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jeudi 15 janvier 2015

Oscars 2015 : Et les nominés sont...

La cérémonie de remise des Oscars, temps fort de l'année à Hollywood, aura lieu le 22 février. L'an dernier elle a été suivie par 44 millions de personnes à la télévision rien qu'aux Etats-Unis. Qui va remporter la petite statuette dorée au Dolby Theatre ?



Birdman, d'Alejandro Inarritu, et The Grand Budapest Hotel", de Wes Anderson, sont partis en tête de la course aux Oscars jeudi avec chacun 9 nominations, tandis que la Française Marion Cotillard pourrait recevoir une nouvelle statuette pour Deux jours, une nuit.
The Grand Budapest Hotel, comédie surranée et stylée de Wes Anderson, avec Ralph Fiennes et Bill Murray, avait déjà reçu le Golden Globe de la meilleure comédie dimanche.

Les deux favoris sont suivis de près par Imitation Game sur le mathématicien britannique de génie, Alan Turing, qui a découvert le code secret de communication nazi pendant la Seconde Guerre mondiale, avec 8 nominations.
American Sniper, de Clint Eastwood, et Boyhood de Richard Linklater, film unique en son genre car tourné sur douze ans, ont été cités six fois chacun.
Côté français, l'actrice Marion Cotillard est finaliste pour l'Oscar de la meilleure actrice pour Deux jours, une nuit des frères Dardenne, après avoir déjà été oscarisée pour La môme en 2008.
Alexandre Desplat, l'un des plus grands compositeurs de film, est nommé deux fois pour la meilleure bande-originale pour Imitation Game et The Grand Budapest Hotel.
Timbuktu, film franco-mauritanien d'Abderrahmane Sissako, est quant à lui cité dans la course pour l'Oscar du meilleur film étranger aux côtés du russe Leviathan qui avait déjà reçu le Golden Globe dans cette même catégorie dimanche, ou encore du polonais Ida.

C'est le Mexicain Alfonso Cuaron, Oscar du meilleur réalisateur pour Gravity l'an dernier, l'acteur Chris Pine (Star Trek) et J.J. Abrams, réalisateur du prochain Star Wars, qui ont dévoilé jeudi à Los Angeles les finalistes pour ces prix les plus prestigieux du cinéma américain jeudi au petit matin.
Une merveilleuse histoire du temps, Whiplash et Selma, d'Ava DuVernay, sur la lutte pour les droits civiques et Martin Luther King, se sont hissés dans la course à l'Oscar du meilleur film de l'année, décerné l'an dernier à Twelve years a Slave.
En revanche Gone Girl de David Fincher a été boudé pour la plus haute récompense.

Encore une statuette pour Meryl Streep ? 

Birdman, sur un ex-acteur de films de super-héros qui tente de renouer avec la gloire au théâtre, vaut notamment une nomination pour la statuette du meilleur acteur à Michael Keaton, pour le meilleur second rôle féminin à Emma Stone et l'équivalent au masculin pour Edward Norton. Ce film drôle et émouvant, à la cinématographie très dynamique alors qu'il quitte à peine les murs d'un théâtre, flirte avec le fantastique. Il sera en compétition avec Steve Carell (FoxCatcher), Bradley Cooper (American Sniper), Benedict Cumberbatch (Imitation Game) et Eddie Redmayne (Une merveilleuse histoire du temps).
Chez les actrices, Julianne Moore, déjà nommée quatre fois, pourrait enfin être primée pour Still Alice, et Reese Witherspoon recevoir une nouvelle statuette pour Wild, après celle reçue il y a 9 ans pour Walk the line.
Felicity Jones (Une merveilleuse histoire du temps) et Rosamund Pike (Gone Girl) sont également dans la course.
Meryl Streep, qui a déjà remporté trois Oscars et détenait déjà le record de 18 nominations, pourrait encore embellir son tableau de chasse: elle est nommée pour un Oscar du meilleur second rôle pour sa performance dans la comédie musicale fantastique de Disney Into the Woods, promenons-nous dans les bois.
Elle fera notamment face à Patricia Arquette (Boyhood), Laura Dern (Wild) et Keira Knightley (Imitation Game).
Côté acteurs dans un second rôle, Ethan Hawke, père divorcé et tendre dans Boyhood, Robert Duvall, 83 ans, figure paternelle beaucoup plus dure et intransigeante dans Le Juge, Mark Ruffalo, entraîneur de lutte dans Foxcatcher, et J.K Simmons (Whiplash) ont leur chance.


lundi 6 janvier 2014

The Ryan Initiative : Ca va déménager !

Ancien Marine, Jack Ryan (Chris Pine) est un brillant analyste financier. William Harper (Kevin Costner) le recrute au sein de la CIA pour enquêter sur une organisation financière terroriste. Cachant la nature de cette première mission à sa fiancée (Keira Knightley), Jack Ryan part à Moscou pour rencontrer l’homme d’affaires (Kenneth Branagh) qu’il soupçonne d’être à la tête du complot. Sur place, trahi et livré à lui-même, Jack Ryan réalise qu’il ne peut plus faire confiance à personne. Pas même à ses proches. 

