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lundi 23 juillet 2012

Critique : 360 : Et si le monde n'était qu'un panier rempli de coïncidences ? (25/07/12)

Il est des rencontres qui peuvent changer une vie. Une coïncidence. Un regard. Un mot. Une décision… et tout bascule. C’est la vie, diront certains. D’autres la fatalité.  Aux quatre coins du globe, des gens s’aiment en secret, se disputent, combattent les aléas du destin ou le train-train quotidien. 360 épie quelques couples formés par le hasard, la volonté ou le sexe dans un film chorale. Ainsi un homme d’affaires britannique, une call-girl slovaque, un père inconsolable, un délinquant sexuel remis en liberté, une jeune Brésilienne abandonnée, un homme de main saturé (etc.) se succèdent à l’écran pour nous raconter une tranche de vie. La leur.

Chabadabada chabadabada

Depuis le percutant La Cité de Dieu et le non moins excellent The Constant Gardener, Fernando Meireilles semble chercher une nouvelle voie, sans forcément trouver la bonne. Après "l’erreur" Blindness, on pensait qu’il aurait retrouver ses esprits. Mais apparemment, les sirènes de la formalité et de la facilité ont eu raison de son originalité. Sur le papier, 360 avait de quoi séduire : une pièce à succès La Ronde d’Arthur Schnitzer, le scénariste Peter Morgan à l’origine de The Queen, une scène internationale et un casting 4 étoiles (rien de moins que Jude Law, Rachel Weisz, Anthony Hopkins, Ben Foster, et même Jamel Debbouze). 
Si l’intention de faire une étude sociologique et psychologique de personnages dont l’existence change après la prise d’une décision radicale est louable, le résultat et ce qui nous reste en sortant de la salle sonne finalement creux. Si les histoires de chacun s’enchaînent visuellement de façon fluide et agréable, on ne peut s’empêcher de penser que le réalisateur a fait preuve d’une grande paresse en employant sans retenue la coïncidence à tour de bras. Une mécanique facilitant certes l’écriture cinématographique, mais qui finit par donner un côté artificiel et plombant à ce qui devrait rester humain et un jeu de hasard authentique. Un tour de passe-passe qui a pourtant fait la marque de fabrique de Lelouch. 
Cependant trop d’artifices et de clichés noient un peu l’intérêt principal de l'ensemble : un couple de bourgeois infidèles fait face à la dure vie d’une femme qui n’a d’autre choix financier que de se prostituer. Et ce père inconsolable depuis la disparition de sa fille qui se donne la mission de protéger cette jeune Brésilienne un peu perdue qui vient de se faire larguer. Et que dire des problèmes religieux que traversent un dentiste musulman face à son amour impossible pour une femme mariée. Et après tout ça, on en tire quoi ? Pas grand chose. C'est joli à voir mais... c'est tout.
Et pourtant, on se prend par moments au tourbillon des sentiments. Si l’on découpe 360 par tranche de vie, on s’aperçoit que quelque part ces gens nous ressemblent, et on se demande « que ferais-je dans cette situation là ? ». L’interprétation des comédiens est impeccable et rehausse le tout en nous plongeant dans leurs ressentis les plus personnels, leurs tourments et leurs déboires. Dans tous ces lieux communs de la vie, on retiendra tout de même le monologue magistral, juste et digne, d’Anthony Hopkins lors de sa réunion aux Alcooliques Anonymes. 

En résumé : 360 recèle quelques belles idées de mise en scènes, réunit des acteurs sans fausse note mais tient un propos qui finalement ne laisse aucune trace. Dommage ! 

samedi 24 septembre 2011

Critique : Dream House : La réalité est-elle vraiment celle qu'on voit ? (5 octobre)

Quelque part entre Cowboys et Aliens, Les aventures de Tintin et le secret de la Licorne (dans lequel il interprète Rackham le Rouge) et The Girl with the Dragon Tattoo, Daniel Craig a fait un détour sur le plateau de Dream House, réalisé par Jim Sheridan. Deux fois Oscarisé (pour My Left Foot et Au nom du père) et 16 fois nominé, ce dernier s'aventure ici dans un thriller psychologique (au budget modeste), qui voit un homme se débattre avec son passé et son présent plus que troublant.


