisse une jolie empreinte émotionnelle et une belle carte postale de la Normandie.

Festival de Cabourg : TvCinephages sur les marches du Grand Hôtel

Sous un ciel nuageux, Cabourg vient d'ouvrir ses portes à la 26e édition du film romantique. La ville normande, dont le romantisme a été relayé par Marcel Proust, met en avant une sélection de longs et courts-métrages à la fois éclectiques et audacieux, français et européens (voir les films en compétition). Petite nouveauté : l'édition 2012 se voit attribuée une note musicale avec entre autres L'air de rien, qui verra Michel Delpech obligé de remonter sur scène pour éponger ses dettes, et l'avant-première du très attendu Rock Forever de Adama Shankman, avec Tom Cruise et une pléiade d'autres acteurs. Et on aime bien aussi cette sélection car elle met en avant en majorité des premiers films, et nombreux sont ceux réalisés par des femmes... 
Le public est régulièrement invité à donner son avis pour remettre le prix coup de coeur des spectateurs. Reste à savoir si le jury présidé par Yann Samuel sera du même avis. Et les discussions risquent d'être mouvementées car celui-ci est aussi bigarré que la sélection : les actrices Anne Marivin, Marie Denarnaud, Christa Théret, et Amira Casar, l'acteur-réalisateur Mathieu Demy, lechef-opérateur Pierre Aïm , le compositeur Bertrand Burgalat et le producteur Thomas Anargyros. One sait pas encore si l'été sera chaud et ensoleillé mais cette fin de semaine sera assurément romantique !


© Marie Serre pour TvCinephages

Messages les plus consultés