Un reboot musclé 

Après Harrison Ford, Alec Baldwin et Ben Affleck, c'est au tour de Chris Pine d'interpréter le personnage inventé par l'auteur Tom Clancy, sous la direction de Kenneth Branagh, renouant avec les films à gros budget après Thor. Le beau gosse aux yeux bleus est de retour pour un nouveau blockbuster, thriller façon Mission Impossible et Jack Reacher. Il a délaissé le costume de Star Trek pour enfiler celui du bonhomme qui dézingue tout ce qui passe, à qui il arrive une série d'ennuis improbables, qu'il traverse sans jamais sourciller… ou presque. Ici pas de midinette blonde pour le détourner de sa mission comme dans Target, mais une petite amie bien décidée à l'aider, rôle joué par Keira Knightley, qu'on voit peu dans ce genre de film. 

Un premier extrait de 4 minutes vient d'être mis en ligne. Enjoy ! 
(Sortie en France le 29 janvier 2014)


La bande annonce : 

mardi 20 décembre 2011

Critique : A Dangerous Method : du corps ou de l'esprit, qui peut gagner ? (21/11/11)

A DANGEROUS METHOD 
De David Cronenberg
Avec Michael Fassbender, Viggo Mortensen, Keira Knightley...

Le Canadien David Cronenberg (A History of Violence, Existenz, La Mouche) n'est pas le genre de cinéaste à faire dans le léger et le fleur bleue. Il aime les écorchés vifs, sonder les phobies, les pulsions refoulées et les névroses de l’âme humaine et de la société contemporaine.... Alors le voir s'attaquer à la naissance de la psychanalyse, c'était comme une évidence. Il adapte ainsi la pièce de Cristopher Hampton, The Talking Cure. Ainsi il retrace le conflit d’idées et d’intelligence qui a opposé les éminents praticiens de l'âme de l'époque : l’autrichien d’origine juive Sigmund Freud et le suisse alémanique Carl Gustav Jung. Et au milieu une patiente russe d’origine juive, qui devint par la suite une praticienne éminente. Un ménage à trois intellectuel et (violemment) sensuel.


Zurich, 1904. Carl Jung (Michael Fassbender) est un jeune psychiatre au début de sa carrière. Il partage sa vie avec sa femme, Emma, enceinte de leur premier enfant. S’inspirant des travaux de l'un de ses confrères dénommé Sigmund Freud (Viggo Mortensen), Jung s'essaie à un nouveau traitement expérimental connu sous le nom de psychanalyse. Il pense avoir trouvé la patiente idéale en Sabina Spielrein (Keira Knightley), 18 ans, qui pique des crises d'hystérie la faisant atrocement grimacer rien qu'à l'évocation de son père. Lors de ses séances avec Jung, elle expose une jeunesse gâchée par les humiliations et une un réel penchant pour les pratiques sexuelles masochistes. Grâce à leur correspondance et un patient commun (joué par Vincent Cassel), Jung parvient à établir  une grande complicité intellectuelle avec Freud, et finit par entrer dans une certaine compétition intellectuelle avec lui. "Le maître" ouvre les yeux de Jung et son esprit : et pourquoi ne pas céder à la tentation de la chair plutôt que trouver tous les prétextes pour ne pas y succomber, lui dit-il. Toute cette "masturbation intellectuelle" pour une histoire de fesses ?

Un trio classique et volubile

Cronenberg est celui qui a toujours déconstruit les narrations en explorant les tréfonds de l’esprit. Mais sa Dangerous Method reste ici étrangement sage, voire même conventionnelle et classique dans sa mise en scène. Si les décors sont élégants, les costumes délicats et la photographie soignée et imprégnée de cette période créatrice d’avant-garde, les dialogues ne sont qu'une joute verbale sans réel fond. Une bataille d'égos mâtinés de pulsions et déviances sexuelles (un peu mécaniques, il faut bien l'avouer) pourtant bien menée, mais trop didactique, où la psyché des intéressés n'est pas assez creusée. Plutôt paradoxal pour un film sur la psychanalyse ! On perd au fil des minutes l'empathie un tant soit peu développée pour les personnages, malgré le jeu impeccable du duo Fassbender / Mortensen. Sans oublier Keira Knightley, qui livre une sacrée performance à la fois physique (ses contractions maxillaires répétées pourront en énerver plus d'un...) et mentale, avec une force de caractère et d’intelligence de ce rôle à plusieurs facettes. Quant à notre Frenchie international, Vincent Cassel, son jeu est efficace dans sa perdition et perversion assumée (malgré un temps de présence à l'écran limité).

En résumé :  Une petite prise de tête perverse qui ne fait pas de nœud au cerveau. Conventionnel et élégant. Mais... une conclusion s'impose : "tout ça pour ça ?!"

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