Robot & Frank (en compétition à Deauville)De Jake Schreier
Avec Frank Langella, Peter Sarsgaard, Susan Sarandon, James Marsden, Liv Tyler
Si la société actuelle vit dans la recherche de la jeunesse éternelle, Jake Schreier lui, s'attaque au difficile sujet de la fin de vie et des maladies neurologiques qui peuvent survenir avec l'âge, comme la maladie d'Alzheimer. Venu du monde de la pub, Schreier mélange les genres comédie gentiment grinçante à un monde de nouvelles technologies presque SF (loin d'être aussi avancée que dans Eva tout de même). Ajouté à cela un casting impressionnant pour un premier film (Susan Sarandon et la voir de Peter Sarsgaard tout de même !), et un rôle sur mesure pour l'excellent Franck Langella, et vous aurez un film touchant et drôle. Langella construit ici un papi grincheux, caustique et impossible à vivre, et pourtant, déroutant, touchant voire désarmant. Et il lui a sûrement fallu développer un trésor d'imagination pour sortir la palette d'émotions face à une vitre noire qu'est celle du robot (tout de même 'incarné' par une jeune actrice d'1 m 50).
Même le robot à la part belle : loin d'être le simple tas de ferraille esclave des êtres humains, il a conscience qu'il n'est pas vivant et pourtant, il est doué de réflexion (il fait même un chantage subtile à Frank pour obtenir ce qu'il veut pour le bien de son "patient") et de souvenirs. Il en deviendrait presque humain ! Avec son savoir-faire, il redonne goût à la vie à Frank, qui retrouve une seconde jeunesse, un nouveau but dans la vie et une forme de gentleman en goguette. Ainsi on pardonnera les empreintes d'éléphants laissées par des thèmes un peu trop lourdement évoqués comme la perte de la mémoire de Frank et la disparition des hommes au profit des machines (et la dématérialisation des objets par la même occasion).
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| ©Marie Serre |
