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dimanche 3 avril 2011

L'un des héros des enfants s'invite au JT de France 2

On n'arrête pas le progrès ! Même les invités des journaux télévisés sont dématérialisés... Mais qui dit période de promotion, dit moyens exceptionnels. Si vous n'étiez pas au courant de la sortie en salle de l'adaptation au cinéma des aventures du héros de bande dessinée Titeuf, peut être étiez-vous dans un monde parallèle ces dernières semaines... A grand renfort d'affiches collées dès qu'un espace se libère, de produits dérivés en tout genre et de reportages à toutes les sauces, Titeuf est partout !

© France Télévision

© Zep
Ainsi, pour la première fois, un présentateur de JT (Laurent Delahousse) s'est prêté au jeu de l'interview improbable, jouant le jeu des questions/réponses, se transformant (presque) en acteur afin de promouvoir le film. Cette interview amusante, décalée et plutôt bien faite a sans doute plu aux plus jeunes, qui trépignent déjà d'impatience en attendant le 6 avril. Mais au-delà du côté farfelu de la chose, n'y verrait-on pas un peu de promotion tiroir-caisse ? Car ce que ne nous dit pas la gentille bouille, star des cours de récré, c'est que France Télévision a mis ses billes dans la production du film. Une telle pub déguisée n'interpellerait-elle pas le CSA pour une fois ? Un mélange des genres certes divertissant qui cache un certain "ménage" (qui a coûté leur place à d'autres).
Mais ne soyons pas cynique, l'essentiel est d'avoir vu un exercice distrayant et réjouissant au milieu d'une actualité plutôt morose.


vendredi 25 mars 2011

Critique : Titeuf ramène sa houpette sur grand écran

Le 6 avril, le gamin le plus célèbre des cours de récré va s'installer dans les cinémas francophones... en 3D. 

C'est "pô juste" !
© Zep
Titeuf est dans tous ses états ! Nadia fête son anniversaire et il n’est pas invité ! Mais pourquoi ?! Comment a-t-elle pu l’oublier alors qu’il soigne son attitude de lover (complètement à côté de la plaque...) à chaque fois qu’il la croise ? Mais un bouleversement encore plus important encore va secouer sa vie et la faire basculer dans le chaos : la pause réflexion de sa mère, partie chez Mémé, qui veut prendre du recul face à ses soucis de couple. Décidément les adultes, une fois de plus, sont vraiment trop nuls. Ils font tout pour compliquer la vie de Titeuf.
Celui-ci va être trimballé entre la campagne chez sa mémé, les séances de psy, et les rendez-vous entre copains dans la cour d’école. Son imagination et ses rêves l’emmèneront aussi de la préhistoire au Far West, où il fera la rencontre d’un vieux cow-boy qui ressemble étrangement à Johnny Hallyday, sans oublier au passage l’univers du Grand Mugul, son héros de dessin-animé… Titeuf va tenter de comprendre ce qui lui arrive et va multiplier les stratagèmes désastreux pour réparer sa vie…

"Je suis trop-matisé, trop-matisé"
Ce malicieux gamin au crâne rond et à la drôle de mèche blonde est plus que jamais en proie à des interrogations existentielles et dans un laborieux apprentissage de la vie. La trame plutôt réaliste et bien sentie nous (re)plonge dans ce qui fait le succès transgénérationnel de Titeuf depuis près de 20 ans déjà. Comme à son habitude, la luxuriance des idées, des dialogues à la mitraillette et les scènes de fantasmagorie jubilatoires montrent que le crayon de Zep n’a pas tremblé.

© Zep
Les moments potaches et "dégueu" préférés des enfants (les concours de rots, les percements de boutons qui giclent sur la glace, les lancer de matières gluantes...) se font finalement assez discrets face aux moments d'émotions purs, traités avec un mélange d'humour fin et de naïveté enfantine. "Maman est partie réfléchir chez mémé. Mais pourquoi ? Elle a besoin de prendre du recul. Mais elle va reculer où ?"
Et pour souligner toute cette joyeuse pagaille, Zep a fait appel à une bande originale (de musiciens aussi) très sympa, qui souligne les émotions à la perfection. De James Blunt à un quartet de "vieux" (Souchon, Bénabar, Goldman et Cabrel) en passant par Alex Hepburn et Toufo, les gamins préfèreront chanter "Lâche-moi la grappe, lâche-moi le slip" à tue-tête en sortant de la salle.
Petit bémol tout de même à cette joyeuse pagaille organisée, l'inutilité de la 3D qui, à part séparer les décors du premier plan et donner un peu de profondeur, n'a pas grand intérêt. Et si le choix des paroles et de la musique s'intègrent parfaitement à l'histoire, il n'en est pas de même pour le caméo de Johnny Hallyday en baroudeur du Far West. Un peu placé là comme un cheveu sur la soupe, il n'apporte pas grand chose au déroulement du scénario. Zep aurait-il voulu se faire plaisir ?