De quoi ça parle ?

Will Atenton (Daniel Craig) a tout pour être heureux : une femme sublime qui l'aime (Rachel Weisz), des enfants adorables, une belle maison dans un quartier résidentiel en Nouvelle-Angleterre et le succès professionnel dans l'édition. Un jour, il quitte son poste pour s'occuper davantage de sa famille. Alors qu'il s'installe dans cette nouvelle vie, le couple découvre que son domicile est le lieu d'un triple assassinat épouvantable, dont ressort un seul survivant : le père de famille. Intrigué, Will se met à chercher des réponses lorsqu'il se pense responsable de cette tragédie. Sa seule piste est la voisine d'en-face, Ann Patterson (Naomi Watts) qui était proche de la famille tuée. Tous les deux vont reconstruire le puzzle de l'histoire, tout en découvrant l'inimaginable...


Voilà l'un des films qui m'a laissée perplexe en sortant de la salle. Comme un arrière goût de superficiel.
Comment parler de ce film sans en révéler la moelle ? A première vue, le trailer (ci-dessous) en disait déjà un peu trop (à mon goût) quant au rôle du père dans la tuerie de cette famille. Mais comme tout bon thriller, il fallait donner sa chance au scénario. Celui-ci joue sur des faux-semblants, des trompe-l'oeil et des twists qui sont utilisés pour faire douter le spectateur. L'intrigue se dévoile à mesure que Will avance dans son enquête pour trouver l'assassin. On se place alors du point de vue de ce père et on prend partie pour lui, jusqu'à ce qu'il doute de lui-même. On en vient alors à douter de notre propre perception de l'intrigue. Encore plus troublant, le réalisateur nous plonge dans deux réalités qui au début paraissent distinctes, mais qui finissent par s'entremêler, nous faisant perdre nos repères. On ne sait plus bien ce qui est vrai et ce qui ne l'est pas. Perturbant ! On ne peut alors compter que sur son sens de la déduction, aussi fiable, s'il en est.

Comme Will, on se prend à imaginer qu'une deuxième réalité existe, pour ne pas voir la vérité vraie en face, aussi insupportable qu'elle est. L'imagination peut alors sauver une vie du chaos ou la faire tomber dans la folie pure. On pourrait voir dans Dream House qu'une histoire de fantômes. Et si on n'y croît pas, ce n'est alors qu'une histoire d'imagination. Libre au spectateur d'y voir ce qu'il a envie de croire. Et voilà qui est le plus dérangeant. Car on n'y croit pas tout à fait. Et c'est bien dommage car tout n'est que question de croyance. Et pourtant, ce procédé nous avait tous laissé la bouche grande ouverte à la fin du fabuleux Shutter Island, du grand Scorsese, avec Leonardo di Caprio. La faute au budget ? Aux acteurs ? Au réalisateur ? Au scénario ?

Si le couple Daniel Craig et Rachel Weisz fonctionne bien (et pour cause !), le reste sonne faux. Les indices laissés par Sheridan sont souvent trop gros pour ne pas être visibles à 3 km. Ne serait-ce que le basique changement d'apparence de Daniel Craig lorsqu'il doute de sa responsabilité dans le meurtre de cette famille. Et comment ne pas en vouloir au réalisateur lorsqu'il sort les violons pour la scène finale, tellement prévisibles... Mais je n'en dirai pas plus, ce serait une faute professionnelle...
Mais il faut bien l'avouer tout de même, a posteriori, lorsqu'on repense à tous les éléments qui semblaient insignifiants au départ et que l'on met bout à bout, il flotte un parfum final à la Sixième Sens de Night Shyamalan.


En résumé : Tout n'est pas à jeter, loin de là. On passe tout de même un bon moment. On ne demande qu'à y croire ! Je suis curieuse de voir la réaction du public car rarement un film m'a laissée une impression mi-figue, mi-raisin.
(Petite note : l'affiche de nos voisins outre-Atlantique est bien plus frappante et adaptée à celle qui nous a été proposée de ce côté de l'océan... je dis ça, je dis rien...)


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