Si Avatar, La Planète des singes ou Star Wars n'avaient pas existé, il est certain que John Carter aurait amené une réelle nouveauté dans le genre fantastique, avec son jeune héros venu d'une autre planète, tombant amoureux d'une indigène et se faisant accepter par ce peuple du fond de notre galaxie. Finalement, le film d'Andrew Stanton et son budget faramineux de 250 millions de dollars s'avère être un film pop-corn (et un peu kitsch ?) plutôt agréable à regarder mais sans réel intérêt scénaristique. Mais sans nul doute, il va s'imposer comme un carton du box-office...
Adaptation spectaculaire de La Princesse de Mars, le premier volume d'une série de 11 romans écrits par Edgar Rice Burroughs, papa de Tarzan, John Carter est un film qui mêle habilement le vieux et le neuf. La modernité avec la perfection des effets spéciaux numériques créant un monde imaginaire et des créateurs plus extravagantes les unes que les autres. On y retrouve des créature fascinantes première qualité des ouvrages de Burroughs, comme ces "hommes" verts de 3 mètres de haut dotés de 4 bras agiles et de défenses de mammouths, ce chien-lézard incroyablement rapide et affectueux, ces singes albinos géants et carnassiers et ces mammifères ovipares, ruminants aux longs bras avec une bouche au creux de chaque main. Le radiateur montre une imagination débridée tout en restituant avec fidélité l'univers presque centenaire de Burroughs.
Stanton garde pourtant une touche old school, avec toutes ces références évidentes et ses formes de récit qui ont très souvent nourri le cinéma populaire. Un soldat confédéré (Talyor Kitsch, alias John Carter) propulsé dans un monde qui lui est inconnu, où deux civilisations (Helium et Zodanga) se font la guerre. Sab Than (Dominic West), chef de Zodanga, possède une arme redoutable et veut soumettre le peuple d'Hélium en épousant Dejah Toris (Lynn Collins), la fille du roi (Ciaran Hinds). Bien évidemment, le preux chevalier John Carter, grâce à sa force physique et à sa ruse, va contrarier à plusieurs reprises les velléités du méchant Sab Than et défaire son armée. On retrouve avec un plaisir évident un type de récit qui renvoie au cinéma d'aventure hollywoodien, touchant aux péplums et aux films mythologiques talents de la fin des années 50 (toute proportion gardée...).
L'intrigue, simpliste et compliquée à la fois, est plutôt mal développée. On ne compte plus les fois où John Carter, cet Indiana Jones martien et gladiateur à ses heures, est capturé puis s'enfuit sans arrêt, inlassablement. Plus construit comme une suite d'incidents qu'une véritable histoire avec des arcs rythmés et des scènes élégamment enchaînées, le film se concentre sur le dilemme de la princesse Dejah, scientifique émérite qui n'a aucune envie d'obéir et de se marier pour des raisons politiques. A vouloir conserver leur identité (planétaire) propre et leur donner une certaine profondeur, les scénaristes ont fait de Dejah et John des personnages principaux basiques, de véritables archétypes : un bienfaiteur et une demoiselle en détresse. Leur romance amène de nombreux clichés à la limite du nain-nian, des minauderies irrépressibles et des regards (bleu lagon) sous le clair des lunes (oui, il y en a plusieurs sur Barsoom). Le scénario d'une platitude sans nom, et les dialogues dépourvu de reliefs, trop peu relevés par un humour basique, auront peine à faire lever les zygomatiques. On notera tout de même que le running gag du "Virginia" a fait son œuvre (je vous laisse la découvrir ci-dessous). Mais pour le reste, voilà une erreur étonnante quant on connaît le pouvoir hilarant de Pixar. On
Le réalisateur a confié qu'une fois les personnages "décryptés", tout reposerait sur le casting. Et là, on se demande bien comment les auditions ont été faites ! Taylor Kitsch, exilé de la série Friday Night Lights, manque encore d'expérience. Et s'il n'est pas mauvais dans la peau de John Carter, il n'arrive pas à transcender son personnage. Résultat, on a du mal à s'y attacher et à se soucier de son destin. Un peu dommage pour un rôle principal ! Quant à Lynn Collins, seule personnage féminin du film (en chair et en os... et en perruque !), est à la limite de provoquer de l'agacement. Si son verbiage l'ennuie, la gente masculine se contentera de regarder la superbe plastique de la belle dans son costume minimaliste. Seuls Mark Strong (Matai Shang, l'un des méchants) et James Purefoy (Kantos Khan, capitaine ami de John Carter) redonne un peu de couleurs à ce tableau délavé.
