De quoi ça parle ?
Constamment sur le qui-vive, elle achète un babyphone pour être sûre qu'Anders est en sécurité, même la nuit. Mais d'étranges bruits provenant d'un appartement voisin viennent parasiter l'appareil : Anna croit entendre les cris d'un enfant qui se débat et qui la plongent de nouveau dans l'épouvante.
Paranoïa, quand tu nous tiens...
Babycall immerge le spectateur dans une atmosphère façon Polanski, à l'époque de Répulsion (1965). Quartier gris et sans vie, lumière morne, personnages tristes... Tout concourt à faire monter l'angoisse, sentiment omniprésent dans le regard de cette mère à bout de nerfs. On peut regretter la moue uniforme de Noomi Rapace, la bouche perpétuellement entrouverte. Très vite, on devine l'enchaînement d'éventuelles surprises à venir. Si, au début, réalité et fantasmes se confondent, le jeu peu nuancé de l'actrice ôte son mystère à un twist final
qui laisse, par ailleurs, dubitatif.Nul sensationnalisme ici, mais un talent pour peindre le monde extérieur comme une agression incessante, pour générer l'anxiété avec un simple plan de couloir vide ou des bruits de babyphone.
La Suédoise n'a pas son pareil pour incarner à nouveau une femme tourmentée et asociale, malmenée dans un univers urbain, glauque et hostile, cible de contraintes sans nuance de la part des services sociaux. Ici, point de tatouages, ni de multiples piercings. Elle apparaît tout autant la victime de son mari violent que d'elle-même, enfermée dans une relation suffocante et paranoïaque avec son petit garçon. En résumé : Babycall est un thriller psycho qui part plutôt bien, mais qui se retrouve très vite limité par un manque de cohérence et d'originalité. Mais le magnétisme de Noomi Rapace fonctionne toujours... Babycall a été toutefois acclamé à Gérardmer, où le jury lui a décerné son grand prix 2012.