Partie plein d'a priori, je me suis souvent surprise à sourire. Un moment culte : lorsque Titeuf se déshabille pour mettre son pyjama et entame un solo de guitare avec les élastiques de son slip... Tout un programme ! En résumé, Titeuf le film recèle des trésors d’humour surtout lorsqu’il s’agit de jouer sur les mots... et on en redemande. Il n'a pas fini de faire parler dans les cours de récré !

jeudi 24 mars 2011

Des bulles à la bobine avec Zep, papa de Titeuf

Titeuf, le sale gosse à la mèche blonde de la bande dessinée éponyme, débarque dans les salles obscures le 6 avril. Zep, son créateur, présente son long-métrage, qu'il a réalisé de bout en bout durant 2 ans, ne voulant laisser son "bébé" dans les mains de personne. Finalement, c'est à près de 700 personnes qui auront participé au projet...


Comment vous est venu le goût du dessin ?
Dès l’âge de 4 ans, j’ai su que je voulais en faire mon métier. J’étais impressionné par ceux qui faisaient les bandes dessinées. Pour m’occuper, ma mère me donnait des feuilles et je passais des heures à recopier mes BD préférées. Et puis je suis devenu le dessinateur de l’école car tout le monde me demandait de dessiner.

Comment étiez-vous quand vous étiez enfant ?
J’étais plongé dans un monde imaginaire et j’étais très timide. J’avais envie d’être grand très vite, de choisir ma vie et de ne plus aller à l’école (rires). J’aurais aimé être plus comme Titeuf. Il se pose beaucoup de questions, comme de savoir si cela fait du bruit quand on appuie sur les seins d’une fille (rires). Contrairement à moi, il teste tout ce qui lui passe par la tête, même si ça tourne souvent à la catastrophe.

Comment est né le personnage de Titeuf ?
Un peu par hasard. Titeuf est mon lien à l’enfance. C’était un personnage qui traînait dans ma tête quand j’ai écrit mes souvenirs d’école. J’ai dessiné mes copains... Et quand il a fallu me représenter, j’ai repensé à ce petit bonhomme avec une mèche qui ressemblait à un œuf. Je pensais n’en faire que 2 pages... (rires).

Qu’est ce qui fait le succès de Titeuf, selon vous ?
Je ne sais pas vraiment. Le premier album était atypique. Le bouche-à-oreille a fait tout le travail. Toutes les prévisions que les éditeurs avaient faites se sont avérées fausses. Donc on me laisse écrire comme je veux. Dans Titeuf, il n’y a pas de tabou car, comme dans la «vraie vie», les enfants parlent de tout, même de sexualité. Et il n’y a rien de pire que de dire à un enfant «Tu ne dois pas t’inquiéter» car c’est là qu’il s’inquiète le plus si on ne lui explique pas la situation.

Quel est le point de départ du film ?
J’avais envie d’une comédie, d’une histoire autour du quotidien de Titeuf, très réaliste. Et de faire un film pour tout le monde, et pas que pour les lecteurs de Titeuf. Et je voulais garder ce lien entre l’enfance et le monde adultes qu’il y a dans la BD. Les blagues potaches (comme les concours de rots) et les problèmes d’enfant côtoient les difficultés que traversent les parents.

En quelques mots, que raconte le film ?
Titeuf a un gros problème : il n’est pas invité à l’anniversaire de Nadia, celle qu’il aime. Mais quand il se tourne vers ses parents pour demander de l’aide, il s’aperçoit qu’eux aussi sont dépassés par leurs ennuis de couple, au bord de la rupture. Finalement, on s’aperçoit que les adultes ne comprennent pas mieux la vie que les enfants. Qu’ils se débarrassent des questions gênantes en disant «Tu comprendras quand tu seras plus grand» car ils ne connaissent pas la réponse et qu’ils sont toujours en train de la chercher.


C’est votre premier film, comment s’est passée la réalisation ?
C’est un projet qui a duré 2 ans. Au début, j’ai travaillé tout seul pour écrire l’histoire, les dialogues et le story board. Puis viennent les différentes équipes : les story boarders (car je ne peux pas faire tous les dessins tout seul), les coloristes, les animateurs... On a été jusqu’à 700 personnes à travailler sur le film. Et ça n’est pas facile de gérer tant de monde !

Et le doublage ?
Les comédiens n’ont pas pu enregistrer leur voix sur le film, comme d’habitude, car il n'existait pas encore. Il n'avait que quelques lignes de scénario. Et j'ai dû leur expliquer l’histoire scène par scène. Et quand ils ont posé leur voix, je les ai filmés afin de pouvoir recopier leurs expressions dans les dessins. avec des acteurs de cinéma, cela a été une opération compliquée car ils bougent tout le temps et se baladent, contrairement aux comédiens qui ont l'habitude de faire de la post-synchronisation.

Qu’avez-vous retiré de cette expérience ?
Je n’avais aucune notion technique, je suis parti de rien. Donc je me suis documenté. J'ai regardé des comédies de genres différents. Mais le vrai plaisir du cinéma, c’est de pouvoir ajouter des tas de détails impossibles à dessiner : jouer avec le son, jusqu’au bruit des pas des personnages, avec la musique qui montrent les différentes émotions de chacun. Et j’avais enfin plus de place que des bulles pour faire parler Titeuf, qui est très bavard ! (rires).

Propos recueillis par Marie

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