En résumé : Si ce blockbuster est un peu plat et gentillet, il n'en reste pas moins une chronique de science-fiction à grand spectacle, visuellement riche et étonnante. Les plus jeunes seront sûrement de meilleurs spectateurs que les adultes.
En bonus : 10 minutes du film, quelques extraits, et la nouvelle bande-annonce pour vous en faire une idée, et des interviews...
Avec Tahar Rahim, Mark Strong, Freida Pinto, Antonio Banderas...
(2011)
Or Noir est une grande fresque épique située en Arabie du début du XXe siècle, au moment où les premières gouttes de pétrole commencent à être découvertes. Et au milieu de ce terrain convoité par une compagnie américaine, deux émirs qui se toisent du bout à l'autre de leur territoire et finissent par entrer en guerre; l'un pour le respect de sa terre et des traditions, et l'autre pour le potentiel de richesse que l'or noir lui offre. C'est alors qu'un jeune Prince, jeune libraire timide, va se découvrir une âme de soldat et va unir les tribus du royaume du désert.
Jean-Jacques Annaud a de nouveau posé ses caméras dans un décor de carte postale. Aprés l'énorme four qu'il a connu avec Sa majesté Minor, le réalisateur française nous emmène cette fois-ci dans les déserts arabes, Tunisien et Qatari pour être précis, un espace naturel qu'il n'avait pas encore conquis (après l'Himalaya, pour 7 ans au Tibet, la jungle dans Deux frères, la Russie dans Stalingrad, etc.). Voilà qui est fait. Et grand bien lui fasse ! Comme dans tout film à gros budget qui veut en mettre plein les yeux, il y a du bon et du mauvais. Annaud frappe fort avec son casting international, qui assume totalement son côté glamour (tous sont toujours superbement maquillés et tirés à quatre épingles), et non à la recherche d'une origine arabe correspondant à leurs personnages. On sait bien qu'Antonio Banderas, Mark Strong et Freida Pinto ne sont pas de là-bas ! Quant à Tahar Rahim (dont l'interview est ici), il aurait pu faire illusion, mais tout le monde parle anglais, dans ce Moyen-Orient du début du XXe siècle. On a compris que tout n'était pas là pour "faire vrai", mais pour raconter une histoire et nous en mettre plein les mirettes. Et cela fonctionne ! Pour preuves, de grandes scènes de bataille à dos de chameaux, usant sabres et cimeterres, plutôt réussies, voire impressionnantes. Et sans effets spéciaux, s'il vous plaît ! Une chose qui devient rare...
Mais Annaud n’a pas pris que les bons aspects du cinéma hollywoodien. Quelques détournements un peu faciles dans les scénario alourdissent la mise en scène. Rien ne manque : le héros qui meurt sans mourrir, les sympathiques personnages secondaires sacrifiés pour la bonne cause afin d'émouvoir les âmes sensibles, les caricatures de femmes bonnes à marier ou d’aventurières rebelles… D'ailleurs, une fois de plus, la belle Feida Pinto récupère un rôle de faire- valoir qui n'a sans doute que peu d'intérêt.
Au-délà de la forme, Annaud a su mettre un certain fond, sans prendre partie sur les sujets les plus sensibles. L’accent est mis sur les us et coutumes d'alors, où les femmes, toujours enfermées, filmées dans l’ombre, regardant à travers les moucharabiehs les hommes partir au combat. Et malgré ce côté surranné (et tellement actuel dans certains pays), le film montre des peuples arabes autrement qu'en terroristes, poseurs de bombes ou de simples barbus fondamentalistes à fond sur la Charria. Enfin un film qui dédiabolise ces peuples si souvent maltraités au cinéma depuis les événements du 11 septembre. Il soulève des points mentionnés dans le Coran, lançant des débats éclairés sur les multiples interprétations possibles du livre sacré sans jamais donné raison à l'un où à l'autre. Entre tradition et modernité, l'essentiel réside dans le dialogue.
En résumé : Or noir évoque sans l'ombre d'un doute Lawrence d’Arabie dès ses premiers plans. Impossible de ne pas y penser. Les petits râtés ne suffisent pas à gâcher le spectacle car, somme toute, on passe un très bon moment. Or noir raconte la création de ces États coincés entre les pétrodollars et le carcan de la religion de façon romanesque et bien joué (mais sans le regard perçant de Peter O'Toole... mais celui de Mark Strong n'est pas mal non plus...).
Avec Ryan Reynolds, Peter Saarsgard, Blake Lively, Mark Strong…
Sortie le 14 juin 2011
Après les premières images dévoilées au Comic-Con 2010 (qui ont déçu), on pouvait s'attendre au pire. N'en déplaise aux détracteurs les plus farouches (et il y en a !) et les puristes du genre comics, cette adaptation de Green Lanternest un challenge honorablement relevé. À l'inverse de son rival Marvel, DC Comics n'a pas encore trusté les salles de cinéma avec tous ses super héros. Seuls Batman et Superman ont eu le droit à leur multiples opus. Face à ces deux géants, Green Lantern fait figure de petit poucet : mal connu du grand public, un héros sans richesses ni pouvoirs donnés à la naissance... L'exercice s'avérait périlleux.
Et pourtant, ce qui différencie Hal Jordan, tête brûlée façon Maverick dans Top Gun, de ses grands frères Bruce Wayne ou Clark Kent réside dans sa simplicité et son humanité. Il est maladroit, irresponsable, il ne réussit pas tout ce qu'il entreprend, et fait figure d'homme-à-femmes bourreau des cœurs car incapable de s'engager. Comme beaucoup d'entre nous, il doit apprendre de ses erreurs. En intégrant le Green Lanter Corps (l'élite des gardiens de la galaxie), il apprend à confronter peur et volonté, pour mieux grandir.
Qui dit super-héros méconnu, dit obligation d'installer un univers et de l'expliquer aux profanes. De ce point de vue là, le réalisateur Martin Campbell s'en tire à merveille, tout en restant fidèle au matériau d'origine. Il ne nous assomme pas avec des millions de références pour nerds férus de comics, et parvient à donner du rythme à l'intrigue (un peu convenue, tout de même). L'évolution en parallèle du héros et du méchant - l'excellent Peter Sarsgaard, qui aurait mérité une plus grande place à l'écran - se fait naturellement. Mais le scénario pour y parvenir est un peu léger, voire brouillon. L'histoire semble vouloir incorporer beaucoup trop d'éléments.
Ce n'est jamais évident de commencer une nouvelle saga. Mais là, les dialogues sont parfois à la limite du risible. Les rares moments intéressants (la séance d'entraînement qui est extrêmement spectaculaire et imprévisible) sont plombés de longues et pénibles conversations moralisatrices sur la nécessité de prendre son courage à deux mains et de vaincre sa peur. Elles seraient moins lourdes si le film ne se prenait pas autant au sérieux. Et à quoi bon présenter des personnages qui ont tous des problèmes avec leur père si ce n'est pour ne pas explorer cette prometteuse prémisse ? Pourquoi avoir au générique des acteurs de haut vol telle que Angela Bassett, Tim Robbins ou encore Mark Strong si c'est pour leur coller un rôle insignifiant et monolithique ? Et que dire de l'éternelle ancienne petite amie faussement fâchée qui finira par tomber dans les bras du héros à la fin ? Une guimauve et des plans faussement romantiques qui n'ont d'intérêt que de justifier la présence de la belle Blake Lively (décidément cantonnée au rôle de bimbo comme dans Gossip Girl). Même si les sourires sont parfois arrachés, ils s'avèrent souvent primaires. Un peu de dérision façon Iron Man ou Watchmen n'aurait pas été vaine.
Il faut tout de même souligner la frénésie et l'efficacité de la mise en scène, un tant soit peu timide en séquences d'action. Martin Campbell prouve qu'il a de bonnes idées et le matériau de base avait de quoi lui en donner. Quoi de de plus cool qu'une bague qui a le pouvoir de matérialiser à l'infini tout ce à quoi on pense ? LA scène abracabrantesque dans laquelle Hal Jordan apparaît pour la première fois en public sous son masque vert est assez bluffante. De même que la scène d'entraînement avec Kilowog, où tout est sans limite pour ses défendre... (la vie sur la planète Oa vaut aussi le détour). C'est dans ces moments que la 3D est la bienvenue. Malgré quelques images un peu hasardeuse (certaines incrustations numériques se révèlent trop voyantes) ou avec un effet de déjà-vu (le méchant Parallax avance dans l'espace comme l'entité "nuageuse" et menaçante du Cinquième élément de Besson ou encore celle qui se déplace avec le Surfeur d'argent dans le 2e opus des 4 Fantastiques), la 3D fait enfin son office, contrairement à d'autres superproductions récentes. En même temps, Green Lantern n'a pas le budget d'Avatar ! Mais les 150 millions de dollars sont assez confortables pour éviter ses errements artistiques.
En résumé : un bon divertissement d'été qui ne tourne pas (trop) au marshmallows (vert), et qui laisse son imagination faire le reste à la sortie. Les filles auront au moins de quoi baver sur le corps d'Apollon de Ryan Reynolds à défaut d'apprécier les combats à coup de bague super-puissante. Pour les puristes, gardez les comics sous forme papier, vous ne pourrez être déçus ! D'ailleurs, ne bougez pas de votre siège avant la fin du premier générique. Vous manqueriez un teaser...
Un mois après avoir alléché les internautes avec un montage de quatre minutes impressionnantes de Green Lantern, le nouveau film de superhéros en 3D signé par Martin Campbell (Casino Royale), et un spot TV des plus surprenants, la Warner vient de dévoiler deux nouveaux spots. Histoire de faire monter le buzz à un mois de la sortie du film dans les salles américaines en 2D et 3D.
Petit rappel : Green Lantern raconte l'histoire de Hal Jordan (Ryan Reynolds), un pilote de l'US Air Force choisi par les Green Lantern ─ une confrérie extraterrestre protectrice de l'univers ─ pour être leur successeur. Ses truc en plus ? Une bague, qui l'a désigné pour assurer la paix dans le monde et qui lui donne le pouvoir de faire et de créer tout ce qu'il souhaite, un costume vert, et la possibilité de se transformer en superhéros chassant le crime. Néanmoins, cette nouvelle tâche n'est pas de tout repos, car il lui faudra d'apprendre à maitriser ses nouveaux pouvoirs et savoir comment s'en servir. ce n'est qu'après qu'il pourra devenir un vrai super héros.
Sont également de cette aventure spatiale les comédiens Mark Strong (Sherlock Holmes, Les Chemins de la liberté, L'aigle de la neuvième légion), Peter Sarsgaard (Jarhead, Night and Day), Blake Lively (Gossip Girl), Temuera Morrison (L'Attaque des clones, La Revanche des Sith), Angela Bassett, Tim Robbins, Taika Waititi, Jon Tenney, Geoffrey Rush (Pirate des Caraïbes, Le Discours d'un roi) et Michael Clarke Duncan.
En attendant de faire face à une horde d'aliens tout verts le 3 août prochain dans les salles françaises, découvrez ces deux nouveaux spots TV plutôt efficaces.